Belzec, Sobibor et Treblinka

«Les décisions de la conférence de Wannsee mises en application»


Extrait de

Pour eux «c’était le bon temps», la vie ordinaire
des bourreaux nazis

, ,


Traduit de l’allemand par Métais-Bührendt. Éditions Plon, 1989.
© Éditions Plon 1989
Reproduction interdite - No reproduction

Document original en allemand / Deutsches Original


Introduction par PHDN

PHDN consacre une section très riche aux centres de mise à mort de l’Opération Reinhard, elle complètera ou servira d’introduction aux documents présentés ici:
https://phdn.org/histgen/reinhard.html

Nous reproduisons en première section le cahier de photos, absent de l’édition française, et y avons mis toutes les photos proposées dans ce chapitre de l’édition originale. Nous avons trouvé pour la plupart d’entre elles de meilleures versions (parfois cadrées de façon très légèrement différente) que nous utilisons.

Il nous faut par ailleurs souligner que le sous-titre choisi par les auteurs de Pour eux, c’était le bon temps…, «Les décisions de la conférence de Wannsee mises en application», est depuis longtemps considéré comme erroné: à Wannsee (le 20 janvier 1942), aucune «décision» n’est prise. Il s’agissait avant tout pour Heydrich (et son chef, Himmler) d’impliquer l’ensemble des administrations nazies dans l’extermination des Juifs au niveau européen (dont le principe était acquis avant la fin 1941) et d’imposer l’autorité de Heydrich (c’est à dire d’Himmler) sur ce programme, déjà largement entamé à l’Est. Les centres de mise à mort de l’Opération Reinhard (Belzec, Sobibor, Treblinka) avaient d’ailleurs pour vocation principale l’extermination des Juifs du Gouvernement Général (partie la plus importante de la Pologne occupée). Nous conservons le sous-titre afin de respecter l’intégrité éditoriale de l’ouvrage original.



Photographies

Franz Stangl à gauche Franz Stangl, à gauche, tient la traditionnelle cravache, symbole populaire de l’autorité au sein du personnel allemand; à droite se tient Kurt Franz.
 

Album photos de Kurt Franz L’album photos de Kurt Franz, d’abord ajoint puis commandant de Treblinka. En haut d’une page figurait le titre «Schöne Zeiten» («le bon temps»). Après 1945, le mot «schöne» a été effacé, les deux photos en bas à droite et en bas à gauche arrachées. En haut à gauche, la gare de Treblinka; au milieu, Franz vers 1944 pendant son affectation sur la côte adriatique; à droite, avec son frère; en bas, avec le commandant Franz Stangl (en blanc) devant le poste de commandement à Treblinka.
 

zoo de Treblinka, album de Kurt Franz Le zoo dans le camp de Treblinka. Page extraite de l’album de Kurt Franz.
 

la gare de Belzec Gare de Belzec. Une odeur pestilentielle et un nuage sombre flottait en permanence au dessus de la région, même les beaux jours d’été.
 

photo de groupe, à Treblinka Photo de groupe à Treblinka. De gauche à droite: August Hengst (cuisinier à Treblinka), une femme non identifiée, le Wachmann (garde) Pinnemann, Karl Pötzinger, le Wachmann Libodenko, une personne non identifiée.
 

photo de groupe, à Sobibor Photo de groupe à Sobibor. Pour ceux qui portent un uniforme, de gauche à droite:, après une personne coupée non identifiée, le SS-Untersturmführer Gerhardt Börner, le commandant Franz Stangl (au milieu) et les SS-Oberscharführer Erich Bauer et Gustav Wagner, adjoints au commandant de Sobibor.
 

photo de groupe, à Belzec Photo de groupe à Belzec. Premier rang e droite à gauche: le SS-Rottenführer Barbel [Barbl], le Wachtmeister Dachsel [SS Oberwachmeister Artur Dachsel]; second rang, le SS-Hauptscharführer [Lorenz] Hackenholt, [le SS Unterscharführer] Ernst Zierke, [le SS Untersturmführer] Karl Gringers (avec un calot); deuxième en partant de la gauche: [le SS Untersturmführer] Fritz Tauscher. Tous appartenaient au personnel permanent de Belzec.
 

Christian Wirth et Gottlieb Hering Wallerang et Gley

Christian Wirth et Gottlieb Hering, commandants à Belzec

L’Untersturmführer Wallerang et le SS-SSOberscharführer Gley, avec sa cravache, attribut du personnel permanent, à Belzec


 

Place du marché à Olkusz Place du marché à Olkusz

Le SS-Sturmbannführer Christian Wirth, inspecteur des centres de mise à mort

Lorenz Hackenholt qui s’occupait des installations de gazages à Belzec


 

Karl Frenzel et Erich Bauer Le SS-Scharführer Karl Frenzel et le SS-Oberscharführer Erich Bauer, à Sobibor. Durant l’été 1943, lorsqu’un esclave juif tenta de se suicider et fut trouvé mourrant, Frenzel lui hurla que les Juifs n’avait aucun droit de se tuer eux-mêmes. Que seuls les Allemands avaient le droit de tuer. Frenzel frappa le mourrant à coup de cravaches et l’acheva d’une balle.
 

Place du marché à Olkusz Le SS-Oberscharführer Heinrich Gley (Sobibor, Belzec) et le SS-Obersturmführer Gottlieb Hering, commandant à Belzec.
 

excavatrice, Treblinka Excavatrice utilisée pour les fosses à Treblinka.
 

Ferme après la fin de Treblinka La fin de Treblinka. Une ferme fut construite afin de donner aux passants l’impression d’un endroit «normal».
 

Place du marché à Olkusz «Barry» [Bary], le chien que Franz utilisait contre les Juifs avec l’ordre «Homme, attrape ce chien!». Barry a déchiqueté de nombreux Juifs, s’attaquant souvent à leurs parties génitales.
 


Le SS Untersturmführer Josef Oberhauser au sujet des débuts de Belzec (14 décembre 1962)

Le camp de Belzec était situé à la sortie du village de Belzec, au nord est de la route de Tomaszov à Lemberg. Comme nous avions besoin d’une liaison ferroviaire en prévision de l’arrivée des convois, le camp avait été installé à une distance d’environ 400 m de la gare de Belzec. Le camp en soi était divisé en deux secteurs, le secteur I et le secteur II. La voie de garage qui partait de la gare de Belzec arrivait directement dans le secteur II, là où se trouvaient les baraquements prévus pour le déshabillage, les installations de gazage et les terrains où étaient les tranchées. A l’époque où j’étais moi même à Belzec, le dispositif de gazage était encore installé dans un baraquement dont l’intérieur avait été recouvert de tôle et qui avait une contenance d’environ 100 personnes. Le secteur I était exclusivement réservé aux baraquements qui abritaient les sentinelles ukrainiennes […].

Les hommes de la garnison étaient hébergés à l’extérieur du périmètre du camp, dans deux bâtisses en pierre situées à droite, à proximité de la route de Lemberg. Le bureau, la cantine et les dortoirs se trouvaient dans l’un de ces bâtiments, l’autre ne contenait que des dortoirs.

A partir de Noël 1941, j’ai été sous les ordres de Wirth, qui à l’époque était commandant du camp de Belzec. C’était la période où j’étais l’agent de liaison entre Wirth et l’état major de Globocnik à Lublin. J’étais chargé de l’approvisionnement en matériaux de construction pour l’agrandissement du camp et devais, le cas échéant, changer les équipes de sentinelles ukrainiennes […]. Schwarz était le suppléant de Wirth; comme Wirth, il disposait des pleins pouvoirs.

Jusqu’au 1er août 1942, on pouvait répartir les gazages en deux catégories. Lors des premières séries d’essais, il s’agissait de convois avec 4 à 6 wagons contenant de 20 à 40 personnes chacun. En général, on nous livrait et on éliminait 150 Juifs par convoi. Ces gazages ne s’effectuaient pas encore sous le signe des opérations d’extermination systématique; au contraire, on voulait d’abord faire des essais sur la capacité du camp et vérifier comment procéder au gazage du point de vue technique. Après les premiers gazages, Wirth et Schwarz ainsi que tout le personnel allemand ont disparu de Belzec. Le dernier acte officiel que Wirth ait accompli avant de partir est d’avoir gazé ou fusillé les 50 Juifs de l’équipe de travail, y compris les kapos. Lorsque Wirth et ses hommes sont partis, je me trouvais à Lublin. J’avais à effectuer un gros transport de matériaux. Quand je suis revenu à Belzec, il n’y avait plus personne. Au camp, il ne restait plus qu’une vingtaine de sentinelles ukrainiennes qui dépendaient du SS Scharführer Feix. Chose curieuse, Globocnik, l’Officier SS et chef de la police, n’avait pas eu connaissance du départ de Wirth et de ses hommes. Quand il a entendu dire que Wirth avait disparu, il m’a envoyé à Belzec afin que je recherche dans quelle direction Wirth s’était replié. J’ai appris qu’il était passé par Lemberg et Cracovie et était parti pour Berlin, sans en prévenir Globocnik.

Au cours des six semaines qui ont suivi, le calme a régné à Belzec. Puis, au début mai 1942, le SS Oberführer Brack de la chancellerie du Führer est soudain arrivé à Lublin. Il a négocié la poursuite des opérations d’extermination des Juifs avec Globocnik. Globocnik a dit qu’il n’avait pas assez d’hommes pour réaliser ce programme. Brack a expliqué que l’euthanasie tirait à sa fin et qu’il pourrait lui affecter les hommes du T4[NdT.: personnel employé dans les opérations d’euthanasie] et que les décisions de la Conférence de Wannsee pourraient être mises en application. Étant donné que les groupes spéciaux pensaient qu’il était impossible de débarrasser certaines régions de leurs Juifs, mais aussi de faire disparaître tous les habitants des grands ghettos de Varsovie et de Lemberg en les passant par les armes, il a été convenu de construire deux autres camps d’extermination qui devraient être prêts avant le 1er août 1942, il s’agissait de Sobibor et de Treblinka. L’extermination d’envergure devait démarrer le 1er août 1942.

Environ 8 jours après la visite de Brack à Globocnik, Wirth est revenu à Belzec avec ses hommes. Puis, une deuxième série d’expérimentations a encore eu lieu jusqu’au 1er août 1942. A cette époque là, 5 ou 6 convois sont arrivés à Belzec (selon ce que je sais), chacun ayant entre 5 et 7 wagons contenant de 20 à 40 personnes. Les Juifs des deux premiers convois ont encore été gazés dans la petite chambre, puis Wirth a fait démolir le baraquement de gazage et fait construire un nouveau bâtiment en dur, dont la capacité était bien supérieure. C’est dans ce bâtiment neuf que les Juifs des convois suivants ont été gazés.

Tandis que pour les premiers convois, pendant la première série d’essais, on se servait encore de gaz en bonbonnes, les Juifs des derniers convois de la deuxième série ont déjà été exécutés à l’aide des gaz d’échappement d’un moteur de blindé ou de camion; c’était Hackenholt qui s’en occupait.

Source/QuelleAuss. Oberhauser vom 14.12.62: 208 AR-Z 252/ 59, Bd.9, Bl. 1681 ff.


Témoignage du SS Erich Bauer que les détenus surnommaient «le chef gazier» (20 novembre 1962)

Nous étions une «bande de complices» en terre étrangère, entourés d’Ukrainiens, des auxiliaires volontaires auxquels il ne fallait pas se fier […]. Nous étions si ligués que Frenzel, Stangl et Wagner avaient fait fabriquer pour chaque membre des équipes permanentes une bague portant le rune SS à partir d’une pièce de cinq marks. Ces bogues ont été distribuées au personnel du camp en tant que signe de ralliement afin de distinguer la «bande de complices». Par ailleurs, «la répartition du travail» était de rigueur au camp. A Sobibor, chacun de nous a, une fois au moins, exercé toutes les fonctions (détaché au commando de la gare, déshabillage et gazage). […] J’estime que le nombre de Juifs gazés à Sobibor s’élève à environ 350 000 Juifs. Un jour, à la cantine de Sobibor, j’ai entendu une conversation entre Frenzel, Stangl et Wagner. Ils parlaient du nombre de victimes dans les camps d’extermination de Belzec, Treblinka et Sobibor. Ils regrettaient la concurrence, et déploraient que Sobibor soit en «dernière position».

