Cliquez pour suivre le lien. 1. Cf. Rüdiger Overmans, «Das Andere Gesicht des Krieges: Leben und Sterben der 6e Armee». in Jürgen Förster (dir.), Stalingrad. Ereignis. Wirkung. Symbol, 2e éd., Munich-Zurich, 1993, p. 419-425. Les données présentées dans la littérature au sujet des soldats de la 6e armée enfermés, échappés, morts et faits prisonniers sont contradictoires. Nous suivons la tentative d’Overmans d’établir une synthèse critique, tout en sachant que ces chiffres ne sont qu’approximatifs. 2. Message radio du général de division Paulus à Hitler, 29 janvier 1943, BA-MA RL 30/5, cité d’après Gerd R. Ueberschär, «Stalingrad—Eine Schlacht des zweiten. Weltkrieges», in Wolfram Wette, Gerd R. Ueberschär (dir.), Stalingrad, Mythos und Wirklichkeit einer Schlacht, Francfort, 1992, p. 18-42, extrait p. 36. 3. Message radio de Hitler au général de division Paulus, 30 janvier 1943, BA-MA RL 30/5, ibid. 4. Cité d’après Rolf Günter Renner, «Hirn und Herz. Stalingrad als Gegenstand ideologischer und literarischer Diskurse», in Jürgen Förster (dir.), op. cit., p. 472-492, extrait p. 472. Cf. Wolfram Wette, «Das Massensterben als “Heldenepos”. Stalingrad in der NS-Propaganda», in Wolfram Wette, Gerd R. Ueberschär (dir.), op. cit., p. 43-60, extrait p. 52 et suiv. 5. Groupe d’armées du Dor1 à la 6e armée, 31 janvier 1943, cité d’après Wolfram Wette, Gerd R. Ueberschär(dir.), op. cit., p. 38. 6. «Rapport spécial» émis à la radio par l’OKW le 3 février 1943, BA-MA RW 4/v. 140, p. 1-2, cité d’après ibid., p. 54. 7. Ibid., p. 46. 8. Cf. Fritz Wöss, Hunde, wollt ihr ewig leben, roman, Heidelberg-Hambourg, 1958; Fritz Wöss, Der Fischbeginntam Kopf zu stinken, roman, Hambourg, 1960, Heinrich Gerlach, Die verratene Armee. Ein Stalingrad-Roman, Munich, 1957; Heinz G. Konsalik, Der Arzt von Stalingrad, roman, Munich, 1956. 9. Ulrich Baron, «Stalingrad als Thema der deutschsprachigen Literatur», in Wolfram Wette, Gerd R.Ueberschär (dir.), op. cit., p. 226-232, extrait p. 232. Pour analyser la structure de cette présentation littéraire du mythe de Stalingrad et d’ouvrages analogues, cf. l’article de Rolf Günter Renner, in Jürgen Förster, op. cit., p. 472-492. 10. Detlef Vogel «Die deutschen und österreichen Stalingradbünde. Schritte vom Mythos und Realität», in Wolfram Wette, Gerd R. Ueberschär (dit), op. cit., p. 247-253, extrait p. 248. 11. Franz Kurowski, Stalingrad. Die Schlacht, die Hitlers Mythos zerstörte, Bergisch Gladbach, 1992, p. 377, 394. La deuxième édition de ce livre de poche, publié pour la premiere fois en 7992, est parue dès février 7993. 12. Editorial de Klaus Bresser dans le livret d’accompagnement du documentaire en cinq épisodes de ZDF/Ostankino, Der verdammte Krieg—Entscheidung Stalingrad, de Guido Knopp, Harald Schott et Anatoli Nikiforov, ZDF, 1992, p. 3. 13. Cf. Thomas A. Kohut, Jürgen Reulecke, «“Sterben wie eine Ratte, die der Bauer ertappt”, letzte Briefe aus Stalingrad», in Jürgen Förster, op. cit., p. 456-471. Cf. les articles de Martin Humburg, Wolfram Wette, Sabine Rosemarie Arnold et Manfred Hettling, ainsi que Nadejda B. Krylova, in Wolfram Wette, Gerd R. Ueberschär (dir.), op. cit., p. 67-106; d’autres indications littéraires y sont également présentées. 14. Courrier 75 ID/Ic à toutes les unités, 6.1.1942, RAMA RH 26-75/121; Etat-major xxixe, dépéche du matin, 7.1.1942, BAMA, RH 24-29/47. 15. Décret sur l’exercice de la justice de guerre dans la région «Barbarossa» et sur les opérations particulières menées par la troupe en date du 13 mai 1941, avec des compléments apportés par le commandant en chef de l’armée de terre le 24 mai 1941; directives pour le traitement des commissaires politiques le 6 juin 1941, avec des compléments apportés par le commandant en chef de l’armée de terre le 8 juin 1941. L’ensemble est reproduit in Gerd R. Ueberschär, Wolfram Wette (dir.), Der deutsche überfall auf die Sowjetunion. «Unternehmen Barbarossa» 1941, Francfort, 1991, p. 251-254, 259-260. 16. Ordres particuliers no 1 portant sur la consigne no 21 (opération Barbarossa) en date du 19 mai 1941 avec l’annexe I: organisation et taches des organisations économiques destinées à être alises on place dans la région «Barbarossa» et l’annexe 3: directives pour le comportement des troupes en Russie, ibid., p. 254-258. 17. Au sujet de la rédaction de l’ordre sur les commissaires, cf. Hans-Adolf Jacobsen, «Komissarbefehl und Massenexeutionen sowjetischer Kriegsgefangener», in Hans Buchheim et al. (dir.), Anatomie des SS-Staates, t. 2, Munich, 1967, 2 t., p. 143 et suiv.; Jürgen Förster, «Das Unternehmen Barbarossa als Eroberungs- und Vernichtungskrieg», in MGFA (dir.), Das Deutsche Reich und der Zweite Weltkrieg, t. 4: Der Angriff auf die Sowjetunion, Stuttgart, 1983, p. 435 et suiv. Le texte complet de l’ordre sur les commissaires est reproduit in Gerd R. Ueberschär, Wolfram Wette (din.), op. cit., p. 259 et suiv. 18. Cité d’après Jürgen Förster, in MGFA (dir.), op. cit., t. 4, p. 433. 19. AOK 6. Ic/AO, rapport d’activité, 12 juin 1941, BA-MA RH 20-6/488. 20. ibid. Seule la consigne sur la limitation de la justice de guerre avait été édictée par le Führer. Comme mentionné plus haut, l’ordre sur les commissaires émanait de l’OKW. 21. AOK 6, Ic/A0, rapport d’activité, 21 juin 1941, BA-MA RH 20-6/488. 22. AOK 6, exposé de l’Ic auprès de l’Ia le 13 juin 1941, BA-MA RH 20-6/488. 23. Section III—conseil de guerre de la 57e DI, rapport d’activité, du 1er au 30 juin 1941, BA-MARH 26-57/112. 24. 56e DI, KTB/la, entrée du 16 juin 1941, BA-MA RH 26-56/16(a). La réunion des commandants a eu lieu au sein de la 62e Dl; liste des thèmes pour la discussion entre les commandants du 18 juin 1941, RH 26-62/40. 25. AOK 6, Ic/A0, réunion à l’lc, BA-MA RH 20-6/487, f. 85. 26. AOK 6, Ic/AO, points abordés lors de la réunion à l’Ic, BA-MA RH 20.6/487,186. 27. Au sujet de Faction des groupes d’intervention SS lors des campagnes précédentes et des négociations entre les chefs de la SS et de la Wehrmacht sur leur intervention au cours de l’opération Barbarossa, cf. Helmut Krausnick, Hitlers Einsatzgruppen. Die Truppen des Weltanschauungskrieges 1938-1942, Francfort, 1985. 28. AOK 6, Ic/AO, points abordés lors de la réunion à l’Ic, BA-MA RH 20-6/487, f. 86. 29. 17e CA, KTB/la, événements, BA-MA RH 24-17/226. 30. Ordres de l’état-major régional Staufen no 38, 20 juin 1941, BA-MA RI1 24-44/39. 31. Ibid. 32. AOK 6, Ic, 23 juin 1941, message sur la position de l’ennemi du groupe de blindés i, BA-MA RH 20-6/514. 33. ibid., 25 juin 1941, message sur la position de l’ennemi du 17e CA. 34. AOK 6, Ic, 30 juin 1941, télex adressé aux 17e, 29e, 34e et 55e CA, Ic, BA-MA RH 20-6/513. 35. AOK 6, Ic, Le 1er juillet 1944 message sur la position de l’ennemi du 17e CA, BA-MA RH 20-6/515. 36. AOK 6, Ic, 2 juillet 1941, message sur la position de l’ennemi du 44e CA, BA-MA RH 20-6/515. 37. ibid., message sur la position de l’ennemi du 17e CA. 38. 44e DI, rapports d’activité du 21 juin au 31 décembre 1941, BA-MA RH 26-44/32. 39. 168e DI, rapports d’activité du 25 juin 1941, BA-MA RH 26-168/49. 40. 299e DI/Ic, message quotidien, 22 juin 1941; 529e RI à la 299e DI, 23 juin 1941, BA-MA RH 26-299/118. 41. 299e DI/Ic, message quotidien à l’Ic du 29e CA. 42. 530e RI/Ic à la 299e DI, 28 juin 1941, BA-MA RH 26-299/118. 43. AOK 6 Ic/AO, 10 juillet 1941, BA-MA RH 20-6/516. à ce sujet, cf. également le message du soir de l’Ic en date du 10 juillet 1941. 44. AOK 6, Ic, 13 juillet 1941, message sur la position de l’ennemi du 17 CA; BA-MA RH 20-6/517. 45. Message du jour de la 299e DI/Ic au 29e CA/Ic, 24 juin 1941, BA-MA RH 26-299/118. 46. AOK 6, ro juillet 1941, Ia, dossier 15 no 1814/41g, instruction de commandement no 13, point 5: sécurité des troupes; considérations notées dans l’original, BA-MA RH 20-6/755. 47. 62e DI, KTB/Ic, notes prises le 21 juillet 1941, BA-MA RH 26-62/40. 48. NOKW 1538, cité d’après Helmut Krausnick, op. cit., p. 200. 49. Ibid. 50. AOK 6/Ia, instruction de commandement no 16, 19 juillet 1941, BA-MA RH 26-56/17; DI/Ic, 21 juillet 1941, BA-MA RH 26-62/40; AOK 6/OQu/QuI — BAV no 43, 29 juillet 1941, RH 24-17/255. 51. EM no 132, 12 novembre 1941, BABL R-58/214. 52. ibid. 53. AOK 6, Ic, message du soir, 1er juillet 1941, BA-MA RH 20-6/515. 54. EM no 24, 16 juillet 1941. 55. ibid. 56. Témoignage de J. Sch., Zentralstelle der deutschen Landesjustizverwaltungen Ludwigsburg (dorénavant ZStL) Js 4/65, dossier spécial sur les interrogatoires X. Le fait que, dans différentes localités de Volhynie, des Ukrainiens aient déclenché des pogroms, pillé les logements de leurs voisins juifs et tué des hommes et des femmes tout de suite après le retrait de l’Armée rouge sans y être incités par la SS ou la Wehrmacht est décrit in Shmuel Spector, The Holocaust of Volhynian Jews 1941-1944, Jérusalem, 1990, p. 64 et suiv. 57. Cf. EM no 24, IG juillet 1941. 58. Cf. le rapport du CA, ZStL 204 AR-Z 287/59. 59. EM no 24, 16 juillet 1941. 60. EM no 19, 11 juillet 1941. 61. EM no 28, 20 juillet 1941. 62. Lettre en provenance de Tarnopol, 6 juillet 1941, BA-MA RW 4/v. 442. Cette lettre a été saisie par le groupe de défense 17, section Ic/Pr, basé à Vienne, et expédiée au service de propagande de la Wehrmacht au sein de l’état-major de commandement du haut-commandement de la Wehrmacht avec pour objet: «Les actes de cruauté dans les lettres de la poste aux armées.» En guise d’explication, la personne chargée de son traitement a ajouté qu’elle «avait trouvé des reproductions de cette lettre dans une vitrine à Vienne»: «Les recherches du poste de défense local ont rêvélé qu’un chef de district viennois du parti nazi avait envoyé des copies de ce rapport aux chefs de groupes locaux de son district à des fins de propagande.» 63. Cf. EM no 47, 9 août 1941: «À Berditchev, une section du commando d’intervention 4a agi jusqu’à l’arrivée du commando d’intervention 5. 148 Juifs ont été exécutés pour pillages et activités communistes.» 64. Cf. EM no 58. 20 août 1941: «les commandos d’intervention ont poursuivi les mesures de ratissage. À présent, comme prévu, nous avons dépassé presque tous les villages et les grandes places des environs de Berditchev et de Jitomir.» 65. Cf. l’acte d’accusation concernant l’affaire Callsen et al., parquet (GstA) Francfort, Js 24/66, p. 201 et suiv. 66. EM no 30, 22 juillet 1941. 67. Cf EM no 58, 20 août 1941: «Après de longs interrogatoires. nous avons réussi à convaincre Kieper et son complice des massacres qui leur étaient reprochés. […] Kieper, que nous avons fini par pousser aux aveux, a décrit ses actes de cruauté avec un cynisme propre aux Juifs.» 68. ZStL Js 4/65, dossier spécial sur les interrogatoires II, déclaration P. A. 69. Cf. EM no 58, 20 août 1941. 70. Témoignage de J., cité d’après l’acte d’accusation concernant l’affaire Callsen et al., op. cit., p. 221. 71. ZStL Js 4/65, affaire pénale contre Callsen et al., dossier du procès-verbal de l’audience VI, 20 février 1967. 72. EM no 58, 20 août 1941. 73. Dossier annexe 3 du journal de guerre du 17e CA/Qu, ordre du haut-commandement de l’armée 6, OQu/Qu1 AHQu, 10 août 1941, instructions particulières pour l’approvisionnement, annexe I. Objet: exécutions menées par le SD, BA-MA RH 24-17/255. 74. Ibid. 75. ZstL Js 4/65, dossier no 5, témoignage de H. Z., Feldgendarmerie 455. 76. EM no 80, 11 septembre 1941. 77. Cf. l’acte d’accusation de l’affaire pénale contre Callsen et al., op. cit., p. 260 et suiv. 78. Message de l’aumônier catholique de la division, le Dr Reuss, en date du 20 août 1941, in Helmut Groscurth, Tagebücher eines Abwehroffiziers. Mit Dokumenten zur Militäropposition gegen Hitler, édité par Helmut Krausnick, Harold C. Deutsch et Hildegard von Kotze, Stuttgart, 1970, p. 538 et suiv. 79. Rapport de Groscurth, 21 août 1941, ibid., p. 534 et suiv. 80. Ic/AO, rapport d’activité, 20 août 1941, BA-MA RH 20-6/491. Bialacerkiev est l’orthographe ukrainienne, reprise ici, du nom de la localité, Bielaia Tserkov. 81. Prise de position de von Reichenau, en date du 26 août 1941, au sujet du rapport de la 295e DI sur les opérations menées à Bialacerkiev, adressée au groupe d’armées sud et à la 295e DI, in Helmut Groscurth, op. cit., p. 541. 82. Ic/AO, rapport d’activité, 21 août 1941, BA-MA RH 20-6/491. 83. Rapport de Groscurth du 21 août 1941, op. cit., p. 536. 84. Ibid. 85. ibid, p. 537. 86. Ic/AO, annexe au rapport d’activité, 22 août 1941, réunion d’officiers, BA-MA RH 20-6/491. 87. Ic/AO, rapport d’activité, 22 août 1941, BA-MA RH 20-6/491. 88. 29e CA, annexes au journal de guerre de l’Ic. BA-MA RH 24-29/77. 89. Témoignage de G. Sch., ZStL Js 4/65, dossier spécial. 90. Rapport d’activité de la compagnie de propagande 637, BA-MA RH 20-6/492. 91. ZStL Js 4/65, dossier spécial traduit du russe, part. 1. 92. Cf. EM no 106, 7 octobre 1941, dans lequel le chiffre de 33 771 victimes est indiqué. 93. FM no 128, 3 novembre 1941. 94. AOK 6, Ic/AO, rapport d’activité, 26 octobre 1941, BA-MA RH 20-6/494. 95. 57e DI/Ib, 4 novembre 1941, «Réunion au poste de commandement de terrain de Kharkov, le 4 novembre 1941, à 9 heures», BA-MA RH 26-57/113. 96. Ic/AO. AOK 6 au Qu2, à l’attention de M. le capitaine i. G. von Bila. Objet: projet d’ordre sur l’évacuation de la population civile, BA-MA RH 20-6/494. 97. EM no 156, 16 janvier 1942. 98. EM no 164, 4 février 1942. 99. AOK 6, no 1814/41, 10 juillet 1941. instructions de commandement no 13, BA-MA RH 26-299/118. 100. 75e DI/Ic, message relatifà l’ennemi no 12, 18 juillet 1941, BA-MA RH 26-75/111. 101. Reproduction d’un extrait de l’ordre de l’OKH concernant le traitement des personnes civiles ennemies et des prisonniers de guerre russes, 25 juillet 1941, in Gerd R. Ueberschär, Wolfram Wette (dir.), op. cit., p. 295 et suiv. (BA-MA RH 20-II/381). 102. 75e Dl/le, message relatif à l’ennemi no 28, 11 août 1941, BA-MA RH 26-75/112: 75e DI/Ic, annexes au journal de guerre de l’lc, 14-31 août I941, BA-MA RH 26-75/113; 168e DI/Ic, rapport d’activité, 20 juillet-21 août 1941, BA-MA RH 26-168/40. 103. AOK 6/Ic/AO, déf. III no 2757/41, 14 août 1941. BA-MA RH 20-6/491. La liste de diffusion intégrait comme destinataires la troupe de police secrète militaire 560 et le commando spécial 4a du SD. 104. 75e DI/Ic, message relatif à l’ennemi no 45, 18 septembre 1941, BA-MA RH 26-75/114. Ici, la division se référait à l’OKH et au général z.b.V.b. ObdH/no de dossier 454 Gr. R. Wes no 1678/41, 13 septembre 1941, BA-MA RH 23/295; cf. Jürgen Förster, «Das Unternehmen Barbarossa als Eroberungs- und Vernichtungskrieg», in Horst Boog, Jürgen Förster, Joachim Hoffmann, Ernst Klink, Rolf-Dieter Müller, Gerd R. Ueberschär (dir.), Der Angrif auf die Sowjetunion, Francfort, 1991, p. 1239, édition originale: MGFA (eds.), op. cit., t. 4. 105. Commandement du 29e CA/Ic, 22 septembre 1941, BA-MA RH 26-299/112; 29e CA/Ia, message intermédiaire, 23 septembre 1941, BA-MA RH 24-29/9; 29e CA, messages du matin et du soir, 25 septembre 1941, BA-MA RH 24-29/9; 299e DI/Ic au SD de Kiev, 26 septembre 1941, BA-MA RH 26-299/123; 299e DI, KTB la, 25-26 septembre 1941, BA-MA RH 26-299/40. Cependant, il n’est guère probable que les attentats à l’explosif et les incendies survenus à Kiev aient effectivement été commis par les partisans, au nombre de 1 000 environ, dont la 6e armée supputait la présence dans la ville. Dès le 20 septembre, le 29e CA avait constaté que Kiev avait été systématiquement évacuée, que ses entreprises d’approvisionnement étaient arrêtées et que les routes et voies ferrées avaient été détruites ou minées (29e CA, KTB Ia, 20 septembre 1941, BA-MA RH 24-29/9). 106. OKH/GenStdH/OQuIV/Fremde Heere Ost/Ic, 2 octobre 1941, BA-MA RH 26-299/123. 107. 299e DI, KTB la, 7-10 octobre 1941, BA-MA RH 26-299/40. 108. Ordre du commandant en chef de la 6e armée, le Feldmarschall von Reichenau, 10 octobre 1941. in Gerd R Ueberschär, Wolfram Wette (dir.), op. cit., p. 285. 109. 75e DI, KTB Ia, 27 octobre 1941, BA-MA RH 26-75/39; 754 DI/Ic, messages du matin des 27, 28, 29 et 31 octobre 1941; 75e DI/Ic au 202e RI, 28 octobre 1941, BA-MA RH 26-75/115. 110. 75e DI/Ic, compléments à l’ordre de l’AOK 6 en date du 10 octobre 1941 sur le comportement des troupes à l’est, 28 octobre 1941, BA-MA RH 26-299/124. 111. Commandant en chef de l’armée de terre, directives pour la lutte contre les partisans, 25 octobre 1941, BA-MA RH 24-29/77, 29e CA/Ia-Ic, 26 octobre 1941, BA-MA RH 26-299/124. 112. Commandant en chef du secteur situé à l’arrière du groupe d’armées sud/Ic no 2270/41, 6 novembre 1941; commandant en chef du secteur situé à l’arrière du groupe d’armées sud/Ia no 2532/41, 20 novembre 1941, BA-MA RH 26-62/42. 113. Rolf Dieter Müller «Das Scheitern der wirtschaftlichen “Blitzkriegsstrategie”», in MGFA (dir), op. cit., t. 4, p. 1116-1226, extrait p. 1168 et suiv. 114. AOK 6/Ic AO, mémorandum sur le comportement des autorités militaires allemandes en Ukraine orientale, 15 juillet 1941, BA-MA RH 26-56/19a. 115. 4e CA (groupe Schwedler), 4 août 1941, BA-MA RH 24-4 95; AOK 6/III no de dossier 14n, ordre en date du 31 juillet 1941, BA-MA RH 26-56/19a. 116. Commandement en chef de la 6e armée, ordre en date du 28 septembre 1941, BA-MA RH 24-17/262; intendant de l’AOK 6, consignes sur l’exécution de l’ordre du 28 septembre 1941, BA-MA RH 26-62/59; AOK 6/Ch. d. Ge. St. no 310/41, 26 octobre 1941, BA-MA RH 24-17/262. 117. Commandant en chef du groupe d’arméecs sud/Ia-Ib no 2987, 27 octobre 1941. Objet: préservation de la discipline des hommes; 62e DI/Ib no 1749/41, 7 novembre 1941, BA-MA RH 26-62/42. 118. 29e CA. KTB/Ia, 29 octobre 1941, BA-MA RH 24-29/9. 119. 168e DI, KTB/Ia, 14 novembre 1941, BA-MA RH 26-168/8. 120. 75e DI/Ib, 29 janvier 1942, BA-MA RH 26-168/8. 121. 75e DI/Ib, 1er mars 1942; commandant de la 75e DI aux commandants et aux chefs des unités autonomes, 7 avril 1942, BA-MA RH 26-75/170. 122. Rolf-Dieter Müller, in MGFA (dir.), op. cit., t. 4, p. 1186 et suiv. 123. 57e DI/Ib, rapport sur la réunion organisée le 24 novembre 1941 au mess du poste de commandement de la ville sur l’alimentation de la population civile de la ville de Kharkov, BA-MA RH 26-57/113. 124. 57e DI/Ib, réunion au poste de commandement de terrain de Kharkov, 4 novembre 1941, BA-MA RH 26-57/113. 125. 57e DI/Ib, rapport sur la réunion organisée le 24 novembre 1941 au mess du poste de commandement de la ville sur l’alimentation de la population civile de la ville de Kharkov, BA-MA RH 26-57/113. 126. Appel téléphonique de l’officier chargé de l’agriculture au sein de la 57e DI, le lieutenant Dr Goecke, no 159, 9 janvier 1942, BA-MA RH 26-57/116; poste de commandement de la ville de Kharkov, ordre no 17 du poste de commandement de la ville, 18 décembre 1941, BA-MA RH 26-57/39. 127. Rolf Dieter Müller, in MGFA (dir.), op. cit., t. 4, 1991, p. 1192. 128. 57e DI, KTB/Ib, 13-15 avril 1942; 57e DI/Ib au 29e CA/IV Wi, 15 avril 1942, BA-MA RH 26-57/116. 129. AOK 6/Ia/OQu. 17 octobre 1941. Objet: Kharkov, BA-MA RH 24-17/262. 130. 57e DI/Ie. rapport d’activité, 1er septembre-31 octobre 1941, BA-MA RH 26-57/57. 131. Avis non daté du commandant en chef; 57e DI/Ib au 55e CA, 4 novembre 1941, BA-MA RH 26-57/113. 132. Commandant en chef de l’AOK6, ordre en date du 9 novembre 1941 (ordre du colonel Sinz), RA-MA RH 26-299/124. 133. Complément, apporté le 14 novembre 1941, de l’ordre (colonel Sinz) du 9 novembre 1941, communiqué par le 29e CA/Ic. 134. Ordres no 4, 11 novembre 1941. no 7, 19 novembre 1941, no 8, 22 novembre 1941, no 14 6 décembre 1941, no 16, 6 décembre 1941, du poste de commandement de la ville, BA-MA RH 26-57/39. 135. 57e DI/Ic, rapport d’activité, 1er novembre-31 décembre 1941, BA-MA RH 26-57/58. 136. 17e CA, annexes au journal de guerre du 16 novembre 1941. BA-MA RH 24-17/226. 137. AOK 6, KTB/Ic, 7 décembre 1941. BA-MA RH 20-6/132. 138. AOK 6/Ia-Ic AO no 2451/41, 15 novembre 1941. Objet: lutte contre les partisans dans le secteur contrôlé par l’armée, BA-MA RI 26-299/124; 57e DI/Ic, rapport d’activité, 1er novembre-31 décembre 1941, BA-MA RH 26-57/58. 139. 299e DI, KTB/Ia, 5 novembre 1941, BA-MA RI 126-299/40; 299e DI/Ic au 29e CA, 30 octobre 1941, BA-MA RH 26-299/123; 29e CA, KTB/la, 30 octobre 1941, BA-MA RH 24/-29/9; 75e DI/Ic, message relatif à l’ennemi no 52, 31 octobre 1941, BA-MA RH 26-75/115. 140. 299e DI, KTB/Ia, 28 octobre 1941, BA-MA RH 26-299/40. 141. 299e Dl, KTB/la, 29 octobre 1941, BA-MA RH 26.299/40; 299e DI/Ic, rapport de l’Ic résumant la lutte contre les partisans, 12 décembre 1941, BA-MA RH 26-299/120. 142. Poste de commandement de la ville de Soumy à I/RI 530; IV/RA 175, II/RA 63, AA 75, section d’observation z. K., 1er janvier 1942; 75e DI/Ic, rapport d’activité, 12 décembre 1941, BA-MA RH 26-75/116. 143. 299e DI/Ie. rapport résumant la lutte contre les partisans. 12 décembre 1941. BA-MA RH 26-299/120. 144. 75e Dl/Ie. rapport d’activité, 1er-27 novembre 1941, BA-MA RH 26-75/119. 145. 29e CA/Ie, message du matin, 7 décembre 1941, BA-MA RH 24-29/78. 146. AOK 6, KTB/Ic, 7 décembre 1941, BA-MA RH 20-6/132. 147. 29.. CA. KTB/Ia, 30 novembre 1941, BA-MA RH 24-29/18. 148. 75e DI/Ic, rapport d’activité Ic, appréciation de la situation de l’ennemi du 15 au 30 novembre 1941, BA-MA RH 26-75/117. 149. AOK 6, KTB/Ic, 7 décembre 1941, BA-MA RH 20-6/132. 150. 75e DI/Ic, message du soir, 11 décembre 1941, message du matin, 20 décembre 1941, BA-MA RH 26-75/118. 151. 29e CA, ordre, 18 décembre 1941, BA-MA RI 124-29/78. 152. 75e DI, KTB/la, 23 décembre 1941, BA-MA RH 26-75/39. 153. 75e DI/Ic no 436/41, 23 décembre 1941, BA-MA RH 26-75/118; 29e CA, KTB/Ia, 28 décembre 1941, BA-MA RH 24-29/18.

