Le massacre des enfants de Bielaia Tserkov, les aumôniers
et la Wehrmacht

«Pour le maintien de la discipline… »


Extrait de

Pour eux «c’était le bon temps», la vie ordinaire
des bourreaux nazis

, ,


Traduit de l’allemand par Métais-Bührendt. Éditions Plon, 1989.
© Éditions Plon 1989
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Document original en allemand / Deutsches Original

Vue sur des rues à Bjelaja-Zerkow prise en août 1941 Vue sur des rues à Bjelaja-Zerkow prise en août 1941.


Introduction

Bielaia Tserkov (Bielacerkiev, Bielacerkiew, Bjelaja Tserkov) est une localité d’Ukraine, située à 70 km de Kiev. En août 1941, le commandant en chef de Bielaia Tserkov s’adresse au commando spécial SK4a, pour qu’il élimine les habitants juifs. Un sous commando du SK4, sous les ordres du SS Obersturmführer August Häfner, est chargé de cette mission. Le commando est constitué d’hommes du SK4a et d’une section de la 3e compagnie d’un bataillon SS affecté aux missions spéciales (Waffen SS), commandé par le SS Oberscharführer Jäger. Entre le 8 et le 19 août, cette section de Waffen SS, aidée de la milice ukrainienne, fusille plusieurs centaines de Juifs, hommes et femmes. Lieu du crime: un terrain de tir à proximité de la caserne (cf. témoignages).

Les enfants des victimes sont d’abord enfermés dans un édifice à la sortie de la ville. Au soir du 19 août, une partie des enfants est transportée dans trois camions bondés; ils sont abattus sur ce terrain de tir. 90 enfants environ restent au sol dans un état pitoyable. Le lendemain, le 20 août, l’aumônier militaire catholique, Ernst Tewes, et son collègue protestant, Gerhard Wilczeck, sont au mess, à l’heure du déjeuner. Ils sont tous deux soldats et officiers. Un sous officier profondément choqué demande de l’aide à Tewes (après la guerre, Tewes sera évêque coadjuteur à Munich).

Les aumôniers rendent visite aux enfants (cf. documents) et informent l’aumônier de la 295e division d’infanterie présent sur place pour quelques jours. Le Dr Reuß, aumônier catholique de la division (évêque coadjuteur de Mayence après la guerre) et Kornmann, son collègue protestant (porté disparu), vont alors constater les faits en compagnie de Tewes et de Wilczek. Dans l’après midi, les aumôniers divisionnaires alertent le 1er officier d’état major de la division, le lieutenant colonel Helmuth Groscurth (décédé).

La conclusion et le déroulement de l’affaire se dégagent des documents suivants: la Wehrmacht négocie jusqu’à l’accord final: les enfants seront assassinés le 22 août.

Informations tirées du jugement du LG Darmstadt du 29 novembre 1968 contre Callsen et alii, p. 374ff (Ks 1/67 GStA Ffm.), et les témoignages des participants.


L’aspirant officier Liebe témoigne sur l'assassinat des adultes (16 avril 1964)

De la mi juillet jusque vers la fin août, j’étais stationné avec mon unité à Bielaia Tserkov. Je suis certain que nous étions encore à B. T. le 15 août. En effet, je peux encore me souvenir que j’ai dit à mes camarades que le soleil ne nous faisait plus bronzer, nous pensions que l’automne arrivait. Nous étions si bronzés que nous avons soudain remarqué que le soleil n’avait plus aucun effet sur la couleur de notre peau. Nous logions dans un institut de biologie génétique. A l’époque, comme cela m’intéressait, j’ai discuté avec le professeur de cet institut sur les modifications des facteurs héréditaires. Il me revient encore à l’esprit que le médecin militaire venait de Bad Mergentheim. C’est avec lui que j’ai fait le tour de l’institut à la recherche de pièces de rechange pour l’appareil de radiographie. Quand nous n’avions rien à faire dans la soirée, nous allions flâner. Je me souviens qu’un soir, je suis passé à côté d’un complexe de casernes. C’était derrière le terrain. J’ai vu une sentinelle postée devant une petite maison. Si je me souviens bien, elle avait la baïonnette au canon. C’était un SS. Ce n’était pas un homme d’âge mûr. Je pense qu’il devait avoir dans les 26 ans. Cette sentinelle était à l’angle de la maison. Trois petites filles étaient assises à proximité. L’une d’entre elles était en train de faire ses besoins, cela m’avait particulièrement frappé. C’était amusant de voir ce SS, l’arme rivée sur la hanche, surveiller cette petite fille qui faisait ses besoins. Les fillettes s’en amusaient et pouffaient de rire. La sentinelle m’a appelé et m’a dit: «Il est interdit de passer par là, une exécution est en cours.» Je me suis mis à rire et j’ai dit en indiquant les petites filles d’un geste: «Les petites filles par hasard?» Je croyais qu’il dirait que les fillettes n’avaient rien à voir avec cette histoire. Mais il s’est contenté de dire: «Vous pouvez regarder.» Je lui ai répondu: «Merci bien.» Puis j’ai fait demi tour. Je n’ai pas réussi à écarter ces exécutions de mes pensées, j’y suis alors retourné pour voir ce qui se passait.

L’accès aux lieux était barré par un mur, une haute grille en fer était fermée à clé. Je ne pouvais plus y pénétrer. Je suis donc resté là, devant ce portail, en même temps que d’autres soldats et des civils, j’ai regardé entre les barreaux. Les lieux d’exécution étaient à environ 80 mètres de là. J’ai vu 9 femmes ou jeunes filles agenouillées devant une fosse profonde. Elles étaient à genoux, le visage vers la fosse. 5 autres jeunes filles attendaient devant la maisonnette, là où la fillette avait fait ses besoins et qui était gardée par cette sentinelle SS. Ce qui m’avait surtout frappé, c’était le calme et la discipline de ces gens. Derrière les jeunes filles agenouillées devant la fosse, il y avait deux tireurs pour chacune. Ces hommes étaient des SS.

Sur l’ordre de leur supérieur, ils tiraient à la carabine dans la tête de ces femmes. Elles basculaient en avant dans la fosse. Elles tombaient parfois l’une sur l’autre. On a même vu la boite crânienne voler en éclats. Certains tireurs étaient aspergés de sang. Ils tiraient à une distance de 5 mètres environ. C’était un spectacle effroyable. Je me souviens encore qu’un officier SS, qui marchait au bord de la fosse, tirait dedans au pistolet mitrailleur. Il longeait d’abord la partie la plus longue, puis la partie la plus étroite. Au début, il était posté sur le côté étroit, le côté de droite. C’est de cet endroit qu’il a donné l’ordre de tirer. Si je me souviens bien, cet officier SS portait 3 étoiles et un galon au col. C’était un homme grand. Je pourrais même dire qu’il devait avoir dans les 35 ans. Ensuite, dès que l’on a ouvert les grilles, après l’exécution, je suis allé jusqu’à la fosse. A certains endroits devant le trou, le sang s’était accumulé. Je ne suis pas descendu dans la fosse. Elle faisait peut être 7 à 8 mètres de long sur environ 2,5 mètres de large. Je suppose qu’à l’origine, elle devait avoir 4 mètres de profondeur. Ce jour là, il restait encore 2,5 mètres de libres jusqu’au bord. Dans cette fosse, les cadavres gisaient par couches. On les avait recouverts de terre.

Quand j’étais au bord du trou, l’officier SS aux trois étoiles et un galon tournait encore autour et tirait des coups de grâce. Après son départ, j’en ai vu qui remuaient encore. Au cours de cette première soirée, j’ai vu fusiller 162 personnes environ de la manière que je viens de décrire. Ils exécutaient 9 personnes à la fois, tandis que les 9 autres devaient attendre, puis on les conduisait sur les lieux. Les personnes qui devaient être fusillées se dirigeaient en procession vers le trou. Elles étaient en file indienne et chacune d’elles devait poser les mains sur les épaules de celle qui la précédait. allaient dignement et calmement à la mort. Pendant toute la durée de cette exécution, j’ai vu pleurer 2 femmes. Pour moi, ca dépassait l’imaginable.

Après cette première soirée, je suis souvent retourné à cet endroit. Les exécutions avaient toujours lieu à 18h le soir. Je suis resté à peu près 6 semaines à B. T. et j’ai assisté moi même à 6 exécutions environ. J’ai entendu dire qu’il y en avait eu d’autres; souvent les camarades rentraient à la maison en disant: «Ils recommencent à tirer.» Au cours des 6 exécutions que j’ai vues, au total, on a dû fusiller entre 800 et 900 personnes. C’était toujours la même scène. Mais nous nous concentrions bien plus sur les victimes que sur les tireurs. Aujourd’hui, j’ai encore ce tableau en mémoire. C’était toujours un peu bizarre quand les victimes basculaient dans la fosse. Elles ne s’écroulaient pas toutes de la même manière, certaines vacillaient, parfois elles ne tombaient pas tout à fait les unes après les autres dans la fosse. Moi même, j’ai eu en main un fragment de cuir chevelu avec des cheveux poivre et sel, il se trouvait à proximité du trou. Je l’ai trouvé le premier soir, lorsque j’étais du côté de la fosse. On a surtout fusillé des femmes. Si je me souviens bien, j’ai aussi vu deux enfants. C’étaient des garçons […]. A l’époque, ce n’était pas la curiosité qui me poussait à regarder, mais plutôt l’incrédulité, je ne croyais pas qu’une chose pareille puisse arriver. Mes camarades aussi étaient révoltés par ces horreurs et les conséquences de ces événements.

De toute façon, les soldats étaient au parfum en ce qui concerne ces exécutions, et je me souviens encore qu’un de mes hommes a raconté qu’il avait eu le droit de tirer à l’occasion d’une exécution. Je ne sais pas s’il y a participé; j’ai interdit à mes hommes de le faire.

Je voudrais mentionner que tous les soldats qui étaient à B.T. savaient ce qui se passait. Aussi longtemps que j’y suis resté, on entendait des coups de feu tous les soirs, sans que l’ennemi fût dans les parages.

Source/QuelleAuss. des Offiziersanwärters Liebe vom 14.6.65: Js 4/65 GStA Ffm., Sonderbände Vernehmungen, Band VII, S.1272ff.