Source/QuelleAuss. Bauer (SS-Runen) vom 20.11.62: 208 AR-Z 251/59, Bd. 8, Bl. 1593f und Bl. 1595.


Erich Fuchs sur sa mission à Sobibor (8 avril 1963)

Vers le printemps 1942, Wirth m’a demandé d’aller chercher le nouveau personnel du camp à Lublin. Parmi eux, il y avait Erich Bauer (puis Stangl et peut être deux autres personnes) […].

Selon les instructions de Wirth je suis allé à Lemberg et y ai chargé un moteur de gazage que j’ai transporté à Sobibor.

A mon arrivée à Sobibor, à proximité de la gare, j’ai vu un terrain sur lequel se trouvait un bâtiment en béton et quelques bâtisses en dur. Le commando spécial était sous les ordres de Thomalla. Parmi les autres SS, il y avait Floss, Bauer, Stangl, Friedl Schwarz, Barbel et d’autres. Nous avons déchargé le moteur. Il s’agissait d’un gros moteur à essence de fabrication russe (probablement un moteur de blindé ou de tracteur), il faisait au moins 200 CV (moteur à carburateur, 8 cylindres, refroidissement à eau). Nous avons déposé ce moteur sur un socle de béton et avons effectué le raccordement entre le pot d’échappement et la tuyauterie. Ensuite, j’ai essayé le moteur. Il ne marchait pas. J’ai réussi à réparer l’allumage et les soupapes, et le moteur a enfin commencé à tourner. Le chimiste, que j’avais déjà rencontré à Belzec, est entré dans la chambre à gaz avec un appareil de mesure afin de vérifier la concentration de gaz.

Puis nous avons effectué un test de gazage. Je crois me rappeler que 30 à 40 femmes ont été exécutées dans la chambre à gaz. Elles ont été obligées de se déshabiller dans un hangar ouvert à proximité de la chambre à gaz, puis des auxiliaires ukrainiens et des SS qui avaient été désignés les ont poussées dans la chambre. Dès que toutes les femmes s’y sont trouvées enfermées, Bauer et moi, nous avons mis le moteur en marche. Il tournait d’abord au ralenti. Nous nous en occupions tous les deux, puis nous avons branché l’échappement sur «cellule» de sorte que les gaz soient conduits dans la chambre. Suivant les conseils du chimiste, j’ai réglé le moteur sur un certain régime afin de ne plus avoir à l’augmenter par la suite. Au bout de 10 minutes environ, les 30 40 femmes étaient mortes. Le chimiste et les SS nous ont fait signe de couper le moteur.

J’ai rangé mes outils et j’ai vu qu’on emportait les cadavres. Le transport a été effectué à l’aide d’un petit train qui reliait la chambre à gaz à un terrain éloigné. Sobibor était le seul camp à avoir une benne sur rail.

Source/QuelleAuss. Fuchs vom 8.4.63: 208 AR-Z 251/59, Bd. 9, Bl. 1784f.


Voyage en train pour Belzec. Rapport du brigadier Jäcklein, qui assurait la surveillance du convoi, du 14 septembre 1942

Brig. de pol. Josef Jäcklein
7/Pol.24 Lemberg
Lemberg, le 14 septembre 1942

Rapport

Objet: transport de déportés de Kolomea à Belzec.

Le 9 septembre 1942, j’ai reçu l’ordre d’assurer la garde d’un train de déportés juifs partant le 10 septembre 1942 de Kolomea pour Belzec et de l’accompagner jusqu’à Lemberg. Le 10 septembre 1942, à 19 h 30, conformément aux ordres, j’ai pris ce train en charge en gare de triage de Kolomea. J’étais accompagné d’un commando du 1/9. Le train de déportés m’a été remis par le brigadier chef Zitzmann. Au moment où je l’ai pris, le train se trouvait déjà dans un état inimaginable. Le brigadier chef m’en avait informé en me passant le relais. Comme le train devait partir à l’heure prévue et qu’aucun responsable n’était présent pour décharger les Juifs, il ne me restait rien d’autre à faire que de prendre ce train dans l’état où il était. Hormis l’état du train, j’aurais dû immédiatement refuser de m’en charger car le commando 1/9 d’accompagnement avait un effectif trop faible. Mais, ‘selon les ordres, j’étais obligé de l’accepter tel quel. Le brigadier chef Zitzmann et son commando de sentinelles sont restés à la gare jusqu’au départ; les deux commandos avaient beaucoup à faire pour empêcher les Juifs de s’enfuir des wagons, car il faisait déjà très sombre et nous ne pouvions même pas apercevoir le wagon suivant. Nous n’avons pas pu compter combien de Juifs se sont échappés du train avant le départ. Pourtant je pense qu’ils ont tous été éliminés au moment de leur tentative de fuite.

Le train est parti de Kolomea à l’heure, soit à 20 h 50. Juste avant le départ, j’ai réparti les hommes du commando d’accompagnement comme prévu; j’ai placé 5 hommes à l’avant et 5 hommes en queue de train. Mais comme le train était très long (51 wagons avec un chargement total de 8100 Juifs), cette répartition s’est révélée inadéquate. A l’arrêt suivant, j’ai réparti les sentinelles sur l’ensemble du train. Pendant tout le voyage, ils ont dû se tenir sur le dispositif de freinage. Dès le début, les Juifs ont essayé de défoncer les wagons à plusieurs endroits, ils se sont même attaqués aux toits. Certains y sont parvenus, si bien que 5 stations avant Stanislau, j’ai dû communiquer par radio avec le chef de gare de Stanislau pour lui demander de rassembler des planches et des clous pour une réparation de fortune et de m’affecter quelques hommes du Bahnschutz[N.d.T.: équipes de surveillance armée, pour la protection des trains et des aiguillages pendant la guerre] pour monter la garde. Quand le train est entré dans Stanislau, les ouvriers des chemins de fer et le Bahnschutz étaient dans la gare et attendaient notre convoi. Les travaux ont commencé immédiatement après l’arrêt du train et ont nécessité I heure et demie. Puis, une fois le train à peu près réparé, j’ai pu le laisser repartir.

Pourtant, tout cela n’a pas servi à grand chose, car quelques stations plus loin, lorsque le train s’est de nouveau arrêté, j’ai dû constater que, de nouveau, de grandes ouvertures avaient été percées et que les barbelés des fenêtres d’aération avaient été arrachés. Au moment du départ du train, j’ai même remarqué que, dans l’un des wagons, on avait travaillé au marteau et aux tenailles. Lorsque j’ai demandé à ces Juifs pourquoi ils avaient encore ces outils entre les mains, ils m’ont expliqué qu’on leur avait dit qu’ils pourraient en avoir besoin sur leur nouveau lieu de travail. Je leur ai immédiatement confisqué ces outils. Ensuite, à chaque station où le train s’est arrêté, j’ai dû faire provisoirement reclouer les wagons; sinon il aurait été pratiquement impossible de poursuivre le voyage.

Le train est arrivé à Lemberg à 11 h 15. Les hommes qui devaient relever le commando de convoyage n’étant pas encore arrivés, j’ai dû continuer à surveiller le train jusqu’à Belzec avec mon commando. Après une brève halte en gare de Lemberg, le train est reparti pour Kleparov, une gare de banlieue, où j’ai remis 9 wagons signalisés par un «L» au SS Obersturmführer Schulze; ils étaient destinés au camp de travaux forcés de Lemberg. Le SS Obersturmführer Schulze a encore chargé quelque 1 000 Juifs supplémentaires, puis le convoi est reparti vers 13 h 30. A Lemberg, au moment du changement de locomotive, on nous a raccroché à une vieille machine bien trop faible pour la charge du train. Le conducteur n’arrivait jamais à prendre de la vitesse, si bien que, surtout dans les côtes, le train roulait si lentement que les Juifs pouvaient en sauter sans courir le risque de se blesser. J’ai demandé plusieurs fois au conducteur de rouler plus vite, mais c’était impossible. Le train s’arrêtait très souvent en rase campagne, ce qui était très désagréable.

Entre temps, le commando avait épuisé toutes ses munitions, mais aussi les 200 cartouches que des hommes de la Wehrmacht m’avaient données, si bien que nous devions nous défendre à coups de pierres du train en marche ou la baïonnette quand le train était arrêté.

Parmi les Juifs, la panique devenait de plus en plus grande, provoquée par la canicule et l’entassement dans les wagons […], la puanteur des cadavres — au moment où l’on a déchargé les wagons, nous y avons trouvé dans les 2000 morts, tout cela rendait le transport quasiment impossible.

A 18 h 45, le transport est arrivé à Belzec, je l’ai remis au SS Obersturmführer et commandant du camp à 19 h 30.

Vers 22 h. le convoi était déchargé, j’ai dû rester tout le temps sur place.

Nous n’avons pas pu établir le nombre de Juifs qui se sont échappés.

Jäcklein,
Brig. de pol.

Source/QuelleMeldung Jäcklein: ZSt. UdSSR Ord. Nr.410, Bild 520f.


Communiqué du docteur Ganzenmüller, secrétaire d’État au ministère des Transports du Reich, au SS‑Obergruppenführer Karl Wolff, chef de l’état‑major personnel du RFSS, du 28 juillet 1942 et réponse de Karl Wolff du 13 août 1942

Depuis le 22 juillet, un train transportant 5 000 Juifs part chaque jour de Varsovie, via Malkinia pour Treblinka; de plus, un train transportant 5000 Juifs fait deux fois par semaine le voyage de Przemysl à Belzec. [Ganzenmüller, 28/07/1942]

Réponse:

Je vous remercie cordialement en mon nom et au nom du Reichsführer SS de votre courrier du 28 juillet 1942. C’est avec une grande satisfaction que j’ai pris connaissance de votre communiqué qui m’informe que, depuis déjà deux semaines, un train contenant 5000 représentants du peuple élu part chaque jour pour Treblinka et que nous sommes donc en mesure d’effectuer ce mouvement de population à un rythme accéléré. [Wolff, 13/08/1942]

Source/QuelleBriefwechsel Ganzenmüller/Wolff: ZSt. USA-Film 1, Bild 255f.


Oscar Diegelmann, inspecteur en chef de la Reichsbahn, Reichsbahndirektion Lublin (12 décembre 1961)

En tant que contrôleur, j’étais responsable du bon état des voies et surtout de la lubrification. Lors d’une inspection à la gare de Belzec, mon supérieur hiérarchique, un secrétaire ou secrétaire en chef qui venait de Thuringe, m’a rapporté qu’il avait beaucoup de problèmes avec les SS qui étaient cantonnés à proximité du bois. Quelques jours plus tard, j’ai vu un bon nombre de SS dans la salle d’attente de Belzec et je leur ai parlé. Ils m’ont alors expliqué, en m’en tenant presque grief, qu’ils n’étaient pas des SS, mais qu’on les avait seulement fourrés dans ces uniformes. D’après ce qu’ils ont raconté, la plupart d’entre eux venaient d’asiles psychiatriques ou de divers centres du Reich, où ils avaient été chargés de l’euthanasie des malades mentaux […]

Je voudrais signaler qu’un jour, j’ai réalisé la vraie signification du camp de Belzec. En effet, derrière un hangar à locomotives, j’ai vu des montagnes de vêtements de toutes sortes. Il y avait aussi une grande quantité de chaussures, puis des bijoux et autres objets de valeur. Les SS avaient entassé ces objets. On versait de l’essence sur les vêtements qui ne semblaient plus portables, puis on les brûlait. Une rumeur s’amplifiait, on racontait que le personnel du camp de Belzek faisait du trafic dans la région. Il n’y avait donc rien d’étonnant à ce que cela attire des femmes particulièrement légères qui sont venues s’installer dans les environs de Belzec. On a dit à l’époque que c’est souvent allé jusqu’à l’orgie.

Source/QuelleAuss. Diegelmann vom 12.12.61: 8 AR-Z 80/61, Bd. II, Bl. 274ff.