Sur le chemin de Stalingrad.
La 6e armée en 1941-1942

Bernd Boll & Hans Safrian

Traduit par François Pastre
1914-1945. L’Ère de la Guerre. Tome 2: 1939-1945. Nazisme, occupations, pratiques génocides, Anne Duménil, Nicolas Beaupré, Christian Ingrao (dir.), Paris: Agnès Viénot Éditions, 2004.
© Bernd Boll & Hans Safrian/Agnès Viénot Éditions 2004 – Reproduction interdite sauf autorisation de l’auteur, de l’éditeur ou des ayants droit
 

Théâtre des opérations de la 6e armée 1941-1942
Carte de la Lituanie pendant la Seconde Guerre mondiale 


Préambule (par PHDN)

Les années 1990 furent une décennie très fructueuse pour l’historiographie allemande de la Shoah. Des analyses inédites et majeures, notamment de nombreuses études locales sur les politiques nazies à l’Est sont produites. Au début des années 2000, Anne Duménil, Nicolas Beaupré, Christian Ingrao dirigent un volume de traductions de certaines de ces études parmi les plus importantes. Bernd Boll et Hans Safrian sont deux de ces historiens qui émergent alors et le texte présenté ici, d’abord publié en 1995 («Auf dem Weg nach Stalingrad. Die 6. Armee 1941/42», in Hannes Heer, Klaus Naumann (éds) Vernichtungskrieg. Verbrechen der Wehrmacht, Hamburg, 1995), est un apport majeur à notre connaissance du génocide des Juifs. Il démontre l’implication massive de la Wehrmacht dans les massacres de masse de Juifs commis à l’Est dès le début de l’Opération Barbarossa, avec une attention particulière portée à la 6e armée sur sa route vers Stalingrad pendant la première année suivant l’invasion.

L’ouvrage dont est tirée la traduction française de cette étude est aujourd’hui épuisé et ne se trouve que d’occasion. Cette étude est absolument fondamentale. Il n’existe pas de version en ligne ni même numérisée de l’ouvrage de 2004, a fortiori de l’étude de Bernd Boll et Hans Safrian. C’est la raison pour laquelle nous l’avons scannée, passée à l’OCR, et mise en web à partir de notre exemplaire papier. Il faut toutefois avoir pleinement conscience qu’il s’agit d’une littérature spécialisée et ardue, inadaptée avant les études supérieures, à moins d’avoir déjà une pratique de telles lectures. Elle permet néanmoins de voir les historiens au travail, ce qui n’est pas la moindre de ses qualités. Cela est également vrai des autres chapitres de l’ouvrage dont il est question et que nous espérons mettre également, un jour, en ligne. Nous avons corrigé quelques coquilles et au moins une erreur sur la note 83 (que nous avons reprise de l’original allemand). Signalons que les «officiers Ia» sont de officiers d’opération tandis que les «officiers Ic» sont des officiers responsables du renseignement (notamment politique). On pourra compléter la présente étude par:

Un dernier point mérite l’attention du lecteur: l’éditeur et les coordinateurs de l’ouvrage dont le présent texte est tiré avaient confié la traduction intégrale des textes allemands à un jeune traducteur, François Pastre, disparu prématurément en avril 2020. On ne peut que souligner l’extrême difficulté que présentent pour celui qui doit en effectuer la traduction des textes de cette nature, tant sur la forme que sur le fond et on ne peut que louer la qualité et la rigueur du travail de François Pastre. Voici ce que Christian Ingrao a publié sur son mur facebook à l’occasion de sa disparition: «François Pastre s’est éteint soudainement dans la nuit du 15 au 16 avril. Il était un traducteur talentueux. Nicolas Beaupré, Anne Duménil et moi même avions fait appel à lui pour traduire vers le français un ensemble de 7 textes diffusant une nouvelle vague de recherche sur la Shoah et la Seconde guerre mondiale dans l’ère de la guerre Tome 2. Il a ainsi contribué à la réception en France de la recherche allemande et joué un rôle de passeur. Il était très apprécié dans son milieu et ses traductions avaient été d’une grande rigueur. Nous nous associons à sa famille et à ses proches dans leur affliction. Que la terre lui soit légère; que notre souvenir demeure».


Sur le chemin de Stalingrad. La 6e armée en 1941-1942

Bernd Boll & Hans Safrian
STALINGRAD: LE CALVAIRE DE LA 6e ARMÉE?

Aujourd’hui encore, la mémoire collective associe la 6e armée à la bataille de Stalingrad. Après 1945, aucune autre unité de la Wehrmacht n’a donné lieu à autant de publications dans l’espace germanophone Curieusement, les représentations scientifiques traitent presque exclusivement le thème de la fin de la 6e armée sur les bords de la Volga, comme les œuvres biographiques, littéraires, journalistiques et cinématographiques. Elles décrivent le «sacrifice» d’une armée en témoignant d’intérêts documentaires différents et dans des buts de propagande divers. Les controverses se déclenchent quand on demande si sa «débâcle» était inévitable et qui en était responsable. 60 000 soldats allemands sont morts encerclés et sur les 110 000 qui ont été faits prisonniers par les Soviétiques, seuls 5 000 sont revenus après la guerre1: au premier abord, considérer cet événement sous cet angle paraît donc tout à fait envisageable. Toutefois, en y regardant de plus près, se limiter au thème du sacrifice, qui caractérise encore à l’heure actuelleles discours sur Stalingrad, est une lointaine conséquence historique des mythifications nationales-socialistes.

Placer la perte d’une armée au rang d’un modèle héroïque pour la nation faisait partie d’une logique idéologique qui considérait constamment le sacrifice d’une seule personne pour la Volksgemeinschat comme un élément de sa rhétorique. À ce titre, le commandant en chef de la 6e armée, le général de division Friedrich Paulus, a fourni le mot-clef dans son message radio envoyéà Hitler pour le dixième anniversaire de sa prise de pouvoir: «Puisse notre combat servir d’exemple aux générations présentes et futures pour qu’elles ne capitulent jamais, y compris dans la situation la plus désespérée. C’est ainsi que l’Allemagne vaincra2». Entre-temps, on avait défini à Berlin le langage qui permettait de transformer, par le biais de la propagande, la défaite prévisible sur la Volga en un renforcement du front et du front intérieur: «Comme toujours dans l’histoire du monde, ce sacrifice ne sera pas vain», a télégraphié Hitler à Paulus le lendemain: «Dès aujourd’hui, tout le peuple allemand a le regard tourné vers cette ville avec une profonde émotion. La profession de foi de Clausewitz va se vérifier. La nation allemande comprend dès maintenant toute la dureté de ce combat et va consentir les sacrifices les plus importants3».

Le même jour, dans la «salle d’honneur» du ministère de l’Aviation du Reich, Göring tint des propos analogues devant des officiers et des soldats de l’armée allemande dans un discours retransmis à Stalingrad par radio: «Le sort de l’Europe est entre nos mains, d.e même que la liberté, la culture et l’avenir de l’Allemagne C’est le sens le plus noble de ce sacrifice, que je peux aussi exiger en tous lieux et à tout moment de vous, mes camarades. Que chacun d’entre vous pense aux combattants de Stalingrad, et il deviendra dur et inflexible4». Dans cet esprit, le 31 janvier, le commandant en chef du groupe d’armées du Don, le Feld-maréchal von Manstein, émit un message radio à l’attention de la 6e armée, qui ne put toutefois pas être transmis car les liaisons étaient coupées: «la lutte pour la réalisation du testament que vous nous léguerez nous permettra de vous remercier pour votre sacrifice héroïque5».