Rapport de l’aumônier Reuß adressé au lieutenant colonel Groscurth, 1er officier d’état major de la 295e division d’infanterie (20 août 1941)

Aumônier divisionnaire catholique       le 20.8.1941
295e Division d’infanterie

Je rapporte à l’attention de
la 295e division d’infanterie:

A ce jour, vers 14 h 30 dans l’après midi, les aumôniers Tewes et Wilczek, de l’hôpital, section 4/607, sont venus nous voir, l’aumônier divisionnaire protestant et moi, et nous ont rapporté les événements suivants:

Des soldats allemands auraient attiré leur attention sur le fait que des enfants juifs âgés de quelques mois jusqu’à 5 ou 6 ans, dont les parents auraient été fusillés, seraient enfermés dans une maison et gardés par la milice ukrainienne dans des conditions intolérables. En permanence, les gémissements de ces enfants seraient audibles dans tout le voisinage. Ils s’y seraient rendus eux mêmes et auraient constaté les faits, mais n’auraient vu aucun membre de la Wehrmacht ni d’un autre service pour assurer la responsabilité ou le maintien de l’ordre. Seuls quelques soldats allemands auraient été présents en tant que spectateurs et auraient exprimé leur réprobation quant à cette situation. Ils nous ont demandé d’informer nos services au sujet de cette affaire.

Afin de fournir un rapport exact — les incidents décrits permettaient de soupçonner qu’il aurait pu s’agir d’une initiative arbitraire de la milice ukrainienne—, je me suis rendu moi même dans cette maison en compagnie des deux aumôniers et de l’aumônier divisionnaire protestant; j’y ai constaté les faits suivants:

Une sentinelle de la milice ukrainienne, en armes, était postée dans la cour, devant la maison d’où l’on pouvait entendre les pleurs et les gémissements des enfants; il y avait aussi plusieurs soldats allemands et quelques fillettes ukrainiennes. Nous sommes immédiatement entrés dans cette maison sans qu’on nous en interdise l’accès, puis nous avons trouvé 90 enfants (je les ai comptés) âgés de quelques mois à 5, 6 ou 7 ans dans deux pièces. Aucune surveillance n’était assurée, ni par la Wehrmacht ni par un autre service allemand.

A notre arrivée, bon nombre de soldats allemands, et parmi eux un sous officier infirmier, ont pu constater l’état de ces enfants. En outre, un gendarme qui dépendait de la Kommandantur locale venait d’arriver, il a expliqué qu’il n’était venu que pour élucider un cas de pillage qui aurait été commis par la sentinelle de la milice ukrainienne.

Les deux pièces dans lesquelles les enfants étaient logés— une troisième pièce était contiguë — étaient très sales. Les enfants étaient assis ou allongés sur le sol, qui était couvert de leurs excréments. Il y avait des mouches sur les jambes et l’abdomen de ces enfants, certains n’étaient qu’à moitié couverts. Quelques enfants plus âgés (2, 3, 4 ans) grattaient l’enduit des murs et le mangeaient. Deux hommes, qui avaient l’air de Juifs, essayaient de nettoyer les pièces. L’air empestait effroyablement; les petits enfants, surtout ceux qui n’avaient que quelques mois, ne cessaient de pleurer et de gémir. Les soldats présents, tout comme nous, ont été profondément bouleversés à la vue de ce spectacle incroyable, ils ont exprimé leur indignation. Plusieurs femmes et des enfants plus âgés, apparemment des Juifs, étaient dans une autre pièce, séparée de celle où étaient les enfants par une porte fenêtre. Je ne suis pas entré dans cette pièce. Quelques femmes étaient enfermées dans une autre, dont une femme avec un petit enfant dans les bras. Selon le témoignage d’une sentinelle, un adolescent ukrainien âgé d’environ 16 à 17 ans, armé d’un bâton, se trouverait parmi elles — pas encore vérifié si elles sont juives.

Lorsque nous sommes ressortis dans la cour, nous avons assisté à une querelle entre le gendarme évoqué ci dessus et la sentinelle ukrainienne qui était chargée de surveiller la maison: cette sentinelle était soupçonnée de pillage et avait détruit les papiers d’identité de plusieurs de ses compatriotes qui avaient été établis par les services de l’armée allemande (il s’agissait de plusieurs femmes). Les morceaux étaient encore épars sur le sol. Le gendarme a désarmé la sentinelle, a demandé qu’on l’emmène et il est parti. Les soldats allemands qui se trouvaient dans la cour m’ont raconté que leur cantonnement était ici (dans une maison voisine) et que depuis hier après midi, ils entendaient pleurer les enfants sans interruption. Ils m’ont dit que dans la soirée d’hier, 3 camions avaient déjà quitté l’endroit emportant des enfants. Un fonctionnaire du SD était présent. Le conducteur du camion leur aurait dit que c’étaient les enfants des Juifs que l’on venait de fusiller et qu’on les emmenait eux aussi pour les fusiller. La milice ukrainienne aurait procédé à l’exécution des enfants. Il paraîtrait que les enfants présents dans cette maison devraient, eux aussi, être fusillés. Les soldats allemands ont exprimé leur indignation en ce qui concerne l’état des enfants enfermés; l’un d’entre eux a même mentionné qu’il avait lui même des enfants à la maison. Comme il n’y avait aucune surveillance allemande, j’ai demandé aux soldats de prendre des dispositions pour que personne, et surtout aucun civil, ne pénétrât dans cette maison afin que l’affaire ne s’ébruite pas davantage.

Entre temps, un médecin chef de la Wehrmacht, que je ne connais pas, avait visité les lieux où étaient les enfants; il a déclaré qu’il était urgent et nécessaire qu’on apportât de l’eau, que la situation serait telle que l’on pourrait craindre qu’une épidémie s’y déclare.

Étant donné qu’il n’y avait ni sentinelle ni surveillance allemande dans cette maison et que les soldats allemands pouvaient visiter les lieux à tout moment — ce qui venait de se produire, et avait provoqué des critiques et l’indignation—, je signale cette affaire à mes supérieurs hiérarchiques.

Dr. Reuß
Aumônier de l’armée.

Source/QuelleMeldung Dr. Reuß vom 20.8.41: ZSt. Verschiedenes, Ord. 301 AAu, Bd. 121, BI.490ff. und Ks 1/67 GStA Ffm., Bd. XXXVIII, BI. 7780ff.


Rapport de Kornmann, aumônier en chef de la Wehrmacht (21 août 1941)

Kornmann, aumônier chef de la Wehrmacht      le 21 août 1941
Pasteur divisionnaire protestant
auprès de la 295e division d’infanterie

A la 295e division d’infanterie

Ci après, le rapport suivant:

Hier (20 août), vers 15 heures, deux aumôniers de l’hôpital militaire stationnés sur place sont venus nous voir, l’aumônier divisionnaire catholique et moi, ils nous ont rapporté que dans le voisinage, à environ 500 m, 80 à 90 enfants, allant des nourrissons aux enfants d’âge scolaire, se trouvaient à l’étage supérieur d’une maison, et que leurs cris et leurs gémissements s’entendaient de loin, qu’ils y étaient depuis déjà 24 heures, ce qui, la nuit, aurait considérablement gêné le sommeil des soldats cantonnés dans les maisons voisines. C’est par l’intermédiaire de ces soldats que les deux aumôniers ont pris connaissance de la présence de ces enfants. Accompagné de ces deux aumôniers et de mon collègue catholique, je me suis rendu dans la fameuse maison et j’ai vu les enfants assis et allongés dans deux petites pièces — certains étaient couchés dans leurs propres déchets, et je tiens à signaler qu’il n’y avait pas la moindre goutte d’eau potable, ce dont les enfants souffraient particulièrement, en raison de la canicule. En bas, un homme de la milice ukrainienne montait la garde; il nous a appris qu’il s’agissait d’enfants de Juifs, dont les parents avaient été fusillés. Un groupe de soldats allemands se trouvaient auprès de la sentinelle. A l’angle d’une autre maison, il y avait un autre attroupement. On a entendu les hommes manifester leur indignation sur ce qu’ils avaient vu et entendu.

Étant donné que je trouve absolument inadmissible que de telles choses se déroulent aux yeux du public, je me permets de vous informer de cette affaire. Les deux aumôniers de l’armée faisaient partie de la section 4/607 de l’hôpital militaire et s’appelaient Wilczek (protest.) et Tewes (cath.).

Kornmann
Aumônier chef de la Wehrmacht.

En justificatif
signature
Lieutenant et O1

Source/QuelleMeldung Kornmann vom 21.8.41: Ebd. Bl. 495.


Rapport du lieutenant colonel Groscurth au commandant en chef de la 6e Armée, le maréchal von Reichenau (21 août 1941)

295e division d’infanterie  Poste de commandement de la division, le 21 août 1941
1er officier d’état major

Rapport sur les événements de Bielaia Tserkov, le 20 août 1941.

Le 8 août, vers 16 heures, les deux aumôniers de la division m’ont rapporté que 90 enfants juifs étaient enfermés depuis 24 heures dans une maison de la ville sans nourriture ni eau potable. A la suite d’une information communiquée par les prêtres de l’hôpital militaire, ils auraient eux mêmes constaté les faits. La situation serait intolérable; une tentative faite afin de motiver le commandant de la place à intervenir serait restée sans succès. Les aumôniers divisionnaires ont communiqué qu’il fallait remédier immédiatement à la situation car de nombreux soldats visitaient la maison et les conditions d’hygiène risquaient d’avoir des effets dangereux, ce que le médecin chef de l’hôpital militaire a confirmé.

En raison de ce rapport, je me suis rendu à 16 h 30 dans cette maison, accompagné de mon ordonnance, le lieutenant Spoerhase, du docteur Reuss, l’aumônier divisionnaire, et de l’interprète, Tischuk, l’officier affecté à cette tâche [N.d.E. Pyszczuk]; elle est située dans une rue parallèle en ville, à 50 mètres en retrait. Cette maison est visible de la rue, d’où on peut entendre les gémissements des enfants. Une vingtaine de sous officiers et hommes de troupe étaient dans la cour, il n’y avait pas de sentinelle devant la maison. Quelques Ukrainiens en armes bayaient aux corneilles. Les enfants étaient allongés sur les rebords des fenêtres, les fenêtres étaient fermées. Une sentinelle ukrainienne était postée dans le couloir au premier étage, elle a immédiatement ouvert la porte qui donnait sur les pièces où les enfants étaient hébergés. Une autre sentinelle ukrainienne en armes se trouvait dans les trois pièces contiguës. Les pièces étaient remplies d’environ 90 enfants et de quelques femmes. Une femme nettoyait dans le local du fond où il n’y avait presque que des nourrissons. Une saleté indescriptible y régnait. Des guenilles, des couches, des détritus traînaient partout. D’innombrables mouches couvraient le corps partiellement nu des enfants. Presque tous pleuraient ou geignaient. La puanteur était insupportable. Une femme qui parlait allemand a affirmé qu’elle était tout à fait innocente, qu’elle ne s’était jamais occupée de politique et qu’elle n’était pas juive.