«Les installations sanitaires de ce camp étaient propres». Professeur Wilhelm Pfannenstiel, hygiéniste de la Waffen SS, au sujet d’un gazage à Belzec (25 avril 1960)

Pendant la Première Guerre mondiale, j’étais officier dans l’aviation, j’ai été libéré en tant que lieutenant de réserve. Après 1936, j’ai suivi quelques stages de formation en tant qu’officier infirmier de l’armée de terre. En 1939, je suis monté au grade de médecin chef réserviste à l’état major. De 1930 à cette époque (1939), j’ai eu une chaire d’hygiène et de bactériologie à l’université de Marburg; j’étais en même temps directeur de l’institut d’hygiène de la ville. En tant que titulaire de ma chaire, je l’ai gardée jusqu’à la fin de la guerre.

Vers la fin de 1939, j’ai été réquisitionné par la Waffen SS comme conseiller en hygiène. A l’époque, la SS avait besoin de médecins conseils spécialistes, car c’était la guerre et les effectifs des SS avaient beaucoup augmenté. A l’occasion d’une visite à Berlin, vers la fin 1939, je suis allé voir le docteur Dermietzel, l’ancien médecin de la Waffen SS; celui ci m’a demandé de servir en tant que médecin conseil de la Waffen SS et de prendre le grade de SS Sturmbannführer (équivalant à médecin chef à l’état major). J’avais déjà rencontré le docteur Dermietzel à l’époque où j’étais SS Oberabschnittsarzt[N.d.T.: médecin d’un secteur militaire, chez les SS] dans le canton de Fulda Werra. En avril 1940, j’ai été recruté par la Waffen SS et envoyé en mission comme hygiéniste. La plupart de mes missions avaient lieu pendant les vacances universitaires. Ma tâche était de me rendre là où la SS était en mission, d’inspecter les installations sanitaires, de les vérifier, de les améliorer et de lutter contre les épidémies. C’est ainsi qu’en 1942, je me suis rendu à Lublin et dans la région. J’avais déjà été envoyé en Pologne en 1940 comme hygiéniste. Mais à la vérité, j’avais toujours fait de brefs séjours à différents endroits pour retourner ensuite à l’université de Marburg.

Selon les documents écrits dont je dispose, je suis allé pour la première fois à Lublin en août 1942. C’est là que, pour la première fois, j’ai rencontré le SS Gruppenführer Globocnik. Jadis, il s’agissait d’installer un grand camp de concentration aux abords de Lublin; il devait contenir environ 150 000 personnes. J’ai visité le terrain et j’ai donné des conseils pour la conception des installations sanitaires (approvisionnement en eau potable et évacuation des eaux usées). Je n’ai eu aucun contact ni avec les détenus du KL[N.d.T.: Konzentrationslager, abréviation officielle à l’époque utilisée par Pfannenstiel pour KZ] ni avec les colonnes de travailleurs. Comme ma mission au KL était terminée, je ne suis resté que peu de temps à Lublin. Bien sûr, j’ai encore dû effectuer d’autres travaux concernant les mesures d’assainissement dans la région de Lublin. Mais dès que mon travail était achevé, je retournais à l’université de Marburg. Je recevais habituellement mes instructions de Berlin, du service des affaires sanitaires de la Waffen SS. Je suis parfois resté quelque temps en disponibilité à Berlin pour y effectuer de brèves missions. Mais en réalité, j’ai toujours été en poste à Marburg.

Si on me pose des questions sur les exécutions de Juifs, je vous confirme que le 19 août 1942, j’ai assisté à une exécution au camp d’extermination de Belzec. Je préfère vous raconter les circonstances qui m’ont amené à le faire. Lors d’une conversation avec le SS Brigadeführer Globocnik, nous avons également parlé d’un important dépôt de textiles qui avait été installé à Belzec, puis il a ajouté que ce camp pourrait surpasser la production allemande. Lorsque je lui ai demandé d’où provenaient ces textiles, il s’est vanté de les avoir pris aux Juifs. A l’occasion, il a évoqué les opérations d’extermination et les Juifs que l’on éliminait dans ce camp. A cette époque Globocnik a demandé à un certain SS Obersturmführer Gerstein, qui dépendait lui aussi des services sanitaires SS de Berlin, quel serait le meilleur moyen pour désinfecter ce dépôt de textiles. Gerstein avait recommandé d’employer une certaine substance que l’on pouvait vaporiser sur les couches de vêtements. Quant à moi, je ne connaissais pas cette substance. Globocnik m’avait également demandé conseil et je lui avais dit que je préférais me rendre moi même au camp et voir la chose sur place. J’ai visité le camp et j’ai constaté qu’il était en bon état, qu’il possédait des installations sanitaires propres et contenait environ 1000 détenus juifs.

Lors de cette première inspection, un certain Wirth, capitaine de police, m’a également fait visiter et expliqué les installations d’extermination du camp de Belzec. Il m’a laissé entendre qu’un nouveau convoi d’environ 500 Juifs arriverait le lendemain et qu’il transiterait par les installations d’extermination. Il m’a demandé si, un jour, je voulais assister à ce genre d’opération. J’ai longuement réfléchi, puis j’ai dit oui. J’envisageais en effet de faire un rapport au Reichsarzt SS sur ces opérations. Mais pour rédiger ce rapport, il fallait que j’en aie moi même vu une de mes propres yeux. Je suis resté au camp, y ai passé la nuit, puis, le lendemain matin, j’ai été témoin des faits suivants:

Un train de marchandises est entré directement dans le camp de Belzec, on a ouvert les wagons. Si je me souviens bien, on a déchargé des Juifs venant de Roumanie ou de Hongrie. Les wagons étaient archibondés. Il s’agissait d’hommes, de femmes et d’enfants de tous âges. Ils ont été mis en rang, puis ont dû se rassembler sur une place dans le camp et ôter leurs chaussures. J’étais avec le capitaine Wirth et l’Obersturmführer Gerstein, un peu de côté par rapport au rang, et regardais ce qui se passait. J’ai été frappé par le fait que les SS qui les accompagnaient se sont postés devant le camp et que des fonctionnaires juifs du camp de Belzec ont expliqué au transport[N.d.T.: terme employé par Pfannenstiel] qu’ils allaient subir un examen, qu’ils devaient se déshabiller pour la désinfection et pour prendre un bain, puis qu’ils devraient faire une inhalation dans une salle spéciale afin de prévenir la transmission de maladies par les voies respiratoires.

Je n’ai pas compris les responsables juifs du camp, mais M. Wirth m’a informé sur ce qu’ils disaient. Après avoir enlevé leurs chaussures, les Juifs ont été sélectionnés selon leur sexe. Les femmes et les enfants sont allés dans un baraquement où on leur a tondu les cheveux; ensuite, ils ont dû se déshabiller. […] Les hommes ont été conduits dans un autre baraquement où ils ont subi le même traitement. J’ai vu de mes propres yeux le déroulement des opérations dans le baraquement des femmes. Après le déshabillage, tout est allé très vite. Elles sont sorties du baraquement en passant entre deux haies de rabane pour arriver dans le véritable camp d’extermination. Les installations donnaient l’impression d’être un centre de désinfection tout à fait normal. Devant le bâtiment, il y avait des pots de géraniums, puis l’inscription «Stiftung Hackenholt» (fondation Hackenholt), et au dessus, l’étoile de David. Le bâtiment était accueillant et peint de couleurs claires, il ne donnait pas l’impression que l’on tuait des hommes en ces lieux. Pour conclure, je pense qu’ici non plus, les gens qui arrivaient ne savaient rien de leur sort.

Les Juifs ont dû pénétrer dans des chambres dans lesquelles on conduisait les gaz d’échappement provenant d’un moteur [100 CV?] qui se trouvait lui même dans le centre. Ce bâtiment contenait 6 chambres de ce type. Elles étaient borgnes, disposaient de lumière électrique et avaient deux portes. Une porte donnait sur l’extérieur afin de pouvoir transporter les corps. Une porte normale comme dans les abris antiaériens et comportant un verrouillage, se trouvait dans le couloir, c’est par cette porte que l’on conduisait ces gens. Si je me rappelle bien, il y avait un vasistas muni d’une vitre, encastré dans le mur à côté de la porte. C’est par cette fenêtre que l’on pouvait observer ce qui se passait dans la pièce, mais seulement quand elle n’était pas trop pleine. Au bout de quelques instants, j’ai pu constater que la vitre était couverte de buée. Dès que ces gens furent enfermés dans la pièce, on a mis le moteur en marche, et si je me souviens bien, on a aussi ouvert les soupapes ou les ventilations qui conduisent dans les chambres. Je ne saurais affirmer s’il s’agissait de soupapes ou de ventilation. Il se peut aussi que les tuyaux menaient directement dans les chambres. Une fois le moteur en marche, on a éteint la lumière. Avant l’extinction de la lumière, c’était assez calme dans les chambres. Mais dès qu’ils ont été plongés dans l’obscurité, un curieux silence s’y est installé. A mon avis, ce n’est qu’à ce moment là que les gens ont pressenti qu’on leur préparait quelque chose. C’était comme s’ils priaient et appelaient à l’aide derrière les portes et les murs.

Au bout de 12 minutes environ, le silence a régné dans les chambres. Alors, le personnel juif a ouvert les portes qui donnaient vers l’extérieur, et munis de longs crochets ils ont sorti les cadavres de la chambre, ils les accrochaient par la bouche pour les tirer au dehors. Une fois devant le bâtiment, on les a examinés encore une fois à fond en cherchant des objets de valeur dans tous les orifices. On arrachait les dents en or qui étaient rassemblées dans une boite de fer blanc. C’était le personnel juif du camp qui faisait ce travail. De l’endroit où ils étaient fouillés une dernière fois, les cadavres ont été ensuite directement transportés dans de longues fosses communes qui étaient situées aux abords du camp d’extermination. Quand la fosse était passablement pleine, on versait de l’essence sur les corps — il se peut aussi qu’on ait utilisé une autre substance inflammable. Puis on a mis le feu. J’ai pu seulement constater que les cadavres ne brûlaient pas totalement. Puis on a jeté une autre couche de terre sur les corps et on a déposé d’autres cadavres dans la fosse. En ce qui concerne l’élimination de ces corps, j’ai remarqué que les conditions d’hygiène n’étaient pas parfaites.

Source/QuelleAuss. Pfannenstiel vom 25.4.60: 413 AR-Z 220/69, Bd. IV, Bl. 583ff.


Hans‑Hainz Schütt, directeur administratif (Sobibor) (7 juin 1961)

Lorsque l'on poussait les détenus, tout n’allait pas toujours sans accrocs. Les détenus criaient et pleuraient; souvent, ils refusaient d’entrer. Les gardes faisaient usage de la violence. Les gardes étaient pour la plupart des auxiliaires ukrainiens qui devaient obéir aux ordres des hommes des commandos SS. Ainsi, dans le camp, les SS avaient des positions clés; un SS était responsable du déchargement, un autre conduisait les détenus dans le camp de transit, le troisième était chargé de les emmener se déshabiller, le quatrième avait pour tâche de leur ôter les objets de valeur, et le dernier, un autre homme du commando devait les pousser dans le fameux «couloir» qui menait au camp d’extermination. Une fois arrivés dans ce “couloir” qui allait de la grange aux installations, il n’était plus possible d'en réchapper.

Source/QuelleAuss. Schütt vom 7.6.61: 208 AR-Z 251/59, Bd. 4, Bl. 665.


Rapport du SS‑Obersturmführer Gerstein, du 4 mai 1945

18 août 1942: gazage à Belzec.