Lorsque, le 3 février, les interminables colonnes de survivants partirent en captivité, le haut-commandement de la Wehrmacht (OKW) présenta au public allemand l’interprétation officielle de la défaite de Stalingrad et son rôle dans les exigences de domination allemandes dans un «rapport spécial» diffusé à la radio: «Le sacrifice de l’armée n’a pas été vain. En tant que bastion de notre mission historique en Europe, elle a brisé l’assaut de six armées soviétiques pendant six semaines.» Le mythe était né: un sacrifice héroïque pour le bien-être des générations futures. On put également lire: «Ils sont morts pour que vive l’Allemagne. Leur modèle va se perpétuer jusque dans les temps les plus éloignés malgré toute la propagande mensongère des bolchevikz6». Le lendemain, cet article parut dans la presse sous le titre pathétique: «Ils sont morts pour que vive l’Allemagne7». Le mythe du sacrifice a survécu à la fin du national-socialisme avec des différenciations. Il constitue le fil directeur d’ouvrages littéraires à forts tirages comme ceux de Heinz G. Konsalik, de Heinrich Gerlach et de Fritz Wöss8, qui prétendent donner l’image du soldat de base «trahi par un gouvernement inconscient» mais qui «s’en est toujours tenu aux principes de camaraderie et de bienséance militaire9». Au sein des associations allemandes ou autrichiennes d’anciens combattants, le sentiment de solidarité se nourrit de la participation à la bataille, contrairement aux fédérations d’anciens combattants d’autres divisions. Ce sont eux qui entretiennent le mythe et marquent ainsi la perception du public. Dans tout l’éventail des conséquences que leurs porte-parole tirent de cette expérience, la tentative de «considérer les actes et les souffrances des soldats comme un sacrifice sensé10», occupe la position la plus importante, élevant de par sa signification historique ce sacrifice au rang de la bataille des Thermopyles.

Le thème de «l’armée trahie» et de ses souffrances caractérise encore les ouvrages de vulgarisation scientifique. Un livre de Franz Kurowski, paru en 1992, pour le cinquantième anniversaire de la bataille, qui cite sur un grand nombre de pages les mémoires de militaires de haut rang et les récits des deux parties, est significatif à cet égard. S’il ne prend toutefois pas en compte les recherches les plus récentes dans le domaine de l’histoire militaire, il reste caracténstique d’une image de la défaite de Stalingrad encore largement répandue de nos jours. Par rapport aux versions antérieures, Kurowski accentue le mythe du sacrifice et l’explique avec une foi presque religieuse: «Stalingrad est devenue le synonyme de la mort d’une armée entière et du sacrifice consenti par la Luftwaffe lors de son intervention. Stalingrad était ce mot que tout soldat engagé sur le front de l’Est ne pouvait prononcer qu’avec une profonde horreur». Quelques pages auparavant, il avait même osé émettre l’affirmation suivante: «Stalingrad était devenue le calvaire de la 6e armée11». Le discours libéral, qui considère Stalingrad comme le symbole du bannissement de la guerre et de la réconciliation des anciens ennemis, ne peut pas non plus se libérer de l’emprise du mythe du sacrifice. Klaus Bresser, le rédacteur en chef de la ZDF (la deuxième chaîne de la télévision allemande), a émis les remarques suivantes à propos de la série télévisée La guerre maudite — Stalingrad, la bataille décisive: «Stalingrad est devenue un immense charnier, un symbole des sacrifices insensés de la guerre, un synonyme de chagrin et de souffrance dans l’ancienne Union soviétique et en Allemagne12». Les nouvelles approches de l’histoire militaire, qui essaient de décrire la guerre «depuis le bas», démontrent la ténacité avec laquelle le mythe, créé il y a un demi-siècle, résiste aux autres interprétations. Lorsque nous jetons un regard sur les expériences souvent traumatisantes des simples soldats, le paradigme du sacrifice se confirme au lieu d’être remis en question13.

Cependant, la 6e armée avait effectué un long parcours jusqu’à Stalingrad. Pendant un an et demi, elle avait traversé l’Union soviétique en direction de l’Est exécutant la politique de conquête et d’extermination du régime national-socialiste et avait activement participé au génocide, sans même avoir reçu d’ordres pour cela. Le fait que la 75e division d’infanterie (DI), alors placée sous les ordres de la 6e armée, ait donné, début janvier 1942, l’ordre de fusiller, à l’avenir, tous les Asiatiques, qu’il s’agisse de soldats ou de simples civils, pour venger les «actes de cruauté commis contre nos soldats» n’est ni le fruit du hasard ni une exception honteuse; et lorsque, le lendemain, le chef de l’état-major du 29e corps d’armée (CA) a transmis cette consigne à toutes les divisions placées sous ses ordres14, il a agi avec préméditation. Notre article est donc consacré aux débuts du chemin parcouru par la 6e armée jusqu’à Stalingrad lors des six premiers mois, du début de l’opération Barbarossa jusqu’à l’hiver 1941-1942. Il s’agit également d’une étude sur la conduite de la guerre d’extermination, qui a été concrétisée par le génocide contre les Juifs, la lutte contre les partisans réels et supposés, et la famine imposée à la population.

LES «ORDRES CRIMINELS» ET LEUR MISE EN ŒUVRE

Avant le début de l’opération Barbarossa, le décret sur la justice et l’ordre sur les commissaires ont désigné certains éléments de la population civile et de l’Armée rouge comme des ennemis et précisaient que des opérations devaient être menées en vue de leur «extermination totale». Il fallait immédiatement exécuter les francs-tireurs les commissaires politiques de l’Armée rouge et les commissaires civils qui s’opposaient à la Wehrmacht ou y exhortaient la population, et les autres «civils hostiles». La troupe était globalement autorisée à le faire sans pour autant recevoir d’ordre spécial. Aucun ordre d’exécution obligatoire n’avait été donné contre les civils simplement soupçonnés d’avoir commis un acte hostile: dans ce cas, la décision de vie et de mort incombait à l’officier de grade supérieur. Les exécutions organisées dans le cadre des «opérations de représailles collectives» menées contre des localités à partir desquelles la troupe était attaquée ne pouvaient être ordonnées que par les officiers d’un grade supérieur à celui de chef de bataillon. Les commissaires qui n’avaient pas d’intentions hostiles devaient d’abord rester «sans être inquiétés». Toutefois, on se réservait le droit de les livrer au SD à une date ultérieure15.

Ainsi, les limites des actions de représailles semblaient largement repoussées, tout en étant clairement définies: seule une résistance armée manifeste devait être réprimée par une exécution immédiate. Cependant, les «directives pour le comportement de la troupe en Russie» étaient en même temps plus imprécises et plus strictes: certes, elles ne désignaient pas en toutes lettres les mesures à adopter, mais elles stigmatisaient d’autres groupes considérés comme ennemis qui étaient en outre, de toute façon — cela était souligné — mis sur un plan d’égalité avec ceux qui étaient destinés à être liquidés: «les provocateurs bolcheviques, les francs-tireurs, les saboteurs, les Juifs.» L’exigence finale concernant «l’élimination totale de toute résistance active ou passive», formulée d’une manière assez vague, permettait d’élargir à tout moment la définition de l’ennemi en fonction des besoins. C’est avec cette carte blanche que la troupe, qui avait accessoirement été prévenue de la «façon perfide de combattre» de l’Armée rouge en général et des «soldats asiatiques», «impénétrables, insaisissables, sournois et dénués de sentiments» en particulier, a engagé l’agression contre l’Union soviétique16.

Les «directives pour le traitement des commissaires politiques» avaient été émises sous forme écrite par l’OKW le 6 juin 1941 et envoyées aux chefs des armées et des flottes aériennes avec des compléments apportés par von Brauchitsch, le commandant en chef de la Wehrmacht17. Les 10 et 11 juin 1941, lors d’une réunion de travail, l’ordre sur les commissaires fut expliqué oralement aux officiers Ic et aux juges militaires des groupes d’armées, des armées et des groupes de blindés par le général chargé de l’administration auprès du commandant en chef de l’armée de terre, le Generalleutnant Müller en même temps que le «décret du Führer», qui est le décret sur l’exercice de la justice de guerre. Müller fit, entre autres, référence au point 1 du décret, consacré au «châtiment des actes répréhensibles commis par des personnes civiles ennemies», selon lequel les actes répréhensibles commis par des civils ennemis n’étaient pas du ressort de la justice de guerre ni de la justice spéciale, mais que les «francs-tireurs» devaient être exécutés sans ménagement par la troupe pendant le combat ou lors de leur fuite. Dans un sens plus large, il définit également les provocateurs, les saboteurs et les distributeurs de tracts comme des «francs-tireurs18».

L’officier Ic de l’AOK 6, le major P, expliqua les «directives pour le traitement des commissaires politiques» à son commandant en chef, von Reichenau, dès son retour au quartier général de l’état-major après sa réunion avec Müller19; le même jour, P. rapporta au chef de l’état-major général et à l’officier Ia le «résultat de la réunion avec le général chargé de l’administration à l’OKH au sujet des décrets du Führer [sic] sur le “traitement des personnes civiles ennemies et des commissaires”20». Dans la soirée, l’officier Ic et le chef de l’état-major général donnèrent des conseils sur la communication des «directives sur le comportement des troupes en Russie». On s’accorda pour distribuer ces «directives» jusqu’au niveau des bataillons21. Le 13 juin, le major P. expliqua toute la série des ordres sur: «a) le comportement des troupes en Russie; b) le comportement vis-a-vis de la population civile ennemie; c) le traitement des commissaires politiques en se fondant sur les notes prises à ce sujet lors de la réunion avec le général chargé de l’administration22» Ainsi, les services concernés de l’état-major de la 6e armée avaient été informés de l’ensemble des ordres criminels soit par le haut-commandement de l’armée de terre (OKH), soit par le major P.

L’AOK 6 convoqua, pour le 15 juin, les juges militaires à Zamosc pour une réunion à laquelle assistèrent les présidents des tribunaux militaires des différentes divisions. Le décret sur la justice figurait «au premier point» de l’ordre du jour23. Le lendemain, le décret sur la justice et les directives sur le comportement des troupes en Russie furent adressés aux commandants des divisions, qui, par la suite, assermentèrent les commandants des unités placées sous leurs ordres afin de faire appliquer ces décrets et directives24. Ils furent transmis à tous les officiers Ic des corps d’armée et des divisions de la 6e armée le 16 juillet lors d’une réunion au quartier général de l’état-major, à Tarnobrzeg. Auparavant, le groupe Ic/AO avait préparé, pour cette réunion Ic, des «points pour l’introduction assurée par le chef de l’état-major général» dans lequel des «explications sur les décrets [sic] du Führer sur le “traitement de la population civile ennemie, les actions des soldats allemands contre la population civile et le traitement des commissaires russes”» et sur le «mémorandum sur le “comportement des troupes en Russie”25» devaient être données. C’est sur la base de ces préparatifs que, lors de la réunion lc, le chef de l’état-major fit un exposé sur: «a) le comportement des troupes en Russie; b) le traitement de la population civile et les actions des soldats allemands contre la population; c) le traitement des commissaires russes26». Les informations données aux officiers Ic sur les actions de certaines unités des groupes d’intervention SS27, prévues dans les régions contrôlées par l’armée, firent l’objet d’un autre point de la réunion: «Intervention de la police et des commandos d’intervention de la SS. Répartition des tâches entre ces deux entités28».

Le général qui commandait le 17e Corps d’armée informa les commandants des troupes placées sous ses ordres de ces décrets le 20 juin, à proximité de Ludwinow et se mit d’accord — sans doute aussi sur ce thème — avec les commandants des 56e et 62e DI29. Finalement, les instructions de l’AOK 6, qui, à l’époque, portait encore le nom de code d’«état-major régional de Staufen», sur les compétences des groupes de défense, des commandos spéciaux du ministère des Affaires étrangères et des commandos spéciaux du SD furent adressées aux divisions sous forme écrite en date du 20 juin 194130.

Une exigence précise, qui demandait aux unités subordonnées de «faciliter aux commandos l’exécution de leurs tâches spéciales sous quelque forme que ce soit, en formant leurs troupes, en mettant à disposition du personnel auxiliaire, en utilisant leurs véhicules et en effectuant d’autres prestations aussi longtemps que la situation militaire le permet31» contrastait avec la vague description des activités prévues pour les commandos spéciaux.

Qu’en était-il alors de l’exécution de ces ordres? L’exécution des commissaires politiques de l’Armée rouge faits prisonniers par des unités placées sous les ordres de la 6e armée peut être démontrée avec la plus grande précision. Dès le 23 juin — l’opération Barbarossa avait commencé la veille — le groupe de blindés I signala à l’Ic de l’AOK 6: «Les 48e et 3e corps d’armée ont chacun capturé un commissaire politique et l’ont traité en conséquence32». Le 25 juin, le 17e CA annonça que la 62e DI avait fusillé neuf soi-disant «francs-tireurs», c’est-à-dire des civils, et avait également «capturé un commissaire politique dans la forêt, au nord de Sztun et l’avait traité conformément aux consignes reçues33».

L’officier Ic de l’AOK 6 veilla à ce que les ordres criminels fussent aussi exécutés. Le 30 juin 1941, il exigea des officiers Ic des CA placés sous ses ordres qu’ils «signalent brièvement la présence de commissaires politiques au sein de la troupe rouge dans leur rapport quotidien à l’Ic sous “Objet: réunion Ic du 16 juillet 1941 à Tarnobrzeg”34». Dès le 1er juillet, le 17e CA annonça que la 298e DI avait traité un commissaire «conformément aux directives35» et également que la 62e DI avait traité cinq commissaires politiques conformément aux directives et que la 298e DI avait fait de même avec un commissaire politique36. Le 2 juillet, le 44e CA fit savoir que, jusqu’à présent, «un commissaire politique militaire avait été fait prisonnier et traité conformément aux ordres reçus» et qu’un commissaire s’était suicidé avant d’être fait prisonnier; le 17e CA signala à l’Ic de la 6e armée que la 62e DI avait «traité neuf autres commissaires politiques conformément aux directives37» Dans les mois qui suivirent, le tri des commissaires politiques de l’Armée rouge après leur capture et leur exécution entrèrent visiblement dans la routine des unités de la 6e armée. C’est ainsi que, dans son rapport d’activité, l’officier Ic de la 44e DI écrivait de manière plutôt laconique au sujet des commissaires tués après la fin de la bataille d’encerclement de Kiev:

«Samedi, 4 octobre 1941. Pas de contacts avec l’ennemi. Activités courantes de l’Ic. Réunion le au poste de commandement local de Piriatine en raison de l’annonce de la présence de partisans. Annonce faite au IIe CA sur les commissaires exécutés (122 commissaires)38.»

Les conséquences du décret sur la justice et des «directives sur le comportement des troupes en Russie», dont l’objectif était la lutte contre les «francs-tireurs» et les «saboteurs», réels ou supposés, furent encore plus graves que la mise en œuvre de l’ordre sur les commissaires. Ici, les portes étaient ouvertes à l’arbitraire. Des dénonciations non vérifiées, des suspicions grossières ou le fait d’être Juif suffisaient fréquemment pour «justifier» des exécutions, comme le prouvent ces quelques exemples. C’est ainsi que, le 25 juin 1941, à Iwanice, la 168e division fusilla un habitant du village, qui avait soi-disant occupé une position dirigeante au sein du parti communiste, et un Juif dans le cadre d’une «action de représailles» pour le sabotage d’un câble, les coupables n’ayant pas pu être identifiés39. Dans le même temps, la 299e DI, en particulier les 529e et 530e régiments d’infanterie (RI), agirent avec la même rigueur. à Litowitz, la troupe fusilla trois «francs-tireurs» dès le jour de l’invasion. Deux commissaires de l’année, qui avait été faits prisonniers lors de la «guerre des tireurs embusqués», furent exécutés le lendemain40. Les commissaires qui luttaient en tant que partisans, les soldats de l’Armée rouge en civil et les «femmes de soldats des troupes d’active» semblaient omniprésents, en particulier dans les «localités habitées par des Juifs41». Quelques jours plus tard, le 530e RI n’avait plus aucune retenue: après que des tireurs embusqués et de petits groupes d’hommes armés en uniforme et en civil eurent tiré à plusieurs reprises sur la route qu’il empruntait, le régiment ne fit plus de prisonniers et mena plusieurs opérations de nettoyage au cours desquelles «environ 30 francs-tireurs» furent fusillés. Cependant, comme le butin n’était que de deux mitrailleuses et d’un pistolet-mitrailleur, il devait plutôt s’agir d’une «action de représailles42». Le 10 juillet, l’Ic de l’AOK 6 annonça qu’à Krzemieniec, trois «cadres cités nommément par le comité ukrainien avaient été arrêtés et livrés au SD»; ces cadres supposés du PCUS et un Juif «qui avait attiré l’attention d’autres éléments suspects pendant la perquisition en cours, ont été fusillés43». Le 13 juillet, le 17e CA annonça à l’Ic de l’AOK 6 que la 79e DI, stationnée à proximité de Zwiahel, avait fusillé huit hommes juifs, des «membres supposés de la police secrète militaire russe», au motif qu’ils avaient «renforcé la résistance civile dans la zone de combat située à l’arrière44» Les Juifs étaient plus ou moins identifiés à ceux que la Wehrmacht désignait comme des «francs-tireurs». Ainsi, l’officier Ic de la 299e DI déclara, deux jours après le début de la guerre: «Dans les localités habitées par des Juifs, le nombre de francs-tireurs est particulièrement important45». On est en droit de se demander si de telles attitudes étaient des réflexes dus aux ordres, consignes et appels reçus, ou si l’antisémitisme et les opinions racistes dont les officiers et les soldats faisaient preuve ne prenaient pas un caractère virulent.