Entre temps, un Oberscharführer du SD [Jäger] était entré, auquel j’ai demandé ce qu’il allait advenir de ces enfants. Il m’a informé que la famille de ces enfants avait été fusillée et que les enfants devaient, eux aussi, être éliminés. Sans faire de commentaire, je me suis rendu à la Kommandantur locale et j’ai demandé des explications au commandant de la place. Celui ci m’a déclaré qu’il n’était pas compétent et qu’il n’avait aucun pouvoir quant aux mesures prises par le SD, même s’il en avait connaissance, et qu’il suggérait que l’on discute de cette affaire avec le commandant en chef, le lieutenant colonel Riedl. Je me suis rendu chez ce dernier en compagnie du commandant de la place et du premier officier (l’ordonnance). Le commandant en chef nous a indiqué que le chef du commando spécial était venu le voir, qu’il l’avait informé sur sa mission et qu’il l’accomplissait avec l’assentiment du commandant en chef. Qu’il n’avait aucune influence sur les dispositions prises par l’Obersturmführer. J’ai demandé au commandant en chef s’il croyait que l’Obersturmführer avait reçu des ordres en haut lieu, disant de liquider aussi les enfants. J’ai ajouté que moi, je n’en avais pas eu connaissance. Le commandant en chef a répliqué qu’il était convaincu de la justesse et de la nécessité de cet ordre.

Ensuite, j’ai exigé que les environs de la maison soient verrouillés, que les hommes n’aient aucune possibilité d’observer ce qui s’y déroulait; cela avait provoqué des réactions extrêmement critiques au sein des troupes, car les soldats cantonnés dans les environs avaient entendu les gémissements des enfants pendant toute la nuit. En outre, j’ai exigé que le transport vers les lieux d’exécution se fasse dans la discrétion. J’ai déclaré que j’étais disposé à détacher des troupes de la division au cas où les effectifs en sentinelles de la Kommandantur seraient insuffisants. Puis j’ai ajouté que j’allais immédiatement informer l’état major du groupe d’armée afin qu’il prenne une décision quant à savoir si l’on devait continuer à fusiller les enfants. (D’après les renseignements que m’a donnés le commandant en chef, un certain nombre d’enfants auraient déjà été éliminés la veille par la milice ukrainienne, à la demande du SD.)

Le commandant en chef a approuvé ces mesures et a souligné que le commandant de la division était le plus ancien de la place et qu’il prendrait toutes les dispositions nécessaires. Il voulait interrompre la poursuite des opérations jusqu’à ce que la décision du groupe d’armée lui soit parvenue, mais il a réclamé d’urgence un ordre écrit. J’avais des scrupules à interrompre ces opérations, car je supposais que le transport des enfants n’aurait lieu que dans la soirée et que la décision du groupe d’armée nous parviendrait d’ici là. Pour moi, il était évident que l’arrêt de ces opérations entraînerait des complications avec les autorités politiques, ce que je voulais absolument éviter. Mais le commandant en chef a déclaré que le transport était imminent. J’ai alors pris des dispositions pour qu’il informe le chef du commando spécial qu’il fallait reporter le transport jusqu’à l’arrivée de la décision du groupe d’armée.

Je ne me suis pas rendu moi même auprès du chef du commando spécial afin d’établir aussi vite que possible la communication avec le groupe d’armée. Je pensais qu’il fallait l’informer sur le champ, car cette affaire posait un problème de principe, et que la division ne pouvait pas prendre la décision seule. Le premier officier d’état major du groupe d’armée, avec lequel j’ai immédiatement obtenu la communication, a déclaré que cette affaire devrait être traitée par l’AOK6 [commandement suprême de la 6e Armée] mais que le premier officier d’état major n’était pas joignable depuis quelque temps. Qu’il ne pourrait obtenir une décision du commandement suprême que dans la soirée.

Entre temps, l’Obersturmführer Häfner, commandant du commando spécial, s’était présenté à mon bureau et réclamait une confirmation de l’ordre qu’il venait de recevoir de la division. Il demandait un ordre écrit. J’ai refusé de le lui remettre en lui faisant remarquer que la décision définitive arriverait dans les plus brefs délais. Il m’a déclaré sur un ton très peu militaire qu’il allait devoir signaler les dispositions prises à ses supérieurs hiérarchiques. Qu’il avait des ordres précis pour mettre ces mesures à exécution. Alors je lui ai répondu qu’il devait obéir à mes ordres et que, le cas échéant, je le contraindrais à les exécuter. Je lui ai expliqué une fois de plus que je connaissais les instructions données par les autorités politiques, mais que dans l’intérêt du maintien de la discipline au sein de la troupe, je devais exiger que l’on applique les mesures prévues de manière adéquate et qu’il fallait attendre la décision de l’armée.

A 19 h 30, j’ai communiqué les faits au commandant de la division et lui ai signalé les mesures prises jusqu’à présent, elles ont obtenu son approbation.

Vers 20 h. la décision de l’armée nous est parvenue disant qu’il fallait reporter la poursuite des opérations. Mais entre temps, en fin d’après midi, on avait déjà chargé des enfants dans un camion en stationnement devant la maison. Le premier officier en a immédiatement informé le commandant en chef, puis il est allé chercher l’Obersturmführer pour le conduire au quartier général de la division, où je lui ai remis les instructions de l’armée. Un officier de l’état major a contrôlé le déroulement des opérations et les dispositions prises par le commandant en chef, en vue du bouclage du secteur. En ce qui concerne ce bouclage, certains Ukrainiens en armes et sans papiers y avaient été affectés. Les cordons d’Ukrainiens qui devaient empêcher les soldats allemands de passer ont été supprimés. Le commandant en chef s’est chargé d’approvisionner les enfants en eau et en pain.

Le 21 août, vers 11 heures, sur ordre de l’armée, le capitaine Luley (officier de l’Abwehr au commandement suprême de l’armée) s’est présenté à une réunion, accompagné du Standartenführer Blobel et de l’Obersturmführer Häfner. Cet entretien a eu lieu chez le commandant en chef. Avant son arrivée, le capitaine Luley s’était rendu auprès de la division pour inspecter les lieux, sans pour autant pénétrer ni dans la maison ni dans les pièces abritant les enfants. J’ai lu la requête de la division à haute voix et j’ai insisté sur le fait que la division n’était intervenue qu’en raison des méthodes employées. Le Standartenführer et l’Obersturmführer ont admis qu’il y avait eu des lacunes du point de vue technique et qu’il s’agissait maintenant, dans la situation présente, de trouver un moyen d’expédier rapidement l’affaire. Il ne se voyait plus en mesure de procéder aux exécutions envisagées. Le commandant en chef a objecté que le premier rapport sur les circonstances provenait du pasteur de la division. Alors, le capitaine Luley a fait remarquer qu’il était, certes, protestant, mais qu’il pensait que les pasteurs devraient plutôt se préoccuper de l’âme des soldats. Le commandant en chef et le capitaine Luley se sont exprimés sur un ton qui me permet de déduire que, premièrement, ils doutent de la crédibilité du pasteur de la division et, deuxièmement, qu’ils traitent l’affaire comme si quelqu’un venait «fouiner pour trouver n’importe quoi». Ils ont considéré ce rapport comme gonflant les événements et ont parlé de l’ingérence d’un aumônier divisionnaire curieux. Le Standartenführer ne s’est pas exprimé sur ce point.

Le premier officier et moi, nous avons rejeté ces soupçons inadmissibles, car au début les pasteurs de la division pensaient que les Ukrainiens étaient à l’origine de cette situation et que la division avait déjà été obligée d’intervenir à Zloczkov. Plus tard, au cours de l’entretien, le commandant en chef a essayé de déplacer l’affaire sur un terrain idéologique afin de provoquer une discussion sur des questions de principe. Il a déclaré qu’il considérait l’extermination des femmes et des enfants juifs comme urgente et nécessaire et que peu importaient les moyens employés. A plusieurs reprises, il a souligné qu’à cause des mesures prises au niveau de la division, l’élimination des enfants aurait été inutilement retardée de 24 heures. Le Standartenführer s’est joint à lui pour défendre ce point de vue et a ajouté que le mieux serait que les hommes de troupe qui fouinaient partout procèdent eux mêmes aux exécutions et que les officiers qui retardaient la mise en application prennent eux mêmes le commandement de la troupe. Avec calme, j’ai rejeté cette proposition et n’ai pas pris position à ce sujet, car je tenais à éviter toute attaque personnelle. Lors de l’entretien sur les mesures qu’il restait à prendre, le Standartenführer a déclaré que le commandement suprême reconnaissait la nécessité d’éliminer les enfants et voulait qu’on le lui fasse savoir dès que ces mesures auraient été appliquées. Le troisième officier d’état major auprès du commandement suprême de l’armée m’avait confirmé que ces termes étaient conformes aux paroles du maréchal von Reichenau.

Nous avons alors fixé les modalités pour que l’on procède aux exécutions. Elles devaient se dérouler jusqu’au 22 août dans la soirée. Je n’ai pas participé à la discussion de détail. J’ai demandé que l’on prenne des dispositions pour maintenir la troupe à l’écart; on y procède actuellement.

Puis le capitaine Luley et le commandant de la division nous ont exposé les résultats de ces entretiens.

En conclusion:

1. Les officiers forment la troupe à la droiture et à la conscience d’être des soldats, ils lui enseignent à éviter toute violence et toute grossièreté envers les populations sans défense. La troupe est compréhensive lorsque l’on intervient avec sévérité contre les francs tireurs*. Toutefois, dans le cas présent, des mesures sont prises contre des femmes et des enfants, mais ces mesures ne se distinguent en rien des atrocités commises par l’adversaire, ce dont la troupe est tenue informée en permanence. Personne ne peut empêcher que ces faits ne soient rapportés à l’arrière et que l’on compare ceux ci aux atrocités de Lemberg. La troupe attend que ses officiers interviennent. Surtout les hommes plus âgés et mariés. Par conséquent, si de tels événements se déroulent en public, l’officier est contraint d’agir en ménageant ses hommes. Pour maintenir la discipline, il est indispensable que de telles mesures soient prises indépendamment de la troupe.

* N.d.T.: terme francisé dans le texte.

