1. L’adjoint de Heydrich, le chef de la Gestapo, Heinrich Müller l’a très clairement exprimé dans un ordre secret aux Einsatzgruppen A, B, C et D, du 1er août 1941, où il stipule que «Le Führer doit recevoir des rapports réguliers sur la tâche des Einsatzgruppen à l’est (Dem Führer soll von hier aus Ifd. Berichte über die Arbeit der Einsatzgruppen im Osten vorgelegt werden)», RSHA-Befehl nr 5778 vom 1.8.1941 zur Besorgung von “Anschauungsmaterial”, cité par Peter Klein, Die Einsatzgruppen in der besetzten Sowjetunion 1941/42. Die Tätigkeits und Lageberichte des Chefs der Sicherheitspolizei un des SD, Berlin, Edition Hentrich, 1997, p. 342. 2. Ernst Klee, Willy Dressen, Volker Riess, Pour eux « C’était le bon temps», La vie ordinaire des bourreaux nazis, Plon 1990, p. 60. Le texte en allemand et les sources se trouvent dans la version originale de l’ouvrage: Ernst Klee, Willy Dressen, Volker Riess,« Schöne Zeiten». Judenmord aus der Sicht der Täter und Gaffer, S. Fischer Verlag GmbH, Frankfurt am Main, 1988 3. Klee, Dressen, Riess, Pour eux « C’était le bon temps», op. cit., p. 62 4. Klee, Dressen, Riess, Pour eux « C’était le bon temps», op. cit., p. 63 5. The Einsatzgruppen Reports, édité par Yitzhak Arad, Shmuel Krakowski, Shmuel Spector, The Holocaust Library, New York, 1989, p. 256 6. The Einsatzgruppen Reports, op. cit., p. 267 7. The Einsatzgruppen Reports, op. cit., p. 272. Les Krimchaks étaient des Juifs d’Ukraine à la langue et aux rites spécifiques 8. Gerald Fleming, Hitler et la solution finale, Commentaire/Julliard, 1988, p. 135. fac-simile dans Wolfram Wette, Karl Jäger. Mörder der litauischen Juden, Frankfurt am Main: S. Fischer Verlag, 2011, p. 147. 9. The Einsatzgruppen Reports, op. cit., p. 296

Les Einsatzgruppen

Rapports d’activités

(extraits)


Parmi les documents les plus accablants illustrant la politique d’assassinat systématique des Juifs par les Nazis, figurent les rapports des Einsatzgruppen, dont la véracité est irréfutable. Nous présentons ici quelques extraits de certains de ces rapports. Ils figurent presque tous, en anglais, sur le site de Ken Lewis. On aura à l’esprit le fait qu’Hitler avait demandé expressément à être destinataire de ces rapports1.


Rapport sur les événements d’U.R.S.S., N° 97, du 28 septembre 19412.

«Présence présumée de 150 000 Juifs. Mesures en cours pour recenser tous les Juifs. Exécution d’au moins 50 000 Juifs prévue. La Wehrmacht se félicite ces mesures et demande que l’on emploie des moyens radicaux»



 

Rapport sur les événements en U.R.S.S., N° 101, du 2 octobre 19413.

«Groupe spécial C
Garnison de Kiev

Le commando spécial 4a, en coopération avec l’état-major du groupe et deux commandos du régiment de gendarmerie sud, a exécuté 33 771 Juifs les 29 et 30 septembre 1941 à Kiev.»

Il s’agit ici du rapport faisant le bilan du premier grand massacre des ravins de Babi Yar.



 

Rapport sur les événements d’U.R.S.S., N° 128, du 23 novembre 19414.

«A Kiev, les difficultés rencontrées lors de la réalisation de ce type d’opération d’envergure (surtout en ce qui concerne le recensement) ont pu être maîtrisées parce qu’un affichage sur les murs de la ville a appelé la population juive à se préparer à être déplacée. Au début, bien qu’on n’ait compté que sur une participation de 5 000 à 6 000 Juifs, plus de 30 000 se sont présentés. En raison d’une organisation très habile, ils ont pu croire à leur transplantation jusqu’au moment précédant l’exécution.

Même si, de cette manière, on a pu jusqu’à présent liquider ’75 000 Juifs au total, nous avons dès aujourd’hui la certitude qu’il est impossible de résoudre le problème juif par cette méthode.»



