89. Pour citer les principales: le site d'Ernst Zündel, Le Codoh de Bradley Smith, Radio Islam d'Ahmed Rami, l'IHR de Mark Weber et Greg Raven, Le VHO de Germar Rudolf, l'Adelaide Institute de Frederik Töben, le site de Michael Hoffman II, les pages d'Arthur Butz, celles de Carlos Porter, celles de Raeto West, de John C. Ball, les Focal Point Publications de David Irving, les « Ukrainian Archives  », l'« AAARGH » de Pierre Guillaume et Serge Thion. 90. La « Lettre Terre et Peuple » de décembre 1998, dont le contenu est disponible sur le site contient une longue interview de Garaudy. 91. Il faut remarquer que le négationnisme arabe, récemment illustré, en février 2000, par des déclarations d'officiels syriens, et notamment le négationnisme égyptien, n'est pas une nouveauté. On peut en retrouver l'origine à l'époque, à la fin des années 1950, où Johann von Leers, ancien adjoint de Goebbels réfugié en Egypte et converti à l'Islam sous le nom d'Omar Amin, était le chef de la propagande antisémite de Nasser. Von Leers était au début des années 1960 en relation épistolaire avec le guru posthume de la secte négationniste, Rassinier. Sur ces points voir Patrice Chairoff, Dossier néo-nazisme, Editions Ramsay, 1977, p. 450-454, et Nadine Fresco, Fabrication d'un antisémite, Seuil, 1999, p. 45-50. Voir également ici. 92. Après une existence de plus de deux ans, ce site semble avoir aujourd'hui disparu. Le soutien de la plus grande partie du monde arabo-musulman, du Maroc à la Syrie, voire l'Iran, à Garaudy, a été pour celui-ci une aubaine médiatico-financière qui a très largement compensé le montant de sa condamnation. Voir Esther Webman, « Rethinking the holocaust: an open debate in the arab world », Antisemitism Worldwide 1998/9. 93. Offrant les Chroniques des Événements Survenus dans le Royaume de Frénésie sur l'affaire Garaudy, par un anonyme s'intitulant « un piéton de Paris », aux côtés de références vers des sites qui offraient Le Grand Secret du Docteur Gubler.En fait ces textes étaient parus dès 1996 dans une publication photocopiée, rédigée et éditée par Serge Thion, Global Patelin (cf. infra) 94. On pourra donc se reporter, en complément de ces lignes, aux ouvrages et articles déjà cités de Deborah Lipstatd, Pierre Vidal-Naquet et Nadine Fresco. 95. Né en Allemagne , Ernst Christof Friedrich Zündel émigre au Canada en 1958, où il est rapidement pris en main par le fasciste québécois Adrien Arcand, après quoi il évolue dans les milieux néo-nazis canadiens. Il commence son entreprise de publication de matériel nazi et négationniste en 1976. Voir Aurel Braun, Stephen Scheinberg, The extreme right : freedom and security at risk, op. cit., p. 50. Sur Zûndel en général et ses procès en particulier, voir Manuel Prutschi, « The Zündel Affair », dans Alan Davies (ed), Antisemitism in Canada: History & Interpretation, Waterloo, Ontario: wilfried Laurier University Press, 1992, p. 249-277. Voir également , Leonidas E. Hill, « The Trial of Ernst Zündel: Revisionism and the Law in Canada », Simon Wiesenthal Annual, vol. 6, 1990. 96. C'est un autre négationniste, Michael Hoffman II, qui rapporte que Dietz a rédigé une bonne partie de The Hitler we loved and why, généralement attribué au seul Friedrich Christof (ou Christhof), c'est-à-dire à Ernst Zündel. Voir Michael Hoffman II, The great holocaust trial, 1985, p. 72, cité dans Daniel Keren & Ken McVay (traduction Gilles Karmasyn), « Une réponse à la "Q&A" 62 par Nizkor »,66 Questions et réponses négationnistes réfutées par Nizkor. 97. Patrice Chairoff, Dossier néo-nazisme, op. cit., p. 361 et 386. Chairoff ne fait pas le rapprochement entre Friedrich Christof et Ernst Zündel, mais l'identité de Friedrich Christof est aujourd'hui de notoriété publique. 98. Deborah, Lipstadt, Denying The Holocaust, op. cit., p. 158. 99. Zündel fut condamné en 1985 pour la diffusion de matériel négationniste, en vertu d'une loi canadienne contre la propagation de fausses nouvelles, mais le jugement fut annulé pour des raisons de procédure. Zündel fut de nouveau jugé et condamné en 1988. Ce verdict fut cependant annulé, la cour suprême canadienne déclarant que la loi en vertu de laquelle Zündel avait été poursuivi était anticonstitutionnelle. Voir Manuel Prutschi, « The Zündel Affair », op. cit. 100. Sur Leuchter et son frauduleux « rapport », tissu d'inepties scientifiques habillant de vieilles lubies faurissonienness, voir Ken McVay, Le rapport Leuchteur, un FAQ, traduction Gilles Karmasyn. Voir aussi Shelly Shapiro (sous la direction de), Truth Prevails, Demolishing Holocaust Denial: the end of "The Leuchter report", The Beate Klarsfeld Foundation, New York, 1990. On sera surpris de voir que Valérie Igounet se laisse prendre par les intoxications négationnistes en écrivant de Leuchter qu'il est « le concepteur du système des chambres à gaz américaines » (Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, op. cit., p. 360 n. 50). Il s'agit d'une contre-vérité propagée par les négationnistes mais réfutée depuis longtemps. C'est là une des rares critiques que l'on peut faire au travail, autrement précieux et imposant, de Valérie Igounet. 101. La version allemande du « rapport Leuchter », distribuée par un associé munichois de Zündel, est la publication négationniste la plus diffusée en Allemagne (Aurel Braun, Stephen Scheinberg, The extreme right : freedom and security at risk, op. cit., p. 116). 102. Yvonne Schleiter, la soeur de Faurisson (voir note 6), a, avec son mari René, donné une interview à Zündel « sur l'état du révisionnisme en France ». Il s'agit de la cassette n°345 en vente sur le site de Zündel. 103. Rand C. Lewis, The Neo-Nazis and German Unification, op. cit., n. 1 p. 92. Rand C. Lewis précise que le contenu particulièrement odieux de ces programmes incita nombre de stations à en interrompre la diffusion, mais que Zündel alla devant une cour fédérale afin d'imposer la diffusion de ses programmes sur les réseaux cablés.Sur les émissions télévisées de Zûndel, voir aussi Aurel Braun, Stephen Scheinberg, The extreme right : freedom and security at risk, op. cit., p. 222-223. 104. Tom, Metzger, Segment of White Aryan Resistance answering machine message at 619-723-8996, dated March 31, 1996, recorded April 5, 1996, Nizkor. 105. Revue négationniste qu'Henri Roques fit paraître au début de 1990 à 1992. Henri Roques, aujourd'hui proche du FN, est un vieux routier de l'extrême droite française et cotoyait Rassinier dans les années 1960. Voir Jean-Yves Camus et René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, op. cit., p. 96-97. Voir également Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, op. cit., p. 139-142. Voir aussi Peter Grosz, « Révision », dans CRIDA, Rapport 1996. Panorama des actes racistes et de l'extrémisme de droite en Europe, CRIDA, 1996, p. 183-184. 106. Voir note 40. Le directeur actuel de l'IHR, Mark Weber, est un ancien activiste de la National Alliance, un important groupe néo-nazi américain dirigé par William Pierce (Michael Shermer, Why people believe weird things, W. H. Freeman and Company, 1997, p. 193). 107. Y ont, entre autres, participé, Faurisson, dès 1979 puis à de nombreuses reprises, l'ancien SS Léon Degrelle, Arthur Butz, David Irving, Ernst Zündel, Fred Leuchter, Noam Chomsky, en 1985 pour un long exposé sur « la crise du Moyen-Orient et la menace de la guerre nucléaire  » (René Monzat, Enqûetes sur la droite extrême, op. cit., p. 197), Henri Roques, l'ancien général Major Otto Ersnt Remer, l'ancien SS Thies Christofersen, Wilhelm Stäglich, Ditlieb Felderer, et bien d'autres (ibid.). Ces conférences sont le passage obligé des négationnistes de « renom ». A l'heure de la rédaction de la présente étude, la prochaine conférence était prévue pour les 27-29 mai 2000. Faurisson est au programme. Faurisson est par ailleurs, depuis les premiers numéros, membre du comité de rédaction du Journal of Historical Review. Lors de la conférence de 1983, le néo-nazi britannique Keith Thomson déclara que « si, en fin de compte, l'holocauste a bien eu lieu, alors tant mieux! » . Cela fut accueilli par des tonnerres d'applaudissements (Poisoning the Web: Hatred Online de, op. cit). 108. « Les animateurs de l'IHR insèrent donc leur activité négatrice dans un cadre politique précis. Ils dénoncent un complot ayant conduit les États-Unis à s'engager dans les deux guerres mondiales. Des groupes politiques dont certains animateurs de l'IHR sont membres, nomment les comploteurs : les financiers juifs, communistes, francs-maçons et anglophiles ayant mis le gouvernement américain sous tutelle » (René Monzat, Enqûetes sur la droite extrême, op. cit., p. 198). 109. Jeffrey Kaplan, « Right-Wing Violence in North America », Terror from the Extreme Right, sous la direction de Tore Bjorgo, Frank Cass, 1995, p. 69. 110. File Transfer Protocol: méthode de transfert de fichiers (informatiques) sur réseau informatique, notamment sur l'Internet. 111. Voir ici et note 75. 112. A ne surtout pas confondre avec Bradley F. Smith, historien américain auteur d'études sur la jeunesse d'Himmler et le procès de Nuremberg. 113. Bradley Smith cherche à se faire passer pour un « libertaire ». Aucun travestissement ne rebute décidément les négationnistes... Il y eut dans les années 1970 un Bradley J. Smith qui publiait un bulletin nationaliste et mcCartyste, American Victory, diffusé par « Steppingstones publications », spécialisé dans les publications néo-fascistes et racistes (Patrice Chairoff, Dossier néo-nazisme, op. cit., p. 371; Ciaran O Maolain, The Radical Right, a world directory, op. cit., p. 408, 398). Steppingtones diffusait également des traductions de Rassinier. 114. Deborah Lipstadt, Denying The Holocaust, op. cit., p. 185. Certains articles de Prima Facie étaient réimprimés dans Spearhead, l'organe du parti d'extrême droite britannique, le National Front (ibid.). 115. Aujourd'hui directeur de l'IHR, Weber exprimait publiquement, en 1989, ses convictions racistes. Avec son engagement dans le négationnisme, il s'est peu à peu abstenu de renouveler de semblables déclarations (Deborah Lipstadt, Denying The Holocaust, op. cit., p. 186). Voir aussi note 106. Les liens de Mark Weber avec les néo-nazis allemands ont été démontrés en 1993 par le centre Simon Wiesenthal. 116. Deborah Lipstadt, Denying The Holocaust, op. cit., p. 183-208. 117. Deborah Lipstadt, Denying The Holocaust, op. cit., p. 185. 118. On retrouve ce narcissisme négationniste chez Zündel, Faurisson, Rami, Irving: tous auteurs de textes autobiographiques mettant en scène leurs « aventures intellectuelles », leurs « persécutions », etc. Souvent ces auto-panégyriques sont accompagnés de photographies. Tout cela est toujours d'une suffisance pathétique. 119. Voir Michael Shermer, Why people believe weird things, op. cit., p. 233. 