Dès la fin du mois de juillet 1941, l’état-major de la 6e armée durcit les ordres concernant les actions contre les «parties hostiles de la population civile» et s’apparenta, dans certains cas, à des actions de persécution déjà pratiquées par quelques unités. Il en fit une norme pour tous les régiments placés sous ses ordres. Dans l’instruction de commandement en date du 10 juillet, l’AOK 6 considérait que les «opérations» suivantes, destinées à être menées après la prise des localités «dans l’intérêt de la sécurité», étaient nécessaires:

«a) les soldats en civil, le plus souvent reconnaissables à leurs cheveux coupés court, doivent être fusillés dès que l’on a constaté qu’il s’agit de soldats de l’Armée rouge (à l’exception des transfuges!); b) les civils qui se montrent hostiles par leur attitude ou leur action [sic], en particulier lorsqu’ils soutiennent l’Armée rouge (par exemple lorsqu’ils facilitent le contact avec les troupes rouges se trouvant dans les forêts) doivent être fusilles comme francs-tireurs; c) les eléments dangereux, par exemple les cadres civils soviétiques des localités, doivent immédiatement être arrêtés par la troupe avec l’aide des comités ukrainiens qui se forment actuellement dans toutes les localités. Si la troupe se retire, les personnes ainsi arrêtées doivent être remises à la Feldgendarmerie ou aux Einsatzkommandos (Ek) du SD en fonction des possibilités. Si cela n’est pas possible, ils peuvent, en cas d’urgence, être remis à la police auxiliaire créée par le comité ukrainien46».

Et dans l’instruction de commandement délivrée le 19 juillet, l’AOK 6 ordonna la mise en œuvre d’actions collectives dans le cas où les coupables ne pouvaient pas être identifiés: «Il peut s’agir de l’exécution des Juifs ou des Russes résidant sur place ou de l’incendie des maisons juives ou russes47». Ces «opérations» devaient être ordonnées par le commandant d’un bataillon ou un officier de rang supérieur. Nombre de soldats ou d’unités sortirent du cadre fixé dans les ordres et procédèrent à des exécutions de leur propre chef. La 298e DI signala au 17e CA que, le 3 juillet 1941, «deux prisonniers russes avaient été fusillés par un homme de la SS et un soldat d’une compagnie de ravitaillement de la Wehrmacht près de la maison du garde forestier sur la route reliant Klewan à Loutsk48». Selon ce message, ces prisonniers n’avaient fourni aucun prétexte à l’usage des armes, «n’essayant même pas de s’enfuir». Bien qu’au sein de la division, on fut d’avis qu’une «exécution de ce genre […] ne correspondait aucunement aux ordres reçus à ce sujet», les deux tueurs n’eurent pas à rendre de comptes:

«L’homme de la SS et le soldat de la Wehrmacht ont été priés de ne pas procéder à l’exécution des prisonniers sur la voie publique et de veiller à ce que les deux cadavres soient immédiatement enterrés. Les deux hommes qui les accompagnaient sont alors partis chercher des pioches pour enterrer les deux hommes fusillés49».

Jusqu’à la fin juillet, les ordres donnés à la troupe concernant le «traitement» des éléments suspects de la population furent encore réitérés à plusieurs reprises par l’AOK 650. Pour les «opérations punitives», la preuve d’une action commise par les victimes ou un soupçon concret n’étaient pas nécessaires. L’identification des soldats de l’Armée rouge coupés de leurs unités, des cadres civils du parti communiste, des «éléments dangereux» et des Juifs aux partisans conduisit ces groupes à être les premières victimes du décret sur la justice et de l’ordre sur les commissaires.

«UN SOUTIEN ACTIF»: LA 6e ARMEE ET L’ASSASSINAT DES JUIFS

Le Sonderkommando (SK) 4a, cette unité de l’Einsatzgruppe C qui avait traversé l’Ukraine derrière la 6e armée ou à ses côtés, établit une fois encore une sorte de bilan intermédiaire du massacre à la fin d’octobre 1941: «Le nombre des exécutions effectuées par le SK 4a atteint désormais 55 43251». à la fin de ce bilan, il est précisé, au moins de manière ponctuelle, qui étaient les victimes et qui a soutenu l’unité SS:

«Une fois encore, parmi toutes les personnes exécutées par le SK 4a au cours de la seconde moitié du mois d octobre […], on trouve surtout, en plus d’un nombre relativement réduit de cadres politiques, de communistes actifs, de saboteurs, etc., des Juifs et, encore une fois, une grande partie des prisonniers de guerre juifs livrés par la Wehrmacht. à Borispol, sur la demande du commandant du camp de prisonniers de guerre local, une section du SK 4a fusilla 742 prisonniers de guerre juifs le 14 octobre 1941 et 357 autres le 16 octobre 1941. Parmi les victimes, on trouve quelques commissaires et 78 blessés juifs remis par le médecin du camp. Dans le même temps, la même section fusilla 24 partisans et communistes qui avaient été arrêtés par le commandant de la place de Borispol. À ce sujet, il convient de remarquer que la mise en œuvre irréprochable des actions menées à Borispol est, en grande partie, due au soutien actif apporté par les postes locaux de la Wehrmacht52».

On peut comprendre qu’un commando de la SS comptant environ 70 hommes n’était pas en mesure de commettre de son propre chef des massacres à l’échelle citée. Pour cela, le «soutien actif» des autres formations constituait une condition indispensable. Comment la coopération entre les unités de la SS présentes dans le secteur contrôlé par l’armée (de temps à autre, le SK 4b et l’Ek 5 et la 1re brigade d’infanterie SS se trouvaient sur place en plus du SK 4a) et la 6e armée a-t-elle évolué et comment cette collaboration se déroulait-elle concrètement?

Le SK 4a fit passer les premiers massacres pour des exécutions de«saboteurs» et des représailles pour de prétendus actes de cruauté; à ce titre, les soldats de la Wehrmacht et les nationalistes ukrainiens soutinrent activement ce commando spécial, comme lors de l’exécution de 1 500 hommes juifs fin juin et début juillet 1941 à Loutsk. Fin juin, des «meurtres cruels» avaient été signalés au service Ic/AO de l’AOK 6. Selon l’annonce du soir de l’Ic en date du 1er juillet, 2 800 personnes auraient été tuées à Loutsk et 500 à Dubno «dans les prisons soviétiques avant le retrait des Rouges»; l’Ic y avait déjà réagi: «Un commando spécial de la SS et une compagnie de propagande sont en marche53». Un commando avancé du SK 4a était venu à Loutsk le 27 juin et avait, selon ses propres dires, «trouvé la ville en flammes». «Selon les renseignements du commandant de la place [de la Wehrmacht], seuls les Juifs peuvent être tenus pour responsables de l’incendie54». Selon les récits des Ukrainiens, «les Juifs ont également participé de manière décisive» à l’arrestation et au meurtre des 2 800 Ukrainiens fusillés dans la prison de la ville. «Le commando SS a immédiatement entrepris la recherche des Juifs et des communistes responsables de l’incendie et du pillage55». Des Ukrainiens qui, selon le témoignage d’un ancien officier du poste de commandement 579, étaient «assoiffés de sang», ont participé au rassemblement des Juifs56. Au cours de ces «recherches», le commando spécial arrêta 300 Juifs et 20 «pillards» avec l’aide d’Ukrainiens «prêts à collaborer». Les victimes furent fusillées le 30 juin57. Toutefois, les meurtres étaient encore loin d’être terminés. Un appel demandant à tous les Juifs en état de travailler de se rendre àun endroit déterminé le 2 juillet, en emportant des outils, pour effectuer des travaux de terrassement et de canalisation, fut diffusé par voie d’affiches en collaboration avec les postes de la Wehrmacht de Loutsk58. Les hommes qui répondirent à l’appel, en tout plus de 1 000, durent creuser leur propre tombe près du château fort en mines de Lubarta, à Loutsk, et furent exécutés par des hommes de la SS, des policiers et des fantassins de la Wehrmacht, à titre de «représailles», comme l’a prétendu le commando spécial SS: «Le 2 juillet, après la découverte de 10 cadavres de soldats de l’armée allemande, 1 160 Juifs ont été fusillés par une section de la police et une section de l’infanterie en représailles pour l’assassinat de soldats allemands et d’Ukrainiens59». Le SK 4b mit en scène l’exécution de Juifs à Tarnopol, considérée comme une «action de représailles», avec une plus grande précision. Des pogroms sanglants furent déclenchés exprès. L’exécution de 127 personnes par le SK 4b à Tarnopol a éte rapportée dans le communiqué sur les événements du 11 Juillet: «De plus, dans le sillage des persécutions antisémites imaginées [sic] par le SK, 600 Juifs ont été liquidés60».

Le SK 4b décrivit sa façon d’agir de manière plus concrète dans son communiqué sur les événements du 20 juillet. À Tarnopol, on a egalement trouvé des cadavres d’Ukrainiens assassinés dont le nombre a été «chiffré de manière définitive à 600 environ; par ailleurs, on a déterré les cadavres de dix soldats allemands dont les corps présentaient les traces de mutilations graves». «Les troupes [de la Wehrmacht] qui ont traversé la région et eu l’occasion de voir ces horreurs et surtout les cadavres des soldats allemands assassinés, ont exécuté au total environ 600 Juifs et incendié leurs maisons61». Une des rares lettre conservées, dans laquelle un soldat raconte sa participation à l’exécution de juifs, démontre la manière dont «l’inspiration» émanant des SS, les rumeurs de cruauté et un antisémitisme profondément enraciné se sont accumulés pour créer une disposition à perpétrer des lynchages et à tuer des personnes innocentes:

«Tarnopol, le 6 juillet 1941.

Chers parents!

Je reviens à l’instant de la chapelle ardente abritant nos camarades des troupes aériennes et des troupes de montagne capturés par les Russes. Je ne trouve pas de mots pour décrire ce que j’ai vu. Les camarades sont ligotés, les oreilles, les langues, les nez et les parties génitales sont coupés. Nous les avons trouvés ainsi dans la cave du palais de justice de Tarnopol. Par ailleurs, nous avons également trouvé 2 000 Ukrainiens et Allemands dans le même état. Telles sont la Russie et la juiverie, le paradis des travailleurs […]. On a tout de suite décidé de se venger. Hier, avec la SS, nous avons été indulgents car chaque Juif que nous avons attrapé a été immédiatement fusillé. Aujourd’hui, c’est différent car nous avons encore trouvé 60 camarades mutilés. À présent, les Juifs doivent remonter les morts de la cave, les déposer comme il faut, et c’est alors que nous leur montrons leurs crimes. Après cela, ils sont assommés à coups de matraques et de pioches après avoir vu leurs victimes. Jusqu’à présent, nous avons envoyé environ 1 000 Juifs dans l’au-delà, mais c’est beaucoup trop peu pour ce qu’ils ont fait. Les Ukrainiens ont dit que les Juifs occupaient tous les postes dirigeants et ont fait une véritable fête populaire avec les Soviétiques en assassinant les Allemands et les Ukrainiens. Chers parents, je vous prie de le faire savoir, y compris toi, papa, au sein du groupe local [du parti nazi]. Si vous avez des doutes, nous vous apporterons des photos. Aucun doute n’est permis. Je vous embrasse, votre fils Franzl62».

Après qu’en juillet, des détachements du SK 4a eurent procédé à d’autres exécutions à Berditchev63 et en d’autres lieux64 — non seulement des Juifs de sexe masculin, mais aussi, pour la première fois, des femmes et des enfants65 —, le détachement principal partit pour Jitomir, où l’état-major général de la 6e armée avait également établi ses quartiers. Là, une de leurs premières activités consista à tuer des prisonniers de guerre et des civils livrés au SD par le responsable d’un camp de prisonniers: «à Jitomir, 187 Russes soviétiques et Juifs, dont certains ont été livrés par la Wehrmacht comme prisonniers civils, ont éte fusillés66».

Début août, à Jitomir, le SK 4a pendit deux victimes en public et, par la suite, exécuta de nombreux Juifs de sexe masculin. à Tcherniakov, deux fonctionnaires du tribunal régional soviétique, Kieper et Kogan, furent arrêtés par des membres du commando spécial qui voulaient leur extorquer des «aveux» concernant des «actes de cruauté»67. Dans le même temps, au cours d’une raffle à Jitomir, plus de 400 hommes juifs furent arrêtés avec le soutien du poste de commandement local.

Le 7 août, à Jitomir, un camion de la compagnie de propagande 637, équipé de haut-parleurs, traversa la ville: annonce fut faite, en allemand et en ukrainien, qu’une exécution publique allait avoir lieu sur la place du marché. Une potence y avait été installée: les 400 hommes juifs arrêtés peu avant avaient été rassemblés à proximité sous la surveillance des SS. De nombreux soldats de la Wehrmacht se trouvaient parmi les centaines de spectateurs. Un soldat, témoin oculaire de ces faits, a affirmé dans sa déposition:

«Les surveillants ont demandé aux personnes se trouvant aux alentours qui avait des comptes à régler avec qui. Des Ukrainiens sans cesse plus nombreux ont alors accusé tel ou tel Juif de n’importe quelle faute. Ces Juifs, qui étaient assis, ont alors été battus, piétinés et maltraités de toutes les façons possibles, là encore principalement par les Ukrainiens68».

Des hommes de la SS ont emmené Kieper et Kogan, les ont déposés sur le plateau d’un camion qui se trouvait sous la potence et leur ont mis la corde au cou. Pendant ce temps, des haut-parleurs, on avait fait part des «actes de cruauté» supposés de Kieper et de Kogan et de la peine qui leur avait été infligée69. Un autre témoin oculaire a affirmé que la foule s’était réjouie lorsque le camion avait démarré: «Des femmes ukrainiennes en habit de fête tenaient leurs enfants levés, les soldats qui regardaient cela hurlaient “Doucement, doucement” pour pouvoir prendre de meilleures photographies70». Finalement, la SS a conduit les 400 hommes vers un lieu d’exécution situé en dehors de la ville. L’un d’eux, le conseiller de guerre de l’AOK 6, le Dr A. N., a affirmé, lors du procès Callsen, que plusieurs officiers d’état-major avaient assisté à ces exécutions:

«Je me trouvais avec différents membres de l’état-major. […] Le colonel von Sch. et moi-même nous sommes regardés sans dire un mot, nous nous comprenions. J’ai compris qu’il s’agissait de Juifs. […] C’était une longue file de Juifs et j’ai remarqué que les Juifs étaient exterrminés. Nous en avons parlé entre nous et nous avons alors appris que, dans d’autres cas, certains soldats de la Wehrrnacht auraient également tiré. Cela ne nous plaisait pas pour des raisons militaires. Par la suite, l’armée a reçu un ordre qui interdisait à tout soldat de la Wehrmacht de participer aux exécutions71».

L’Einsatzgruppe C annonça que les exécutions publiques de Jitomir avaient été une réussite totale:

«L’organisation peut être considérée comme exemplaire, que ce soit pour l’exécution des deux meurtriers juifs ou pour la fusillade […]. les relations avec la Wehrmacht sont, comme à l’accoutumée, restées excellentes. En particulier, on note dans les rangs de la Wehrmacht un intérêt croissant pour les missions et les exigences du travail de la police de sécurité. On pouvait justement particulièrement bien s’en rendre compte lors des exécutions. D’autre part, la Wehrmacht s’efforce encore elle-même de faciliter les missions de la police de sécurité. C’est ainsi qu’à l’heure actuelle, tous les services du groupe d’intervention continuent d’être tenus au courant par la Wehrmacht des arrestations de cadres communistes et de Juifs72».

Le fait que des soldats de la Wehrmacht aient assisté à des exécutions et pris des photos, et surtout que des soldats aient participé à des massacres sans que leurs supérieurs leur en aient donné l’ordre, causait beaucoup de soucis à l’état-major de la 6e armée. On craignait sans doute que la troupe ne devienne «sauvage», pour reprendre une expression utilisée au sein de la Wehrmacht. C’est pourquoi, le 10 août, l’AOK 6 donna un ordre ayant pour objet: «Exécutions menées par le SD», et le fit parvenir aux troupes placées sous ses ordres par l’intermédiaire du chef d’état-major73. Il y était précisé qu’en différents points du secteur contrôlé par l’armée, les exécutions nécessaires, qui concernaient les éléments criminels et bolcheviques, la plupart du temps juifs, seraient menées par les organes du service de sécurité du Reichsführer SS et Chef de la police allemande. Il est cependant arrivé que des soldats qui n’étaient pas en service aient volontairement proposé leur aide au SD pour réaliser des exécutions, assisté à de telles opérations comme spectateurs et en aient profité pour réaliser des prises de vue. Von Reichenau donna l’ordre suivant: «Il est interdit aux soldats de participer, en tant que spectateurs ou en tant qu’acteurs, à des exécutions qui ne sont pas ordonnées par un supérieur hiérarchique militaire.» Par ailleurs, von Reichenau interdit de prendre des photos lors des exécutions. Les photos déjà réalisées devaient être confisquées par les supérieurs hiérarchiques. Il n’émit aucune réserve quant à une collaboration réglementaire: «Si le SD s’adresse aux conrmandants locaux en leur demandant de mettre sur pied des troupes pour barrer l’accès des spectateurs à un lieu prévu par le SD pour une exécution, il convient de donner suite à cette demande74».