Ces hommes sont debout les uns contre les autres et se marchent sur les pieds. Ils sont entre 700 et 800 dans 25 m2 et 45 m3! Les SS les poussent de tout leur corps tant qu’ils peuvent. Les portes se ferment. Pendant ce temps, les autres attendent dehors, nus. On me dit: Et c’est pareil en hiver! «Mais ils peuvent attraper la crève», dis‑je, et un SS me répond avec son accent du Nord: «C’est bien pour ça qu’ils sont là» et je comprends enfin pourquoi toute cette installation s’appelle la fondation Hackenholt. Hackenholt est l’homme qui s’occupe du moteur diesel, un petit technicien, mais aussi celui qui a conçu l’installation. Ce sont les gaz d’échappement de ce diesel qui doivent provoquer la mort. Mais le diesel ne marche pas! Le capitaine Wirth arrive. On voit bien qu’il est gêné que cela se passe aujourd’hui, le jour où je suis là. Eh bien oui, je vois tout! Et j’attends. Mon fidèle chronomètre a tout enregistré. 50 minutes, 70 secondes, le diesel ne démarre pas! Les hommes attendent dans leurs chambres à gaz. En vain ! On les entend pleurer, sangloter […]. Le capitaine Wirth donne 12 ou 13 coups de fouet au visage de l’Ukrainien qui doit assister Hackenholt auprès du moteur. Au bout de 2 heures 49 minutes — mon chronomètre a tout noté—, le diesel se met en marche. Jusqu’à cet instant, des hommes vivent encore dans 4 chambres, 4 fois 750 personnes dans 4 fois 45 mètres cubes! Puis 25 minutes s’écoulent encore. C’est juste, beaucoup sont déjà morts. On peut le voir par la petite fenêtre et en allumant la lumière pendant quelques instants. Au bout de 28 minutes, il n’y a plus que quelques survivants. Ils sont enfin tous morts au bout de 32 minutes.

[PHDN: deux erreurs connues figurent ici, une relative aux dimensions de la chambre à gaz (il y en avait, au moment où Gerstein décrit la scène, plusieurs dans un bâtiment de 24 mètres sur 10 mètres), et à la nature des moteurs utilisée, essence et non diesel (comme le confirme le témoignage de ceux qui ont actionnaient personnellement ces moteurs)]

Source/QuelleBericht Gerstein vom 4.5.45: 110 AR 2027/65.


La première journée à Treblinka. Kurt Franz, suppléant du commandant du camp (2 décembre 1960)

C’était en plein été ou au début de l’automne 1942, je venais de Belzec et arrivais à Treblinka. J’étais venu à pied de la gare de Malkinia et ne suis arrivé à Treblinka que lorsqu’il faisait déjà nuit. Des cadavres gisaient partout dans le camp. Je me souviens que ces corps semblaient avoir été bouillis. Des Juifs traînaient ces cadavres à travers le camp, ils les montaient vers le haut du camp. Des gardes (ukrainiens) talonnaient les Juifs au travail, mais aussi des Allemands. J’ai également vu que ces Juifs étaient rossés. Je ne peux plus dire avec quoi on les frappait. C’était partout la pagaille et des hurlements […].

Le soir même, j’ai fait le tour du camp. J’ai vu que certaines sentinelles étaient avec des jeunes filles, ils avaient lâché leur fusil des mains. Alors, dans la mesure où je le pouvais, j’ai remis de l’ordre.

Le lendemain matin, j’ai visité le camp de très bonne heure. Je n’ai plus vu un seul cadavre au sol. Vers 9 heures environ, c’était peut être plus tard, un convoi est arrivé. Quand j’ai rejoint les autres, les hommes étaient déjà nus sur le fameux terre plein.

Source/QuelleAuss. Franz vom 2.12.60: 208 AR-Z 230/59, Bd.8, BI. 1493 f.


Ma mission: abattre ces hommes». Willi Mentz, surnommé le «canardeur» de Treblinka (19 juillet 1960)

Quand je suis arrivé à Treblinka, un médecin, le docteur Eberl, commandait le camp. C’était un homme très ambitieux. Quelqu’un a raconté qu’il réclamait plus de convois que le camp ne pouvait en «traiter». Cela signifiait que les trains devaient attendre devant le camp parce que les passagers du convoi précèdent n’avaient pas encore tous été éliminés. Beaucoup de gens sont morts dans les convois à cause de la longue attente et parce que à l’époque il faisait très chaud. Jadis de véritables amoncellements de cadavres jonchaient les abords immédiats des quais de la gare. Une fois, le Hauptsturmführer Christian Wirth est venu à Treblinka et y a fait du tapage. Puis, un beau jour, le docteur Eberl a disparu […].

J’ai été posté pendant environ deux mois dans la partie supérieure du camp; ensuite, après le départ d’Eberl, le camp a été réorganisé en entier. Les deux parties du camp ont été séparées par une barrière et des barbelés. Cette clôture a été recouverte de branches de pins pour la rendre opaque. On a fait la même chose dans l’allée qui allait du tri aux chambres à gaz. Désormais, les équipes de travailleurs juifs employées dans la partie supérieure du camp y habitaient. Et enfin, on a construit d’autres chambres à gaz, plus grandes. Je pense qu’il y avait alors 5 ou 6 grandes chambres à gaz. Je ne peux pas dire exactement combien de personnes elles contenaient. Si les petites chambres à gaz pouvaient en accueillir 80 à 100, les grandes avaient peut être une capacité double.

A partir de ce moment, j’ai surtout été posté dans le fameux secteur de «l’infirmerie». Cette prétendue «infirmerie» était une zone bien particulière se trouvant dans le bas du camp, elle était cachée derrière une clôture recouverte de branches de pins. Une grande fosse commune était située dans le secteur. Elle avait été creusée à l’excavatrice et devait faire 7 mètres de profondeur.

Une guérite en bois se trouvait à côté de la fosse. Cette baraque était destinée aux Juifs du commando de travail qui s’occupaient de l’«infirmerie». Ces Juifs avaient des brassards portant l’insigne de la Croix Rouge. C’est Küttner, le responsable du camp du bas, qui en avait donné l’ordre.

Quand un convoi arrivait, les choses se déroulaient comme suit. On poussait 6 8 wagons dans le camp, puis ils s’arrêtaient le long du quai. Le commandant et Franz, son suppléant, étaient présents, puis Stadie et Mätzig. D’autres SS étaient également là qui devaient surveiller le déchargement. Genz et Belitz, par exemple, devaient vérifier que plus personne ne se trouvait dans le wagon après en avoir fait descendre les passagers.

Quand les Juifs étaient descendus, Stadie ou Mätzig avaient l’habitude de leur dire quelques mots. Ils leur racontaient qu’ils allaient être transplantés, qu’ils prendraient un bain, que nous leur donnerions de nouveaux vêtements et qu’ils devaient rester calmes et disciplinés, qu’ils repartiraient le lendemain.

Puis les convois sont arrivés directement sur les lieux du tri; les femmes se déshabillaient dans des baraquements et les hommes en plein air. Ensuite les femmes empruntaient les premières le fameux couloir qui menait aux chambres à gaz. Avant, elles devaient passer par un cagibi où elles remettaient leurs bijoux et autres objets de valeur. Deux Juifs des équipes et un SS s’y trouvaient. Il s’agissait de Suchomel.

Après s’être déshabillés, les hommes devaient entasser leurs vêtements à un certain endroit, ceux des femmes aussi. Mais cela n’a duré que pendant les premiers temps, avant la réorganisation. Par la suite, des commandos de travail ont été employés à trier sur le champ les vêtements que les passagers du convoi avaient déposés.

Dans les convois, il y avait sans cesse des malades et des infirmes. Mais parfois aussi on trouvait des blessés parmi les arrivants, car les convoyeurs, des hommes des SS ou de la police, des Lettons, avaient souvent l’habitude de tirer des coups de fusil pendant le transport. Ces malades, blessés ou infirmes, étaient transportés à «l’infirmerie» par un commando spécial. Une fois dans le secteur de l’infirmerie, on les asseyait ou on les couchait au bord de la fosse. Si nous n’attendions pas d’autres blessés ou d’autres malades, ma tâche était de les fusiller. Je prenais mon pistolet de 9 mm et leur tirais une balle dans la nuque. Ils s’écroulaient ou tombaient sur le côté et les deux Juifs qui travaillaient à l’infirmerie les descendaient dans la fosse. Ils recouvraient les cadavres de chaux vive. Plus tard, sur les instructions de Wirth, on les a brûlés directement dans la fosse.

Le nombre de personnes que je passais par les armes après l’arrivée des convois était variable. Parfois, c’était 2 ou 3, mais parfois une vingtaine ou peut être plus. Il y avait des hommes, des femmes, des jeunes et des vieux, mais aussi des enfants.

Si on me demande combien de personnes j’ai ainsi éliminées, je ne saurais plus le dire aujourd’hui.

Source/QuelleAuss. Mentz vom 19.7.60: 203 AR-Z 230/59, Bd. 6, Bl. 1130 ff.


Kurt Franz, sur la fin de Treblinka (4 décembre 1959)

Je ne pourrais pas dire combien de Juifs, au total, ont été gazés à Treblinka. Il arrivait en moyenne un grand train par jour, parfois, c’était deux. Mais c’était rarement le cas.

A Treblinka, tout comme à Belzec, je commandais les sentinelles ukrainiennes. A Treblinka, cela faisait 60 à 80 hommes. Les Ukrainiens avaient pour mission de monter la garde sur le pourtour extérieur du camp. Après la révolte (des détenus) en août 1943, j’ai encore commandé le camp, seul, pendant un mois. Mais à cette époque nous avions cessé de procéder aux gazages.

A ce moment là, nous avons détruit le camp d’origine et aplani le terrain, puis nous avons planté des lupins. Il était prévu de construire une ferme sur le territoire du camp. Contre la volonté de Wirth, je me suis débarrassé du matériel encore utilisable et l’ai mis à la disposition de l’ancien hôpital de réserve qui se trouvait à Ostrov, à 14 ou 15 km de Treblinka. Le docteur Struwe, médecin chef d’état major, dirigeait alors cet hôpital […]. Le docteur Struwe était le médecin que j’avais l’habitude d’aller voir quand j’avais un problème quelconque.

Remarque:
Les dépositions des témoins et les griefs retenus contre l’accusé […] ont été lus. L’accusé, très nerveux, a ensuite déclaré:

C’est exact, j’avais un chien qui s’appelait Barry. Je souhaiterais rectifier, c’était autrement, ce chien venait de Trawniki [un camp de travail et d’entraînement] et, une fois au camp, il m’a suivi […]. Jamais je n’ai excité ce chien contre les Juifs. Et je n’ai encore jamais tué ni même frappé un homme. Je souhaiterais rectifier; il se peut qu’il me soit arrivé de frapper une fois. Mais par principe, je n’ai jamais été injuste avec quiconque et n’ai jamais voulu commettre d’injustice. Je nie catégoriquement toutes les exactions dont on me fait grief. J’affirme que toute cette histoire est une «machination». Je crois que maintenant on cherche à me démolir, et tout simplement parce que j’ai été SS. Je portais l’uniforme des officiers SS et c’est la seule et unique raison pour laquelle les détenus avaient les yeux rivés sur moi.

Source/QuelleAuss. Franz vom 4.12.59: 203 AR-Z 230/59, Bd. 3, Bl. 505 f.



Document original en allemand / Deutsches Original

»Die Beschlüsse der Wannsee-Konferenz in die Tat umgesetzt«

Die Vernichtungslager Belzec, Sobibor und Treblinka




Fotos

Franz Stangl à gauche Stangl, links, trägt eine Reitpeitsche – ein beliebtes Statussymbol des deutschen Stammpersonals (rechts: Franz).
 

Album photos de Kurt Franz Fotoalbum von Kurt Franz, stellvertretender und letzter Kommandant in Treblinka. Eine Seite war mit »Schöne Zeiten« überschrieben. Das Wort »Schöne« wurde nach 1945 ausradiert. Zwei Fotos, unten links und rechts, wurden herausgerissen. Links oben der Bahnhof. In der Mitte Franz, etwa 1944, beim Einsatz im adriatischen Küstenraum; rechts mit seinem Bruder. Unten: links Kommandant Franz Stangl; rechts Franz vor der Kommandantenbaracke in Treblinka.
 

zoo de Treblinka, album de Kurt Franz Der Lagerzoo in Treblinka. Eine Seite aus dem Fotoalbum von Franz.
 

la gare de Belzec Bahnhof Belzec: Pestartiger Gestank und eine dunkle Wolke lagen auch an schönen Sommertagen über der Gegend
 

photo de groupe, à Treblinka Gruppenfoto, von links: August Hengst, Koch in Treblinka, unbekannte Frau, Wachmann Pinnemann, Karl Pötzinger, Wachmann Libodenko, unbekannte Person.
 

photo de groupe, à Sobibor Gruppenfoto, von links: die Uniformträger: SS-Untersturmführer Gerhardt Börner, Kommandant Franz Stangl (Mitte) und die SS-Oberscharführer Erich Bauer und Gustav Wagner, stellvertretender Kommandant (alle Sobibor).
 

photo de groupe, à Belzec Gruppenfoto, von rechts nach links: SS-Rottenführer Barbel [Barbl], Wachtmeister Dachsel, SS-Hauptscharführer Hackenholt, Ernst Zierke, Karl Gringers (mit Schiffchen); zweiter von links: Fritz Tauscher. Alle gehörten zum Stammpersonal in Belzec.
 