120. Ce genre de « défi » est une spécialité négationniste à but avant tout publicitaire. Le but étant de pouvoir affirmer « Personnne ne relève le gant; nous avons donc raison  ».. Le précurseur de ce genre de coup médiatique fut David Irving en 1977 (Michael Shermer, Why people believe weird things, op. cit., p. 195). Il offrait alors $1000 à quiconque lui apporterait la preuve qu'Hitler avait ordonné l'extermination des Juifs. En 1980, l'IHR a offert $50 000 pour la preuve qu'un Juif avait été gazé. Le « défi » fut relevé par Mel Melmerstein, un ancien déporté d'Auschwitz. Mais l'IHR refusa, bien sûr, de payer. Melmerstein poursuivit l'IHR et obtint gain de cause. Voir Deborah Lipstadt, Denying the Holocaust, op. cit., p. 138-141. Voir aussi Peter Grosz, « Révision », op. cit., p. 191-192. 121. Voir Nizkor, John Ball's $100,000 Challenge: where is John Ball ?. 122. Le parti pris d'Irving dans ses écrits des années 1960, très favorable à l'Allemagne, pour ne pas dire au nazisme et à Hitler, lui a ouvert bien des portes d'anciens nazis, SS, ou collaborateurs des sphères dirigeantes nazies. On lui a ouvert moult archives privées et accordé bien des entretiens, ce qui a contribué à enrichir son fond documentaire. Irving a d'ailleurs tendance à prendre pour argent comptant tout ce que les anciens nazis lui racontent (voir note 127). L'honnêteté et la compétence d'Irving peuvent être mesurées à l'aune du rôle versatile et peu glorieux qu'il joua, en Allemagne, à l'occasion de l'affaire des faux carnets d'Hitler. A ce propos, voir Robert Harris, Selling Hitler, the Story of the Hitler diaries, Faber and Faber limited, Londres, 1986. 123. Toute la production d'Irving vise à charger les Alliés et à disculper d'abord Hitler, puis la hiérarchie nazie. Cela n'a rien de surprenant. Irving se décrivait en 1959 comme un « fasciste modéré » dans un article où s'étalaient racisme et antisémitisme . Voir Roni Stauber, From Revisionism to Holocaust Denial - David Irving as a Case Study, The Stephen Roth Institute for the study of anti-semitism and racism, 2000, n. 43. Au début des années 1980, il a même essayé de fonder son propre parti néo-fasciste (Deborah Lipstadt, Denying The Holocaust, op. cit., p. 161). 124. David Irving, Hitler's War, Londres, 1977. 125. Que cela fut absolument contraire à la réalité a été magistralement démontré par Martin Broszat, « Hitler und die Genesis der "Endlösung". Aus Anlaß der Thesen von David Irving », Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, No 4, vol. 25, oktober 1977, p. 737-775; trad. angl. : « Hitler and the Genesis of the "Final Solution". An Assessment of David Irving's Theses », dans Yad Vashem Studies, XIII, 1979, p. 73-125. Voir également Gerald Fleming, Hitler et la solution finale, Juillard, 1988, notamment p. 83-85. 126. Cette énormité mensongère a été également réfutée par Martin Broszat, « Hitler und die Genesis... », mais aussi par G. Sereny et L. Cherster, Sunday Times du 10 juillet 1977, cité par Pierre Vidal-Naquet, Pierre Vidal-Naquet, « Thèses sur le révisionnisme », Les assassins de la mémoire, op. cit., p. 209 n. 56 (voir note 75). Voir aussi les deux essais écrits par Eberhard Jäckel en 1977 et 1978 réunis en une brochure : Eberhard Jäckel, David Irving's Hitler. A Faulty History Dissected, Ben-Simon Publications, 1993. Enfin on pourra aussi se reporter à Lucy S. Dawidowicz, The Holocaust and the historians, Harvard University Press, 1981, p. 35-38. 127. Voir Roni Stauber, From Revisionism to Holocaust Denial - David Irving as a Case Study, The Stephen Roth Institute for the study of anti-semitism and racism, 2000. Pour une étude spécifiquement dédiée aux falsifications et aux manipulations de David Irving, voir le Rapport Evans, rapport d'expertise produit à l'occasion du procès Irving-Lipstadt. 128. Sur les rapports d'Irving avec l'extrême droite la plus radicale, voir Roni Stauber, From Revisionism to Holocaust Denial - David Irving as a Case Study, op. cit., et surtout Hajo Funke, David irving, holocaust denial, and his connections to right-wing extremists and neo-national socialism (neo-nazism) in germany, 2000. 129. On peut le voir en photo avec le gratin du négationnisme mondial (Faurisson, Graf, Mattoggno, Weber, Ball, Granata, Zündel...) sur la couverture du numéro de novembre-décembre 1995 du JHR. (Michael Shermer, Why people believe weird things, op. cit., p. 192). 130. À propos du « rapport Leuchter », voir note 100. Sur la « conversion » d'Irving, Roni Stauber, From Revisionism to Holocaust Denial - David Irving as a Case Study, op. cit. Robert Frank a tort, en 1991, lorsqu'il écrit que David Irving « n'est en aucune manière négationniste ». Robert Frank est tout simplement en retard sur l'« évolution » d'Irving.Voir Robert Frank, « Les négationnistes britanniques », dans Relations Internationales, n°65, printemps 1991, p. 45. 131. Robert Faurisson, Écrits révisionnistes, op. cit., tome I, p. 455-466. 132. Voir, Philip Rubinstein, « "The Leuchter Report" in the United Kingdom », dans Truth Prevails, op. cit. 133. Voir le Rapport Evans. 134. Irving y glose notamment sur les procès qu'il intente à ses critiques. Le procès qui l'opposait à Deborah Lipstadt, qu'Irving poursuivait pour diffamation, s'est achevé le 11 avril 2000 en Grande Bretagne. Irving y consacre une bonne partie de son site web, s'apitoie sur son sort, demande de l'argent, crie au complot. Raeto West consacre une section importante de son site web au procès Irving, ainsi que d'autres sites web négationnistes. Dans ses conclusions devant la cour, Irving, qui se représentait seul, s'est enflammé au cours de son allocution, et, au lieu de s'adresser au juge en lui disant « Votre Honneur », il l'a affublé d'un sonore « Mein Führer! ».... Le jugement rendu le 11 avril innocente complètement Deborah Lipstadt des accusations de diffamation. Ce jugement est totalement dévastateur pour Irving qui est officiellement reconnu pour ce qu'il est, un apologiste d'Hitler et du IIIe Reich, un antisémite, un raciste, un falsificateur et un négationniste. 135. Nuremberg ou la terre promise. Sur Bardèche, voir Ghislaine Desbuissons, « Maurice Bardèche écrivain et théoricien fasciste ? », Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, janvier-mars 1990. Ghislaine Desbuissons, « Maurice Bardèche, un précurseur du "révisionnisme" », Relations internationales, n° 65 printemps 1991, p. 23-37. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, p. 37-60. 136. L'Historical Review Press recevait en 1981 des subventions d'une World Muslim League basée au Pakistan (Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, op. cit., p. 200). L'Historical Review Press est la maison d'édition du National Front, appartenant à Anthony Hancock (Peter Grosz, « Révision », op. cit., p. 188), au long passé de militant raciste et fasciste. 137. Eckart , un écrivain antisémite, joua un rôle important dans la formation idéologique d'Hitler. Son livre rapporte des conversations qu'il aurait eues avec Hitler. Voir François Delpla, Hitler, Grasset, 1999, p. 73-74. 138. Proche des ultra-racistes des Aryan Nations, Michael Hoffman II a participé à leur congrès en 1986 (Ciaran O Maolain, The Radical Right, a world directory, op. cit., p. 416). C'est un illuminé, adepte des théories de conspiration et d'OVNIs, et ayant fait de la prison pour attaque à main armée sur une pharmacie de Geneva, NY, pour vol de produits stupéfiants. En 1997, Hoffman rencontrait Yvonne Schleiter, la soeur de Faurisson. (voir note 6). 139. Voir Wilhelm Lasek et Peter Mayr, « La propagande "révisionniste" en Autriche. Organisations et publications néo-nazies », Revue d'Histoire de la Shoah, n° 166, mai-août 1999, p. 114-118. 140. Vrij Historisch Onderzoek : fondation pour la libre recherche historique (sic). 141. Sur le VHO, ses origines et son personnel, voir Jos Vander Velpen, Les voilà qui arrivent. L'extrême droite et l'Europe, Epo/Reflex, 1993, p. 121-122. Les publications du VHO ne se réduisent pas aux tracts nazis et négationnistes. On y trouve aussi des cassettes vidéo pour « nazis sado-masochistes » comme Filles pour le bourreau, Frauenlager 5, etc. (Jean-Yves Camus, sous la direction de, Les extrémismes en Europe, État des lieux 1998, CERA/L'aube, 1998). Remarquons encore que Faurisson a eu l'occasion de dire toute son admiration pour Siegfried Verbeke (Robert Faurisson, Écrits révisionnistes, op. cit., tome IV, p. 1752). 142. Sur Reynouard, voir Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, op. cit., p. 561-563 et 565-569. 143. Germar Rudolf fréquentait, entre autres, les Republikaner de l'ancien SS Franz Shönuber. Rudolf a lui-même écrit qu'il était séduit par les thèses négationnistes avant même d'entreprendre son « expertise » (Germar Rudolf, Kardinalfragen zur Zeitgeschichte, Eine Sammlung kontroverser Stellungnahmen von Germar Rudolf alias Ernst Gauss zum herrschenden Zeitgeist in Wissenschaft, Politik, Justiz und Medien, Anvers, VHO, 1996). 144. Stephen Smith, Oufkir, un destin marocain, Calmann Lévy, p. 316. 145. « Il mêle des convictions panarabes et une ardente foi musulmane à un antisémitisme viscéral » (Stephen Smith, Oufkir, un destin marocain, op. cit., p. 317). 146. Stephen Smith, Oufkir, un destin marocain, op. cit., p. 318. En 1997, Ahmed Rami a répété, lors d'une interview à un magazine musical néo-nazi, Nordland, que, concernant les Juifs, Hitler était « le seul leader européen à avoir compris de quoi il s'agit » (Stephen Bruchfeld, « Suède », dans Extrémismes en Europe, CERA/Éditions de l'Aube, 1997, p. 353-354. 147. L'Europe en chemise brune, Reflex, 1992, p. 133. 148. Sur Rami, voir Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, op. cit., p. 581-583. 149. Faurisson lui exprime « toute sa considération » de retour de son premier séjour, en mars 1992 (Robert Faurisson, Écrits révisionnistes, op. cit., tome III, p. 1376. Faurisson lui rend de nouveau hommage en décembre (ibid., p. 1460). 150. A raison de 35 heures par semaine. En 1997, Rami y accusait les Juifs, et leurs descendants, de la responsabilité de la mort de Jésus et d'avoir incité Néron à tuer des Chrétiens (Voir ici). 151. Gérard Panczer , « L'Internationale négationniste sur internet », Mauvais Temps n°4 avril 1999, p. 72. 152. Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (sic). 153. Sur Pierre Guillaume, voir note 62. 154. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, op. cit., p. 581. 155. Jürgen Graf, principal négationniste suisse, professeur de latin et de français, a été exclu de l'enseignement en 1993 pour avoir publié un opuscule xénophobe. Il a été condamné en Allemagne pour incitation à la violence, condamné en suisse, à 15 mois de prison ferme en 1998. Voir notamment Les extrémismes en Europe, état des lieux 1998, CERA, 1998, p. 369. 156. Créé par le norvégien Alfred Olsen, le site « Holywar » était hébergée sur le site même d'Ahmed Rami jusqu'en 1998. 157. « L'antisémitisme de Genet est un révisionnisme; son actualité est dans la remise en cause de la Shoah, son intemporalité dans le rejet du juif en dehors de l'histoire  », écrivait Samuel Bumenfeld, « Le racisme de la lettre. Antisionisme et antisémitisme de Jean Genet : analyse critique d'Un Captif amoureux. », Pardès, n°6 1987, p. 122. 158. Le CEDADE est une officine espagnole nazie, c'est même « le plus riche des groupes nazis du monde ». Voir René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, op. cit., p. 199.