2. Les exécutions auraient pu avoir lieu dans la discrétion, si la Kommandantur de l’armée et la Kommandantur locale avaient pris les dispositions nécessaires pour tenir la troupe à l’écart. Ces incidents ont pour cause la défaillance des deux commandants. Ces négociations ont laissé l’impression que le commandant en chef de l’armée avait ordonné ces exécutions. Toute la juiverie ayant été fusillée, il fallait par conséquent et obligatoirement que l’on procède à l’élimination des enfants juifs, surtout des nourrissons. Cela aurait dû être fait lors de l’élimination des parents, afin d’éviter de prolonger le supplice de ces hommes. Le commandant en chef de l’armée et l’Obersturmführer ont déclaré qu’il était impossible d’héberger ces enfants autre part, par ailleurs le commandant en chef de l’armée a déclaré à plusieurs reprises que cette racaille devait être exterminée.

Signé: Groscurth

Source/QuelleBericht Groscurth vom 21.8.41: Ebd., Bl. 485ff.


Témoignage de l’ancien aumônier militaire Gerhard Wilczek (15 janvier 1968)

Où aurions‑nous donc pu trouver, d’un seul coup, du pain pour 90 enfants? Même si nous y étions parvenus de la manière la plus incongrue et si nous y avions traîné de l’eau, nous n’aurions fait que ralentir les opérations. Pour nous, il importait de dénicher la personne compétente, qui aurait été en mesure de donner des ordres et aurait pu aider les enfants. Nous n’avons pas voulu préserver notre propre vie. Car lorsque quelqu’un refusait d’exécuter un ordre, il n’était pas mis d’office au poteau. Il aurait fallu prendre des mesures de plus grande ampleur. Nous serions bien venus à bout des difficultés. Sous le terme difficultés, j’entends que nous escomptions recevoir un blâme. Ce que l’on aurait fait de nous, je n’en sais rien, en tout cas, je ne m’imagine pas que cela aurait été si terrible que cela. Le SD ne nous concernait absolument pas, nous appartenions à l’armée.

Source/QuelleAuss. Wilczek vom 15.1.68 in der Hauptverhandlung des LG Darmstadt gegen Callsen u. a.: Ks 1/67 GStA Ffm., Protokollband IV, S. 987f.


Membres du commandement local Membres de la Ortskommandantur.

Rapport des aumôniers Tewes et Wilczek (21 août 1941)

Aumôniers catholique et protestant de l’armée   O.U., 22 août 1941
à l’hôpital de campagne 4/607

A la demande de la 295e division d’infanterie,
nous soumettons le rapport suivant:

Le 20 août 1941, des soldats allemands nous ont appris que des enfants étaient enfermés dans une maison située dans les environs de notre cantonnement et que leur état était inadmissible, que certains d’entre eux étaient à l’agonie. Une sentinelle ukrainienne gardait ces enfants. Comme nous suspections les Ukrainiens d’avoir pris des initiatives arbitraires, nous nous sommes immédiatement rendus sur place. Nous avons trouvé 90 enfants environ, entassés dans deux petites pièces très sales. On pouvait entendre leurs gémissements dans tout le voisinage. Certains de ces enfants, surtout les nourrissons, étaient épuisés et presque inanimés. Il n’y avait ni sentinelle ni surveillance allemande. Les soldats allemands pouvaient librement y pénétrer et visiter les lieux; ils ont exprimé leur indignation. Comme ces faits se déroulaient dans un secteur dépendant de la Wehrmacht et portaient préjudice à la réputation de l’armée allemande, nous nous sommes immédiatement rendus à la Kommandantur locale pour y remettre notre rapport. A la Kommandantur, les officiers compétents n’étaient pas en mesure de nous recevoir, on nous a toutefois conseillé de revenir ultérieurement. Cette affaire nous paraissant urgente, et sachant que le commandant de la 295e division d’infanterie était l’officier ayant le plus d’ancienneté, nous nous sommes rendus auprès des deux aumôniers divisionnaires et leur avons rapporté les faits afin qu’ils en informent leurs services.

Tewes, aumônier
Wilczek, aumônier
Contresigné:
Lt. Spoerhase,
Lieutenant et O1

Source/QuelleMeldung Tewes/Wilczek vom 22.8.41, ZSt. Verschiedenes, a.a.O., Bl. 494.


Décision du maréchal von Reichenau, commandant en chef de la 6e Armée (26 août 1941)

Le commandant en chef    Quartier général de l’Armée, le 26 août 1941
de la 6e Armée

IC/AO
N° 2245/41
Sign. Kdos.

fait en trois exemplaires
2e exemplaire

Objet: rapport fourni par la 295e division d’infanterie sur les événements de Bielacerkiev.

Ce rapport dissimule le fait que la division a pris l’initiative de donner l’ordre d’interrompre les exécutions pour ensuite demander l’autorisation de l’armée.

Dès que j’ai reçu la communication téléphonique m’informant de la requête de la division, j’ai reporté la date de ces exécutions après avoir eu un entretien avec le Standartenführer Blobel, ceci parce que les ordres n’avaient pas été donnés de manière adéquate. Dans la matinée du 21 août, j’ai chargé le Standartenführer Blobel et le porte parole du haut commandement de l’armée de se rendre à Bielacerkiev pour y vérifier les faits. J’ai décidé, par principe, que toute opération déjà commencée devait être poursuivie avec les moyens appropriés.

Dans le compte rendu final, nous avons relevé la phrase suivante: «Dans le cas présent, des mesures ont été prises concernant des femmes et des enfants, ces mesures ne se distinguent en rien des atrocités commises par l’adversaire, ce dont la troupe est informée en permanence.»

Je suis obligé de considérer cette allégation comme erronée et extrêmement malencontreuse. Par ailleurs, elle figure sur un document accessible à tous et qui passe entre de nombreuses mains.

Il aurait été préférable de s’abstenir de rédiger ce rapport.

Signé: von Reichenau

Adressé à:
groupe d’armée Sud = 1er exemplaire
295e D.I. = 2e exemplaire
Archives = 3e exemplaire

Contresigné: lt. col. Groscurth.

Source/QuelleStellungnahme Reichenau vom 26.8.41: Ebd., BI. 493.


Témoignage du SS-Obersturmführer August Häfner sur le massacre des enfants (31 mai 1965)

August Häfner
Photo de Szlama ber Winer, 1942

[…] Puis Blobel m’a donné l’ordre de procéder aux exécutions des enfants. Je lui ai demandé: «Et qui devrait procéder à ces exécutions?» Il m’a répondu: «La Waffen SS.» J’ai protesté. Je lui ai dit: «Ce sont tous des hommes jeunes, comment pourront ils assumer cette responsabilité face aux autres, s’ils fusillent des petits enfants?» Alors, il m’a dit: «Eh bien, prenez donc vos hommes.» Et je lui ai répété: «Et comment pourraient ils le faire? Eux aussi, ils ont des enfants!» Ces tergiversations ont bien duré dix minutes […]. J’ai proposé que ce soit la milice ukrainienne du commandant en chef qui se charge de cette besogne. Personne n’a protesté […].

Je suis parti tout seul en direction du petit bois. La Wehrmacht venait de creuser une fosse. Les enfants ont été transportés en camion. Je n’avais rien à voir avec l’organisation technique. Les Ukrainiens se tenaient dans les alentours, ils tremblaient. On a fait descendre les enfants du camion. On les a placés en haut de la fosse, puis ils ont été fusillés de manière à ce qu’ils y tombent. Peu importait où ils étaient touchés, ils étaient touchés et tombaient dans la fosse. C’était abominable, indescriptible. Jamais je n’oublierai cette scène. C’est quelque chose que je porte encore en moi. Je me souviens encore d’une petite fille blonde qui m’avait pris par la main. Elle aussi elle a été fusillée, plus tard […]. La fosse était à proximité d’un petit bois. Ce n’était pas du côté du terrain de tir. L’exécution a dû avoir lieu vers 3 heures et demie ou 4 heures. C’était le lendemain de la négociation avec le commandant en chef […]. Il a fallu tirer 4 ou 5 fois sur certains enfants avant qu’ils ne meurent.

Source/QuelleAussage Häfner vom 31.5.65, S. 15ff der Vernehmung (Js 4/65 GStA Ffm., LO Beschuldigten-Vernehmungen).



Document original en allemand / Deutsches Original

»Zur Aufrechterhaltung der Manneszucht ...«

Das Kinder-Massaker in Bjefaja-Zerkow, die Kriegspfarrer und die Wehrmacht

Pendaison de Wolf Kieper et Moshe Kagen le 7 août 1941 à Jitomir, pancartes Straßenzug in Bjelaja-Zerkow. Aufnahme von August 1941.

Bjelaja-Zerkow (Bialacerkiew) ist ein ukrainischer Ort, 70 km von Kiew entfernt. Im August 1941 wendet sich der Feldkommandant von Bjelaja-Zerkow an das Sonderkommando (SK) 4a, die jüdischen Bewohner zu töten. Den Tötungsauftrag bekommt ein Teilkommando des SK 4a, das SS-Obersturmführer August Häfner befehligt. Das Kommando besteht aus Stammangehörigen des SK 4a und einem Zug der 3. Kompanie des SS-Bataillon zbV. (Waffen-SS) unter Führung von SS-Oberscharführer Jäger. Zwischen dem 8. und 19.August erschießt der Zug der Waffen-SS — mit Hilfe ukrainischer Miliz — mehrere hundert jüdische Männer und Frauen. Tatort: ein Schießplatz in der Nähe der Kaserne (siehe Zeugenaussage).

Die Kinder der Ermordeten sind zunächst in einem Gebäude am Ortsrand eingesperrt. Am Abend des 19. August wird ein Teil der Kinder mit drei vollbesetzten Lastkraftwagen abtransportiert und auf dem Schießplatz abgeknallt. Etwa 90 Kinder bleiben in erbärmlichen Umständen zurück. Am nächsten Tag, dem 20.August, sitzen der katholische Kriegspfarrer — so die damals übliche Bezeichnung — Ernst Tewes und sein evangelischer Kollege Gerhard Wilczek im Kasino beim Mittagstisch. Beide sind Soldaten im Offiziersrang. Ein völlig verstörter Unteroffizier bittet Tewes (nach dem Kriege Weihbischof in München), Abhilfe zu schaffen.

Die Kriegspfarrer besuchen die Kinder (siehe Dokumente) und informieren die Divisionspfarrer der 295. Infanterie-Division (I.D.), die für ein paar Tage am Ort ist. Nun besichtigen der katholische Divisionspfarrer Dr. Reuß (nach dem Kriege Weihbischof in Mainz) und sein evangelischer Kollege Kornmann (für tot erklärt) zusammen mit Tewes und Wilczek das Elend. Am Nachmittag unterrichten die Divisionspfarrer Dr. Reuß und Kornmann den 1. Generalstabsoffizier der Division, Oberstleutnant Helmuth Groscurth (gefallen).