Christian Wirth et Gottlieb Hering Wallerang et Gley

Christian Wirth und Gottlieb Hering, Kommandanten in Belzec

Untersturmführer Wallerang und SS-Oberscharführer Gley (Belzec) mit der Reitpeitsche, dem Statussymbol des Stammpersonals


 

Place du marché à Olkusz Place du marché à Olkusz

Le SS-Sturmbannführer Christian Wirth, Inspekteur der Vernichtungslager

Lorenz Hackenholt bediente in Belzec die Vergasungsanlagen


 

Karl Frenzel et Erich Bauer SS-Scharführer Karl Frenzel und SS-Oberscharführer Erich Bauer, beide Sobibor . Als sich im Frühjahr 1943 ein Arbeitshäftling das Leben nehmen wollte und sterbend aufgefunden wurde, schrie Frenzel, Juden hätten kein Recht, sich selbst zu töten. Das Recht zu töten stehe nur den Deutschen zu. Frenzel peitschte den Sterbenden und erschoß ihn.
 

Place du marché à Olkusz SS-Oberscharführer Heinrich Gley (Sobibor, Belzec) und SS-Obersturmführer Gottlieb Hering, Lagerkommandant in Belzec.
 

excavatrice, Treblinka Leichenbagger in Treblinka.
 

Ferme après la fin de Treblinka Das Ende von Treblinka: Ein Bauernhof wird gebaut, um der Nachwelt vorzutäuschen, er stünde auf einem »normalem« Gelände.
 

Place du marché à Olkusz Hund »Barry«, den Franz mit den Worten «Mensch, faß den Hund!« auf Häftlinge hetzte. »Barry« zerfleischte viele Juden mehrfach biß er ihnen ihnen das Geschlechtsteil ab.
 


SS-Untersturmführer Josef Oberhauser über den Beginn in Belzec (14 Dezember 1962)

Das Lager Belzec war in nordöstlicher Richtung von der Straße Tomaszow Richtung Lemberg nach dem Ort Belzec gelegen. Da man für das Lager einen Gleisanschluß für die eintreffenden Transporte benötigte, wurde das Lager in einer Entfernung von ca. 400 m vom Bahnhof Belzec entfernt errichtet. Das Lager Belzec selbst war in 2 Lagerbereiche eingeteilt, den Lagerbereich 1 und den Lagerbereich 2. Das Abstellgleis des Bahnhofes Belzec führte unmittelbar in den Lagerbereich 2, in dem sich auch die Entkleidungsbaracken sowie die Vergasungsanlagen und das Gräberfeld befanden. Zu der Zeit, als ich selbst in Belzec war, war die Vergasungsanlage noch in einer Baracke untergebracht, die innen mit Blech ausgeschlagen war und die ein Fassungsvermögen von ca. 100 Personen hatte. Im Lagerbereich 1 befanden sich lediglich die Unterkunftsbaracken für die ukrainischen Wachmannschaften. […].

Die deutsche Lagerbesatzung war außerhalb des Lagerbereiches untergebracht, und zwar in 2 Steinbauten, die rechts neben der Straße nach Lemberg gelegen waren. In einem dieser Anwesen war das Büro, der Speiseraum und die Schlafräume. In dem zweiten Bau waren nur Schlafräume untergebracht.

Ab Weihnachten 1941 war ich Wirth, der zu dieser Zeit Kommandant des Lagers Belzec war, unterstellt. Zu dieser Zeit war ich Verbindungsmann zwischen Wirth und dem Stabe Globocnik in Lublin. In diesen Aufgabenbereich fiel die Beschaffung von Baumaterialien für den weiteren Ausbau des Lagers Belzec wie auch der gelegentliche Austausch von ukrainischen Wachmannschaften. […] Stellvertreter von Wirth war Schwarz, der neben Wirth volle Befehlsgewalt ausüben konnte.

Die Vergasungen von Juden im Lager Belzec bis zum 1.8.1942 können in 2 Kategorien eingeteilt werden. Bei der ersten Versuchsreihe handelte es sich um 2 bis 3 Transporte a4 bis 6 Waggons a20 bis 40 Personen. Durchschnittlich wurden pro Transport 150 Juden angeliefert und getötet. Diese Vergasungen standen noch nicht im Zeichen einer systematischen Ausrottungsaktion, sondern man wollte zunächst einmal die Kapazität des Lagers ausprobieren und überprüfen, wie eine Vergasung technisch durchgeführt werden konnte. Nach diesen ersten Vergasungen sind dann Wirth und Schwarz sowie das gesamte deutsche Personal aus Belzec verschwunden. Als letzte Amtshandlung hat Wirth vor seinem Abzug die etwa 50 Arbeitsjuden des Lagers einschließlich der Kapos vergast oder erschossen. Als Wirth und seine Leute abzogen, befand ich mich gerade in Lublin. Ich hatte einen größeren Materialtransport durchzuführen. Als ich wieder nach Belzec kam, war niemand mehr da. Im Lager befanden sich etwa 20 Ukrainer als Wachmannschaft; diese standen unter Aufsicht des SS-Scharführers Feix. Vom Abzug des Wirth und seiner Leute hatte kurioserweise nicht einmal SS- und Polizeiführer Globocnik Kenntnis. Er schickte mich, als er erfuhr, daß Wirth verschwunden war, nach Belzec, um in Erfahrung zu bringen, in welcher Richtung sich Wirth abgesetzt hatte. Ich erfuhr, daß er uber Lemberg und Krakau nach Berlin gefahren war, ohne sich bei Globocnik abzumelden.

Die nächsten 6 Wochen herrschte dann im Lager Belzec Ruhe. Anfang Mai 1942 kam dann plötzlich SS-Oberfuhrer Brack aus der Kanzlei des Führers nach Lubtin. Er verhandelte mil Globocnik über die weitere Durchführung der Judenvernichtung. Globocnik sagte, daß er zu wenig Leute habe, um dieses Programm durchzufuhren. Brack Brklarte, daß die Euthanasie auslaufe und daß ihm nun lautend die Leute von T 4 zugelelll wurden. so daß die Beschlüsse der Wannsee-Konferenz doch In die Tal umgesetzt werden könnten. Da es den Einsatzgruppen, die einzelne Gebiete von Juden freimachten. nicht möglich erschien. auch dre Menschen in den großen Ghettos von Warschau und Lemberg im Wege der Erschießung l!U loten, wurde beschlossen, noch 2 Vernichtungslager zu errichten, die binum 1.8.1942 fertig sein soUten. nämlich Treblinka und Sobibor. Am 1.8.1942 sollte dann die große Vernichlungsaktion anlaufen.

Etwa 8 Tage, nachdem Brack zu Globocnik gekommen war, kehrte dann auch Wirth mit seinen Leuten wieder nach Belzec zurück. Bis zum 1.8. 1942 lief dann noch eine zweite Versuchsreihe. Es kamen in diesem Zeitraum insgesamt 5 bis 6 Transporte (soweit mir das bekannt ist) mit 5 bis 7 Waggons a30 bis 40 Personen nach Belzec. Die Juden von 2 dieser Transporte wurden noch in der kleinen Kammer vergast, dann ließ Wirth die Vergasungsbaracke wegreißen und errichtete einen massiven Neubau, dessen Kapazität erheblich größer war. In diesem Vergasungsneubau wurden dann die Juden der restlichen Transporte vergast.

Während bei der ersten Versuchsreihe und bei den ersten Transporten der zweiten Versuchsreihe noch mit Flaschengas vergast wurde, wurden die Juden der letzten Transporte der zweiten Versuchsreihe bereits mit dem Abgas aus einem Panzermotor oder Lkw-Motor, den Hackenholt bediente, getötet.

Source/QuelleAuss. Oberhauser vom 14.12.62: 208 AR-Z 252/ 59, Bd.9, Bl. 1681 ff.


Aussage Erich Bauer — von den Häftlingen »Gasmeister« gennant (20 November 1962)

Wir waren ein verschworener Haufen in einem fremden Land, umgeben von ukrainischen Hilfswilligen, auf die kein Verlaß war. […] Wir waren so verschworen, daß Frenzel, Stangl und Wagner für jeden Angehörigen des Stammpersonals aus einem 5Markstück einen Ring mit SS-Runen arbeiten ließen. Diese Ringe wurden an das Lagerpersonal als Erkennungszeichen verteilt, um den verschworenen Haufen als solchen kenntlich zu machen. Im übrigen bestand im Lager »Arbeitsteilung. Jeder hat irgendwann einmal jede Lagerfunktion in Sobibor ausgeführt (Bahnhofskommando, Entkleidung und Vergasung). […] Ich schätze die Zahl der in Sobibor vergasten Juden auf etwa 350 000 Menschen. In der Kantine in Sobibor habe ich einmal ein Gespräch zwischen Frenzel, Stangl und Wagner mitgehört. Sie sprachen über die Zahl der Opfer in den Vernichtungslagern Belzec, Treblinka sowie Sobibor und äußerten aus Konkurrenzgründen ihr Bedauern, daß Sobibor »an letzter Stelle rangierte«.

Source/QuelleAuss. Bauer (SS-Runen) vom 20.11.62: 208 AR-Z 251/59, Bd. 8, Bl. 1593f und Bl. 1595.


Erich Fuchs über seinen Einsatz in Sobibor (8 April 1963)

Etwa im Frühjahr 1942 erhielt ich von Wirth den Auftrag, mit einem Lkw von Lublin neues Lagerpersonal abzuholen. Unter diesen befand sich Erich Bauer (ferner Stangl und etwa zwei weitere Personen) […].

Ich fuhr auf Anweisung des Wirth mit einem Lkw nach Lemberg und holte dort einen Vergasungsmotor ab, den ich nach Sobibor transportierte.

Bei meiner Ankunft in Sobibor fand ich in der Nähe des Bahnhofs ein Gelände vor, auf dem sich ein Betonbau und mehrere feste Gebäude befanden. Das dortige Sonderkommando wurde von Thomalla geleitet. Als weitere SS-Angehörige waren Floß, Bauer, Stangl, Friedl Schwarz, Barbel u. a. anwesend. Wir luden den Motor ab. Es handelte sich um einen schweren russischen Benzinmotor (vermutlich Panzermotor oder Motor einer Zugmaschine) mit mindestens 200 PS (Vergaser-Motor, 8 Zylinder, wassergekühlt). Wir stellten den Motor auf einen Betonsockel und errichteten die Verbindung zwischen Auspuff und Rohrleitung. Alsdann probierte ich den Motor aus. Er funktionierte zunächst nicht. Ich reparierte die Zündung und die Ventile mit dem Erfolg, daß der Motor schließlich ansprang. Der Chemiker, den ich schon aus Belzec kannte, begab sich mit einem Meßgerät in die Gaskammer, um die Gaskonzentration zu prüfen.

Im Anschluß daran wurde eine Probevergasung durchgeführt. Ich glaube mich zu entsinnen, daß 30-40 Frauen in einer Gaskammer vergast worden sind. Die Jüdinnen mußten sich auf einem überdachten Freigelände (Waldboden) in der Nähe der Gaskammer entkleiden und wurden von den vorbezeichneten SS-Angehörigen sowie von ukrainischen Hilfswilligen in die Gaskammer getrieben. Als die Frauen in der Gaskammer eingeschlossen waren, habe ich mit Bauer den Motor bedient. Der Motor lief zunächst im Leerlauf. Wir standen beide am Motor und schalteten von »Freiauspuff auf Zelle«, so daß die Gase in die Kammer geleitet wurden. Auf Anregung des Chemikers stellte ich den Motor auf eine bestimmte Drehzahl ein, so daß ein Gasgeben künftig nicht erforderlich war. Nach etwa 10 Minuten waren die 30-40 Frauen tot. Der Chemiker und die SS-Leute gaben das Zeichen, den Motor abzustellen.