Le Négationnisme sur Internet

Genèse, stratégies, antidotes

Par Gilles Karmasyn,
en collaboration avec Gérard Panczer et Michel Fingerhut

Revue d'histoire de la Shoah, no 170, sept-déc. 2000

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7. Les sites négationnistes

Sites négationnistes, surabondance et redondance

Le nombre de sites web négationnistes est apparemment peu élevé, environ une vingtaine89, par rapport à celui de tous les sites fournissant une propagande de haine. Il faut cependant remarquer qu'un nombre beaucoup plus élevé consacre des pages à l'affaire Garaudy, le plus souvent favorables à ce dernier. On citera notamment le site Terre et Peuple90, déjà mentionné. Les sites traitant de Garaudy y adjoignent en général des textes négationnistes et antisémites. Ainsi, le site d'Al Ahram (organe du gouvernement égyptien), parlant du « mythe de l'Holocauste91 » dans le cadre de l'affaire Garaudy, le site Support Garaudy établi au Qatar92, voire le Web Café de San José93.

La plupart des sites web négationnistes sont anglophones. Mais on trouvera des sites en italien, en allemand, espagnol, arabe, indonésien, flamand, et bien sûr en français. Les principaux sites anglophones proposent des traductions. On constatera que la grande majorité de ces sites sont des émanations d'activistes du négationnisme de longue date. Il y a très peu de nouveau venus. La zoologie des sites web négationnistes ne fait que reprendre celle des membres les plus important de la secte94. Tous les sites reproduisent ad nauseam à peu près les mêmes matériaux: pamphlets antisémites, antisionistes, dénonciations d'un complot juif de domination mondiale, parfois les Protocoles des Sages de Sion, classiques de la « littérature » négationniste, pleurnicheries et martyrologie « révisionnistes » (sur l'air de « regardez donc toutes les misères qu'on nous fait »). Ils ne manquent pas de multiplier les liens les uns vers les autres, ainsi que vers des sites extrémistes de toutes natures. Ils ont d'autre part quasiment tous une activité commerciale de vente de pamphlets et d'ouvrages. Le négationnisme est aussi une affaire d'argent.