Au sujet de cet ordre, on peut faire plusieurs remarques. À l’état-major général de la 6e armée, on savait que, dans le secteur contrôlé par cette armée, l’Einsatzgruppe tuait surtout des Juifs et on approuvait cela en le jugeant «nécessaire». Comme l’ancien conseiller de guerre l’affirmait, toute participation de soldats de la Wehrmacht n’était pas interdite. Seules étaient concernées les exécutions pour lesquelles ils n’avaient reçu aucun ordre de leurs supérieurs. Les exécutions pour lesquelles un ordre avait été donné, comme par exemple la liquidation de Juifs auxquels avait été attribué un «sabotage» quelconque, n’avaient pas été interdites par von Reichenau et des prestations déterminées, telle la mise en place de troupes pour barrer les accès, avaient été expressément ordonnées; la collaboration officielle des services compétents de l’armée et du SD était malgré tout souhaitable. La coopération entre les commandants des places (tant en ville que dans les campagnes), leurs forces — la Feldgendarmerie, la police secrète militaire (GFP) et les «policiers auxiliaires» ukrainiens — et des commandos du SD n’en était qu’à ses débuts lors des premiers mois de l’occupation et devait s’accroître par la suite. Une des tâches prises en charge par les postes de la Wehrmacht déjà cités consistait à arrêter, à surveiller et à remettre les Juifs. Un ancien soldat de la Feldgendarmerie en a parlé d’une manière très précise lors d’un interrogatoire:

«En collaboration avec le SD, auquel nous n’étions toutefois pas subordonnés, nous, les soldats de la Feldgendarmerie, avons dû aller trouver les Juifs dans leurs logements et leur faire comprendre, avec l’aide d’interprètes, que, le lendemain, ils devraient se rassembler à une heure précise en un point déterminé de la localité. […] Nous avons dû surveiller les Juifs jusqu’à ce que le SD arrive et les prenne en charge […]. Bien que pour répondre aux questions des Juifs, nous leur ayons toujours dit qu’ils allaient dans un camp — au départ, nous n’avions pas nous-mêmes d’informations contraires —, il se trouvait cependant que les Juifs étaient fusillés en dehors des villes, sur des lieux d’exécutions préparés à cet effet. Dans toutes les localités prises par l’armée allemande lors de son avancée, cette scène n’a cessé de se reproduire. Nous, les soldats de la Feldgendarmerie, avons fait sortir les Juifs de leurs logements avec l’aide de la police auxiliaire russe [il s’agit sans doute des policiers auxiliaires ukrainiens], qui faisait partie de nos unités. Le SD a pris ces Juifs en charge et les a conduits à pied ou à bord de véhicules vers les lieux d’exécution75».

Une autre forme de collaboration était représentée par des organes des postes de commandement qui fusillaient des Juifs — la plupart du temps sous couvert de la lutte contre les«saboteurs» — et que le SK exterminait la partie restante de la communauté juive locale, comme par exemple à Fastov: «à Fastov, où environ 30 tireurs embusqués et 50 Juifs ont déjà été exécutés par la GFP du poste de commandement local et par un bataillon de tireurs, le calme n’a pu être vraiment rétabli qu’après que le SK 4a eut fusillé un ancien terroriste et tous les Juifs âgés de 12 à 60 ans, soit en tout 262 personnes76».

Le cas de l’exécution des hommes, des femmes et des enfants juifs de Bielaïa Tserkov et le traitement des réserves exprimées au sujet de l’exécution des enfants démontre d’une façon particulièrement claire les progrès de la complicité entre services de la Wehrmacht et de la SS. À la mi-août, le poste de commandement de Bielaïa Tserkov ordonna le recensement des Juifs; les premières personnes qui se manifestèrent auprès du poste de commandement furent escortées vers un bâtiment ressemblant à une école, un peu en dehors de la localité, par un commando d’accompagnement de la police secrète. La GFP remit environ 70 adultes à un officier SS du SK 4a, qui les fit emmener, chargeant des soldats d’une section de la Waffen SS de les fusiller77. Les enfants, qui avaient été emmenés par leurs parents pour «le recensement», restèrent dans le bâtiment ressemblant à une école. Dans les jours qui suivirent, le poste de commandement et la SS continuèrent à rechercher les habitants de Bielaïa Tserkov et exécutèrent petit à petit des centaines d’hommes et de femmes juifs; les enfants des personnes assassinées étant hébergés dans le bâtiment déjà évoqué. Le 20 août, des soldats logés à proximité du bâtiment, qui avaient entendu gémir les enfants pendant la nuit, attirèrent l’attention de deux aumôniers militaires sur la misère de ces orphelins. Ces aumôniers prirent note de ce témoignage et s’adressèrent à l’officier Ia de la 295e DI stationnée à Bielaïa Tserkov, le lieutenant-colonel Groscurth. En visitant la maison, ils constatèrent que, dans les pièces du bâtiment, 90 enfants, âgés de quelques mois à 7 ans, avaient été laissés sans nourriture ni soins. Quelques enfants de 4 ans arrachaient le mortier des murs et le mangeaient, des nourrissons gémissaient et pleuraient. Des soldats racontèrent que, la veille au soir, «trois camions étaient partis d’ici avec des enfants78». Lorsque Groscurth demanda à un Oberscharführer SS venu sur place quel était le sort promis à ces enfants, ce dernier lui répondit que les parents de ces enfants avaient été fusillés et que les enfants «devaient être éliminés eux aussi79». Pour obtenir des explications sur ces événements, Groscurth se rendit chez le commandant qui lui expliqua que les renseignements fournis par l’Oberscharführer SS étaient exacts et que ce dernier «faisait son devoir […] avec l’assentiment du commandant». Groscurth tenta d’empêcher l’exécution des enfants en exigeant une décision émanant de personnes plus haut placées et demanda au SD de réclamer le report de l’évacuation de ces enfants. Il téléphona à un officier d’état-major du groupe d’armées sud qui lui dit que cette affaire relevait de la responsabilité de l’AOK 6. Une communication téléphonique avec l’officier Ic de l’AOK 6 révéla que le commandant en chef ne pouvait prendre une décision que dans la soirée. Entre-temps, un camion avait été chargé d’enfants en fin d’après-midi et se trouvait devant la maison. Lorsque le commandant en chef de l’armée décida de surseoir à leur exécution, les enfants furent reconduits dans la maison et approvisionnés en eau et en pain.

Dans la soirée, une discussion sur la suite des opérations eut lieu à l’état-major de la 6e armée. L’officier de l’Abwehr, le capitaine Luley, fit un exposé sur «l’incident opposant le SD et la 295e division à Bialacierkiev80», dont il parla dans son journal de guerre. Von Reichenau prit une décision qu’il présenta ensuite ainsi dans un courrier:

«Tout de suite après avoir interrogé la division par téléphone, j’ai reporté la mise en œuvre de cette exécution après en avoir parlé avec le Standartenführer Blobel [chef du SK 4a] car elle n’a pas été ordonnée de manière opportune. J’ai donné à Blobel et au représentant de l’AOK l’ordre de se rendre à Bialacierkiev dans la matinée du 21 août pour vérifier la situation. En principe, j’ai décidé que l’action engagée devait être menée d’une façon adaptée81».

L’état-major et von Reichenau avaient ainsi signé l’arrêt de mort de 90 enfants.

Dans la matinée du 21 août, l’Ic de l’AOK 6 annonça par téléphone à Groscurth la décision de liquider les enfants. À ce sujet, on trouve une note lapidaire dans le journal de marche: «Conversation téléphonique avec le lieutenant-colonel Groscurth, la de la 295e DI, au sujet de l’exécution des Juifs de Bialacerkiev82». Au cours de la même matinée, une réunion entre Groscurth, le commandant Riedel, le représentant de l’AOK 6, Luley, et, pour le SD, Blobel et le chef du commando de Bielaïa Tserkov, eut lieu au poste de commandement de Bielaïa Tserkov. Groscurth se trouvait face à un front d’officiers de la Wehrmacht et de la SS qui voulaient réduire ce perturbateur au silence. Luley et le commandant affirmèrent que le bruit fait autour de cette affaire était une immixtion inutile dans leurs affaires. Le commandant estimait que «l’extermination des femmes et des enfants juifs était une nécessité urgente […], quelle que soit la manière dont elle était mise en œuvre83». À la suite de l’intervention de Groscurth, «l’élimination des enfants avait été inutilement retardée de 24 heures». Blobel se rangea à l’opinion de Riedel et fut d’avis que l’unité qui avait tergiversé procède à l’exécution, et que «les commandants qui ont empêché les opérations prennent eux-mêmes le commandement de ces troupes [d’exécution]84». Groscurth ne pouvait plus que repousser les menaces dirigées directement contre lui, mais pas retenir les bourreaux. Les représentants du SD et les autres officiers de la Wehrmacht agirent conformément à la consigne de von Reichenau: les enfants furent exécutés dans la soirée. On ne sait pas si ce meurtre a été commis par des hommes de la Waffen SS ou par des «auxiliaires» ukrainiens. Au cours des négociations, Groscurth avait eu l’impression que «toutes les exécutions étaient la conséquence d’un ordre du commandant» et que la «nécessité d’éliminer les enfants juifs, en particulier les nourrissons» découlait obligatoirement de l’exécution des Juifs adultes. «Le commandant et l’Obersturmführer déclarèrent qu’il n’était pas possible de loger les enfants ailleurs, tandis que le commandant expliqua à plusieurs reprises que cette sale race devait être exterminées85».

Le lendemain de l’exécution, l’officier de l’Abwehr fit un «rapport sur l’exécution des Juifs à Bialacerkiev86» lors d’une réunion d’officiers du groupe Ic/AO. Une «proposition de promotion pour le capitaine Luley» fut soumise lors de la même réunion. Le 22 août, l’officier de défense exposa au chef de l’état-major général «l’incident qui a opposé la 295e division et le commando du SD à Bialacerkiev». Le résultat de cette discussion fut: «C’est au commandant en chef de résoudre une telle affaire87», ce que von Reichenau fit dans son courrier déjà cité en date du 26 août 1941.

Le problème était réglé. L’exécution des enfants avait été discutée par les officiers d’état-major au préalable et après coup, et le commandant en chef avait fixé le principe suivant: la 6e armée ne combattait plus seulement les «commissaires», les «tireurs embusqués», les «saboteurs» juifs. Dès le mois d’août 1941, la 6e armée se rendit sciemment complice du génocide. Tout comme von Reichenau, les officiers et les soldats de la 6e armée n’eurent pas besoin de recevoir un ordre spécial de Hitler pour apporter leur contribution au meurtre en masse d’hommes, de femmes et d’enfants juifs.

À partir de ce moment-là, la collaboration entre les commandos de la SS et la 6e armée prit des formes précises. Après la conquête des localités où résidait une communauté juive plus ou moins importante, les commandants des places et des villes s’accordaient avec les commandos d’intervention du SD. Des appels décrétés par le commandant de la place et transmis par la compagnie de propagande incitaient la population juive à se rassembler à un endroit déterminé. Des forces de police et des SS escortaient les victime depuis le lieu de rassemblement vers le lieu d’exécution, situé en bordure ou un peu en dehors des localités, où elles étaient fusillées par des hommes du SK 4a ou de la Waffen SS. Le massacre le plus important commis selon ce schéma eut lieu à Kiev.

Le 27 septembre 1941, le commandant de la ville organisa une réunion «Sur les affaires de défense à Kiev», à laquelle participèrent des officiers Ic, des officiers du génie, des membres du SD, de la police et de la GFP88. Selon le témoignage de l’ancien officier Ic du 29e CA, on avait certes parlé de «l’évacuation des Juifs» lors de cette réunion, mais les personnes présentes savaient qu’il s’agissaient de meurtres.

«Lors de cette réunion, autant que je me souvienne, personne n’a dit que ces Juifs seraient évacués en représailles à la suite de l’augmentation du nombre d’incendies allumés par les Russes dans la ville de Kiev. Je sais encore qu’en tant qu’officiers Ic, nous avons été informés en temps voulu qu’à Kiev, il fallait s’attendre à de telles explosions. Par ailleurs, avant la prise de Kiev, nous avons constamment averti la troupe sur les risques d’actions de perturbation de toutes sortes. […] D’après les impressions que j’ai eues à l’époque, c’étaient des actions dirigées selon un plan précis du point de vue de la technique militaire, qui n’avaient rien à voir avec les Juifs89».

La compagnie de propagande 637 lança un appel que l’on retrouve dans le journal de marche du groupe Ic/AO de l’AOK 6: «à l’imprimerie du “front de l’est”, 2 000 affiches incitant les Juifs à se rendre à un endroit déterminé ont été fabriquées pour la ville de Kiev90». L’appel en trois langues, placardé à Kiev par les policiers auxiliaires ukrainiens, était le suivant:

«Tous les Juifs de la ville de Kiev et de ses environs doivent se trouver le 29 septembre 1941, vers 8 heures du matin, au coin des rues Mielnikovskaïa et Dochturovskaïa (près des cimetières). Il doivent emporter des papiers, de l’argent, leurs objets de valeur, des vêtements chauds, du linge, etc. Si des Juifs ne tiennent pas compte de cet ordre ou se trouvent à un autre endroit, ils seront exécutés. Si des habitants de la ville pénètrent dans les logements quittés par les Juifs et emportent avec eux des objets, ils seront fusillés91».

Pour commettre ce massacre, on mobilisa non seulement tous les hommes du SK 4a, mais aussi des forces du Bataillon de police «Russie-sud», du Bataillon spécial de la Waffen SS et du 9e Bataillon de police de réserve. à l’aube du 29 septembre, des hommes des Bataillons de police bloquèrent les environs du ravin de Babi Yar, situé en bordure de la ville de Kiev, et les routes que les victimes devaient emprunter pour venir de la ville. De longues colonnes d’hommes, de femmes et d’enfants juifs se rendirent à l’endroit indiqué. De là, les SS les conduisirent dans le ravin de Babi Yar. À proximité de l’entrée du ravin, des hommes de la SS recensèrent les victimes. Celles-ci durent remettre leurs objets de valeur et déposer leurs vêtements. Dans le ravin, les hommes du SK 4a fusillèrent plus de 33 000 personnes le 29 septembre et le lendemain92. Le 30 septembre, peu après la fin du massacre, des sapeurs firent sauter les bords du ravin pour recouvrir les fosses communes de cailloux et de terre.

Le SK fit son propre éloge pour «l’organisation fort habile» des massacres:

«À Kiev, les difficultés qui surviennent lors de la mise en œuvre d’une action de cette envergure, en particulier du point de vue du recensement, ont été surmontées car la population juive avait été incitée à déménager par voie d’affiches. Bien qu’au départ, nous ayons escompté la participation de 5 000 à 6 000 Juifs, nous avons pu compter plus de 30 000 Juifs. Compte tenu d’une organisation fort habile, ils croyaient encore peu avant leur exécution qu’ils allaient être déplacés93».

La dernière grande ville conquise par la 6e armée, à l’automne 1941, était Kharkov. Ici, en plus des habitants juifs de la ville, de larges fractions de la population civile furent victimes d’actions ciblées menées par la 6e armée et la SS. Dès fin octobre, les officiers du groupe Ic/AO de l’AOK 6 discutèrent avec les officiers supérieurs du commando spécial de la SS à propos de «l’intervention d’un commando du SD» à Kharkov94. Début novembre, on franchit des étapes concrètes lors de discussions menées au poste de commandement:

«L’opération de nettoyage se poursuit, mais le travail est très difficile car à Kharkov, contrairement à d’autres localités, nous n’avons pas trouvé de matériel ni de listes. Nous avons mobilisé un certain nombre de personnes [des agents]. De plus, un nombre très élevé d’émigrants venus de tous les pays résident à Kharkov. Les principaux suspects sont les Juifs, souvent laissés sur place pour servir d’agents de liaison ou de messagers. Comme la plupart des Juifs sont encore cachés, l’opération contre eux n’aura lieu que dans quelque temps. Je donne d’abord l’ordre aux rabbins de demander aux Juifs qui résident ici de remettre tout leur argent et leurs devises aux fins de “confiscation” des biens juifs95».

Dans le même temps, des officiers d’état-major de l’AOK 6 discutèrent pour savoir ce qu’il devait advenir de la population civile de Kharkov en raison de la situation précaire qui régnait en matière d’approvisionnement et de nourriture. Alors que le service d’intendance désirait évacuer la population civile de Kharkov dans sa totalité, l’officier Ic proposa un programme d’exécutions de masse sélectif. Il refusa l’évacuation de l’ensemble de la population et déclara:

«À l’Ic, nous souhaitons voir mises en œuvre les mesures suivantes que nous considérons comme réalisables: a) arrestation immédiate de tous les Juifs, des commissaires politiques, des suspects politiques et de toutes les personnes ne résidant pas sur place […]. L’arrestation et le traitement ultérieur de ces éléments seraient du ressort du SD. Toutefois, ce dernier est lui-même trop faible et doit donc recevoir l’aide de la troupe96».

Lorsqu’en novembre 1941, des charges explosives préparées par des militaires soviétiques détonèrent à Kharkov, des Juifs de sexe masculin furent arrêtés en même temps que d’autres groupes de personnes et pendus en représailles. L’arrestation de tous les habitants juifs de Kharkov prit encore du retard, comme le signala le SK: «En accord avec l’état-major concerné et le poste de commandement, les préparatifs d’une action importante menée contre les Juifs par le SK 4a seront engagés lorsque les travaux de construction d’un bâtiment destiné à recevoir le commando seront terminés97».