Ich packte mein Werkzeug ein und sah, wie die Leichen abtransportiert wurden. Der Transport wurde mit einer Lorenbahn durchgeführt, die von der Nähe der Gaskammer zu einem entfernten Gelände verlief. Eine Lorenbahn hat es nur in Sobibor gegeben.

Source/QuelleAuss. Fuchs vom 8.4.63: 208 AR-Z 251/59, Bd. 9, Bl. 1784f.


Zugfahrt nach Belzec. Meldung des Zugwachtmeisters der Schutzpolizei Jäcklein, 14 September 1942

Zugw. d. SchP. Josef Jäcklein
7/Pol.24 in Lemberg
Lemberg, den 14. September 1942.

Meldung.

Betrifft: Umsiedlung von Kolomea nach Belzec.

Am 9.9.42 erhielt ich den BefehI, den am 10.9.42 von Kolomea nach Belzec abgehenden Juden-Umsiedlerzug bis Lemberg zu übernehmen. Am 10.9.42, um 19.30 Uhr, habe ich den Umsiedlerzug mit einem Begleitkommando von 1/9 am Abstellbahnhof in Kolomea 'befehlsgemäß übernommen. Der Umsiedlerzug wurde mir von Hptw. d. SchP. [Hauptwachtmeister der Schutzpolizei] Zitzmann übergeben. Bei der Übernahme befand sich der Zug bereits in einem vollkommen unverantwortlichen Zustand. Dieses hatte mir Hptw. Zitzmann auch gleich bei der Übergabe mitgeteilt. Da der Zug aber planmäßig abfahren mußte und keine weitere verantwortliche Person für die Verladung der Juden mehr anwesend war, blieb mir nichts anderes übrig, als den Transportzug in seinem unverantwortlichem Zustand zu übernehmen. Die Übernahme des Zuges wäre, abgesehen von dem Zustande des Zuges, wegen der unzureichenden Bewachung - Stärke des Begleitkommandos 1/9 - schon von vorneherein abzulehnen gewesen. Befehlsgemäß mußte ich aber den Zug mit dieser Begleitstärke übernehmen. Hptw. Zitzmann verblieb mit seinem Bewachungskommando bis zur Abfahrt des Zuges am Bahnhof, und beide Kommandos hatten vollauf zu tun, sich der aus den Waggons flüchtenden Juden zu erwehren, da inzwischen starke Dunkelheit eingetreten war, und man nicht einmal den nächsten Waggon einwandfrei übersehen konnte. Wieviel Juden sich allein bis zur Abfahrt des Zuges von diesem entfernt haben, war nicht festzustellen, jedoch dürften diese fast alle bei ihrem Fluchtversuch beseitigt worden sein.

Um 20.50 Uhr fuhr der Zug planmäßig von Kolomea ab. Kurz vor der Abfahrt habe ich mein Begleitkommando, wie vorher bestimmt, verteilt und zwar 5 Mann am Anfang und 5 Mann am Ende des Zuges. Da der Zug aber sehr lang war - 51 Waggons mit einer Gesamtverladestärke von 8200 Juden - erwies sich diese Verteilung der Bewachung als falsch, und ich veranlaßte schon beim nächsten Halt eine Verteilung der Bewachung auf den ganzen Zug. Die Bewachung mußte während der ganzen Fahrt sich auf dem Bremshäuschen aufhalten. Schon nach kurzer Fahrzeit versuchten die Juden, die Waggons nach allen Seiten und sogar die Wagendecken zu durchbrechen. Es gelang auch teilweise, dies durchzuführen, so daß ich schon 5 Stationen vor Stanislau den Bahnhofsvorsteher in Stanislau fernmündlich bat. Nägel und Bretter für eine behelfsmäßige Verschließung bereitzulegen und mir den Bahnschutz zur Bewachung zuzuteilen. Als der Zug in Stanislau eintraf, waren Handwerker des Bahnhofs Stanislau sowie der Bahnschutz am Bahnhof und erwarteten unseren Zug. Nachdem der Zug gehalten hatte. begannen sofort die Arbeiten. Diese nahmen 1% Stunden in Anspruch. Dann war der Zug wieder soweit hergestellt, daß ich ihn abfahren lassen konnte. Dies alles half jedoch sehr wenig, denn schon einige Stationen später, als der Zug wieder stehen blieb, mußte ich feststellen, daß schon wieder größere Löcher ausgebrochen und der ganze [Stachel-]Draht an den Lüftungsfenstern abgerissen war. Beim Abfahren des Zuges stellte ich sogar fest, daß in einem Wagen mit Hammer und Zange gearbeitet wurde. Bei einer Nachfrage bei diesen Juden, warum sie dieses Handwerkszeug noch in den Händen hätten, erklärten mir diese, daß ihnen gesagt worden sei, daß sie es noch gut an ihrem nächsten Arbeitsplatze gebrauchen könnten. Das Handwerkszeug nahm ich ihnen sofort weg. Ich mußte dann auf jeder Station, an der der Zug hielt, den Zug behelfsmäßig vernageln lassen, sonst wäre eine Weiterfahrt überhaupt unmöglich gewesen.

Um 11.15 Uhr traf der Zug in Lemberg ein. Da keine Ablösung für das Begleitkommando eingetroffen war, mußte ich mit meinem Kommando die Bewachung des Zuges bis Belzec übernehmen. Der Zug fuhr nach kurzem Aufenthalt im Bahnhof Lemberg zum Vorortbahnhof Kleparow, wo ich an SS-Obersturmführer Schulze 9 Waggons, die mit llL« bezeichnet und für das Zwangsarbeitslager Lemberg bestimmt waren, übergeben [habe]. SS-Obersturmführer Schulze hat hier dann noch etwa 1000 Juden wieder dazu geladen, und um etwa 13.30 Uhr ging der Transport weiter. Bei dem Maschinenwechsel in Lemberg wurde eine alte Maschine vorgehängt, die für die Belastung des Zuges viel zu schwach war. Der Zugführer kam mit seiner Maschine nie auf Touren, so daß der Zug b~sonders auf den Steigungen so langsam fuhr, daß die Juden ohne Gefahr, sich zu verletzen, abspringen konnten. Ich forderte den Zugführer mehrmals auf, schneller zu fahren, was ihm jedoch unmöglich war. Besonders unangenehm war, daß der Zug sehr oft auf offener Strecke anhielt.

Das Kommando hatte die mitgeführte Munition inzwischen verschossen und auch 200 Schuß, die ich von Wehrmachtsangehörigen erhalten hatte, so daß wir uns mit Steinen vom fahrenden Zug und mit dem aufgepflanzten Seitengewehr beim haltenden Zug helfen mußten.

Die immer größer werdende Panik unter den Juden, hervorgerufen durch die starke Hitze, Überfüllung der Waggons […], der Leichengestank - es befanden sich beim Ausladen der Waggons etwa 2000 Tote in den Wagen - machten den Transport fast undurchführbar.

Um 18.45 Uhr kam der Transport in Belzec an und wurde um 19.30 Uhr von mir an den SS-Obersturmführer und Leiter des dortigen Lagers übergeben.

Gegen 22 Uhr war der Transport entladen. Während dieser Zeit mußte ich mich dort aufhalten.

Die Anzahl der entwichenen Juden konnte von mir nicht festgestellt werden.

gez. Jäcklein
Zugwachtm. d. Schutzpol.

Source/QuelleMeldung Jäcklein: ZSt. UdSSR Ord. Nr.410, Bild 520f.


Dr. Theodor Ganzenmüller, Staatssekretär im Reichsverkehrsministerium, am 28.7.1942 an SS-Obergruppenführer Karl Wolff und Antwort SS-Obergruppenführer Karl Wolff, Leiter des Persönlichen Stabes des RFSS, vom 13.8.1942

Seit dem 22.7. fährt täglich ein Zug mit je 5000 Juden von Warschau über Malkinia nach Treblinka, außerdem zweimal wöchentlich ein Zug mit 5000 Juden von Przemysl nach Belzec. [Ganzenmüller, 28.7.1942]

Antwort:

Für Ihr Schreiben vom 28.7.1942 danke ich Ihnen - auch im Namen des Reichsführers-SS - herzlich. Mit besonderer Freude habe ich von Ihrer Mitteilung Kenntnis genommen, daß nun schon seit 14 Tagen täglich ein Zug mit je 5000 Angehörigen des auserwählten Volkes nach Treblinka fährt und wir doch auf diese Weise in die Lage versetzt sind, diese Bevölkerungsbewegung in einem beschleunigten Tempo durchzuführen. [Wolff, 13.8.1942]

Source/QuelleBriefwechsel Ganzenmüller/Wolff: ZSt. USA-Film 1, Bild 255f.


Oscar Diegelmann, inspecteur en chef de la Reichsbahn, Reichsbahndirektion Lublin (12 décembre 1961)

Als Kontrolleur war ich für den guten Zustand der Strecke, besonders für die Flüssigkeit der Strecke verantwortlich. Bei der Besichtigung des Bahnhofes Belzec meldete mir der Dienstvorsteher, ein Sekretär oder Obersekretär aus Thüringen, daß er mit SS-Leuten viel Last habe, die in der Nähe im Walde stationiert seien. Ich habe einige Zeit später im Wartesaal von Belzec auch eine Anzahl SS-Leute gesehen und gesprochen. Hierbei erklärten sie mir auf entsprechende Vorhalte, daß sie keine SS-Leute seien, man habe sie nur in diese Uniformen gesteckt. Wie sie schilderten, kamen die meisten aus Irrenoder Pflegeanstalten des Reiches, wo sie mit der Tötung der Geisteskranken befaßt gewesen seien. […]

Ich möchte bemerken, daß mir eines Tages der wirkliche Sinn des Lagers Belzec offenbar wurde. Ich sah nämlich hinter unserem Lokschuppen Berge von Bekleidungsstücken aller Art. Es befanden sich auch große Mengen von Schuhen dort, ferner Schmuck und andere Wertsachen. Diese Dinge hatte die SS dort gestapelt. Kleidungsstücke, die nicht mehr tragbar erschienen, wurden mit Benzin übergossen und verbrannt. Gerüchtweise wurde laut, daß von der Besatzung des Lagers Belzec Wertsachen in der Umgebung verschoben worden sind. So war es nicht verwunderlich, daß besonders leichte Frauen angelockt wurden und sich in der Umgebung von Belzec niederließen. Es soll damals häufig zu Orgien gekommen sein

Source/QuelleAuss. Diegelmann vom 12.12.61: 8 AR-Z 80/61, Bd. II, Bl. 274ff.


»Das Lager besaß saubere sanitäre Einrichtungen«. Prof. Wilhelm Pfannenstiel, Hygieniker der Waffen-SS, über eine Vergasung in Belzec (25 April 1960)

Im ersten Weltkrieg war ich Fliegeroffizier und wurde als Oberleutnant der Reserve entlassen. Nach 1936 absolvierte ich einige Reserveübungen als Sanitätsoffizier des Heeres und wurde 1939 zum Oberstabsarzt der Reserve befördert. Von 1930 bis zu diesem Zeitpunkt (1939) hatte ich einen Lehrstuhl für Hygiene und Bakteriologie an der Universität Marburg inne und war gleichzeitig Direktor des Hygienischen Institutes in Marburg. Es handelte sich hier um eine ordentliche Professur. Diese Professur behielt ich bis zum Ende des Krieges.