L'un des premiers sites web négationnistes fut celui de Ersnt Zündel. Zündel95 est l'un des principaux négationnistes au monde, et un grand ami de Faurisson. Ernst Zündel, est un nazi auto-proclamé. Il est le co-auteur, avec Georges Dietz, un ancien Banhführer de la Hitlerjugend, d'un ouvrage intitulé The Hitler We Loved and Why (publié par White Power Publications...), sous le pseudonyme de Friedrich Christhof96. Zündel a utilisé le pseudonyme de Friedrich Christhof pour plusieurs parutions dont un pamphlet organisant la « recherche des bases d'OVNI de Hitler dans l'Antarctique ». Zündel fait partie, avec Georges Dietz des fondateurs du « White Power movement »97. A partir de 1976, Ernst Zündel inonde la planète, et notamment l'Allemagne, de publications négationnistes et faisant l'apologie d'Hitler et du IIIe Reich. Dès 1981 il est l'un des principaux fournisseurs de propagande néo-nazie en Allemagne98. Les tentatives de poursuites contre lui ne furent finalement pas couronnées de succès99. Dès 1985 Faurisson était témoin de la défense en faveur de Zündel. C'est Faurisson qui fait financer par Zündel le rapport pseudo-scientifique de l'escroc américain Fred Leuchter100, dont les négationnistes ont longtemps fait des gorges chaudes101. En 1991, Zündel est l'organisateur d'un congrès néo-nazi en Allemagne.

Entre 1993 et 1995, Zündel distribuait un programme radiophonique et télévisuel hebdomadaire intitulé « Another Voice For freedom102 », à des stations à travers tous les Etats-Unis103. C'est Tom Metzger (voir supra) qui a aidé Zûndel a faire ses premiers pas sur l'Internet en 1995104. Sur le site web d'Ersnt Zûndel, le Zündelsite, on trouve aujourd'hui l'opuscule de Richard Harwood, les multiples « rapports » de Fred Leuchter, de nombreux pamphlets et « introductions » au négationnisme, des traductions de ces pamphlets en Allemand, en Français, en Russe, Roumain, Hongrois, Portugais, Suédois, des extraits d'une littérature qui se veut « antisioniste », une section consacrée à Garaudy, ainsi que l'intégralité des articles de la très française Revue d'histoire révisionniste105. Au total, l'équivalent de plusieurs dizaines de volumes de propagande de haine.

A partir de la fin des années 1970, et au cours des années 1980, les négationnistes tentent de présenter visage plus respectable en posant à la scientificité. L'Institute for Historical Review106 californien, qui regroupe d'anciens SS, des négationnistes, des racistes et des néo-nazis, organise des conférences « révisionnistes » depuis 1979107. Il publie également un journal qui prétend offrir une façade scientifique, le Journal of Historical review (JHR). Négation de la moindre culpabilité ou responsabilité nazie dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale (les responsables sont les Alliés et les Juifs108...), ratiocinations sur les atrocités alliées, négationnisme, antisémitisme plus ou moins explicite sont au programme de cette publication. Dès 1995109, Greg Raven, directeur adjoint de l'IHR permettait l'accès à des pamphlets négationnistes par FTP110. De 1996 à 1998, Greg Raven mettait le matériel de l'IHR à disposition sur ses pages web personnelles. Depuis 1998 l'IHR a son propre site web, géré par Greg Raven. On y retrouve la quasi intégralité des articles publiés dans le JHR depuis 20 ans, soit plusieurs centaines d'articles, des opuscules d'Harwood, Zündel, Faurisson, une traduction anglaise de Rassinier, et la reproduction de l'ouvrage de Theodore Kaufman111 (cf. supra). Plusieurs milliers de pages de négationnisme et d'antisémitisme.

Bradley R. Smith112 vient de plus loin qu'il n'aimerait le faire croire113. Dans les années 1980, il éditait Prima Facie, une publication négationniste et antisémite114. Puis Smith rejoignit l'IHR où il collabora à sa lettre d'information, avant de lancer un projet de radio au sein de l'IHR. Au début des années 1990, il fonde, avec Mark Weber115, le Comitee for Open Debate Of the Holocaust (CODOH). Bradley Smith s'est principalement illustré par ses tentatives, souvent réussies, de faire paraître des encarts négationnistes dans les journaux d'étudiants116. Il nie aujourd'hui ses liens avec l'IHR117. Il tente de se donner un aspect raisonnable et raisonnant. La lecture de ses protestations de bonne foi et de bonnes intentions a un coté quasi-mielleux. Cette impression disparaît bien vite à la lecture de ce qui se trouve sur son site web.

Sur le site du codoh, on trouve les nombreuses « réflexions » de Bradley Smith lui-même, ainsi qu'une autobiographie118, une section consacrée à « la liberté intellectuelle » - en fait un ensemble de textes sur les « persécutions » subies par les négationnistes -, et une section « révisionniste » proposant de nombreuses sous-sections classées par thèmes, entre autres : « atrocités alliées », « chambres et camions à gaz », « Sionisme, Stalinisme et Holocauste ». Dans cette section, on trouve l'opuscule négationniste de Garaudy, divers textes soutenant pêle-mêle la complicité « sioniste » avec les bolcheviques, avec les nazis, etc. Une masse ahurissante de textes antisémites sous couvert d'« antisionisme ». Le site web met un point d'honneur à suivre l'actualité politique proche-orientale: tout est interprété au prisme d'une théorie où les Israéliens sont assimilés à des nazis cherchant à dominer toute la région, sinon le monde, Israël étant la conséquence directe du « mensonge d'Auschwitz ». Le site du codoh propose un forum de discussion sur le site web même. De nombreuses rubriques sont consacrées à la culpabilité des Alliés dans le déclenchement et la conduite de la Seconde Guerre mondiale. L'innocence nazie y est quasiment consubstantielle. Plusieurs rubriques sont consacrées à des négationnistes particuliers, dont Faurisson et Irving. Une vaste section « internationale » propose des textes en Allemand, Danois, Polonais, Norvégien, Russe, Espagnol, Suédois, Turc, Arabe et Français: des textes de Faurisson, Garaudy, Serge Thion (notamment les Chroniques du Temps Irréparable), Eric Delcroix, Henri Roques, mais aussi des traductions d'opuscules de Mark Weber, Carlos Porter, etc. Des centaines de pages en français pour des milliers de pages en anglais, sans compter les autres langues, dont on n'a donné ici qu'un très bref aperçu. En outre, Bradley Smith offre à Russ Granata, un éditeur négationniste, de la place sur le site web du codoh, pour le propre site web de Granata, qui propose évidemment des « essais » et des annonces et vente d'ouvrages négationnistes, de cassettes audio de la même eau, des « documents » dont le programme du parti nazi.

John C. Ball, contributeur occasionnel au JHR, s'est spécialisé dans l'analyse des photos. Sa méthodologie hypercritique rejoint celle de Porter. Il multiplie les « analyses » de photos et de plans. Il en déduit que les témoins mentent ou que les photos sont trafiquées. Son « sérieux  » a été démontré à l'occasion d'une opération interneto-médiatique pour le moins ratée. John C. Ball prétend, entre autres, que les photos aériennes d'Auschwitz où l'on aperçoit des bâtiments de gazage et de crémation ont été trafiquées par la CIA. Méthode classique des négationnistes: quand un élément n'est vraiment pas réinterprétable, on décrète que c'est un faux. Il a écrit un ouvrage sur le sujet119. Et a offert $100 000 (cent mille dollars) à quiconque pourrait prouver que ce qu'il avançait était faux. Cette offre, ce défi120, fut pendant un moment la première chose que l'on voyait apparaître sur son site web. Sans doute Ball comptait que personne ne relèverait son « défi ». Il se trompait. Des personnes habituées à la rhétorique négationniste ont donc envoyé leur proposition à John C. Ball par courrier recommandé, puis ont essayé de le contacter par tous les moyens possibles, poste, courrier électronique, etc. John C. Ball demeura injoignable, comme envolé. Pendant trois mois il avait disparu. Au bout de trois mois, la proposition des $100 000 avait disparu du site web, le « défi » avait cessé d'exister. Sans un mot d'explication aucun. Pas le moindre121.