Les préparatifs furent terminés à la mi-décembre.

«En premier lieu, il s’agissait de choisir un terrain adapté pour l’évacuation des Juifs, en accord avec le bureau des logements de la ville. Nous avons opté pour un terrain où les Juifs pouvaient être logés dans les baraquements d’une installation industrielle. Le 14 décembre 1941, le commandant de la ville lança alors un appel aux Juifs de Kharkov les incitant à se rendre dans cette installation, identifiée avec davantage de précision dans l’appel, avant le 16 décembre 1941. L’évacuation des Juifs se déroula sans encombre, mis à part quelques pillages survenus alors que les Juifs marchaient vers leurs nouveaux quartiers et qui furent presque exclusivement commis par des Ukrainiens. Jusqu’à présent, nous n’avons pas encore d’idée précise du nombre des Juifs recensés lors de leur évacuation. Le recensement des Juifs a débuté. Dans le même temps, nous sommes en train de préparer l’exécution des Juifs. 305 Juifs qui avaient répandu des rumeurs préjudiciables à l’armée allemande ont été immédiatement fusillés98».

Plus de 20 000 hommes, femmes et enfants juifs avaient été rassemblés par les SS dans les baraquements de l’usine de tracteurs, située en periphérie de Kharkov. En décembre 1941 et en janvier 1942, les victimes juives furent fusillées par la SS ou tuées dans un camion à gaz.

LA LUTTE CONTRE LES «PARTISANS» COMME COMPOSANTE DE LA POLITIQUE D’EXTERMINATION

Avec les ordres que l’AOK 6 avait donnés le 10 juillet 1941 pour la «sécurité des troupes», les civils qui se trouvaient en contact, réel ou supposé, avec les partisans ou l’Armée rouge, y compris les soldats coupés de leur unité, tombèrent sous le coup de l’exécution des «ordres criminels», qui, entretemps, avait pris un aspect plus brutal. En tant qu’auxiliaires, ils devaient être fusillés au même titre que les soldats de l’Armée rouge en civil, sauf si ces derniers étaient des transfuges99. Toutefois, les unités combattantes régulières soviétiques devaient être facilement reconnaissables pour que leurs soldats puissent être traités comme des prisonniers de guerre100.

En vertu d’une instruction de l’OKH en date du 25 juillet 1941, le terme de «francs-tireurs» désignait, en plus des soldats de l’Armée rouge coupés de leur unité et qui ne se rendaient pas, toute personne qui essayait de mener une action contre «le personnel et le matériel» de la Wehnnacht ou qui soutenait les partisans d’une manière ou d’une autre. Lorsque des opérations collectives étaient menées contre la population civile à la suite d’agressions non élucidées, aucune annonce préalable n’était nécessaire. Une personne arrêtée sans soupçon concret, uniquement «en raison de ses idées et de son attitude», était placée sous la responsabilité du SD101. En août et en septembre, le nombre de sabotages augmenta. De petits groupes, pour l’essentiel des jeunes à qui des missions de renseignements derrière les lignes allemandes avaient été confiées, tombaient souvent aux mains de la Wehrmacht. Leurs interrogatoires révélèrent l’existence d’un réseau d’agents dont la centrale se trouvait à Kiev. Du 7 au 21 août, la 168e DI arrêta 320 personnes, dont 19 jeunes femmes. Quelques-unes d’entre elles furent fusillées, 4 furent enfermées dans le camp de prisonniers de Jitomir et les autres livrées à la GFP. En outre, plusieurs groupes de partisans se formèrent et, dans un cas, engagèrent la lutte102.

Après qu’une consigne soviétique de combat destinée aux partisans ait été interceptée, l’AOK 6 réagit à la nouvelle situation dès le 14 août. D’autres groupes furent alors inscrits sur la liste des ennemis destinés à être «liquidés dans tous les cas». Dans les parties calmes du front, il fallait créer un no man’s land — en évacuant les localités et en interdisant tout trafic civil — dans lequel le simple fait de séjourner justifiait les accusations d’espionnage, de sabotage ou d’appartenance à un groupe de partisans. Toute personne suspecte devait être fusillée par la GFP. Les personnes étrangères à une localité, y compris les «garçons et les jeunes filles», devaient être remises au SD lorsque leur présence n’était pas justifiée de manière suffisante. Tous les parachutistes devaient être «abattus» comme des partisans, y compris lorsqu’ils menaient des opérations militaires103.

Un peu plus tard, en vertu d’une consigne du commandant en chef de l’armée de terre, qui l’avait émise sur la demande de la 6e armée, ce procédé s’appliqua à tous les soldats et groupes de combat russes qui entraient en action après «l’arrêt des combats proprement dits» dans le secteur situé à l’arrière. Depuis la mi-septembre, tous les soldats et civils «qui accomplissaient des missions “semblables à celles” d’une guérilla (destruction de ponts à l’explosif, attaques de véhicules isolés, de cantonnements, etc.) dans le secteur situé à l’arrière» étaient également considérés comme des partisans. Von Brauchitsch laissa aux commandants des troupes le soin de décider, «en fonction de la situation tactique104», si les soldats de l’Armée rouge qui agissaient derrière le front pendant les combats devaient également être fusillés

Si, jusqu’à présent, les messages annonçant la présence de partisans concernaient surtout des soldats soviétiques qui se trouvaient à l’arrière du front et qui étaient simplement déclarés «francs-tireurs», la Wehrmacht rencontra effectivement dès la prise de Kiev, le 19 septembre, des groupes de résistance qu’elle combattit en procédant à des contrôles routiers, à des rafles et à des arrestations de masse en collaboration avec le SD105.

Le 2 octobre, alors que la poursuite de l’avancee vers l’est était engagée, le service des armées étrangères et de l’OKH incita les divisions à renforcer la lutte contre les francs-tireurs: les localités situées à l’écart devaient également être «passées au peigne fin» et les «personnes d’un certain âge qui paraissaient dignes et respectables» devaient être regardées avec méfiance car elles pouvaient fort bien être des agents de liaison ou des espions des partisans106. La 299e DI mit immédiatement sur pied des «commandos de chasse» motorisés destinés à lutter contre les groupes de partisans dans les environs de Romny, posant ainsi les jalons d’une manière d’agir plus dure encore107. Par un ordre en date du 10 octobre 1941 sur le «comportement des troupes à l’est», qui fut distribué jusqu’au niveau des compagnies, le commandant en chef de la 6e armée, le Feldmarschall Walter von Reichenau, exigea que l’on poursuivît dans cette voie sans hésitation:

«La lutte contre l’ennemi à l’arrière du front n’est pas encore prise assez au sérieux. Des partisans perfides et cruels et des femmes dégénérées sont encore capturés comme prisonniers de guerre, des tireurs embusqués et des vagabonds à moitié en uniforme ou en civil sont encore traités comme des soldats normaux et emmenés dans des camps de prisonniers.»

Il exigea des «mesures draconiennes» contre tous les civils qui n’empêchaient pas les attentats commis par les partisans: «La crainte des contre-mesures allemandes doit être plus forte que la menace des éléments bolcheviks qui errent çà et là.» De la sorte, il expliqua d’une manière très claire la façon dont cette guerre devait être conduite: c’était une campagne d’extermination destinée à «libérer le peuple allemand du péril asiatique et juif108» pour toujours. La réalisation de cet objectif ne se fit pas attendre longtemps.

Fin octobre, la 75e DI fusilla, à titre de représailles, 230 prisonniers de guerre d’une unité soviétique qui, lors de deux attaques, avaient tué deux soldats d’une section de messagerie et 23 membres d’une compagnie de sapeurs109. Ensuite, l’officier Ic de cette division édicta des compléments à l’ordre donné par von Reichenau le 10 octobre en décrétant que les soldats de l’Armée rouge, armés ou non, qui ne se constituaient pas prisonniers de leur propre chef devaient être fusillés sur le champ, de même que les femmes en uniforme que l’on «ne pouvait pas considérer comme des membres de l’armée ennemie110».

Sur la base des directives émises par le commandant en chef de l’armée de terre le 25 octobre, le 29e CA ordonna aux divisions de commencer immédiatement la mise en place de commandos de chasse à cheval armés de mitrailleuses, de pistolets-mitrailleurs et de grenades à main pour éviter que les soldats de l’Armée rouge coupés de leur unité ne se joignent aux groupes de partisans récemment constitués111. Certes, ceux-ci ne représentaient pas une menace sérieuse pour la Wehrmacht et n’avaient disposé de forces importantes que dans le secteur situé en arrière de l’armée dans la région de Tcherkassy, à l’ouest de Nikopol et près de Tchernigov et de Loubly, mais à la mi-novembre, tous avaient été éliminés sans exception. Toutefois, le commandant en chef du secteur situé à l’arrière du groupe d’armées sud s’attendait, pour l’hiver, «à de véritables révoltes de la faim, déclenchées par la simple lutte pour la survie dans un pays largement exsangue112», dans la région située autour de Soumy et de Kharkov et dans la région industrielle du Donets.

Dès le printemps 1941, l’OKW et le ministère de l’Alimentation-du Reich s’étaient entendus pour décider que, lors de l’opération Barbarossa, il fallait fournir au Reich la plus grande quantité possible de vivres en provenance des territoires occupés pour améliorer la situation alimentaire de la population allemande et soulager les voies de transport sur le front de l’Est. Dès le départ, on avait non seulement envisagé de réduire la consommation de la population soviétique mais aussi de voir mourir de faim des «dizaines de millions de personnes113». Pour la troupe, il s’agissait de se procurer constamment les aliments de base au cours de son avancée car le ravitaillement en provenance du Reich était limité. D’autre part, la Wehrmacht justifia son invasion auprès de la population en prétendant la «libérer du joug bolchevik», si bien que pendant les premières semaines, le principe de la «légalité la plus stricte» fut respecté au moins oralement. C’est pourquoi, à la mi-juillet 1941, l’AOK 6 ordonna aux autorités militaires placées sous ses ordres de payer les denrées alimentaires réquisitionnées ou, au moins, d’en acquitter la réception114. Toutefois, les soldats avaient déjà commencé à piller de leur propre chef, ce qui conduisit von Reichenau à donner aux armées l’ordre de mettre en œuvre de telles «réquisitions» dans le respect des règles115. Fin septembre, le ravitaillement fut encore restreint. Utiliser les vivres avec parcimonie et «exploiter le pays sur la plus grande échelle possible» étaient donc devenus d’une importance capitale L’AOK 6 ordonna à la troupe de confisquer les réserves de denrées alimentaires et de constituer des stocks de vivres pour l’hiver116. Fin octobre, les réquisitions avaient pris une telle tournure que le groupe d’armées sud se vit contraint d’adopter des mesures strictes pour «préserver la discipline des hommes». Des vols, des effraction dans des trains et des stocks de nourriture et de vêtements, des ponctions dans les stocks de pièces détachées, le non-respect des ordres et des faits analogue étaient de plus en plus fréquemment signalés dans le secteur situé en arrière de ce groupe d’armées et dans les zones situées à l’arrière des différentes années L’état-major de la 62e DI menaça même ses soldats de la peine de mort en cas de vol, d’effraction, de malversation, de corruption, de troc et de tout acte visant à s’approprier de manière illicite des marchandises destinées à leur approvisionnement117.

Lorsque les positions hivernales furent atteintes, il s’avéra que les secteurs où certaines divisions étaient stationnées avaient été presque entièrement vidés de leurs réserves alimentaires118. Dans la région de Bielgorod, on trouvait encore du bétail pour 14 jours, des pommes de terre pour une à deux semaines, du pain pour 6 à 8 semaines. Par contre, on ne trouvait plus de porcs ni de saindoux, pas plus que de légumineuses ou de légumes frais. Il en était de même pour l’alimentation des chevaux: il y avait de l’avoine pour trois à quatre semaines, des betteraves fourragères étaient disponibles, mais la paille faisait entièrement défaut119. Pour que toutes les unités puissent être approvisionées de manière équitable, la 75e DI donna, fin janvier 1942, l’ordre d’arrêter les réquisitions sauvages et de confier l’approvisionnement à la division120. Toutefois, comme celle-ci n’était pas en mesure d’accomplir cette mission, les soldats continuèrent à se procurer eux-mêmes des vivres pendant plusieurs mois. Quand, en mars 1942, le corrunandant de la division eut connaissance d’un nombre croissant de «réquisitions», en particulier dans le secteur de Gotnia, d’Ilek et de Krasnopolie, il annonça à ses troupes qu’à l’avenir, elles ne seraient plus frappées d’une sanction disciplinaire, mais passeraient devant la cour martiale121.

Pour la population autochtone, il ne restait plus que des miettes. Comme, d’une part, le pillage de l’Ukraine figurait toujours au rang des priorités et que, d’autre part, la Wehrmacht devait, malgré cela, faire appel à la force de travail des civils et des prisonniers de guerre, ces derniers devaient, selon les idées de Göring, se nourrir de chats et de chevaux. Conformément à cette logique d’extermination, les grandes villes n’étaient pratiquement pas approvisionnées en denrées alimentaires, les petites villes recevaient des quantités réduites et, à la rigueur, les paysans et les ouvriers recevaient, de la part des services allemands, une quantité minimale de nourriture qui, en quelque sorte, garantissait leur survie122. Une telle politique avait également été mise en œuvre par la 6e armée123. Le commandement de la ville de Kharkov laissa à l’administration civile l’entière responsabilité de l’approvisionnement des habitants, à charge pour elle de confisquer les réserves privées et de les répartir de manière équitable. Par ailleurs, le commandement n’autorisa que le petit commerce et les marchés paysans124. Toutefois, cela ne suffisait absolument pas, si bien que, pour éviter les révoltes liées à la famine, elle demanda aux services d’approvisionnement de la troupe de livrer à la population du sang non utilisable, des restes de graisses, des abats non comestibles et autres denrées alimentaires avariées tandis que les hôpitaux pour chevaux devaient mettre à disposition les animaux tombés au combat ou morts de maladie. Par ailleurs, la pêche dans les étangs des environs fut autorisée. En revanche, il s’agissait de réquisitionner les réserves privées et de «remettre à la Wehrmacht les vivres dont l’usage par la population civile n’est pas souhaité, comme le sucre, le café, la farine, la confiture, etc.125». Les prisonniers de guerre et les travailleurs civils qui œuvraient pour la Wehrmacht furent également nourris, essentiellement avec des restes car les réserves des troupes devaient être ménagées126.

Inexorablement, au mois de décembre, des personnes moururent de faim presque tous les jours et, en janvier 1942, un tiers des 300 000 habitants de la ville restés sur place souffraient des conséquences de la faim. Comme, pour la troupe, l’évacuation complète de la population civile vers l’est n’était pas jugée acceptable, le commandement de la ville favorisa l’émigration volontaire en émettant des laissez-passer que la population, cependant, utilisa surtout pour aller faire des réserves dans les environs127: chacun courait alors le risque d’être fusillé comme «vagabond» par les commandos chargés de la chasse aux partisans. En avril 1942, les districts d’Oboyan et de Medvenka situés plus au nord, avaient été entièrement pillés: jusqu’à la récolte suivante, chacune des 53 000 personnes qui y résidaient disposait encore de 100 g de céréales par jour. Après les pillages commis par certaines troupes, il n’y avait plus ni céréales, ni pommes de terre, ni bétail, et il n’était donc plus possible de nourrir l’armée. On ne pouvait plus rien «saisir», à l’exception du lait, du beurre, du fromage blanc et des œufs128.

À Kharkov, prise le 24 octobre 1941, c’est d’abord le 55e CA qui prit en charge le commandement de la ville. Auparavant, l’AOK 6 avait exigé une «dureté dénuée de scrupules» au sens de l’ordre donné aux armées le 10 octobre: «Les Juifs et les bolcheviques doivent être arrêtés en premier lieu pour les représailles collectives Les saboteurs et les personnes opposant une résistance armée doivent être pendus exposés à la vue de tous». Pour obliger la population à signaler les bâtiments minés, il fallait remplir ces derniers d’otages, de préférence juifs129. Jusqu’à la fin du mois d’octobre, la 57e DI, qui avait surtout été mobilisée pour la protection de la ville, fusilla des civils qui avaient défendu la ville, traita trois commissaires politiques «conformément aux ordres donnés en ce sens», et pendit en public sept saboteurs, dont une femme, pour effrayer la population130. Après que l’on eut coupé des lignes téléphoniques, fait sauter des routes et découvert des explosifs sur le bord des routes et dans certaines localités, le commandant en chef fit mettre sur pied, sur la route d’Ogoulitsy, un service de protection autochtone dont les membres devaient répondre de leur vie pour éviter d’autres actes de sabotage (s’ils prenaient la fuite, dix résidents de la ville devaient être fusillés en représailles)131.

Dans la nuit du 5 au 6 novembre, des partisans tuèrent trois soldats et cinq membres de l’organisation Todt (OT). Von Reichenau donna immédiatement un nouvel ordre qu’il fit distribuer jusqu’au niveau des compagnies et par lequel il laissait le champ libre à la troupe pour agir contre «ces assassins sans scrupules». Pour lutter contre ces derniers, il lui intima l’ordre de «recourir, pour liquider ces tueurs, à des moyens qui ne correspondent pas à notre manière d’agir et n’ont jamais été utilisés par des soldats allemands contre une population ennemie», aux «moyens les plus durs» pour interroger et transporter des partisans «des deux sexes, en uniforme ou en civil», d’incendier la totalité des fermes et des villages dans lesquels les partisans ont été soutenus, d’exécuter des otages et de pendre des complices lorsque la population ne pouvait faire état d’aucune perte lors de la lutte contre les partisans132. En complément, quelques jours plus tard, von Reichenau interdit à la population de quitter les villes à la faveur de la nuit. Dans les localités occupées, il était même interdit de quitter son domicile sans laissez-passer. Ceux qui le faisaient malgré tout devaient être «fusillés sans merci», de même que les habitants des localités où des actes de sabotage étaient commis malgré la présence du service de surveillance ukrainien133.