Der weitere Verlauf — die Verhandlungen der Wehrmacht bis zur einvernehmlichen Ermordung der Kinder am 22. August — ergibt sich aus den Dokumenten.

Die Einführung folgt dem Urteil des LG Darmstadt vom 29.11.68 gegen Callsen u. a., S. 374ff (Ks 1/67 GStA Ffm.), und den Zeugenaussagen der Beteiligten.


Der Offiziersanwärter Liebe über die Tötung der Erwachsenen (16.4.1964)

Ich lag mit meiner Einheit von Mitte Juli bis Mitte/Ende August in Bjelaja-Zerkow. Ich weiß bestimmt, daß wir am 15. August noch in B.-Z. waren. Ich kann mich nämlich erinnern, daß ich mich mit Kameraden darüber unterhielt, daß die Sonne keine Bräunkraft mehr hatte, und daß wir glaubten, es würde allmählich Herbst werden. Wir waren so durchgebräunt, daß wir plötzlich feststellten, daß die Sonne auf unserer Hautfarbe nichts mehr veränderte. Wir lagen in einem Institutskomplex, einem Institut für Erbbiologie. Ich habe mich damals noch, weil mich das interessierte, mit dem Professor des Instituts über die Abwandlung von Erbfaktoren unterhalten. Mir fällt eben noch ein, daß der damalige Truppenarzt ein Arzt aus Bad Mergentheim war. Mit diesem bin ich durch das Institut gegangen, um Röntgenersatzteile zu suchen. Wenn wir nichts zu tun hatten, sind wir in den Abendstunden flanieren gegangen. Ich weiß, daß ich eines Abends an einem Kasernengelände vorbeiging. Es war die Rückfront dieses Geländes. Ich sah einen Wachtposten vor einem kleineren Häuschen stehen. Soweit ich mich erinnern kann, mit aufgepflanztem Bajonett. Es war ein SS-Mann. Es war noch kein älterer Mann. Ich meine, er wird so 26 Jahre alt gewesen sein. Dieser Wachposten stand an einer Hausecke. In seiner Nähe saßen 3 junge Mädchen. Eines dieser Mädchen verrichtete seine Notdurft, das fiel mir besonders auf. Es war urkomisch, daß dieser SS-Mann dieses Mädchen mit einem aufgepflanzten Seitengewehr bewachte, während es seine Notdurft verrichtete. Die Mädchen lachten noch und kicherten darüber. Der Wachtposten rief mich an und sagte: »Sie dürfen hier nicht durch, hier findet eine Exekution statt.« Daraufhin lachte ich und sagte, indem ich auf diese Mädchen deutete: »Etwa die Mädchen?« Ich glaubte, er würde sagen, daß die Mädchen nichts damit zu tun hätten. Er sagte aber lediglich: »Sie dürfen zusehen.« Ich sagte zu ihm: »Schönsten Dank.« Ich habe dann kehrtgemacht. Ich bin mit dem Gedanken an diese Exekution nicht fertig geworden und bin dann hingegangen, um zu sehen, was los sei.

Der Zugang zur Exekutionsstelle war durch eine Mauer begrenzt, und als Eingang war ein hohes eisernes Gittertor, das verschlossen war. Dadurch konnte ich den Platz nicht mehr betreten. Ich bin nun mit anderen Soldaten und Zivilisten vor diesem Tor stehen geblieben und habe durch diese Gitterstäbe zu der Exekutionsstelle gesehen. Diese ExekutionssteIle lag etwa 80 Meter entfernt. Ich sah, daß vor einer tiefen Grube etwa 9 Mädchen oder Frauen knieten. Sie knieten mit dem Gesicht zur Grube. Weitere 9 Mädchen warteten vor dem Häuschen, vor dem jenes Mädchen seine Notdurft verrichtet hatte, das von diesem SS-Wachmann bewacht worden war. Was mir besonders auffiel, war die Ruhe und Disziplin dieser Leute. Hinter den Mädchen, die vor der Grube knieten, standen jeweils 2 Schützen pro Person. Die Schützen waren SS-Leute.

Sie gaben mit Karabinern auf Befehl eines Vorgesetzten Schüsse auf den Kopf dieser Personen ab. Diese Personen fielen nach vorne in die Grube, wenn sie getroffen waren. Sie überschlugen sich zum Teil. Zum Teil sah man, daß die Schädeldecke hochflog. Die Schützen waren zum Teil mit Blut bespritzt. Sie schossen aus einer Entfernung von etwa 5 Metern. Es war ein entsetzliches Bild. Ich kann mich erinnern, daß ein SS-Führer mit der M.Pi. in die Grube schoß, wobei er am Grubenrand vorbeiging. Er ging zunächst an der Längs- und dann an der Schmalseite. Sein Standort war zunächst die Schmalseite gewesen, es war die rechte Schmalseite. Von dort hat er auch die Erschießungskommandos gegeben. Dieser SS-Führer hatte am Kragenspiegel 3 Sterne und einen Balken, soweit ich mich erinnern kann. Es war ein großer Mann. Ich meine fast, er wäre um die Mitte 30 gewesen. Ich bin dann später an die Grube gegangen, nachdem nach der Exekution das Eisentor geöffnet wurde. Vor dem Grab lagen Stellen, in denen Blut sich angesammelt hatte. Ich bin nicht in das Grab hineingestiegen. Das Grab war etwa 7-8 Meter lang, war etwa 2% Meter breit, ich schätze, daß es ursprünglich 4 Meter tief war. Es war, als ich an jenem Tag hineinschaute, noch 2'12 Meter bis zum Grubenrand frei. In diesem Grab lagen die Leichen schichtweise. Die Leichen wurden mit Erde überdeckt.

Als ich am Grab stand, ging dieser SS-Führer mit den 3 Sternen und dem Balken noch am Grabe herum und gab Fangschüsse. Ich habe sie sich sogar noch bewegen sehen, als er weg war. An jenem ersten Abend sah ich, wie auf die von mir geschilderte Weise ca. 162 Personen erschossen wurden. Es wurden jeweils 9 Personen erschossen, während weitere 9 Personen warten mußten, die dann herzugeführt worden sind. Die Leute, die erschossen werden sollten, bewegten sich wie eine Prozession zu diesem Grab. Sie gingen in einer Reihe, wobei jeweils jede Person dem Vordermann die Hände auf die Schultern legen mußte. Sie gingen gefaßt und ruhig in den Tod. Ich habe nur 2 Frauen weinen sehen während der ganzen Zeit, wo ich solche Exekutionen beobachtete. Es war für mich unfaßbar.

Nach jenem ersten Abend ging ich noch öfters an jener Stelle vorbei. Die Exekutionen fanden jeweils abends etwa 18 Uhr statt. Ich war etwa 6 Wochen in B.-Z. und habe etwa 6 Exekutionen selbst gesehen, von weiteren habe ich gehört, wenn Kameraden nach Hause kamen und sagten: »Es schießt schon wieder«. Bei diesen 6 Exekutionen, die ich sah, dürften insgesamt etwa 800-900 Personen erschossen worden sein. Es war immer dasselbe Bild, das sich bot. Man konzentrierte sich dabei mehr auf die Opfer als auf die Schießer. Ich habe heute noch das ganze Bild in Erinnerung. Es war immer so eigenartig, als die Opfer in die Grube kippten. Die Opfer klappten nicht gleichmäßig um, sondern schwankten manchmal, manchmal fielen sie auch in unregelmäßiger Folge in die Grube. Ich habe selbst ein Stück Kopfhaut mit graumeliertem Haar in der Hand gehabt, das in der Nähe des Grabes lag. Letzteres war am ersten Abend, als ich an der Grube war. Es sind vorweg Frauen erschossen worden. Soweit ich mich erinnern kann, habe ich 2 Kinder gesehen. Es waren Jungen. […] Es war damals keine Neugierde, die mich dazu trieb, dies anzusehen, sondern es war der Unglaube, daß so etwas geschehen konnte. Auch meine Kameraden waren über das Grauen, das diese Angelegenheit verbreitete, entsetzt.

Die Soldaten waren ohnehin über diese Erschießungen orientiert, und ich kann mich erinnern, daß einer meiner Leute erzählte, in Luzk habe er bei einer Exekution mitschießen dürfen. Ob er geschossen hat, weiß ich nicht, ich habe meinen Leuten verboten, sich hieran zu beteiligen.

Ich möchte nicht unerwähnt lassen, daß die Soldaten, die in B.-Z. waren, alle gewußt haben, was vorging. Es war jeden Abend, so lange ich dort war, Gewehrfeuer zu hören, ohne daß ein Feind in der Nähe war.

Source/QuelleAuss. des Offiziersanwärters Liebe vom 14.6.65: Js 4/65 GStA Ffm., Sonderbände Vernehmungen, Band VII, S.1272ff.


Meldung des Kriegspfarrers Dr. Reuß an den 1. Generalstabsoffizier der 295. Infanterie-Division, Oberstleutnant Groscurth (20.8.1941)

Katholischer Divisionspfarrer    Divisions-Gefechtsstand, 20.8.1941
bei der 295. Infanterie-Division

Der
295. Infanterie-Division
melde ich:

Am heutigen Nachmittag gegen 14.30 Uhr kamen die Kriegspfarrer Tewes und Wilczek, Kriegslazarettabteilung 4/607, zu dem evangelischen Divisionspfarrer und mir und berichteten folgendes:

Deutsche Soldaten hätten sie darauf aufmerksam gemacht, daß in einem Haus jüdische Kinder im Alter von einigen Monaten bis zu 5 oder 6 Jahren, deren Eltern angeblich erschossen worden seien, in einem unerträglichen Zustand eingesperrt seien und von ukrainischem Selbstschutz bewacht würden. In der Nachbarschaft des Hauses sei das Wimmern der Kinder ständig zu hören. Sie hätten sich daraufhin selbst dorthin begeben, diese Tatsache bestätigt gefunden, aber keinen Angehörigen der Wehrmacht oder einer anderen Dienststelle gesehen, der hier verantwortlich für Ordnung sorgte oder die Bewachung durchführte. Nur eine Reihe deutscher Soldaten sei als Zuschauer anwesend gewesen, die ihren Unwillen über diese Zustände äußerten. Sie baten uns, unserer Dienststelle diesen Sachverhalt zu melden.