L'écrivain britannique David Irving présente un cas intéressant. Il n'a pas toujours été négationniste et, s'il n'a jamais été historien, n'en n'a pas moins été longtemps considéré, par les médias, comme un spécialiste des archives du IIIe Reich122. Ses thèses extrêmement - au sens propre - iconoclastes le placent depuis plus de trente ans en marge de l'historiographie123. Dès 1977 il soutenait124 qu'Hitler n'avait pas été au courant de la Solution Finale125 et (d'une façon quelque peu contradictoire) avait même essayé de l'arrêter126. En fait, dès ses premiers ouvrages Irving avait été stigmatisé pour ses manipulations et ses falsifications127. Irving fréquente depuis longtemps les conférences de l'IHR (au moins depuis 1983) et les rassemblements et associations de l'extrême-droite128. Il est aussi un contributeur régulier au Journal of Historical Review129. Dès 1985 il témoignait en faveur de Zündel. La « conversion » d'Irving au négationnisme date de 1988, de sa lecture du « rapport » Leuchter130. Mais cela faisait longtemps qu'Irving « sympathisait » avec le milieu négationniste et était courtisé par Faurisson131. En 1989, Irving publie et préface l'édition britannique du « rapport » Leuchter132. Il est devenu depuis un négationniste à part entière. Il énonce devant des parterres néo-nazis des histoire « drôles » et des calembours sur le génocide juif. On les épargnera ici au lecteur. David Irving dispose depuis plusieurs années d'un site web où il permet de télécharger plusieurs de ses ouvrages, où il distille sur des centaines de pages sa défense du IIIème Reich, son antisémitisme et son négationnisme. Ces pages sont particulièrement perverses dans la mesure où Irving maîtrise la « forme » savante des publications historiques, ton modéré, citations, références apparemment précises, notes de bas de page, etc. De plus, le négationnisme d'Irving se concentre uniquement, explicitement sur les chambres à gaz d'Auschwitz, et implicitement sur celles de Chelmno, Sobibor, Treblinka, mais Irving « concède » par « honnêteté », les massacres commis par les Einsatzgruppen, voire ceux commis dans les camions à gaz. Il niera évidemment le caractère systématique, et décidé par la hiérarchie nazie, de ces massacres en employant une rhétorique « révisionniste » classique. Irving consacre, entre autres, des pages à Faurisson et Leuchter. Un ensemble très important de pages sont regroupées sous l'intitulé « les controverses d'Auschwitz », principal objet de la négation d'Irving. Sa démarche doit tout à l'hypercritique et à des falsifications plus ou moins subtiles133. Il multiplie les photos de dirigeants nazis, les réinterprétations frauduleuses de documents, il y déploie avec compétence tout l'arsenal de la méthodologie négationniste. Cependant ces pages d'apologie du IIIème Reich et de négation sont noyées dans ce qui constitue le principal sujet d'intérêt de Irving: Irving lui-même, sa vie, son oeuvre, ses misères134. Irving propose de nombreuses rubriques où s'étale une paranoïa maladive. Il appelle les Juifs « nos ennemis traditionnels », et intitule une section « Origines de l'antisémitisme ». C'est avant tout un répertoire de mauvaises actions dont les auteurs sont identifiés par leur judéïté, de réactions, émanant de personnes identifiées comme juives, contre la propagation des thèses négationnistes, contre les néo-nazis, et contre Irving, qui y voit, bien-sûr, un complot. Irving y donne des liens vers des sections sur les « crimes juifs » (« sous le communisme », « pendant l'occupation allemande », « après la Seconde Guerre mondiale », « au Moyen-Orient ») sur un site web particulièrement haineux, « Les Archives ukrainiennes ». Il en ressort que ce qui cause l'antisémitisme aux yeux d'Irving..., c'est la lutte des Juifs contre l'antisémitisme! Le tout est présenté sous la bannière de la défense de la liberté d'expression.

Dans l'aire anglophone, il faudrait encore parler en détail de plusieurs autres sites web. De celui de Carlos Porter, site hébergé en Grande Bretagne, spécialisé dans la dénonciation du Procès de Nuremberg et qui considère que le génocide est une fabrication judéo-soviétique. Son site multilingue propose un paradigme des excès hypercritiques pratiqués par les négationnistes. On y trouve plusieurs textes en français, dont le texte fondateur du négationnisme de Maurice Bardèche135, des collaborations avec le néo-nazi négationniste français Vincent Reynouard, et des traductions de ses propres productions. Encore un réservoir de plusieurs dizaines de textes, à dominante paranoïaque. Sur le site web de l'éditeur britannique, l'Historical Review Press136, éditeur historique de Richard Harwood, le négationnisme ne cache pas l'antisémitisme. On retrouve du Faurisson, le « rapport » Leuchter, Mein Kampf, un livre de 1938 sur les meurtres rituels juifs, La question juive de Eugen Dühring, un ouvrage de Dietrich Eckart137, Bolchevism, from Moses to Lenin. L'Historical Review Press propose également un énorme catalogue de livres et pamphlets racistes, antisémites et négationnistes à commander. Sur le site web « Revisionism », on trouve encore les « rapports » Leuchter, les opuscules de Richard Harwood, Kaufman, Rassinier, des interview de Zündel et Irving. Le site de Michael Hoffman II138 propose du matériel raciste, antisémite (resucée des délires de l'antijudaïsme chrétien sur le Talmud), une rubrique sur « L'holocauste israélien contre les Palestiniens », et bien évidemment une rubrique négationniste.

Il existe plusieurs sites web négationniste en allemand139 (outre les sections allemandes des sites déjà mentionnés). Cependant, un site se détache particulièrement depuis quelque temps, par la masse de textes qu'il fournit et la personnalité de son principal animateur. Il s'agit du flamand VHO140, une officine proprement nazie, créée en 1985 par les frères Siegfried et Herbert Verbeke et Jeanine Colson, la compagne d'un vieux nazi, André van Hecke. Siegfried Verbeke est un pilier de l'extrême droite flamande et négationniste de longue date141. L'orientation en est immédiatement ultra-antisémite et ultra-négationniste. C'est au VHO que le négationniste et néo-nazi français Vincent Reynouard142 édite la plupart de ses opuscules, certains en collaboration avec Carlos Porter. Le VHO a son propre site web dont l'animateur est Germar Rudolf. Germar Rudolf était étudiant en chimie en 1991, et sympathisant d'extrême droite143, raison pour laquelle l'avocat du négationniste et ancien général Otto Ernst Remer le contacta, dans le but de rédiger une « expertise » sur les chambres à gaz d'Auschwitz dans le cadre d'un procès intenté contre Remer. Rudolf a donc marché dans les traces de Leuchter et rédigé une « expertise » dans le but de démontrer « l'impossibilité technique » des meurtres par gazages à Auschwitz. Son « rapport » ne fait que reprendre, et s'appuyer sur, les classiques négationnistes, et constitue une escroquerie scientifique, pierre supplémentaire dans le jardin déjà bien encombré des négationnistes. Il a quasiment remplacé Leuchter (devenu entre temps de moins en moins présentable) dans le coeur des négationnistes. Depuis son « rapport », Germar Rudolf a multiplié les publications négationnistes en Allemand sous divers pseudonymes, s'affublant de titres universitaires qu'il ne possède pas et se citant lui-même en guise de référence... En 1997, il était condamné par une cour de justice allemande. Rudolf s'est enfui et réfugié en Grande-Bretagne d'où il gère le site web nazi du VHO. Sont reproduits sur ce site des dizaines d'ouvrages en allemand d'inspiration nazie et/ou négationniste, dont la plus grande part de la production de Rudolf, en partie également traduite en anglais et en français. Des dizaines d'articles extraits de journaux d'extrême-droite et négationnistes en allemand, mais aussi la quasi totalité des articles de JHR. L'équivalent de plusieurs milliers de pages. Le site propose également un index par auteur avec accès à plus de 2500 textes dans toutes les langues, et situés sur la plupart des sites négationnistes déjà mentionnés.

