Le Gang Onusien

Pedro A. Sanjuan

Mémoires sur l’incompétence, la corruption, l’espionnage, l’antisémitisme et l’extrémisme islamique au sein du Secrétariat de l’ONU

© Doubleday/Pedro A. Sanjuan 2005.

Texte de couverture — Remerciements — Présentation par PHDN

Texte de couverture

Le jour où Pedro Sanjuan prit possession de son nouveau bureau au Secrétariat de l’ONU, en 1984, il eut la présence d’esprit de dévisser le combiné de son téléphone. Un petit sachet de cocaïne de grande pureté en tomba. Lorsqu’il alla demander des comptes à l’adjoint du principal diplomate soviétique — en réalité un colonel du KGB et le plus haut placé des espions russes —, l’agent éclata d’un rire bon enfant et le félicita d’avoir réussi l’épreuve.

Ce fut le début de la longue et singulière odyssée de Sanjuan dans l’univers de l’autre côté du miroir qu’était le Secrétariat des Nations unies.

Pedro Sanjuan avait été nommé à un poste élevé de l’ONU par George H. W. Bush, alors vice-président. Sa véritable mission: surveiller les activités d’espionnage soviétiques. Au fil des années, les Russes étaient parvenus à placer près de quatre cents agents du KGB et du GRU à des postes stratégiques dans tout le Secrétariat, transformant celui-ci en une gigantesque installation d’espionnage opérant au grand jour, en toute impunité, sur le sol américain.

Mais ce n’était là, comme il devait s’avérer, que le moindre des problèmes. Sanjuan découvrit rapidement que l’incompétence, la corruption, l’antisémitisme et la criminalité pure et simple gangrenaient le Secrétariat de l’ONU. Parmi les activités suspectes qu’il observa personnellement ou documenta figuraient le trucage d’appels d’offres portant sur d’importants contrats de services; des transactions de drogue dans le parking de l’ONU; la vente de fusils de chasse et de béryllium depuis le bâtiment même de l’Organisation; des liens avec des figures du crime organisé international; l’utilisation des centres d’information de l’ONU et d’autres organismes pour diffuser une propagande antiaméricaine et favorable à l’OLP [Organisation de Libération de la Palestine]; le détournement systématique des équipements et des budgets de l’ONU en Afrique orientale; des pratiques de concussion et de corruption à Vienne; un harcèlement sexuel généralisé; l’utilisation du salon des employés de l’ONU par des délégués musulmans pour préparer des activités dirigées contre Israël et les États-Unis; la célébration ostensible du 11 septembre par ces mêmes délégués dans les couloirs de l’ONU; enfin, l’inexplicable tolérance du secrétaire général et du gouvernement américain envers toutes ces pratiques.

La galerie de personnages de Sanjuan comprend tous les secrétaires généraux, de Kurt Waldheim à Kofi Annan, ainsi qu’une foule de bureaucrates peu recommandables et de fieffés coquins. Une grande partie de ce qu’il relate dans Le Gang Onusien est d’un comique absurde. Il ne faudrait pourtant pas en méconnaître la gravité.

En définitive, soutient Sanjuan, la faiblesse et la corruption de l’ONU relèvent de notre propre responsabilité. Pendant la guerre froide, les superpuissances se sont entendues pour en faire une tribune inutile, réservée aux déclarations et aux postures internationales. Aujourd’hui, cependant, elle est devenue le foyer de la résistance mondiale aux intérêts et aux politiques des États-Unis. Continuerons-nous d’accueillir une assemblée contre nature d’hypocrites antisémites, animés par la haine de l’Amérique? Ou prendrons-nous les mesures nécessaires pour réformer cette institution jadis prestigieuse et la mettre au service de la paix, de la justice et de l’ordre international? Seul l’avenir le dira.

PEDRO SANJUAN a travaillé dans sept départements gouvernementaux différents, sous sept administrations présidentielles, dont deux passages au sein de l’équipe de la Maison-Blanche. Ses écrits ont paru dans le New York Times, le Washington Quarterly, le Wall Street Journal et de nombreuses publications étrangères.


Remerciements

D’abord à mon épouse, Patricia, génie de l’informatique, capable de tirer en un instant une copie imprimée de manuscrits illisibles, infatigable correctrice de première ligne.

Peu habitué à ces rares agents littéraires qui ne font plus qu’un avec leurs auteurs, j’en suis venu à considérer Lynne Rabinoff non comme mon agente, mais comme mon alter ego: elle comprend le sujet de ce livre presque mieux que moi, sait lui trouver les meilleures conditions de publication et ne cesse d’en faire sentir l’urgence beaucoup mieux que je ne saurais le faire, entravé que je suis par la camisole de force d’une modestie imposée. Parmi les nombreuses prouesses qu’elle a accomplies pour moi, il y a celle d’avoir trouvé l’éditeur qu’il me fallait, Adam Bellow. Adam, écrivain distingué, abondamment pourvu d’un talent hérité, me freinait quand je me laissais emporter par mon éloquence, me stimulait lorsque je péchais par excès de concision, mais, surtout, il a saisi le thème de ce livre — l’absurdité officielle — comme s’il avait parcouru à mes côtés les dix années que je retrace ici.


Présentation par PHDN

Né en 1930 à la Havane, arrivé aux Etat-Unis en 1941, Pedro Arroyo Sanjuan entre dans l’administration fédérale américaine sous Kennedy et y poursuit une carrière jusque sous George Bush (père). Il s’y fait notamment connaître par son combat pour l’accueil des diplomates africains victimes de racisme dans les hotels et restaurants de la côte Est américaine dans les années 1960. Il doit en partie à ses dons de polyglotte l’orientation que prend assez tôt sa carrière vers la diplomatie. En 1983 il est nommé à un poste à l’ONU, qu’il occupe jusqu’en 1992 et dont il tire des observations qu’il couche par écrit et publie en 2005 sous le titre The UN Gang, dont le sous-titre dit clairement la gravité des dysfonctionnements qu’il y a rencontrés: Mémoires sur l’incompétence, la corruption, l’espionnage, l’antisémitisme et l’extrémisme islamique au sein du Secrétariat de l’ONU. Deux éléments nous semblent devoir être soulignés: les dérives onusiennes désormais bien connues sont bien plus anciennes que ce que l’on peut souvent lire aujourd’hui. Le récit de Pedro A. Sanjuan, celui d’un insider très bien renseigné et légitime, a été en général peu relayé, et absolument ignoré dans les publications francophones. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de le traduire et de le mettre en ligne.