Um eine genaue Meldung abgeben zu können — die geschilderten Vorfälle legten den Verdacht nahe, daß es sich um eine Willkür-Aktion der ukrainischen Miliz handelte —, ging ich selbst in Begleitung der beiden Kriegspfarrer und des evangelischen Divisionspfarrers, Wehrmachtsoberpfarrer Kornmann, zu diesem Haus und fand folgendes vor:

Im Hof vor dem Haus, vor dem das Weinen und Wimmern von Kindern laut zu hören war, befand sich ein Posten der ukrainischen Miliz mit Gewehr, eine Reihe deutscher Soldaten und mehrere ukrainische junge Mädchen. Wir gingen sofort ungehindert in das Haus und fanden in zwei Räumen etwa 90 (ich habe die Zahl gezählt) Kinder im Alter von wenigen Monaten bis zu 5,6 oder 7 Jahren. Irgendeine deutsche Beaufsichtigung durch Wehrmacht oder andere deutsche Dienststellen war nicht anwesend.

Eine ganze Anzahl deutscher Soldaten, darunter auch ein Sanitäts-Un- teroffizier, besichtigten bei unserer Ankunft die Zustände bei den Kindern. Außerdem kam gerade ein Feldgendarm, der zur Ortskommandantur oder Feldkommandantur gehörte, der angab, daß er nur gekommen sei, um einen Plünderungsfall zu untersuchen, der von dem Wachtposten der ukrainischen Miliz verübt sein sollte.

Die beiden Räume, in denen die Kinder untergebracht waren — ein dritter leerer Raum schloß sich an —, waren in schmutzigstem Zustand. Die Kinder lagen oder saßen auf dem Boden, der von ihren Ausscheidungen bedeckt war. Fliegen saßen zum großen Teil auf den teilweise nur halb bekleideten Kindern auf Beinen und Unterleib. Einige größere Kinder (2, 3,4 Jahre) kratzten den Mörtel von der Wand und aßen ihn. Zwei Männer, dem Aussehen nach Juden, suchten die Zimmer zu reinigen. Die Luft war abscheulich verpestet, die kleinen Kinder, besonders die, die erst einige Monate alt waren, weinten und wimmerten dauernd. Die besichtigenden Soldaten waren, ebenso wie wir, über diese unglaublichen Zustände erschüttert, und äußerten sehr ihren Unwillen darüber. In einem anderen Raum, zugänglich durch ein Fenster von einem der Kinderräume, waren eine Anzahl Frauen und größere Kinder, anscheinend Juden. Diesen Raum habe ich nicht betreten. In einem weiteren Raum waren einige Frauen, darunter eine Frau mit einem kleinen Kind auf dem Arm, eingesperrt; bei ihnen soll nach Aussage des Wachpostens — ein ukrainischer Junge im Alter von etwa 16-17 Jahren, der mit einem Stock bewaffnet war —, noch nicht feststehen, ob sie Juden sind.

Als wir auf den Hof zurückkamen, fand dort eine Auseinandersetzung zwischen dem oben erwähnten Feldgendarm und dem ukrainischen Wachposten, der das Haus zu bewachen hatte, statt; dieser Wachposten war der Plünderung verdächtig und hatte auch mehrere Ausweise, die von deutschen militärischen Dienststellen anderen Ukrainern (es handelte sich um einige Frauen) ausgestellt waren, vernichtet. Die Fetzen lagen noch auf dem Boden umher. Der Feldgendarm entwaffnete den ukrainischen Wachposten, ließ ihn abführen und entfernte sich auch selbst. Anwesende deutsche Soldaten, die auf dem Hof waren, erzählten mir, daß sie hier ihr Quartier hätten (in einem Haus unmittelbar nebenan) und seit gestern Nachmittag ununterbrochen das Weinen der Kinder hörten, die solange schon da seien. Gegen Abend des gestrigen Tages seien bereits 3 Lkw-Fuhren mit Kindern hier abgefahren. Ein Beamter des SO sei dabei anwesend gewesen. Der Fahrer des Lkw habe ihnen gesagt, das seien Kinder bereits erschossener Juden und Jüdinnen, die nun auch zur Erschießung abtransportiert würden; die Erschießung der Kinder würde durch ukrainische Miliz durchgeführt. Die in dem Haus anwesenden Kinder sollten auch noch erschossen werden. Die Soldaten äußerten über die Zustände bei den eingesperrten Kindern stärksten Unwillen; einer erwähnte noch, daß er selbst Kinder zu Hause habe. Da keinerlei deutsche Beaufsichtigung anwesend war, forderte ich die Soldaten auf, dafür zu sorgen, daß niemand mehr, besonders keine Angehörigen der Bevölkerung, das Haus beträten, damit über die Zustände dort nicht noch mehr geredet würde.

Inzwischen hatte ein mir unbekannter Oberarzt der Wehrmacht die Räume mit den Kindern besichtigt und erklärte mir, es sei dringend erforderlich, daß Wasser dorthin geschafft würde; die Zustände seien so, daß man mit der Gefahr eines Seuchenausbruches rechnen müsse.

Da sich bei dem Haus und den Kindern keine deutsche Wache oder Beaufsichtigung befindet und die dortigen Zustände jederzeit von deutschen Soldaten besichtigt werden können — wie es ja bereits geschah und zu Erklärungen des Unwillens und zu Kritik führte —, melde ich diese Angelegenheit hiermit meiner vorgesetzten Dienststelle.

Dr. Reuß
Kriegspfarrer

Source/QuelleMeldung Dr. Reuß vom 20.8.41: ZSt. Verschiedenes, Ord. 301 AAu, Bd. 121, BI.490ff. und Ks 1/67 GStA Ffm., Bd. XXXVIII, BI. 7780ff.


Meldung des Wehrmachtoberpfarrers Kornmann (21.8.1941)

Wehrmachtoberpfarrer Kornmann      O.U., den 21. August 1941
evangelischer Divisionspfarrer
bei der 295. Infanterie-Division

Der
295. Infanterie-Division

erstatte ich folgende Meldung:

Gestern (am 20.8), gegen 15 Uhr, kamen 2 Kriegspfarrer einer hier liegenden Kriegslazarett-Abteilung zu mir und dem katholischen Kriegspfarrer der Division und berichteten, in der Nähe, etwa 500 m entfernt, befänden sich im oberen Stockwerk eines Hauses etwa 80-90 Kinder, vom Säugling bis in das schulpflichtige Alter hinein, die durch ihr Geschrei und ihr Jammern weithin zu hören seien und, da sie bereits 24 Stunden dort seien, die Nachtruhe in den Nachbarhäusern einquartierter Soldaten empfindlich gestört hätten. Durch diese Soldaten hatten die beiden Kriegspfarrer selbst Kenntnis von der Anwesenheit der Kinder erhalten. Ich ging mit den beiden Kriegspfarrern und meinem katholischen Kollegen in das betreffende Haus und sah die Kinder in 2 kleinen Stuben herumliegen und -sitzen — sie lagen z. T. in ihrem eigenen Unrat —, und es fehlte vor allen Dingen jeder Tropfen Trinkwasser, worunter die Kinder bei der Hitze sehr litten. — Ein Mann der ukrainischen Miliz stand unten Posten; von ihm war zu erfahren, es handele sich um Judenkinder, deren Eltern erschossen worden seien. — Bei dem Posten stand eine Gruppe deutscher Soldaten, an einer anderen Hausecke stand eine weitere solche Gruppe, an den beiden Stellen wurde z. T. erregt über das, was hier zu sehen bzw. zu hören war, gesprochen.

Da ich es für absolut unerwünscht hielt, wenn solche Dinge sich in breitester Öffentlichkeit abspielten, erstattete ich Meldung darüber. — Die beiden Kriegspfarrer waren von der Kriegslazarett-Abteilung 41607 und hießen Wilczek (evang.) und Tewes (kath.).

Kornmann
Wehrmachtoberpfarrer

F.d.R.
gez. Unterschrift
Oberleutnant und O1

Source/QuelleMeldung Kornmann vom 21.8.41: Ebd. Bl. 495.


Bericht von Oberstleutnant Groscurth an den Oberbefehlshaber der 6. Armee, Generalfeldmarschall von Reichenau (21.8.1941)

295. Infanterie-Division  PosteDivisions-Gefechtsstand, 21.8.1941
Der 1. Generalstabsoffizier

Bericht über die Vorgänge in Bjelaja-Zerkoff am 20.8.1941

Am 20.8. gegen 16.00 Uhr meldeten sich bei mir die beiden Divisionspfarrer und teilten mir mit, daß in einem Haus der Stadt etwa 90 jüdische Kinder lägen, die seit etwa 24 Stunden ohne jede Nahrung und Wasser eingesperrt seien. Sie hätten sich auf Grund von Mitteilungen der Pfarrer des Kriegslazaretts die Verhältnisse angesehen. Sie seien unerträglich, der Versuch, den Ortskammandanten zum Einschreiten zu veranlassen, sei erfolglos geblieben. Die Div.-Pfarrer meldeten, daß die Zustände dringend einer Abhilfe bedürften, da zahlreiche Soldaten das Haus besichtigten und die sanitären Verhältnisse sich gefahrdrohend auswirken müßten, wie auch ein Oberarzt des Kriegslazaretts bestätigt habe.

Ich begab mich auf Grund dieser Meldung um 16.30 Uhr mit dem Ordonnanzoffizier, Oberleutnant Spoerhase, dem Div.-Pfarrer, Dr. Reuß, und dem Dolmetscher, SonderführerTischuk [Pyszczuk, d. Hrsg.l, in das Haus, das in einer Seitenstraße der Stadt, etwa 50 m von der Straße abgesetzt, lag. Das Haus war von der Straße aus zu sehen, das Gewimmer der Kinder zu hören. Auf dem Hof standen etwa 20 Unteroffiziere und Mannschaften. Vor dem Haus stand kein Posten. Einige bewaffnete Ukrainer standen auf dem Hof herum. Kinder lagen auf den Fensterbänken, die Fenster waren nicht geöffnet. Auf dem Flur des ersten Stockwerkes stand ein ukrainischer Posten, der sofort die Tür zu den Zimmern, in denen die Kinder untergebracht waren, öffnete. In den 3 zusammenhängenden Räumen befand sich ein weiterer ukrainischer Posten mit Gewehr. Die Räume waren angefüllt mit etwa 90 Kindern und mehreren Frauen. Im hintersten Zimmer, in dem fast nur Säuglinge lagen, machte eine Frau sauber. In den übrigen Zimmern herrschte ein unbeschreiblicher Schmutz. Lumpen, Windeln, Unrat lagen umher. Zahllose Fliegen bedeckten die teilweise nackten Kinder. Fast alle Kinder weinten oder wimmerten. Der Gestank war unerträglich. Eine deutschsprechende Frau behauptete, sie sei völlig unschuldig, habe sich um Politik nie gekümmert und sei nicht jüdisch.