On n'a cependant pas décrit les plus importants des sites négationnistes. Il nous faut ici présenter l'islamiste marocain réfugié en Suède, Ahmed Rami. Rami fut à la fin des années 1960 un jeune officier marocain proche du général Oufkir, qu'il « arabisa »144. Raouf Oufkir, le fils du général, rapporte que Rami était « un fou furieux, un jeune Kadhafi », dont l'idole était Nasser. C'était aussi un antisémite virulent145. Ahmed Rami disait d'Hitler qu'il « aurait du achever son oeuvre » d'extermination des Juifs146. En 1972, la tentative d'assassinat d'Hassan II par Oufkir échoue. Oufkir sera « suicidé ». Rami s'exilera en Suède où il prétendra, afin d'obtenir l'asile politique, avoir participé au coup d'état d'Oufkir. En 1987, il fonde Radio Islam avec David Janzon, membre du Sveriges Nationella Förbund, un vieux groupuscule nazi. Il y diffuse en continu de la propagande antisémite, néo-nazie et négationniste. Certaines des émissions de Rami reprennent mot pour mot des articles du Stürmer de Julius Streicher147. Rami cotoit les néo-nazis. Il est condamné à six mois de prison en 1990. A sa sortie de prison, il se rend en Iran pour une « conférence internationale pour le soutien de la révolution palestinienne » où il s'exprime devant des centaines de journalistes arabes et iraniens148, il se rend aussi aux conférences de l'IHR, invite plusieurs fois Faurisson dont il devient l'ami149. Radio Islam cesse d'émettre entre 1993 et 1995. Les émissions reprennent en 1996150 et Rami inaugure son site web. Dans son numéro d'avril 1996, Rivarol en faisait la publicité151. Ce site web est un site fédérateur : outre le site même de Radio Islam, il héberge quantités d'autres publications, dont le principal et énorme site web négationniste en français, celui de l'AAARGH152 de Pierre Guillaume153 et Serge Thion.

Le site même d'Ahmed Rami, reprend de façon exhaustive ses obsessions, ce en plus de dix langues, dont le français est l'une des plus représentée. Il est l'illustration de la remarque de Valérie Igounet: « L'imbrication de la propagande négationniste et de la propagande fondamentaliste antisioniste est exemplaire. Les soubassements rhétoriques d'Ahmed Rami, nouvel héros de cette contestation, intègrent des thèses islamistes ultra-radicales imprégnées d'antisionisme et d'antisémitisme154 ». Le tout est d'une violence inouïe. On y trouvera, la plupart temps aussi en français, outre les habituelles rubriques narcissiques de Rami sur Rami lui-même, la panoplie complète de l'antisémite moderne: Protocoles des Sages de Sion (en huit langues), le pamphlet antisémite d'Henry Ford, The International Jew, des extraits des délires antisémites de Luther, ceux du leader noir américain Farrakhan, mais aussi La Question juive de Karl Marx, des listes de Juifs (dans la finance, dans les médias, dans la diplomatie), d'innombrables caricatures antisémites dignes des pires heures de l'antisémitisme nazi et des discours de Drumont, des dénonciations paranoïaques de la domination juive mondiale (la France, comme les Etats Unis, est un pays « occupé » par les Juifs... on parle de « mafia juive », du « terrorisme juif », etc.), des critiques hystériques et mortifères d'Israël. Coté négationnisme, Rami offre, outre un panégyrique de Faurisson, plusieurs ouvrages de Garaudy, des versions françaises des opuscules de Jurgen Graf155 et Richard Harwood (par ailleurs proposé en cinq autres langues), l'introduction aux Écrits révisionnistes de Faurisson, Vérité historique ou vérité politique de Serge Thion, mais aussi de nombreux et divers textes de Faurisson, Serge Thion et d'autres auteurs moins connus, mais non moins véhéments. On trouvera aussi un tract, co-signé par La Vieille Taupe, prenant la « défense » de Brigitte Bardot (en 1996), et dont la version originale (cf infra) appelait au meurtre de Mouloud Aounit, alors président du MRAP. On ne peut dresser ici une liste exhaustive des ignominies du site d'Ahmed Rami, tant par souci de place que par limite de la capacité de résistance des auteurs, sinon des lecteurs. Ahmed Rami fournit des liens vers d'autres sites dont le point commun est l'antisémitisme (tel ce site web site intégriste catholique antisémite d'une rare virulence, « Holywar »156) et le négationnisme.

Rami héberge ainsi qu'on l'a dit, plusieurs autres sites web, dont des sites web néo-nazis allemands et suédois, le site du parti russe antisémite d'extrême-droite, le Pamyat, un site web de textes iconoclastes (humour pédophile de Pierre Louÿs, pamphlets antisémites de Céline, textes de Jean Genet157) une copie intégrale du site web d'Ernst Zündel, le site négationniste de Pedro Varela (en espagnol), membre important du CEDADE158, une page consacrée aux textes de Serge Thion, négationnistes ou non, dont plusieurs de ses textes sur le Cambodge.

       


Notes.    

89. Pour citer les principales: le site d'Ernst Zündel, Le Codoh de Bradley Smith, Radio Islam d'Ahmed Rami, l'IHR de Mark Weber et Greg Raven, Le VHO de Germar Rudolf, l'Adelaide Institute de Frederik Töben, le site de Michael Hoffman II, les pages d'Arthur Butz, celles de Carlos Porter, celles de Raeto West, de John C. Ball, les Focal Point Publications de David Irving, les « Ukrainian Archives  », l'« AAARGH » de Pierre Guillaume et Serge Thion.  

90. La « Lettre Terre et Peuple » de décembre 1998, dont le contenu est disponible sur le site contient une longue interview de Garaudy.  

91. Il faut remarquer que le négationnisme arabe, récemment illustré, en février 2000, par des déclarations d'officiels syriens (voir: http://www.nizkor.org/ftp.cgi/orgs/syrian/press/NY_Times.000131), et notamment le négationnisme égyptien, n'est pas une nouveauté. On peut en retrouver l'origine à l'époque, à la fin des années 1950, où Johann von Leers, ancien adjoint de Goebbels réfugié en Egypte et converti à l'Islam sous le nom d'Omar Amin, était le chef de la propagande antisémite de Nasser. Von Leers était au début des années 1960 en relation épistolaire avec le guru posthume de la secte négationniste, Rassinier. Sur ces points voir Patrice Chairoff, Dossier néo-nazisme, Editions Ramsay, 1977, p. 450-454, et Nadine Fresco, Fabrication d'un antisémite, Seuil, 1999, p. 45-50. Voir aussi, sur le web: http://www.phdn.org/negation/rassinier/leers.html  

92. Après une existence de plus de deux ans, ce site semble avoir aujourd'hui disparu. Le soutien de la plus grande partie du monde arabo-musulman, du Maroc à la Syrie, voire l'Iran, à Garaudy, a été pour celui-ci une aubaine médiatico-financière qui a très largement compensé le montant de sa condamnation. Voir Esther Webman, « Rethinking the holocaust: an open debate in the arab world », Antisemitism Worldwide 1998/9,http://www.tau.ac.il:81/Anti-Semitism/asw98-9/webman.html.  

93. Offrant les Chroniques des Événements Survenus dans le Royaume de Frénésie sur l'affaire Garaudy, par un anonyme s'intitulant « un piéton de Paris », aux côtés de références vers des sites qui offraient Le Grand Secret du Docteur Gubler.En fait ces textes étaient parus dès 1996 dans une publication photocopiée, rédigée et éditée par Serge Thion, Global Patelin (cf. infra)  

94. On pourra donc se reporter, en complément de ces lignes, aux ouvrages et articles déjà cités de Deborah Lipstatd, Pierre Vidal-Naquet et Nadine Fresco.  

95. Né en Allemagne , Ernst Christof Friedrich Zündel émigre au Canada en 1958, où il est rapidement pris en main par le fasciste québécois Adrien Arcand, après quoi il évolue dans les milieux néo-nazis canadiens. Il commence son entreprise de publication de matériel nazi et négationniste en 1976. Voir Aurel Braun, Stephen Scheinberg, op. cit., p. 50. Sur Zûndel en général et ses procès en particulier, voir Manuel Prutschi, « The Zündel Affair », dans Alan Davies (ed), Antisemitism in Canada: History & Interpretation, Waterloo, Ontario: wilfried Laurier University Press, 1992, p. 249-277. Disponible sur le web: http://www.nizkor.org/hweb/people/p/prutschi-manuel/zundel-affair/za-01.html. Voir également , Leonidas E. Hill, « The Trial of Ernst Zündel: Revisionism and the Law in Canada », Simon Wiesenthal Annual, vol. 6, 1990; sur le web: http://motlc.wiesenthal.com/resources/books/annual6/chap07.html (désormais: http://motlc.wiesenthal.com/site/pp.asp?c=gvKVLcMVIuG&b=395157).  

96. C'est un autre négationniste, Michael Hoffman II, qui rapporte que Dietz a rédigé une bonne partie de The Hitler we loved and why, généralement attribué au seul Friedrich Christof (ou Christhof), c'est-à-dire à Ernst Zündel. Voir Michael Hoffman II, The great holocaust trial, 1985, p. 72, cité dans Daniel Keren & Ken McVay (traduction Gilles Karmasyn), « Une réponse à la "Q&A" 62 par Nizkor », 66 Questions et réponses négationnistes réfutées par Nizkor, http://www.phdn.org/negation/66QER/  

97. Patrice Chairoff, op. cit., p. 361 et 386. Chairoff ne fait pas le rapprochement entre Friedrich Christof et Ernst Zündel, mais l'identité de Friedrich Christof est aujourd'hui de notoriété publique.  