Par la suite, le commandement de terrain 787, basé à Kharkov, installa un camp d’otages à l’hôtel International, sur la place Dzerjinski et demanda des forces au SD et au commandement de la ville. La 68e DI était chargée de la surveillance. Le droit d’ordonner des exécutions d’otages incombait au commandant de la ville, le général d’armée Dostler, le commandant de la 57e DI, qui céda son poste au général de division von Puttkammer le 13 décembre, après le rattachement de Kharkov au secteur situé en arrière de l’armée134.

Le 15 novembre, à la suite d’une rafle, sa division arrêta 500 otages et les transféra à l’hôtel International. Les 20 premiers furent pendus après un attentat à l’explosif commis contre le bureau d’un régiment du génie135. Le 16 novembre, en représailles à des attentats commis a l’aide de mines, «50 bolcheviks furent pendus aux balcons de la rue principale136» En tout, comme l’AOK 6 le signala au groupe d’armées sud début décembre, à Kharkov la troupe «pendit plusieurs centaines de partisans et d’éléments suspects dans la ville137»

L’objectif de la 6e armée était «la liquidation totale» des partisans. Pour cela, à la mi-novembre 1941, elle fit mettre sur pied, à Kharkov, un réseau chargé d’annoncer la présence des partisans, placé sous la direction du capitaine Weber von Ostwalden, lequel recevait ses ordres directement de l’officier Ic de l’armée. Toutes les annonces arrivaient chez les messagers des divisions et des bataillons ou dans les bureaux de déclaration des milices ukrainiennes des villages des environs, qui, de leur côté, s’appuyaient sur un réseau d’informateurs D’autres organisations, comme l’OT, avaient également été intégrées dans ce système d’espionnage exempt de lacunes138. Toutefois, à ce moment-là, la chasse impitoyable menée contre les groupes de combattants soviétiques irréguliers était engagée depuis longtemps La 299e DI, stationnée dans la région de Soumy depuis le 5 novembre, avait dejà pisté plusieurs groupes de partisans, en liquidant certains et en repoussant d’autres dans le secteur situé au nord-ouest de Bielopolie, à l’est et au nord de Soudcha et près de Soldatskoye, sur la route de Koursk139. Ils avaient tenté d’empêcher la Wehrmacht de transporter ses réserves d’hiver, notamment entre Soudcha et Junakovka140. La section de reconnaissance de la 299e DI, qui protégeait le flanc nord du 29e CA auprès de la 75e DI, stationnée au nord de Bielgorod, arrêta des familles de chefs de partisans comme otages à proximité de Mogritsa141.

Lorsque, le 1er novembre, le 29e CA ordonna la mise sur pied de commandos de chasse, les 299e et 75e détachèrent respectivement 175 et 185 hommes qui, au cours des semaines qui suivirent, ratissèrent systématiquement la région de Kharkov, de Soumy, de Soudcha et de Bielgorod142. Une fois l’opération terminée, le 12 décembre, l’officier Ic de la 299e DI se vanta du fait que, du 6 au 9 novembre, sa division ait «liquidé 380 partisans143». Les commandos de la 75e DI hésitaient encore moins à arrêter et à fusiller des civils et des soldats de l’Armée rouge par centaines et à incendier des parties de localités ou des villages entiers La section d’infanterie 202, qui, le 22 novembre, annonça à son régiment l’exécution de 76 partisans et l’incendie d’un village, agit d’une manière particulièrement brutale144. Lorsque, le 7 décembre, le 29e CA annonça que, du 20 octobre au 5 décembre, 1 064 partisans et suspects avaient été fusillés ou pendus et que 342 autres personnes avaient été fusillées comme otages, ce bilan devait, pour l’essentiel, être mis sur le compte des 75e et 299e DI. Jusqu’à la fin de l’année, au moins 56 personnes de plus furent tuées145. Selon l’officier Ic de l’AOK 6, le nombre total des personnes pendues et fusillées en public dans le secteur de la 6e armée, à l’automne 1941 lors de la chasse aux partisans, atteignit plusieurs milliers146.

Cependant, ces chiffres ne peuvent guère être considérés comme les indices d’une importante résistance armée ou au moins comme un large soutien accordé aux groupes qui commençaient à s’organiser pour la lutte armée. Dès le 30 novembre, le 29e CA avait constaté que, dans son secteur, les partisans n’avaient lancé aucune attaque au cours des dernières semaines et que les seuls attentats à l’explosif avaient sans doute été commis avec des dispositifs à retardement. On mettait surtout cela sur le compte des actions menées contre les «vagabonds147». Les anciens soldats de l’Armée rouge étaient certainement un autre groupe de personnes victimes des exécutions148. Dans son rapport au groupe d’armées sud, l’AOK 6 annonça qu’en plus des partisans, «la troupe [avait] surtout éliminé les nombreux éléments qui errent dans le pays sans papiers d’identité, derrière lesquels se cachent les agents et le service de renseignements des partisans». En tout cas, l’objectif était atteint: «Depuis lors, les actes de sabotage ont cessé149». La 6e armée avait encore causé l’augmentation du nombre de «vagabonds» suspects d’une autre manière: au début du mois de décembre 1941, quelques jours avant l’occupation de Bielgorod, la 75e DI incendia trois localités situées au nord-est de Rchava «pour éliminer les possibilités de soutien latéral depuis ces endroits150». Un peu plus tard, le 29e CA donna l’ordre d’évacuer et de détruire des villages situés «du côté de l’ennemi» pour protéger les positions hivernales, et de prendre des otages parmi les civils pour prévenir les agressions151. Quelques jours plus tard, la 75e DI annonça que les destructions par le feu avaient commencé et «se poursuivaient par tous les moyens152». Fin décembre, la division détruisit tous les villages de son secteur situés en avant de ses positions hivernales et expulsa la population vers l’est Elle rassembla les habitants des villages situés à l’est de la ligne de chemin de fer Bielgorod-Koursk par localités et les transféra vers une région située à 30 km à l’ouest de la voie ferrée. Ceux qui entraient encore dans ces villages par la suite étaient fusillés153.

Avec la terreur qu’elle exerça sans discernement contre l’ensemble de la population civile, bien avant l’attaque contre Stalingrad, la 6e armée dépassa le point où elle avait encore besoin d’un ennemi défini selon les critères habituels. Les effets de la famine causée par la politique de pillage, combinés au froid et aux maladies, n’étaient plus dirigés contre des groupes précis. L’appartenance ethnique, les convictions politiques, la passivité craintive et la collaboration active ne pouvaient plus éviter à la population civile d’être à tout moment victime de représailles en fonction de la situation tactique. Elle était devenue dans sa totalité l’otage de la Wehrmacht.

Traduit de l’allemand par François Pastre


Notes.

1. Cf. Rüdiger Overmans, «Das Andere Gesicht des Krieges: Leben und Sterben der 6e Armee». in Jürgen Förster (dir.), Stalingrad. Ereignis. Wirkung. Symbol, 2e éd., Munich-Zurich, 1993, p. 419-425. Les données présentées dans la littérature au sujet des soldats de la 6e armée enfermés, échappés, morts et faits prisonniers sont contradictoires. Nous suivons la tentative d’Overmans d’établir une synthèse critique, tout en sachant que ces chiffres ne sont qu’approximatifs.

2. Message radio du général de division Paulus à Hitler, 29 janvier 1943, BA-MA RL 30/5, cité d’après Gerd R. Ueberschär, «Stalingrad—Eine Schlacht des zweiten. Weltkrieges», in Wolfram Wette, Gerd R. Ueberschär (dir.), Stalingrad, Mythos und Wirklichkeit einer Schlacht, Francfort, 1992, p. 18-42, extrait p. 36.

3. Message radio de Hitler au général de division Paulus, 30 janvier 1943, BA-MA RL 30/5, ibid.

4. Cité d’après Rolf Günter Renner, «Hirn und Herz. Stalingrad als Gegenstand ideologischer und literarischer Diskurse», in Jürgen Förster (dir.), op. cit., p. 472-492, extrait p. 472. Cf. Wolfram Wette, «Das Massensterben als “Heldenepos”. Stalingrad in der NS-Propaganda», in Wolfram Wette, Gerd R. Ueberschär (dir.), op. cit., p. 43-60, extrait p. 52 et suiv.

5. Groupe d’armées du Dor1 à la 6e armée, 31 janvier 1943, cité d’après Wolfram Wette, Gerd R. Ueberschär(dir.), op. cit., p. 38.

6.«Rapport spécial» émis à la radio par l’OKW le 3 février 1943, BA-MA RW 4/v. 140, p. 1-2, cité d’après ibid., p. 54.

7.Ibid., p. 46.

8. Cf. Fritz Wöss, Hunde, wollt ihr ewig leben, roman, Heidelberg-Hambourg, 1958; Fritz Wöss, Der Fischbeginntam Kopf zu stinken, roman, Hambourg, 1960, Heinrich Gerlach, Die verratene Armee. Ein Stalingrad-Roman, Munich, 1957; Heinz G. Konsalik, Der Arzt von Stalingrad, roman, Munich, 1956.

9. Ulrich Baron, «Stalingrad als Thema der deutschsprachigen Literatur», in Wolfram Wette, Gerd R.Ueberschär (dir.), op. cit., p. 226-232, extrait p. 232. Pour analyser la structure de cette présentation littéraire du mythe de Stalingrad et d’ouvrages analogues, cf. l’article de Rolf Günter Renner, in Jürgen Förster, op. cit., p. 472-492.

10. Detlef Vogel «Die deutschen und österreichen Stalingradbünde. Schritte vom Mythos und Realität», in Wolfram Wette, Gerd R. Ueberschär (dit), op. cit., p. 247-253, extrait p. 248.

11. Franz Kurowski, Stalingrad. Die Schlacht, die Hitlers Mythos zerstörte, Bergisch Gladbach, 1992, p. 377, 394. La deuxième édition de ce livre de poche, publié pour la premiere fois en 7992, est parue dès février 7993.

12. Editorial de Klaus Bresser dans le livret d’accompagnement du documentaire en cinq épisodes de ZDF/Ostankino, Der verdammte Krieg—Entscheidung Stalingrad, de Guido Knopp, Harald Schott et Anatoli Nikiforov, ZDF, 1992, p. 3.

13. Cf. Thomas A. Kohut, Jürgen Reulecke, «“Sterben wie eine Ratte, die der Bauer ertappt”, letzte Briefe aus Stalingrad», in Jürgen Förster, op. cit., p. 456-471. Cf. les articles de Martin Humburg, Wolfram Wette, Sabine Rosemarie Arnold et Manfred Hettling, ainsi que Nadejda B. Krylova, in Wolfram Wette, Gerd R. Ueberschär (dir.), op. cit., p. 67-106; d’autres indications littéraires y sont également présentées.

14. Courrier 75 ID/Ic à toutes les unités, 6.1.1942, RAMA RH 26-75/121; Etat-major xxixe, dépéche du matin, 7.1.1942, BAMA, RH 24-29/47.

15. Décret sur l’exercice de la justice de guerre dans la région «Barbarossa» et sur les opérations particulières menées par la troupe en date du 13 mai 1941, avec des compléments apportés par le commandant en chef de l’armée de terre le 24 mai 1941; directives pour le traitement des commissaires politiques le 6 juin 1941, avec des compléments apportés par le commandant en chef de l’armée de terre le 8 juin 1941. L’ensemble est reproduit in Gerd R. Ueberschär, Wolfram Wette (dir.), Der deutsche überfall auf die Sowjetunion. «Unternehmen Barbarossa» 1941, Francfort, 1991, p. 251-254, 259-260.

16. Ordres particuliers no 1 portant sur la consigne no 21 (opération Barbarossa) en date du 19 mai 1941 avec l’annexe I: organisation et taches des organisations économiques destinées à être alises on place dans la région «Barbarossa» et l’annexe 3: directives pour le comportement des troupes en Russie, ibid., p. 254-258.

17. Au sujet de la rédaction de l’ordre sur les commissaires, cf. Hans-Adolf Jacobsen, «Komissarbefehl und Massenexeutionen sowjetischer Kriegsgefangener», in Hans Buchheim et al. (dir.), Anatomie des SS-Staates, t. 2, Munich, 1967, 2 t., p. 143 et suiv.; Jürgen Förster, «Das Unternehmen Barbarossa als Eroberungs- und Vernichtungskrieg», in MGFA (dir.), Das Deutsche Reich und der Zweite Weltkrieg, t. 4: Der Angriff aufdie Sowjetunion, Stuttgart, 1983, p. 435 et suiv. Le texte complet de l’ordre sur les commissaires est reproduit in Gerd R. Ueberschär, Wolfram Wette (din.), op. cit., p. 259 et suiv.

18. Cité d’après Jürgen Förster, in MGFA (dir.), op. cit., t. 4, p. 433.

19. AOK 6. Ic/AO, rapport d’activité, 12 juin 1941, BA-MA RH 20-6/488.

20.ibid. Seule la consigne sur la limitation de la justice de guerre avait été édictée par le Führer. Comme mentionné plus haut, l’ordre sur les commissaires émanait de l’OKW.

21. AOK 6, Ic/A0, rapport d’activité, t2 juin 1941, BA-MA RH 20-6/488.

22. AOK 6, exposé de l’Ic auprès de l’Ia le 13 juin 1941, BA-MA RH 20-6/488.

23. Section III—conseil de guerre de la 57e DI, rapport d’activité, du 1er au 30 juin 1941, BA-MARH 26-57/112.

24. 56e DI, KTB/la, entrée du 16 juin 1941, BA-MA RH 26-56/16(a). La réunion des commandants a eu lieu au sein de la 62e Dl; liste des thèmes pour la discussion entre les commandants du 18 juin 1941, RH 26-62/40.

25. AOK 6, Ic/A0, réunion à l’lc, BA-MA RH 20-6/487, f. 85.

26. AOK 6, Ic/AO, points abordés lors de la réunion à l’Ic, BA-MA RH 20.6/487,186.

27. Au sujet de Faction des groupes d’intervention SS lors des campagnes précédentes et des négociations entre les chefs de la SS et de la Wehrmacht sur leur intervention au cours de l’opération Barbarossa, cf. Helmut Krausnick, Hitlers Einsatzgruppen. Die Truppen des Weltanschauungskrieges 1938-1942, Francfort, 1985.

28. AOK 6, Ic/AO, points abordés lors de la réunion à l’Ic, BA-MA RH 20-6/487, f. 86.

29. 17e CA, KTB/la, événements, BA-MA RH 24-17/226.

30. Ordres de l’état-major régional Staufen no 38, 20 juin 1941, BA-MA RI1 24-44/39.

31.Ibid.

32. AOK 6, Ic, 23 juin 1941, message sur la position de l’ennemi du groupe de blindés i, BA-MA RH 20-6/514.

33.ibid., 25 juin 1941, message sur la position de l’ennemi du 17e CA.

34. AOK 6, Ic, 30 juin 1941, télex adressé aux 17e, 29e, 34e et 55e CA, Ic, BA-MA RH 20-6/513.

35. AOK 6, Ic, Le 1er juillet 1944 message sur la position de l’ennemi du 17e CA, BA-MA RH 20-6/515.

36. AOK 6, Ic, 2 juillet 1941, message sur la position de l’ennemi du 44e CA, BA-MA RH 20-6/515.

37.ibid., message sur la position de l’ennemi du 17e CA.

38. 44e DI, rapports d’activité du 21 juin au 31 décembre 1941, BA-MA RH 26-44/32.

39. 168e DI, rapports d’activité du 25 juin 1941, BA-MA RH 26-168/49.

40. 299e DI/Ic, message quotidien, 22 juin 1941; 529e RI à la 299e DI, 23 juin 1941, BA-MA RH 26-299/118.

41. 299e DI/Ic, message quotidien à l’Ic du 29e CA.

42. 530e RI/Ic à la 299e DI, 28 juin 1941, BA-MA RH 26-299/118.

43. AOK 6 Ic/AO, 10 juillet 1941, BA-MA RH 20-6/516. à ce sujet, cf. également le message du soir de l’Ic en date du 10 juillet 1941.

44. AOK 6, Ic, 13 juillet 1941, message sur la position de l’ennemi du 17 CA; BA-MA RH 20-6/517.

45. Message du jour de la 299e DI/Ic au 29e CA/Ic, 24 juin 1941, BA-MA RH 26-299/118.

46. AOK 6, ro juillet 1941, Ia, dossier 15 no 1814/41g, instruction de commandement no 13, point 5: sécurité des troupes; considérations notées dans l’original, BA-MA RH 20-6/755.

47. 62e DI, KTB/Ic, notes prises le 21 juillet 1941, BA-MA RH 26-62/40.

48. NOKW 1538, cité d’après Helmut Krausnick, op. cit., p. 200.

49.Ibid.

50. AOK 6/Ia, instruction de commandement no 16, 19 juillet 1941, BA-MA RH 26-56/17; DI/Ic, 21 juillet 1941, BA-MA RH 26-62/40; AOK 6/OQu/QuI — BAV no 43, 29 juillet 1941, RH 24-17/255.

51. EM no 132, 12 novembre 1941, BABL R-58/214.

52.ibid.