Inzwischen war ein Oberscharführer [Jäger] des SO hereingekommen, den ich fragte, was mit diesen Kindern geschehen solle. Er gab an, daß die Angehörigen der Kinder erschossen seien und daß die Kinder auch beseitigt werden sollten. Ich begab mich ohne jede Stellungnahme zur Ortskommandantur und verlangte von dem Kommandanten Aufklärung. Dieser erklärte sich für unzuständig, er habe auf die ihm bekannten Maßnahmen des SD keinerlei Einfluß, er schlüge vor, die Angelegenheit mit dem Feldkommandanten, Oberstleutnant Riedl, zu besprechen. Ich begab mich in Begleitung des Ortskommandanten und des 01 [1. Ordonnanzoffiziers] zu diesem. Der Feldkommandant gab an, daß der Führer des Sonderkommandos bei ihm gewesen sei, ihn über seine Aufgabe unterrichtet habe und sie mit Wissen des Feldkommandanten durchführe. Auf die Anordnungen des Obersturmführers habe er keinen Einfluß. Ich fragte den Feldkommandanten, ob er glaube, daß der Obersturmführer den Befehl von höchster Stelle habe, auch Kinder zu beseitigen, mir sei davon nichts bekannt. Der Feldkommandant erwiderte, er sei von der Richtigkeit und Notwendigkeit dieses Befehls überzeugt.

Daraufhin verlangte ich, daß die Umgebung des Hauses so abgesperrt würde, daß die Truppe keinerlei Möglichkeit erhalte, diese Vorgänge zu beobachten, die bereits unter der Truppe zu erheblicher Kritik geführt [hätten], da die in der Nähe einquartierten Soldaten die ganze Nacht das Gewimmer der Kinder gehört hätten. Ich verlangte weiter, daß die Durchführung des Abtransportes zur Erschießung unauffällig erfolgen müsse. Ich erklärte mich bereit, Truppen der Division zur Verfügung zu stellen, falls die Wachkräfte der Feldkommandantur nicht ausreichen sollten. Ich erklärte weiter, daß ich die Heeresgruppe sofort unterrichten würde zur Herbeiführung einer Entscheidung, ob die Erschießungen der Kinder fortgesetzt werden sollten. (Eine Anzahl von Kindern war nach Angabe des Feldkommandanten bereits am Tage zuvor beseitigt worden und zwar durch die ukrainische Miliz auf Anordnung des SD).

Der Feldkommandant war mit dieser Regelung einverstanden und betonte, daß der Divisionskommandeur Standortältester sei und alle erforderlichen Anordnungen treffen könne. Er wolle die Durchführung der weiteren Maßnahmen »sistieren«, bis ein Entscheid der Heeresgruppe vorläge, verlange aber dringend einen schriftlichen Befehl. Ich hatte Bedenken, die Maßnahmen zu unterbrechen, da ich annahm, daß der Abtransport der Kinder erst in den Abendstunden stattfinden würde und bis dahin ein Entscheid der Heeresgruppe vorliegen würde. Ich war mir im klaren darüber, daß das Anhalten der Maßnahmen zu Weiterungen mit den politischen Stellen führen müsse und wollte diese tunlichst vermeiden. Der Feldkommandant erklärte aber, daß der Abtransport in Kürze erfolge. Daraufhin ordnete ich an, daß der Feldkommandant dem Führer des Sonderkommandos mitteilen solle, er habe den Abtransport bis zu einem Entscheid der Heeresgruppe aufzuschieben.

Ich habe mich selber nicht zu dem Führer des Sonderkommandos begeben, um so rasch wie möglich die Verbindung mit der Heeresgruppe herzustellen. Ich war der Ansicht, daß die Heeresgruppe bei der grundsätzlichen Bedeutung dieser Frage sofort zu unterrichten sei und die Division allein eine Entscheidung nicht treffen könne. Der la [1. Generalstabsoffizier] der Heeresgruppe, mit dem ich sofort Verbindung erhielt, erklärte, die Angelegenheit müsse vom AOK [Armeeoberkommando] 6 bearbeitet werden. Der dortige la war längere Zeit nicht zu erreichen. Er konnte einen Entscheid des Herrn Oberbefehlshabers erst in den Abendstunden herbeiführen.

Inzwischen war der Obersturmführer Häfner, Führer des Sonderkommandos, bei mir erschienen und verlangte eine Bestätigung des ihm übermittelten Befehls der Division. Er erbat schriftlichen Befehl. Dieses lehnte ich ab mit dem Bemerken, daß eine endgültige Entscheidung in kürzester Frist zu erwarten sei. Er erklärte in einem wenig militärischen Tone, er müsse diese Anordnung seiner vorgesetzten Dienststelle melden. Er habe klaren Befehl, die Maßnahmen durchzuführen. Hierauf erklärte ich, ich müsse auf meiner Anordnung bestehen und würde die Durchführung notfalls erzwingen. Ich erklärte nochmals ausdrücklich, daß mir die Weisungen der politischen Dienststelle bekannt seien, daß ich aber im Interesse der Aufrechterhaltung der Manneszucht der Truppe die Durchführung der Maßnahmen in geeigneter Form verlangen müsse. Der Entscheid der Armee müsse abgewartet werden.

Um 19.00 Uhr meldete ich dem Herrn Divisionskommandeur die Vorfälle und die bisher getroffenen Maßnahmen, die seine Zustimmung fanden.

Gegen 20.00 Uhr traf der Entscheid der Armee ein, daß die weitere Durchführung aufzuschieben sei. Inzwischen war am Spätnachmittag bereits ein Lkw mit Kindern beladen [worden] und stand vor dem Hause. Der Feldkommandant wurde durch den 01 sofort unterrichtet, der Obersturmführer wurde vom 01 zum Div.-Stabsquartier geholt, wo ich ihm die Weisung der Armee übermittelte. Ein Offizier des Div.-Stabes kontrollierte die Durchführung und die inzwischen vom Feldkommandanten angeordnete Absperrung. Zu dieser Absperrung waren teilweise Ukrainer mit Gewehr ohne Ausweis eingesetzt. Diese Absperrung durch Ukrainer gegen deutsche Soldaten wurde abgestellt. Vom Feldkommandanten war inzwischen für Wasser und Brot für die Kinder gesorgt.

Am 21.8. gegen 11.00 Uhr erschien Hauptmann Luley (Abwehr-Offizier, AOK 6) mit dem Standartenführer Blobel und dem Obersturmführer Häfner zu der von der Armee befohlenen Besprechung. Diese fand beim Feldkommandanten statt. Hauptmann Luley hatte sich vor seinem Eintreffen bei der Division die Örtlichkeiten angesehen, ohne aber das Haus und die Unterkunft der Kinder zu betreten. Ich trug die Forderungen der Division vor und wies nachdrücklich daraufhin, daß das Einschreiten der Division lediglich wegen der Art der Durchführung erfolgt sei. Der Standartenführer und der Obersturmführer gaben technische Mängel zu und erklärten, daß es jetzt nach Lage der Dinge darauf ankäme, eine Form der raschen Erledigung zu finden. Er sähe sich nunmehr eigentlich nicht in der Lage, die beabsichtigte Erschießung noch durchzuführen. Der Feldkommandant warf ein, daß die erste Meldung der Zustände durch die Divisionspfarrer erfolgt sei. Hierauf bemerkte Hauptmann Luley, er sei zwar evangelischer Christ, aber er hielte es für besser, wenn sich die Pfarrer um die Seelsorge der Soldaten kümmern würden. Aus Form und Art der Äußerungen des Feldkommandanten wie des Hauptmann Luley war zu entnehmen, daß sie erstens die Glaubwürdigkeit der Divisionspfarrer in Zweifel stellten, zweitens, daß sie die Angelegenheit als »Schnüffelei, um irgend etwas zu finden«, behandelten. Sie hielten die Meldung für eine Aufbauschung und ein neugieriges Einmengen der Divisionspfarrer. Der Standartenführer äußerte sich hierzu nicht.

Ich wies mit dem 01 zusammen diese unerhorten Verdächtigungen zurück, da die DIvisionspfarrer zuerst der Auffassung sein mußten, daß es sich bei den Zuständen um Eigenmachtfgkeiten der Ukrainer handelte, die schon einmal in Zloczow die Divislon zum Eingreifen zwangen. Im weiteren Verlauf der Besprechung versuchte der Feldlkommandant, die Angelegenheit auf das weltanschauliche Gebiet zu ziehen und eine Diskussion über grundsätzliche Fragen herbeizuführen. Er erklärte, daß er die Ausrottung der jLidischen Frauen und Kinder tur dringend erforderlich halte, gleichgültig in welcher Form diese erfolgte. Er betonte mehrfach , daß durch die Maßnahmen der Division die Beseitigung der Kinder unnotig um 24 Stunden verzögert sei. Dieser Meinung SChloß sich der Standartenführer an und fugte hinzu, daß es das Beste sei, daß die Truppe. die schnüffele. die Erschießungen selbst vornähme und daß Kommandeure. die die Maßnahmen aufhielten. selbst das Kommando dieser Truppe ubernähmen. Ich wies in ruhiger Form dieses Ansinnen zurück. ohne dazu Stellung zu nel1men. da ich jede persönliche Schärfe vermeiden wollte. Der Standartenführer erklärte bei der Beratung über die weiteren zu treffenden Maßnahmen_daß der Herr Oberbefehlshaber die Notwendigkeit der Beseillgung der Kinder anerkenne und durchgefuhrt wissen wolle, nachdem diese Maßnahmen in vorliegendem Falle einmal eingeleitet seien. Die Richtigkeit dieser Stellungnahme des Herrn Oberbefehlshabers war mir bereits durch den Ic /3.Generalstabsofflzlerl des AOK 6 bestätigt worden.

Daraufhin wurden die Einzelheiten der Durchführung der Erschießungen festgelegt. Sie soUen bis zum 22.R abends erfolgen. An den Einzelheiten dieser Besprechung habe ich mich nicht mehr beteiligt. Die von mir geforderten Maßnahmen lur Fernhaltung der Truppe werden durchgeführt

Anschließend hielt Hauptmann Luley dem Herrn Divisionskommandeur Vortrag über das Ergebnis der Besprechung.