98. Deborah, Lipstadt, op. cit., p. 158.  

99. Zündel fut condamné en 1985 pour la diffusion de matériel négationniste, en vertu d'une loi canadienne contre la propagation de fausses nouvelles, mais le jugement fut annulé pour des raisons de procédure. Zündel fut de nouveau jugé et condamné en 1988. Ce verdict fut cependant annulé, la cour suprême canadienne déclarant que la loi en vertu de laquelle Zündel avait été poursuivi était anticonstitutionnelle. Voir Manuel Prutschi, op. cit. et sur le web: http://www.nizkor.org/hweb/people/p/prutschi-manuel/zundel-affair/za-02.html  

100. Sur Leuchter et son frauduleux « rapport », tissu d'inepties scientifiques habillant de vieilles lubies faurissonienness, voir Ken McVay, Le rapport Leuchteur, un FAQ, traduction Gilles Karmasyn, http://www.phdn.org/negation/leuchfaq.html. Voir aussi Shelly Shapiro (sous la direction de), Truth Prevails, Demolishing Holocaust Denial: the end of "The Leuchter report", The Beate Klarsfeld Foundation, New York, 1990. On sera surpris de voir que Valérie Igounet se laisse prendre par les intoxications négationnistes en écrivant de Leuchter qu'il est « le concepteur du système des chambres à gaz américaines » (Valérie Igounet, op. cit., p. 360 n. 50.). Il s'agit d'une contre-vérité propagée par les négationnistes mais réfutée depuis longtemps. C'est là une des rares critiques que l'on peut faire au travail, autrement précieux et imposant, de Valérie Igounet.  

101. La version allemande du « rapport Leuchter », distribuée par un associé munichois de Zündel, est la publication négationniste la plus diffusée en Allemagne (Aurel Braun, Stephen Scheinberg, op. cit., p. 116).  

102. Yvonne Schleiter, la soeur de Faurisson (voir note 6), a, avec son mari René, donné une interview à Zündel « sur l'état du révisionnisme en France ». Il s'agit de la cassette n°345 en vente sur le site de Zündel.  

103. Rand C. Lewis, The Neo-Nazis and German Unification, op. cit., n. 1 p. 92. Rand C. Lewis précise que le contenu particulièrement odieux de ces programmes incita nombre de stations à en interrompre la diffusion, mais que Zündel alla devant une cour fédérale afin d'imposer la diffusion de ses programmes sur les réseaux cablés.Sur les émissions télévisées de Zûndel, voir aussi Aurel Braun, Stephen Scheinberg, op. cit., p. 222-223.  

104. Tom, Metzger, Segment of White Aryan Resistance answering machine message at 619-723-8996, dated March 31, 1996, recorded April 5, 1996, Nizkor: http://www.nizkor.org/ftp.cgi/people/m/metzger.tom/audio/war-960331-zundel-transcript  

105. Revue négationniste qu'Henri Roques fit paraître au début de 1990 à 1992. Henri Roques, aujourd'hui proche du FN, est un vieux routier de l'extrême droite française et cotoyait Rassinier dans les années 1960. Voir Jean-Yves Camus et René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, op. cit., p. 96-97. Voir également Valérie Igounet, op. cit., p. 139-142. Voir aussi Peter Grosz, « Révision », dans CRIDA, Rapport 1996. Panorama des actes racistes et de l'extrémisme de droite en Europe, CRIDA, 1996, p. 183-184.  

106. Voir note 40. Le directeur actuel de l'IHR, Mark Weber, est un ancien activiste de la National Alliance, un important groupe néo-nazi américain dirigé par William Pierce (Michael Shermer, Why people believe weird things, W. H. Freeman and Company, 1997, p. 193).  

107. Y ont, entre autres, participé, Faurisson, dès 1979 puis à de nombreuses reprises, l'ancien SS Léon Degrelle, Arthur Butz, David Irving, Ernst Zündel, Fred Leuchter, Noam Chomsky, en 1985 pour un long exposé sur « la crise du Moyen-Orient et la menace de la guerre nucléaire  » (René Monzat, Enqûetes sur la droite extrême, op. cit., p. 197), Henri Roques, l'ancien général Major Otto Ersnt Remer, l'ancien SS Thies Christofersen, Wilhelm Stäglich, Ditlieb Felderer, et bien d'autres (ibid.). Ces conférences sont le passage obligé des négationnistes de « renom ». A l'heure de la rédaction de la présente étude, la prochaine conférence était prévue pour les 27-29 mai 2000. Faurisson est au programme. Faurisson est par ailleurs, depuis les premiers numéros, membre du comité de rédaction du Journal of Historical Review. Lors de la conférence de 1983, le néo-nazi britannique Keith Thomson déclara que « si, en fin de compte, l'holocauste a bien eu lieu, alors tant mieux! » . Cela fut accueilli par des tonnerres d'applaudissements (Poisoning the Web: Hatred Online de, op. cit., http://www.adl.org/poisoning_web/ihr.html).  

108. « Les animateurs de l'IHR insèrent donc leur activité négatrice dans un cadre politique précis. Ils dénoncent un complot ayant conduit les États-Unis à s'engager dans les deux guerres mondiales. Des groupes politiques dont certains animateurs de l'IHR sont membres, nomment les comploteurs : les financiers juifs, communistes, francs-maçons et anglophiles ayant mis le gouvernement américain sous tutelle » (René Monzat, Enqûetes sur la droite extrême, op. cit., p. 198).  

109. Jeffrey Kaplan, « Right-Wing Violence in North America », Terror from the Extreme Right, sous la direction de Tore Bjorgo, Frank Cass, 1995, p. 69.  

110. File Transfer Protocol: méthode de transfert de fichiers (informatiques) sur réseau informatique, notamment sur l'Internet.  

111. Voir http://www.phdn.org/antisem/kaufman.html et note 75.  

112. A ne surtout pas confondre avec Bradley F. Smith, historien américain auteur d'études sur la jeunesse d'Himmler et le procès de Nuremberg.  

113. Bradley Smith cherche à se faire passer pour un « libertaire ». Aucun travestissement ne rebute décidément les négationnistes... Il y eut dans les années 1970 un Bradley J. Smith qui publiait un bulletin nationaliste et mcCartyste, American Victory, diffusé par « Steppingstones publications », spécialisé dans les publications néo-fascistes et racistes (Patrice Chairoff, op. cit., p. 371; Ciaran O Maolain, op. cit., p. 408, 398). Steppingtones diffusait également des traductions de Rassinier.  

114. Deborah Lipstadt, op. cit., p. 185. Certains articles de Prima Facie étaient réimprimés dans Spearhead, l'organe du parti d'extrême droite britannique, le National Front (ibid.).  

115. Aujourd'hui directeur de l'IHR, Weber exprimait publiquement, en 1989, ses convictions racistes. Avec son engagement dans le négationnisme, il s'est peu à peu abstenu de renouveler de semblables déclarations (Deborah Lipstadt, op. cit., p. 186). Voir aussi note 106. Les liens de Mark Weber avec les néo-nazis allemands ont été démontrés en 1993 par le centre Simon Wiesenthal; voir http://www.nizkor.org/ftp.cgi/people/w/weber.mark/weber.swc  

116. Deborah Lipstadt, op. cit., p. 183-208.  

117. Deborah Lipstadt, op. cit., p. 185.  

118. On retrouve ce narcissisme négationniste chez Zündel, Faurisson, Rami, Irving: tous auteurs de textes autobiographiques mettant en scène leurs « aventures intellectuelles », leurs « persécutions », etc. Souvent ces auto-panégyriques sont accompagnés de photographies. Tout cela est toujours d'une suffisance pathétique.  

119. Voir Michael Shermer, op. cit., p. 233.  

120. Ce genre de « défi » est une spécialité négationniste à but avant tout publicitaire. Le but étant de pouvoir affirmer « Personnne ne relève le gant; nous avons donc raison  ».. Le précurseur de ce genre de coup médiatique fut David Irving en 1977 (Michael Shermer, op. cit., p. 195). Il offrait alors $1000 à quiconque lui apporterait la preuve qu'Hitler avait ordonné l'extermination des Juifs. En 1980, l'IHR a offert $50 000 pour la preuve qu'un Juif avait été gazé. Le « défi » fut relevé par Mel Melmerstein, un ancien déporté d'Auschwitz. Mais l'IHR refusa, bien sûr, de payer. Melmerstein poursuivit l'IHR et obtint gain de cause. Voir Deborah Lipstadt, Denying the Holocaust, op. cit., p. 138-141. Voir aussi Peter Grosz, « Révision », op. cit., p. 191-192.  