 

Rapport d’opérations URSS No. 145, daté du 12 décembre 19415:

«Le nombre total de Juifs est d’environ 40 000. Un quart d’entre eux vivent à Simferopol […] Jusqu’à maintenant les exécutions ont été rendues difficiles à cause des conditions climatiques.»



 

Rapport No. 150, daté du 2 janvier 19426.

«Simferopol, Yevpatoria, Alushta, Krasubasar, Kersh, ainsi que Fedosia et d’autres dictricts de la Crimée occidentale sont libres de Juifs. Du 16 novembre au 15 décembre 1941, 17 645 Juifs, 2504 Krimchaks, 824 Tziganes et 212 communistes et partisans ont été exécutés. En tout, 75 881 personnes ont été exécutées.»



 

Rapport d’opérations URSS No. 153, 9 janvier 1942 janvier7:

«A Simferopol, en plus des Juifs, les questions tziganes et krimchaks sont aussi résolues. La population a généralement bien accueilli l’élimination de ces éléments.»



 

En réponse au télégramme no 1331 de la Police de Sécurité de Riga du 6 février 1942, le SS-Standartenführer Karl Jäger fit de Kovno, le 9 février 1942, le rapport suivant8:

«Réf. exécution jusqu’au 1er février par l’Einsatzkommando 3A: juifs 136 421. Total 138 272 parmi lesquels: femmes 55 556; enfants 34 464»



 

Rapport d’opérations URSS No. 170, du 18 février 1942 (Einsatzgruppe D)9:

«La recherche de Juifs isolés qui, jusqu’à maintenant, avaient échappé aux exécutions en se cachant ou en donnant de faux renseignements personnels, s’est poursuivie. Du 9 janvier au 15 février, plus de 300 Juifs ont été arrêtés à Simferopol et exécutés. Avec eux, le nombre de personnes exécutées à Simferopol atteint presque 10 000 Juifs, environ 300 de plus que le nombre de Juifs enregistrés.»


Notes.

1. L’adjoint de Heydrich, le chef de la Gestapo, Heinrich Müller l’a très clairement exprimé dans un ordre secret aux Einsatzgruppen A, B, C et D, du 1er août 1941, où il stipule que «Le Führer doit recevoir des rapports réguliers sur la tâche des Einsatzgruppen à l’est (Dem Führer soll von hier aus Ifd. Berichte über die Arbeit der Einsatzgruppen im Osten vorgelegt werden)», RSHA-Befehl nr 5778 vom 1.8.1941 zur Besorgung von “Anschauungsmaterial”, cité par Peter Klein, Die Einsatzgruppen in der besetzten Sowjetunion 1941/42. Die Tätigkeits und Lageberichte des Chefs der Sicherheitspolizei un des SD, Berlin, Edition Hentrich, 1997, p. 342.

2. Ernst Klee, Willy Dressen, Volker Riess, Pour eux « C’était le bon temps», La vie ordinaire des bourreaux nazis, Plon 1990, p. 60. Le texte en allemand et les sources se trouvent dans la version originale de l’ouvrage: Ernst Klee, Willy Dressen, Volker Riess,« Schöne Zeiten». Judenmord aus der Sicht der Täter und Gaffer, S. Fischer Verlag GmbH, Frankfurt am Main, 1988

3. Klee, Dressen, Riess, op. cit., p. 62

4. Ibid., p. 63

5. The Einsatzgruppen Reports, édité par Yitzhak Arad, Shmuel Krakowski, Shmuel Spector, The Holocaust Library, New York, 1989, p. 256

6. The Einsatzgruppen Reports, op. cit., p. 267

7. Ibid., p. 272. Les Krimchaks étaient des Juifs d’Ukraine à la langue et aux rites spécifiques

8. Gerald Fleming, Hitler et la solution finale, Commentaire/Julliard, 1988, p. 135. fac-simile dans Wolfram Wette, Karl Jäger. Mörder der litauischen Juden, Frankfurt am Main: S. Fischer Verlag, 2011, p. 147. Le télégramme no 1331 est reproduit p. 146.

9. The Einsatzgruppen Reports, op. cit.,, p. 296

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