Abschließende Stellungnahme:

1. Die Truppe ist von ihren Führern zur sauberen soldatischen Gesinnung erzogen, zur Vermeidung von Gewalt und Roheit gegenüber einer wehrlosen Bevölkerung. Sie hat vollstes Verständnis für schärfstes Einschreiten gegen Franktireure [= Freischärler]. In vorliegendem Falle sind aber Maßnahmen gegen Frauen und Kinder ergriffen, die sich in nichts unterscheiden von Greueln des Gegners, die fortlaufend der Truppe bekannt gegeben werden. Es ist nicht zu verhindern, daß über diese Zustände in die Heimat berichtet wird, und daß diese dort in Vergleich zu den Lemberger Greueln gesetzt werden. Die Truppe erwartet ein Einschreiten ihrer Offiziere. Dies gilt besonders für die älteren verheirateten Leute. Der Offizier ist daher mit Rücksicht auf seine Truppe zu einem Einschreiten gezwungen, wenn derartige Vorgänge sich in aller Öffentlichkeit abspielen. Zur Aufrechterhaltung der Manneszucht ist es erforderlich, daß alle ähnlichen Maßnahmen abseits der Truppe erfolgen.

2. Die Durchführung der Erschießungen hätte ohne jedes Aufsehen er- folgen können, wenn die Feldkommandantur wie auch die Ortskommandantur die nötigen Maßnahmen zur Fernhaltung der Truppe getroffen hätten. Durch das völlige Versagen der beiden Kommandanten wurden die Zwischenfälle hervorgerufen. Bei den Verhandlungen entstand der Eindruck, daß die gesamten Exekutionen auf einen Antrag des Feldkommandanten zurückzuführen sind. Aus der Erschießung der gesamten Judenschaft der Stadt ergab sich zwangsweise die Notwendigkeit der Beseitigung der jüdischen Kinder, vor allem der Säuglinge. Diese hätte sofort mit Beseitigung der Eltern erfolgen müssen, um diese unmenschliche Quälerei zu verhindern. Eine anderweitige Unterbringung der Kinder wurde vom Feldkommandanten und vom Obersturmführer für unmöglich erklärt, wobei der Feldkommandant mehrfach erklärte, diese Brut müsse ausgerottet werden.

gez. Groscurth

Source/QuelleBericht Groscurth vom 21.8.41: Ebd., Bl. 485ff.


Der ehemalige Kriegspfarrer Gerhard Wilczek (15.1.1968)

Wo hätten wir denn auf einmal für 90 Kinder Brot hernehmen sollen? Selbst wenn dies uns aus unerfindlicher Weise doch gelungen wäre, und wir Wasser herbeigeSChleppt hätten, hätten wir die ganze Aktion nur verlangsamt. Uns lag daran, so schnell wie möglich eine Befehlsstelle auszumachen, die den Kindern auf Grund ihrer Befehlsgewalt helfen konnte. Es ist nicht so gewesen, daß wir unser Leben schonen wollten. Es war auch nicht so, daß wenn jemand einmal sich geweigert hat, einen Befehl auszuführen, er gleich an die Wand gestellt worden wäre. Das bedurfte doch noch größerer Maßnahmen. Mit Schwierigkeiten wären wir schon fertig geworden. Unter Schwierigkeiten verstehe ich, daß wir damit rechneten, daß wir eine Rüge bekommen hätten. Was man mit uns gemacht hätte, weiß ich nicht, jedenfalls etwas besonders Schlimmes stelle ich mir nicht vor. Der SD ging uns gar nichts an, wir gehörten zur Armee.

Source/QuelleAuss. Wilczek vom 15.1.68 in der Hauptverhandlung des LG Darmstadt gegen Callsen u. a.: Ks 1/67 GStA Ffm., Protokollband IV, S. 987f.


 Angehörige der Ortskommandantur. Angehörige der Ortskommandantur..

Meldung der Kriegspfarrer Tewes und Wilczek (21.8.1941)

Evangelischer und katholischer Kriegspfarrer   O.U., 22 août 1941
beim Kriegslazarett 4/607

Der
295. Infanterie-Division
melden wir auf Anforderung folgendes:

Am 20. August 1941, 13.00 Uhr, hörten wir von deutschen Soldaten, daß in einem Hause in der Nähe unserer Unterkunft eine größere Anzahl Kinder in einem unerträglichen Zustand eingesperrt und teilweise schon am Verenden seien; ein ukrainischer Posten bewache diese Kinder. Da wir irgendeine Willküraktion der Ukrainer vermuteten, begaben wir uns unverzüglich dahin. Wir fanden ungefähr 90 Kinder in 2 kleinen Räumen zusammengepfercht in schmutzigstem Zustand, deren Wimmern schon in der Nachbarschaft des Hauses zu hören war. Eine Anzahl Kinder, vor allem Säuglinge, waren völlig erschöpft und fast leblos. Eine deutsche Wache oder Beaufsichtigung war nicht anwesend, lediglich ein mit einem Gewehr bewaffneter Ukrainer hielt Wache. Deutsche Soldaten hatten ungehindert Zutritt zur Besichtigung und äußerten ihre Empörung über diese furchtbaren Zustände. Da diese Ereignisse sich innerhalb des Befehlsbereichs der deutschen Wehrmacht abspielten und somit zu einer Schädigung des Ansehens der deutschen Wehrmacht führen mußten, begaben wir uns sofort zur Ortskommandantur und machten Meldung. Der Ortskommandant begab sich mit uns dorthin, besichtigte die Zustände und führte uns zur Feldkommandantur, damit wir dort Meldung erstatten können. Auf der Feldkommandantur war im Augenblick keiner der maßgebenden Herren zu sprechen, und uns wurde geraten, später vorzusprechen. Da uns die Angelegenheit dringlich erschien und wir annahmen, daß der Divisionskommandandeur der z. Zt. hier liegenden 295. Infanterie-Division Standortältester sei, suchten wir die beiden Divisionspfarrer der 295. Infanterie-Division auf und berichteten ihnen die Vorkommnisse, damit sie ihrer Dienststelle Meldung erstatten könnten.

Tewes, Kriegspfarrer
Wilczek, Kriegspfarrer
F.d.R.
gez. Spoerhase
Oberleutnant und O1

Source/QuelleMeldung Tewes/Wilczek vom 22.8.41, ZSt. Verschiedenes, a.a.O., Bl. 494.


Stellungnahme des Oberbefehlshabers der 6. Armee, Generalfeldmarschall von Reichenau (26.8.1941)

Der Oberbefehlshaber    Armee-Hauptquartier, den 26.8.1941
der 6. Armee

IC/AO
Nr. 2245/41
g. Kdos.

3 Ausfertigungen
2. Ausfertigung.

Stellungnahme zu dem Bericht der 295. Div. über die Vorgänge in Bialacerkiew.

Der Bericht verschleiert die Tatsache, daß die Division von sich aus die Unterbrechung der Exekution angeordnet und dann hierzu das Einverständnis der Armee erbeten hat.

Sofort nach der fernmündlichen Anfrage der Division habe ich nach Rücksprache mit Standartenführer Blobel die Durchführung der Exekution aufgeschoben, weil sie nicht zweckmäßig angeordnet war. Ich gab den Auftrag, daß am 21.8. früh Standartenführer Blobel und der Vertreter des Armee-Oberkommandos sich nach Bialacerkiew begeben sollten, um die Verhältnisse zu prüfen. Grundsätzlich habe ich entschieden, daß die einmal begonnene Aktion in zweckmäßiger Weise durchgeführt sei.

In der abschließenden Stellungnahme steht der Satz: »Im vorliegenden Falle sind aber Maßnahmen gegen Frauen und Kinder ergriffen, die sich in nichts unterscheiden von Greueln des Gegners, die fortlaufend der Truppe bekannt gegeben werden.«

Ich muß diese Feststellung als unrichtig und im höchsten Maße ungehörig und unzweckmäßig bezeichnen. Sie steht zudem in einem offenen Schreiben, das durch viele Hände geht.

Der Bericht wäre überhaupt besser unterblieben.

gez. von Reichenau

Verteiler:
Heeresgruppe Süd = 1. Ausfertigung
295e I.D. = 2. Ausfertigung
Akten = 3. Ausfertigung

F.d.R.d.A.
gez. Groscurth
Oberstleutnant i.G.

Source/QuelleStellungnahme Reichenau vom 26.8.41: Ebd., BI. 493.


SS-Obersturmführer August Häfner über die Tötung der Kinder (31.5.1965)

August Häfner
Photo de Szlama ber Winer, 1942

[…] Daraufhin gab Blobel mir den Befehl, die Erschießung der Kinder durchzufuhren. Ich fragte ihn: »Durch wen soll die Erschießung durchgeführt werden?.. Er antwortete: ..Durch die Waffen-55" Ich erhob Einspruch. Ich habe zu ihm gesagt: "Das sind alles junge Manner; wie sollen wir es vor denen verantworten, wenn sie kleine Krnder erschießen?.. Daraufhin sagte er: »Dann nehmen Sie doch Ihre Manner.« Auch ,etzt sagte ich wieder: "Wie sollen die das tun, die haben doch euch kleine Kinder... Dieses Tauziehen hat etwa 10 Minuten gedauert. […] Ich habe vorgeschlagen, daß die ukrainische Mi1i.: des Feldkommandanten die Kinder erschießen solle. Es wurde von keiner Seite gegen diesen Vorschlag Einspruch erhoben. […]

Ich ging raus an das Waldstuck. ganz allem. Die Wehrmacht haUe bereits eine Grube ausgehoben. Die Kinder wurden In einem Zugkraftwagen angebracht. Mit dieser technischen Abwicklung hatte ich nichts lU tun. Die Ukrainer standen darum und zitterten. Dia Kinder wurden von dem Zugkraftwagen herabgenommen. Sie wurden oberhalb der Grube aufgestellt und erschossen. so daß sie hineinfielen. Wo sie gerade getroffen wurden, wurden sie eben getroffen. Sie fielen in die Grube. Es war ein unbeschreiblicher Jammer. Dieses Bild vergesse ich nie in meinem leben. Ich trage sehr schwer daran. Insbesondere ist mir ein Erlebnis mit einem kleinen blonden Madchen in Erinnerung, das mich an der Hand nahm. Es wurde später auch erschossen. […] Die Grube war in der Nahe eines Waldstucks. Es Wilr nicht in der Nähe dieses Schießstandes.. Die Erschießung wird so nachmittags gegen y, 4 oder 4 Uhr gewesen seIn. Die Erschießung fand am Tag nach der Verhandlung beim Feldkommandanten start. […] Manche Kinder wurden 4 bis 5 mel getroffen, bis sie tot waren.

Source/QuelleAussage Häfner vom 31.5.65, S. 15ff der Vernehmung (Js 4/65 GStA Ffm., LO Beschuldigten-Vernehmungen).

Ernst Klee / Willi Dreßen / Volker Rieß, »Schöne Zeiten«Judenmord aus der Sicht der Täter und Gaffer, S. Fischer Verlag GmbH, Frankfurt am Main, 1988.