Ende 1939 wurde ich von der Waffen-SS als beratender Hygieniker angefordert. Zu damaliger Zeit benötigte die Waffen-SS beratende Fachärzte, da durch den Krieg die Waffen-SS sehr vergrößert worden ist. Anläßlich eines Besuches in Berlin, Ende 1939, suchte ich den damaligen Corpsarzt der Waffen-SS, Dr. med. Dermietzel, auf und wurde von diesem gebeten, als beratender Arzt im Range eines SS-Sturmbannführers (Angleichungsdienstgrad Oberstabsarzt d.R.] bei der Waffen-SS Kriegsdienst zu versehen. Ich kannte Dr. Dermietzel schon von meiner Zeit als SS-Oberabschnittsarzt im Oberabschnitt Fulda-Werra. Im April 1940 wurde ich dann von der Waffen-SS eingezogen und als beratender Hygieniker eingesetzt. Die Einsätze erfolgten meistens in der vorlesungsfreien Zeit. Meine Tätigkeit bestand darin, an den verschiedensten Punkten, an denen Waffen-SS eingesetzt war, die sanitären Anlagen zu inspizieren, zu prüfen, zu verbessern und Seuchen zu bekämpfen. So besuchte ich im Jahre 1942 auch die Stadt und die Gegend von Lublin. Ich war schon seit 1940 in Polen als Hygieniker eingesetzt. Allerdings war ich immer nur kurze Zeit an den einzelnen Orten, um an die Universität nach Marburg zurückzukehren.

Nach vorhandenen schriftlichen Unterlagen war ich im August 1942 das erste Mal in der Stadt Lublin. Hier traf ich zum ersten Male den SS-Gruppenführer Globocnik. Zu damaliger Zeit sollte ein großes Konzentrationslager am Stadtrand von Lublin errichtet werden, welches ca. 150 000 Menschen fassen sollte. Ich besichtigte das Gelände und war Berater für die einzurichtenden sanitären Anlagen (Trinkwasserversorgung und Abwasserbeseitigung). Irgendwelche Berührungen zu Insassen des KL bzw. Arbeitskolonnen hatte ich nicht. Ich blieb auch nur kurze Zeit in Lublin, da mein Auftrag bezüglich des KL beendet war. Ich hatte natürlich auch noch andere Aufträge in der Umgebung von Lublin, die sich ebenfalls auf Sanierungsmaßnahmen bezogen. Nach Beendigung dieser Tätigkeit kehrte ich wieder an die Universität nach Marburg zurück. Ich erhielt meine Weisungen immer von Berlin, vom Sanitätsamt der Waffen-SS. Es kam auch vor, daß ich in Berlin einige Zeit blieb, um dort für kurzfristige Aufträge in Bereitschaft zu sein. Mein eigentlicher Standort war und blieb immer Marburg. […]

Wenn ich nach Judenexekutionen gefragt werde, so muß ich bestätigen, daß ich am 19. August 1942 eine Judenexekution in dem Vernichtungslager Belzec erlebt habe. Wie ich zu diesem Erlebnis gekommen bin, möchte ich wie folgt schildern: Bei Gesprächen mit SS-Brigadeführer Globocnik wurde auch von den großen Spinnstofflagern, die er in Belzec angelegt hatte, gesprochen, wobei er erwähnte, daß diese Lager die deutsche Produktion erheblich überbieten würden. Als ich ihn fragte, woher denn diese Spinnstoffe stammen, brüstete er sich damit, diese Sachen den Juden weggenommen zu haben. Hierbei erwähnte er auch Vernichtungsaktionen gegen die Juden, die zum großen Teil in diesem Lager Belzec umgebracht würden. Zu dieser Zeit wurde ein gewisser SS-Obersturmführer Gerstein, der ebenfalls zum Sanitätsamt der SS in Berlin gehörte, in Lublin von Globocnik darüber befragt, wie man am besten diese großen Spinnstofflager desinfizieren könnte. Gerstein hatte einen bestimmten Stoff empfohlen, der auf die einzelnen Kleiderschichten aufgesprüht werden könne. Mir selbst war dieser Stoff unbekannt. Globocnik fragte mich auch um Rat, worauf ich ihm sagte, daß ich mir am besten die Sache selbst einmal im Lager ansehen wolle. Ich besuchte das Lager und stellte fest, daß es sich in einem ordentlichen Zustand befand, saubere sanitäre Einrichtungen besaß und ca. 1000 jüdische Häftlinge hatte.

Bei dieser ersten Besichtigung führte mich ein gewisser Polizeihauptmann Wirth, der mir auch die Vernichtungsanlage im Lager Belzec zeigte und erklärte. Er deutete an, daß am nächsten Morgen ein neuer Transport von ca. 500 Juden ankommen würde, der durch diese Vernichtungskammern geschleust werden würde. Er fragte mich, ob ich eine derartige Vernichtungsaktion einmal beobachten wolle, was ich nach langen Überlegungen dann auch bejahte. Ich hatte nämlich vor, dem Reichsarzt-SS über diese Vernichtungsaktion Bericht zu erstatten. Um einen Bericht abzufassen, mußte ich aber erst einmal eine solche Aktion mit eigenen Augen gesehen haben. Ich blieb in dem Lager, übernachtete dort und wurde am nächsten Morgen Zeuge folgenden Tatbestandes:

Ein Güterzug fuhr direkt in das Lager Belzec hinein, die Güterwagen wurden geöffnet, und meines Wissens wurden Juden aus der Gegend von Rumänien oder Ungarn entladen. Die Wagen waren ziemlich voligepfropft. Es handelte sich um Männer, Frauen und Kinder jeden Alters. Sie wurden im Zuge geordnet, mußten auf einem Lagerplatz sich aufstellen und ihre Schuhe ausziehen. Ich stand etwas seitwärts dieses Zuges und beobachtete, zusammen mit dem Polizeihauptmann Wirth und dem Obersturmführer Gerstein, die Vorgänge. Mir fiel auf, daß die begleitende SS-Mannschaft vor dem Lager Posten bezog, und daß jüdische Funktionäre des Lagers Belzec dem ankommenden Transport zu verstehen gaben, daß sie jetzt untersucht werden würden, sich entkleiden müßten zwecks Entlausung und wegen Einnehmen eines Bades, sowie in einem bestimmten Raum inhalieren müßten, um Krankheitsübertragungen über die Atemwege zu verhindern.

Ich habe die jüdischen Lagerfunktionäre nicht verstanden, wurde aber von Herrn Wirth über das Gesprochene informiert. Nachdem die Juden die Schuhe ausgezogen hatten, wurden sie nach Geschlechtern getrennt. Die Frauen kamen mit den Kindern zusammen in eine Baracke, dort wurden ihnen die Haare geschoren, und anschließend hatten sie sich zu entkleiden. [...] Die Männer kamen in eine andere Baracke, dort wurden sie genau so behandelt. Ich habe den Vorgang in der Frauenbaracke mit eigenen Augen gesehen. Nachdem sie sich entkleidet hatten, ging der ganze Vorgang ziemlich rasch. Sie liefen nackt von der Baracke zwischen einer Basthecke in die eigentliche Vernichtungsanstalt. Die ganze Vernichtungsanstalt machte den Eindruck einer normalen Entlausungsanstalt. Vor der Anstalt befanden sich Geranientöpfe, eine Inschrift »Stiftung Hackenholt« , darüber ein Judenstern, das Gebäude hell und freundlich gestrichen, so daß es nicht den Eindruck erweckte, daß hier Menschen umgebracht werden würden. Nach meiner Beobachtung zu schließen, glaube ich auch nicht, daß die Menschen, die dort neu ankamen, von ihrem Schicksal etwas wußten.

Die Juden mußten Kammern in dem Gebäude betreten, in welche die Abgase eines [100 (?)]-PS-Motores, der ebenfalls in dem Gebäude sich befand, geleitet wurden. In dem Gebäude befanden sich 6 derartige Vernichtungskammern. Sie waren fensterlos, hatten elektrisches Licht und jeweils zwei Türen. Eine Tür führte nach außen, um die Leichen abtransportieren zu können. Eine normale Luftschutztür mit Verriegelung befand sich im Gang, durch die die Menschen in die Kammer geführt wurden. Ein mit Glas versehenes Guckfenster befand sich meines Wissens neben der Tür in der Wand. Durch dieses Fenster konnte man die Vorgänge innerhalb des Raumes nur dann beobachten, wenn er nicht sehr angefüllt war. Ich beobachtete, daß schon nach kurzer Zeit die Scheiben beschlagen waren. Nachdem die Menschen in den Raum eingeschlossen waren, wurde der Motor angestellt und meines Wissens auch die Klappen oder Ventile zu den Kammern geöffnet. Ob es Klappen oder Ventile waren, möchte ich nicht behaupten, es kann auch sein, daß die Rohre direkt in die Kammern geführt wurden. Nachdem der Motor lief, wurde das Licht in den Kammern gelöscht. Vor dem Löschen des Lichtes war es ziemlich ruhig in den Kammern. Nachdem es aber gelöscht war, trat eine merkliche Unruhe ein. Die Menschen haben meiner Ansicht nach dann erst gespürt, daß man mit ihnen etwas besonderes vorhatte. Mir kam es vor, als ob sie hinter den dicken Wänden und Türen beteten und um Hilfe riefen.

Nach ca. 12 Minuten wurde es in den Kammern still. Das jüdische Personal öffnete dann die nach außen führenden Türen, zog mit langen Haken die Leichen aus den Kammern heraus, wobei sie die Haken in die Mundöffnungen führten und so herauszogen. Vor dem Gebäude wurden sie noch einmal gründlichst untersucht, indem man in den Körperöffnungen nach Wertgegenständen suchte. Goldzähne wurden herausgebrochen und in Büchsen gesammelt. Diese Tätigkeiten wurden vom jüdischen Lagerpersonal ausgeführt. Von der Durchsuchungsstelle aus wurden die Leichen direkt in tiefe, sich in der Nähe der Vernichtungsanstalt befindliche Massengräber gebracht. Wenn die Grube ziemlich voll war, hat man die Leichen mit Benzin übergossen - es kann auch eine andere brennbare Flüssigkeit gewesen sein - und hat sie dann angezündet. Ich konnte lediglich feststellen, daß die Leichen nur unvollkommen verbrannten. Dann wurde wieder eine Schicht Erde über die Leichen geworfen, und dann wurden wieder Leichen in die gleiche Grube gelegt. Bei dieser Vernichtung der Leichen habe ich dann auch festgestellt, daß die ganze Angelegenheit nicht hygienisch einwandfrei war.

Source/QuelleAuss. Pfannenstiel vom 25.4.60: 413 AR-Z 220/69, Bd. IV, Bl. 583ff.


Aussage Verwaltungsführer Hans·Heinz Schütt (Sobibor) (7 Juni 1961)

Das Hereintreiben der Häftlinge ging nicht immer reibungslos vonstatten. Die Häftlinge schrien und weinten und weigerten sich oft. Die Wachmannschaften halfen mit Gewalt nach. Die Wachmannschaften setzten sich hauptsäChlich aus ukrainischen Hilfswilligen zusammen, die den Anordnungen der SS-Kommandoleute gehorchen mußten. Somit hatten die SS-Angehörigen im Lager Schlüsselstellungen, d.h. ein SS-Mann war beim Entladen verantwortlich, ein weiterer SS-Mann führte die Häftlinge in das Auffanglager, ein weiterer SS-Mann war für die Weiterleitung der Häftlinge zum Entkleiden eingestellt, ein weiterer SS-Mann war für die Abnahme der Wertsachen eingesetzt und wiederum ein weiterer Angehöriger des Kommandos hatte dann die Häftlinge in den sogenannten Schlauch, der zum Vernichtungslager führte, zu treiben. In diesem sogenannten Schlauch, der von der Scheune bis zum Vernichtungslager führte, gab es dann kein Entkommen mehr.

Source/QuelleAuss. Schütt vom 7.6.61: 208 AR-Z 251/59, Bd. 4, Bl. 665.