53. AOK 6, Ic, message du soir, 1er juillet 1941, BA-MA RH 20-6/515.

54. EM no 24, 16 juillet 1941.

55.ibid.

56. Témoignage de J. Sch., Zentralstelle der deutschen Landesjustizverwaltungen Ludwigsburg (dorénavant ZStL) Js 4/65, dossier spécial sur les interrogatoires X. Le fait que, dans différentes localités de Volhynie, des Ukrainiens aient déclenché des pogroms, pillé les logements de leurs voisins juifs et tué des hommes et des femmes tout de suite après le retrait de l’Armée rouge sans y être incités par la SS ou la Wehrmacht est décrit in Shmuel Spector, The Holocaust of Volhynian Jews 1941-1944, Jérusalem, 1990, p. 64 et suiv.

57. Cf. EM no 24, IG juillet 1941.

58. Cf. le rapport du CA, ZStL 204 AR-Z 287/59.

59. EM no 24, 16 juillet 1941.

60. EM no 19, 11 juillet 1941.

61. EM no 28, 20 juillet 1941.

62. Lettre en provenance de Tarnopol, 6 juillet 1941, BA-MA RW 4/v. 442. Cette lettre a été saisie par le groupe de défense 17, section Ic/Pr, basé à Vienne, et expédiée au service de propagande de la Wehrmacht au sein de l’état-major de commandement du haut-commandement de la Wehrmacht avec pour objet: «Les actes de cruauté dans les lettres de la poste aux armées.» En guise d’explication, la personne chargée de son traitement a ajouté qu’elle «avait trouvé des reproductions de cette lettre dans une vitrine à Vienne»: «Les recherches du poste de défense local ont rêvélé qu’un chef de district viennois du parti nazi avait envoyé des copies de ce rapport aux chefs de groupes locaux de son district à des fins de propagande.»

63. Cf. EM no 47, 9 août 1941: «À Berditchev, une section du commando d’intervention 4a agi jusqu’à l’arrivée du commando d’intervention 5. 148 Juifs ont été exécutés pour pillages et activités communistes.»

64. Cf. EM no 58. 20 août 1941: «les commandos d’intervention ont poursuivi les mesures de ratissage. À présent, comme prévu, nous avons dépassé presque tous les villages et les grandes places des environs de Berditchev et de Jitomir.»

65. Cf. l’acte d’accusation concernant l’affaire Callsen et al., parquet (GstA) Francfort, Js 24/66, p. 201 et suiv.

66. EM no 30, 22 juillet 1941.

67. Cf EM no 58, 20 août 1941: «Après de longs interrogatoires. nous avons réussi à convaincre Kieper et son complice des massacres qui leur étaient reprochés. […] Kieper, que nous avons fini par pousser aux aveux, a décrit ses actes de cruauté avec un cynisme propre aux Juifs.»

68. ZStL Js 4/65, dossier spécial sur les interrogatoires II, déclaration P. A.

69. Cf. EM no 58, 20 août 1941.

70. Témoignage de J., cité d’après l’acte d’accusation concernant l’affaire Callsen et al., op. cit., p. 221.

71. ZStL Js 4/65, affaire pénale contre Callsen et al., dossier du procès-verbal de l’audience VI, 20 février 1967.

72. EM no 58, 20 août 1941.

73. Dossier annexe 3 du journal de guerre du 17e CA/Qu, ordre du haut-commandement de l’armée 6, OQu/Qu1 AHQu, 10 août 1941, instructions particulières pour l’approvisionnement, annexe I. Objet: exécutions menées par le SD, BA-MA RH 24-17/255.

74.Ibid.

75. ZstL Js 4/65, dossier no 5, témoignage de H. Z., Feldgendarmerie 455.

76. EM no 80, 11 septembre 1941.

77. Cf. l’acte d’accusation de l’affaire pénale contre Callsen et al., op. cit., p. 260 et suiv.

78. Message de l’aumônier catholique de la division, le Dr Reuss, en date du 20 août 1941, in Helmut Groscurth, Tagebücher eines Abwehroffiziers. Mit Dokumenten zur Militäropposition gegen Hitler, édité par Helmut Krausnick, Harold C. Deutsch et Hildegard von Kotze, Stuttgart, 1970, p. 538 et suiv.

79. Rapport de Groscurth, 21 août 1941, ibid., p. 534 et suiv.

80. Ic/AO, rapport d’activité, 20 août 1941, BA-MA RH 20-6/491. Bialacerkiev est l’orthographe ukrainienne, reprise ici, du nom de la localité, Bielaia Tserkov.

81. Prise de position de von Reichenau, en date du 26 août 1941, au sujet du rapport de la 295e DI sur les opérations menées à Bialacerkiev, adressée au groupe d’armées sud et à la 295e DI, in Helmut Groscurth, op. cit., p. 541.

82. Ic/AO, rapport d’activité, 21 août 1941, BA-MA RH 20-6/491.

83. Rapport de Groscurth du 21 août 1941, op. cit., p. 536.

84.Ibid.

85.ibid, p. 537.

86. Ic/AO, annexe au rapport d’activité, 22 août 1941, réunion d’officiers, BA-MA RH 20-6/491.

87. Ic/AO, rapport d’activité, 22 août 1941, BA-MA RH 20-6/491.

88. 29e CA, annexes au journal de guerre de l’Ic. BA-MA RH 24-29/77.

89. Témoignage de G. Sch., ZStL Js 4/65, dossier spécial.

90. Rapport d’activité de la compagnie de propagande 637, BA-MA RH 20-6/492.

91. ZStL Js 4/65, dossier spécial traduit du russe, part. 1.

92. Cf. EM no 106, 7 octobre 1941, dans lequel le chiffre de 33 771 victimes est indiqué.

93. FM no 128, 3 novembre 1941.

94. AOK 6, Ic/AO, rapport d’activité, 26 octobre 1941, BA-MA RH 20-6/494.

95. 57e DI/Ib, 4 novembre 1941, «Réunion au poste de commandement de terrain de Kharkov, le 4 novembre 1941, à 9 heures», BA-MA RH 26-57/113.

96. Ic/AO. AOK 6 au Qu2, à l’attention de M. le capitaine i. G. von Bila. Objet: projet d’ordre sur l’évacuation de la population civile, BA-MA RH 20-6/494.

97. EM no 156, 16 janvier 1942.

98. EM no 164, 4 février 1942.

99. AOK 6, no 1814/41, 10 juillet 1941. instructions de commandement no 13, BA-MA RH 26-299/118.

100. 75e DI/Ic, message relatifà l’ennemi no 12, 18 juillet 1941, BA-MA RH 26-75/111.

101. Reproduction d’un extrait de l’ordre de l’OKH concernant le traitement des personnes civiles ennemies et des prisonniers de guerre russes, 25 juillet 1941, in Gerd R. Ueberschär, Wolfram Wette (dir.), op. cit., p. 295 et suiv. (BA-MA RH 20-II/381).

102. 75e Dl/le, message relatif à l’ennemi no 28, 11 août 1941, BA-MA RH 26-75/112: 75e DI/Ic, annexes au journal de guerre de l’lc, 14-31 août I941, BA-MA RH 26-75/113; 168e DI/Ic, rapport d’activité, 20 juillet-21 août 1941, BA-MA RH 26-168/40.

103. AOK 6/Ic/AO, déf. III no 2757/41, 14 août 1941. BA-MA RH 20-6/491. La liste de diffusion intégrait comme destinataires la troupe de police secrète militaire 560 et le commando spécial 4a du SD.

104. 75e DI/Ic, message relatif à l’ennemi no 45, 18 septembre 1941, BA-MA RH 26-75/114. Ici, la division se référait à l’OKH et au général z.b.V.b. ObdH/no de dossier 454 Gr. R. Wes no 1678/41, 13 septembre 1941, BA-MA RH 23/295; cf. Jürgen Förster, «Das Unternehmen Barbarossa als Eroberungs- und Vernichtungskrieg», in Horst Boog, Jürgen Förster, Joachim Hoffmann, Ernst Klink, Rolf-Dieter Müller, Gerd R. Ueberschär (dir.), Der Angrif auf die Sowjetunion, Francfort, 1991, p. 1239, édition originale: MGFA (eds.), op. cit., t. 4.

105. Commandement du 29e CA/Ic, 22 septembre 1941, BA-MA RH 26-299/112; 29e CA/Ia, message intermédiaire, 23 septembre 1941, BA-MA RH 24-29/9; 29e CA, messages du matin et du soir, 25 septembre 1941, BA-MA RH 24-29/9; 299e DI/Ic au SD de Kiev, 26 septembre 1941, BA-MA RH 26-299/123; 299e DI, KTB la, 25-26 septembre 1941, BA-MA RH 26-299/40. Cependant, il n’est guère probable que les attentats à l’explosif et les incendies survenus à Kiev aient effectivement été commis par les partisans, au nombre de 1 000 environ, dont la 6e armée supputait la présence dans la ville. Dès le 20 septembre, le 29e CA avait constaté que Kiev avait été systématiquement évacuée, que ses entreprises d’approvisionnement étaient arrêtées et que les routes et voies ferrées avaient été détruites ou minées (29e CA, KTB Ia, 20 septembre 1941, BA-MA RH 24-29/9).

106. OKH/GenStdH/OQuIV/Fremde Heere Ost/Ic, 2 octobre 1941, BA-MA RH 26-299/123.

107. 299e DI, KTB la, 7-10 octobre 1941, BA-MA RH 26-299/40.

108. Ordre du commandant en chef de la 6e armée, le Feldmarschall von Reichenau, 10 octobre 1941. in Gerd R Ueberschär, Wolfram Wette (dir.), op. cit., p. 285.

109. 75e DI, KTB Ia, 27 octobre 1941, BA-MA RH 26-75/39; 754 DI/Ic, messages du matin des 27, 28, 29 et 31 octobre 1941; 75e DI/Ic au 202e RI, 28 octobre 1941, BA-MA RH 26-75/115.

110. 75e DI/Ic, compléments à l’ordre de l’AOK 6 en date du 10 octobre 1941 sur le comportement des troupes à l’est, 28 octobre 1941, BA-MA RH 26-299/124.

111. Commandant en chef de l’armée de terre, directives pour la lutte contre les partisans, 25 octobre 1941, BA-MA RH 24-29/77, 29e CA/Ia-Ic, 26 octobre 1941, BA-MA RH 26-299/124.

112. Commandant en chef du secteur situé à l’arrière du groupe d’armées sud/Ic no 2270/41, 6 novembre 1941; commandant en chef du secteur situé à l’arrière du groupe d’armées sud/Ia no 2532/41, 20 novembre 1941, BA-MA RH 26-62/42.

113. Rolf Dieter Müller «Das Scheitern der wirtschaftlichen “Blitzkriegsstrategie”», in MGFA (dir), op. cit., t. 4, p. 1116-1226, extrait p. 1168 et suiv.

114. AOK 6/Ic AO, mémorandum sur le comportement des autorités militaires allemandes en Ukraine orientale, 15 juillet 1941, BA-MA RH 26-56/19a.

115. 4e CA (groupe Schwedler), 4 août 1941, BA-MA RH 24-4 95; AOK 6/III no de dossier 14n, ordre en date du 31 juillet 1941, BA-MA RH 26-56/19a.

116. Commandement en chef de la 6e armée, ordre en date du 28 septembre 1941, BA-MA RH 24-17/262; intendant de l’AOK 6, consignes sur l’exécution de l’ordre du 28 septembre 1941, BA-MA RH 26-62/59; AOK 6/Ch. d. Ge. St. no 310/41, 26 octobre 1941, BA-MA RH 24-17/262.

117. Commandant en chef du groupe d’arméecs sud/Ia-Ib no 2987, 27 octobre 1941. Objet: préservation de la discipline des hommes; 62e DI/Ib no 1749/41, 7 novembre 1941, BA-MA RH 26-62/42.

118. 29e CA. KTB/Ia, 29 octobre 1941, BA-MA RH 24-29/9.

119. 168e DI, KTB/Ia, 14 novembre 1941, BA-MA RH 26-168/8.

120. 75e DI/Ib, 29 janvier 1942, BA-MA RH 26-168/8.

121. 75e DI/Ib, 1er mars 1942; commandant de la 75e DI aux commandants et aux chefs des unités autonomes, 7 avril 1942, BA-MA RH 26-75/170.

122. Rolf-Dieter Müller, in MGFA (dir.), op. cit., t. 4, p. 1186 et suiv.

123. 57e DI/Ib, rapport sur la réunion organisée le 24 novembre 1941 au mess du poste de commandement de la ville sur l’alimentation de la population civile de la ville de Kharkov, BA-MA RH 26-57/113.

124. 57e DI/Ib, réunion au poste de commandement de terrain de Kharkov, 4 novembre 1941, BA-MA RH 26-57/113.

125. 57e DI/Ib, rapport sur la réunion organisée le 24 novembre 1941 au mess du poste de commandement de la ville sur l’alimentation de la population civile de la ville de Kharkov, BA-MA RH 26-57/113.

126. Appel téléphonique de l’officier chargé de l’agriculture au sein de la 57e DI, le lieutenant Dr Goecke, no 159, 9 janvier 1942, BA-MA RH 26-57/116; poste de commandement de la ville de Kharkov, ordre no 17 du poste de commandement de la ville, 18 décembre 1941, BA-MA RH 26-57/39.

127. Rolf Dieter Müller, in MGFA (dir.), op. cit., t. 4, 1991, p. 1192.

128. 57e DI, KTB/Ib, 13-15 avril 1942; 57e DI/Ib au 29e CA/IV Wi, 15 avril 1942, BA-MA RH 26-57/116.

129. AOK 6/Ia/OQu. 17 octobre 1941. Objet: Kharkov, BA-MA RH 24-17/262.

130. 57e DI/Ie. rapport d’activité, 1er septembre-31 octobre 1941, BA-MA RH 26-57/57.

131. Avis non daté du commandant en chef; 57e DI/Ib au 55e CA, 4 novembre 1941, BA-MA RH 26-57/113.

132. Commandant en chef de l’AOK6, ordre en date du 9 novembre 1941 (ordre du colonel Sinz), RA-MA RH 26-299/124.

133. Complément, apporté le 14 novembre 1941, de l’ordre (colonel Sinz) du 9 novembre 1941, communiqué par le 29e CA/Ic.

134. Ordres no 4, 11 novembre 1941. no 7, 19 novembre 1941, no 8, 22 novembre 1941, no 14 6 décembre 1941, no 16, 6 décembre 1941, du poste de commandement de la ville, BA-MA RH 26-57/39.

135. 57e DI/Ic, rapport d’activité, 1er novembre-31 décembre 1941, BA-MA RH 26-57/58.

136. 17e CA, annexes au journal de guerre du 16 novembre 1941. BA-MA RH 24-17/226.

137. AOK 6, KTB/Ic, 7 décembre 1941. BA-MA RH 20-6/132.

138. AOK 6/Ia-Ic AO no 2451/41, 15 novembre 1941. Objet: lutte contre les partisans dans le secteur contrôlé par l’armée, BA-MA RI 26-299/124; 57e DI/Ic, rapport d’activité, 1er novembre-31 décembre 1941, BA-MA RH 26-57/58.

139. 299e DI, KTB/Ia, 5 novembre 1941, BA-MA RI 126-299/40; 299e DI/Ic au 29e CA, 30 octobre 1941, BA-MA RH 26-299/123; 29e CA, KTB/la, 30 octobre 1941, BA-MA RH 24/-29/9; 75e DI/Ic, message relatif à l’ennemi no 52, 31 octobre 1941, BA-MA RH 26-75/115.

140. 299e DI, KTB/Ia, 28 octobre 1941, BA-MA RH 26-299/40.

141. 299e Dl, KTB/la, 29 octobre 1941, BA-MA RH 26.299/40; 299e DI/Ic, rapport de l’Ic résumant la lutte contre les partisans, 12 décembre 1941, BA-MA RH 26-299/120.

142. Poste de commandement de la ville de Soumy à I/RI 530; IV/RA 175, II/RA 63, AA 75, section d’obnervation z. K., 1er janvier 1942; 75e DI/Ic, rapport d’activité, 12 décembre 1941, BA-MA RH 26-75/116.

143. 299e DI/Ie. rapport résumant la lutte contre les partisans. 12 décembre 1941. BA-MA RH 26-299/120.

144. 75e Dl/Ie. rapport d’activité, 1er-27 novembre 1941, BA-MA RH 26-75/119.

145. 29e CA/Ie, message du matin, 7 décembre 1941, BA-MA RH 24-29/78.

146. AOK 6, KTB/Ic, 7 décembre 1941, BA-MA RH 20-6/132.

147. 29.. CA. KTB/Ia, 30 novembre 1941, BA-MA RH 24-29/18.

148. 75e DI/Ic, rapport d’activité Ic, appréciation de la situation de l’ennemi du 15 au 30 novembre 1941, BA-MA RH 26-75/117.

149. AOK 6, KTB/Ic, 7 décembre 1941, BA-MA RH 20-6/132.

150. 75e DI/Ic, message du soir, 11 décembre 1941, message du matin, 20 décembre 1941, BA-MA RH 26-75/118.

151. 29e CA, ordre, 18 décembre 1941, BA-MA RI 124-29/78.

152. 75e DI, KTB/la, 23 décembre 1941, BA-MA RH 26-75/39.

153. 75e DI/Ic no 436/41, 23 décembre 1941, BA-MA RH 26-75/118; 29e CA, KTB/Ia, 28 décembre 1941, BA-MA RH 24-29/18.

[ Histoire du génocide  |  Toutes les rubriques ]