Berich des SS‑Obersturmführer Gerstein vom 4.5.1945

1B. AugUSI 1942: Vergasung in Belzec

Die Menschen stehen einander auf den Füßen. 700-800 auf 25 Quadratmetern, in 45 Kubikmetern! Die SS zwängt sie physisch zusammen, soweit es überhaupt gebt. - Die Türen schließen sich. Währenddessen warten die anderen draußen im Freien nackt. Man sagt mir: Auch im Winter genau so! Ja, aber sie können sich ja den Tod holen, sage ich. - Ja, grad for das sinn se ja doh! sagt mir ein SS-Mann darauf in seinem Platt. - Jetzt endlich verstehe ich auch, warum die ganze Einrichtung Heckenholt-Stiftung heißt. Heckenholt ist der Chauffeur des Dieselmotors, ein kleiner Techniker, gleichzeitig der Erbauer der Anlage. Mit den Dieselauspuffgasen sollen die Menschen zu Tode gebracht werden. Aber der Diesel funktioniert nicht! Der Hauptmann Wirth kommt. Man sieht, es ist ihm peinlich, daß das gerade heute passieren muß, wo ich hier bin. Jawohl, Ich sehe alles! Und ich warte. Meine Stoppuhr hat alles brav registriert. 50 Minuten, 70 Sekunden - der Diesel springt nicht an! Die Menschen warten in ihren Gaskammern. Vergeblich! Man hört sie weinen, schluchzen [hellip;] Der Hauptmann Wirth schlägt mit seiner Reitpeitsche den Ukrainer, der dem Unterscharführer Heckenholt beim Diesel helfen soll, 12-, 13mal ins Gesicht. Nach zwei Stunden 49 Minuten - die Stoppuhr hat alles wohl registriert - springt der Diesel an. Bis zu diesem Augenblick leben die Menschen in diesen 4 Kammern, viermal 750 Menschen in 4mal 45 Kubikmetern! - Von neuem verstreichen 25 Minuten. Richtig, viele sind jetzt tot. Man sieht lebt das durch das kleine Fensterchen, in dem das elektrische Licht die Kammern einen Augenblick beleuchtet. Nach 28 Minuten leben nur noch wenige. Endlich, nach 32 Minuten ist alles tot!

Source/QuelleBericht Gerstein vom 4.5.45: 110 AR 2027/65.


Der erste Tag in Treblinka. Kurt Franz, Stellvertreter des Lagerkommandanten(2 Dezember 1960)

Es war Hochsommer oder früher Herbst 1942, daß ich, von Belzec kommend, in Treblinka eintraf. Ich bin vom Bahnhof Malkinia aus zu Fuß gegangen und erst in Treblinka angekommen, als es schon dunkel war. Im Lager lagen überall Leichen. Ich habe in Erinnerung, als wären diese Leichen aufgedunsen gewesen. Diese Leichen wurden von Juden durch das Lager geschleift, und zwar nach oben. Die arbeitenden Juden wurden von [ukrainischen] Wachleuten angetrieben, aber auch von Deutschen. Ich habe auch gesehen, daß die arbeitenden Juden auch geschlagen worden sind. Womit sie geschlagen worden sind, kann ich nicht mehr sagen. Es war ein großes Durcheinander und ein großes Gebrülle. […]

Ich bin am seiben Abend noch um das Lager herumgegangen. Dabei habe ich festgestellt, daß die Wachmannschaften teilweise mit Mädchen zusammen waren und ihr Gewehr aus der Hand gegeben hatten. Ich habe dann, so gut es ging, Ordnung geschafft.

Am anderen Tage habe ich mir ganz früh das Lager angesehen. Nunmehr habe ich dort keine Leichen mehr herumliegen sehen. Gegen 9 Uhr etwa, es kann auch etwas später gewesen sein, kam ein Transport an. Als ich hinzukam, standen die Männer schon nackt auf dem sogenannten Auffangplatz.

Source/QuelleAuss. Franz vom 2.12.60: 208 AR-Z 230/59, Bd.8, BI. 1493 f.


»Meine Aufgabe, diese Menschen zu erschießen«. Willi Mentz, in Treblinka »Schießer« genannt (19 Juli 1960)

Als ich nach Treblinka kam, war Lagerkommandant Dr. Eberl, ein Arzt. Dieser war wohl sehr ehrgeizig. Er hat, wie erzählt wurde, mehr Transporte angefordert, als im Lager »abgefertigt« werden konnten. Das bedeutete, daß Züge vor dem Lager warten mußten, weil die Insassen des vorherigen Transportes noch nicht alle getötet worden waren. Durch das lange Warten der Transportzüge sind – in der damaligen Zeit war es sehr heiß – viele Menschen gestorben. In dieser Zeit haben ganze Leichenberge unmittelbar an dem Bahnsteig gelegen. Der Hauptsturmführer Christian Wirth ist dann nach Treblinka gekommen und hat Krach gemacht. Daraufhin war Dr. Eberl eines Tages nicht mehr da. […]

Ich habe etwa 2 Monate im oberen Teil des Lagers Dienst getan, dann wurde, nachdem Eberl weg war, alles im Lager neu organisiert. Die beiden Lagerteile wurden durch Zäune mit Stacheldraht getrennt. Diese Zäune wurden durch Kiefernzweige undurchsichtig gemacht. Das gleiche geschah mit dem Gang von dem Umschlagplatz zu den Gaskammern. Die im oberen Teil des Lagers beschäftigten Arbeitsjuden wohnten nunmehr auch dort. Endlich wurden neue und größere Gaskammern gebaut. Ich möchte meinen, daß nunmehr 5 oder 6 große Gaskammern vorhanden waren. Wieviel diese großen Gaskammern faßten, kann ich genau nicht sagen. Wenn die kleinen Gaskammern 80–100 Menschen aufnehmen konnten, so die großen vielleicht die doppelte Zahl.

Nunmehr habe ich in dem sogenannten Lazarettbereich Dienst getan. Dieses sogenannte Lazarett war ein im unteren Lager befindlicher besonderer Bereich, der eingezäunt und gegen Einsicht durch Kiefernzweige geschützt war. In diesem Bereich befand sich ein großes Massengrab. Dieses Grab war durch einen Bagger ausgehoben worden und mag etwa 7 m tief gewesen sein.

Neben dem Massengrab war eine kleine Holzbude. Diese Bude war für die beiden Angehörigen des jüdischen Arbeitskommandos bestimmt, die im »Lazarett« Dienst zu tun hatten. Diese Juden trugen Armbinden mit dem Zeichen des Roten Kreuzes. Das war von Küttner angeordnet worden, der für das untere Lager verantwortlich war.

Wenn ein Transport ankam, so spielte sich folgendes ab. Es wurden etwa 6-8 Wagen in das Lager hineingeschoben und standen dann an dem dort befindlichen Bahnsteig. Anwesend waren der Kommandant, der Stellvertreter Franz, dann Küttner sowie Stadie oder Mätzig. Es waren noch weitere SS-Angehörige zugegen, die das Ausladen zu beaufsichtigen hatten. Genz und Belitz mußten z. B. sich davon überzeugen, daß sich niemand mehr in dem Wagen befand, nachdem die Insassen aufgefordert waren, auszusteigen.

Wenn die Juden ausgestiegen waren, pflegten Stadie oder Mätzig kurz zu ihnen zu sprechen. Es wurde ihnen dann sinngemäß gesagt, sie wären ein Umsiedlertransport, sie würden gebadet, sie bekämen neue Kleider und sie sollten Ruhe und Disziplin bewahren, am anderen Tag würde es wieder weitergehen.

Dann kamen die Transporte gleich auf den sogenannten Umschlagplatz, wo sich die Frauen in Baracken und die Männer im Freien auszuziehen hatten. Die Frauen wurden dann als erste durch den sogenannten Schlauch zu den Gaskammern hingeführt. Vorher mußten sie an einem Verschlag vorbei und ihre Schmuckund Wertsachen abgeben. In diesem Verschlag saßen 2 Arbeitsjuden und ein SS-Angehöriger. Hierbei handelte es sich um Suchomel.

Die Männer mußten, nachdem sie sich ausgezogen hatten, die Kleider, auch der Frauen, auf einem bestimmten Platz aufstapeln. Das war jedoch nur in der ersten Zeit nach der Umorganisation so. Später gab es besondere Arbeitskommandos, die die abgelegten Kleider der Transportteilnehmer sofort sortierten.

Bei den Transporten befanden sich immer wieder kranke und gebrechliche Menschen. Es kam aber auch vor, daß sich Verwundete unter den Ankömmlingen befanden, denn die Transportbegleiter, SS-Angehörige, Polizeiangehörige, Letten, pflegten manchmal auf dem Transport dazwischen zu schießen. Diese kranken, gebrechlichen und verwundeten Menschen wurden von einem besonderen Arbeitskommando zum Lazarett hingebracht. Im Lazarettbereich wurden die Angekommenen an den Rand des Grabes hingesetzt oder hingelegt. Wenn keine weiteren Kranken oder Verwundeten zu erwarten waren, war es meine Aufgabe, diese Menschen zu erschießen. Das geschah dadurch, daß ich ihnen mit einer 9 mm Pistole ins Genick schoß. Die Getroffenen fielen dann zusammen oder zur Seite und wurden von den beiden Lazarett-Arbeitsjuden in das Grab hinuntergetragen. Die Leichen wurden mit Chlorkalk bestreut. Später wurden sie auf Anordnung von Wirth in dem Grab selbst verbrannt.

Die Zahl der nach Ankunft von Transporten von mir erschossenen Menschen war unterschiedlich. Mal waren es 2 oder 3, mal waren es aber auch bis zu 20 oder vielleicht auch mehr. Es waren Männer und Frauen, Alte und Junge, auch Kinder waren dabei.

Wenn ich gefragt werde, wieviel Menschen ich auf diese Weise erschossen habe, so kann ich das genau heute nicht mehr sagen

Source/QuelleAuss. Mentz vom 19.7.60: 203 AR-Z 230/59, Bd. 6, Bl. 1130 ff.


Kurt Franz über das Ende von Treblinka (4 Dezember 1959)

Wie viele Juden insgesamt in Treblinka vergast worden sind, kann ich nicht sagen. Es kamen im Durchschnitt täglich jeweils ein großer Zug an, manchmal waren es auch zwei. Dies war jedoch seltener der Fall.

Ich selbst war ebenso wie in Belzec auch in Treblinka Kommandant der ukrainischen Wachmannschaft. Es waren dies auch in Treblinka etwa 60–80 Mann. Die Ukrainer hatten insbesondere die Aufgabe, die Posten für die äußere Postenkette und das lager zu stellen. Nach dem [Häftlings-Aufstand im August 1943 leitete ich das Lager noch etwa einen Monat allein. Vergasungen wurden jedoch während dieser Zeit nicht mehr vorgenommen.

Es wurde während dieser Zeit das ursprüngliche Lager beseitigt, es wurde alles planiert, es wurden Lupinen angepflanzt. Es sollte auf dem Lagergelände ein Bauernhof errichtet werden. Das noch zu verwertende Material habe ich gegen den Willen von Wirth dem damaligen Reservelazarett in Ostrow, etwa 14 bis 15 km von Treblinka entfernt, zur Verfügung gestellt. Leiter dieses Lazarettes war ein Oberstabsarzt Dr. Friedrrich Struwe […] Dr. Struwe war damals derjenige, den ich aufzusuchen pflegte, wenn ich irgendwelche Sorgen hatte. […]

Vermerk:
Dem Beschuldigten wurden nunmehr die Zeugenaussagen […] vorghalten. Der Beschuldigte erkärte hierauf in erheblicher Erregung:

Es ist richtig, daß ich einen Hund Barry besaß. Ich möchte mich verbessern, es war vielmehr so, daß dieser Hund aus [dem Arbeits- und Ausbildungslager] Trawniki kam und sich mir im Lager angeschlossen hatte. […] Ich habe diesen Hund niemals auf einen Juden gehetzt. Ich habe uberhaupt noch niemals einen Menschen getotet oder uberhaupt geschlagen. Ich möchte mich verbessern, das Letztere kann doch schon einmal vorgekommen sein. Grundsätzlich habe ich aber niemals einem Menschen Unrecht getan oder Unrecht tun wollen. Ich bestreite ganz entschieden die mir zur Last gelegten Übergriffe. Ich behaupte, daß das Ganze eine »Mache« ist. Ich glaube, daß ich jetzt fertiggemacht werden soll, einfach allein deshalb, da ich ein SS-Mann war. Ich trug die Uniform eines SS-Offiziers und stand allein schon deshalb im Blickpunkt der Haftlinge.

Source/QuelleAuss. Franz vom 4.12.59: 203 AR-Z 230/59, Bd. 3, Bl. 505 f.

Ernst Klee / Willi Dreßen / Volker Rieß, »Schöne Zeiten«Judenmord aus der Sicht der Täter und Gaffer, S. Fischer Verlag GmbH, Frankfurt am Main, 1988.