121. Voir Nizkor, John Ball's $100,000 Challenge: where is John Ball ?, http://www.nizkor.org/features/ball-challenge/.  

122. Le parti pris d'Irving dans ses écrits des années 1960, très favorable à l'Allemagne, pour ne pas dire au nazisme et à Hitler, lui a ouvert bien des portes d'anciens nazis, SS, ou collaborateurs des sphères dirigeantes nazies. On lui a ouvert moult archives privées et accordé bien des entretiens, ce qui a contribué à enrichir son fond documentaire. Irving a d'ailleurs tendance à prendre pour argent comptant tout ce que les anciens nazis lui racontent (voir note 127). L'honnêteté et la compétence d'Irving peuvent être mesurées à l'aune du rôle versatile et peu glorieux qu'il joua, en Allemagne, à l'occasion de l'affaire des faux carnets d'Hitler. A ce propos, voir Robert Harris, Selling Hitler, the Story of the Hitler diaries, Faber and Faber limited, Londres, 1986. Voir, sur le web : http://www.nizkor.org/hweb/people/i/irving-david/reviews/harris-on-irving-01.html.  

123. Toute la production d'Irving vise à charger les Alliés et à disculper d'abord Hitler, puis la hiérarchie nazie. Cela n'a rien de surprenant. Irving se décrivait en 1959 comme un « fasciste modéré » dans un article où s'étalaient racisme et antisémitisme . Voir Roni Stauber, From Revisionism to Holocaust Denial - David Irving as a Case Study, The Stephen Roth Institute for the study of anti-semitism and racism, 2000, http://www.tau.ac.il/Anti-Semitism/irving.html, n. 43. Au début des années 1980, il a même essayé de fonder son propre parti néo-fasciste (Deborah Lipstadt, op. cit., p. 161).  

124. David Irving, Hitler's War, Londres, 1977.  

125. Que cela fut absolument contraire à la réalité a été magistralement démontré par Martin Broszat, « Hitler und die Genesis der "Endlösung". Aus Anlaß der Thesen von David Irving », Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, No 4, vol. 25, oktober 1977, p. 737-775; trad. angl. : « Hitler and the Genesis of the "Final Solution". An Assessment of David Irving's Theses », dans Yad Vashem Studies, XIII, 1979, p. 73-125. Voir également Gerald Fleming, Hitler et la solution finale, Juillard, 1988, notamment p. 83-85.  

126. Cette énormité mensongère a été également réfutée par Martin Broszat, « Hitler und die Genesis... », mais aussi par G. Sereny et L. Cherster, Sunday Times du 10 juillet 1977, cité par Pierre Vidal-Naquet, Pierre Vidal-Naquet, « Thèses sur le révisionnisme », Les assassins de la mémoire, op. cit., p. 209 n. 56 (voir note 75). Voir aussi les deux essais écrits par Eberhard Jäckel en 1977 et 1978 réunis en une brochure : Eberhard Jäckel, David Irving's Hitler. A Faulty History Dissected, Ben-Simon Publications, 1993 (cette brochure est disponible sur le web: http://www.nizkor.org/hweb/people/i/irving-david/jackel/). Enfin on pourra aussi se reporter à Lucy S. Dawidowicz, The Holocaust and the historians, Harvard University Press, 1981, p. 35-38 (ce passage est disponible sur le web : http://www.nizkor.org/hweb/people/i/irving-david/dawidowicz/dawidowicz-on-irving.html).  

127. Voir Roni Stauber, From Revisionism to Holocaust Denial - David Irving as a Case Study, The Stephen Roth Institute for the study of anti-semitism and racism, 2000, http://www.tau.ac.il/Anti-Semitism/irving.html. Pour une étude spécifiquement dédiée aux falsifications et aux manipulations de David Irving, voir le Rapport Evans, rapport d'expertise produit à l'occasion du procès Irving-Lipstadt. Ce rapport est téléchargeable à partir de la page web suivante: http://www.phdn.org/negation/rapportevans.html  

128. Sur les rapports d'Irving avec l'extrême droite la plus radicale, voir Roni Stauber, op. cit., et surtout Hajo Funke, David irving, holocaust denial, and his connections to right-wing extremists and neo-national socialism (neo-nazism) in germany, 2000, http://www.nizkor.org/ftp.cgi/people/f/funke.hajo/irving-v-lipstadt/  

129. On peut le voir en photo avec le gratin du négationnisme mondial (Faurisson, Graf, Mattoggno, Weber, Ball, Granata, Zündel...) sur la couverture du numéro de novembre-décembre 1995 du JHR. (Michael Shermer, op. cit., p. 192).  

130. Voir note 100. Sur la « conversion » d'Irving, Roni Stauber, op. cit. Robert Frank a tort, en 1991, lorsqu'il écrit que David Irving « n'est en aucune manière négationniste ». Robert Frank est tout simplement en retard sur l'« évolution » d'Irving.Voir Robert Frank, « Les négationnistes britanniques », dans Relations Internationales, n°65, printemps 1991, p. 45.  

131. Robert Faurisson, Écrits révisionnistes, op. cit., tome I, p. 455-466.  

132. Voir, Philip Rubinstein, « "The Leuchter Report" in the United Kingdom », dans Truth Prevails, op. cit.  

133. Voir le Rapport Evans, accessible depuis http://www.phdn.org/negation/rapportevans.html  

134. Irving y glose notamment sur les procès qu'il intente à ses critiques. Le procès qui l'opposait à Deborah Lipstadt, qu'Irving poursuivait pour diffamation, s'est achevé le 11 avril 2000 en Grande Bretagne. Irving y consacre une bonne partie de son site web, s'apitoie sur son sort, demande de l'argent, crie au complot. Raeto West consacre une section importante de son site web au procès Irving, ainsi que d'autres sites web négationnistes. Dans ses conclusions devant la cour, Irving, qui se représentait seul, s'est enflammé au cours de son allocution, et, au lieu de s'adresser au juge en lui disant « Votre Honneur », il l'a affublé d'un sonore « Mein Führer! ».... Le jugement rendu le 11 avril innocente complètement Deborah Lipstadt des accusations de diffamation. Ce jugement est totalement dévastateur pour Irving qui est officiellement reconnu pour ce qu'il est, un apologiste d'Hitler et du IIIe Reich, un antisémite, un raciste, un falsificateur et un négationniste. Voir: http://www.courtservice.gov.uk/judgments/qb_irving.htm  

135. Nuremberg ou la terre promise. Sur Bardèche, voir Ghislaine Desbuissons, « Maurice Bardèche écrivain et théoricien fasciste ? », Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, janvier-mars 1990. Ghislaine Desbuissons, « Maurice Bardèche, un précurseur du "révisionnisme" », Relations internationales, n° 65 printemps 1991, p. 23-37. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, p. 37-60.  

136. L'Historical Review Press recevait en 1981 des subventions d'une World Muslim League basée au Pakistan (Monzat, op. cit., p. 200). L'Historical Review Press est la maison d'édition du National Front, appartenant à Anthony Hancock (Peter Grosz, « Révision », op. cit., p. 188), au long passé de militant raciste et fasciste.  

137. Eckart , un écrivain antisémite, joua un rôle important dans la formation idéologique d'Hitler. Son livre rapporte des conversations qu'il aurait eues avec Hitler. Voir François Delpla, Hitler, Grasset, 1999, p. 73-74.  

138. Proche des ultra-racistes des Aryan Nations, Michael Hoffman II a participé à leur congrès en 1986 (Ciaran O Maolain, op. cit., p. 416). C'est un illuminé, adepte des théories de conspiration et d'OVNIs, et ayant fait de la prison pour attaque à main armée sur une pharmacie de Geneva, NY, pour vol de produits stupéfiants. En 1997, Hoffman rencontrait Yvonne Schleiter, la soeur de Faurisson. (voir note 6).  

139. Voir Wilhelm Lasek et Peter Mayr, « La propagande "révisionniste" en Autriche. Organisations et publications néo-nazies », Revue d'Histoire de la Shoah, n° 166, mai-août 1999, p. 114-118.  

140. Vrij Historisch Onderzoek : fondation pour la libre recherche historique (sic).  

141. Sur le VHO, ses origines et son personnel, voir Jos Vander Velpen, Les voilà qui arrivent. L'extrême droite et l'Europe, Epo/Reflex, 1993, p. 121-122. Les publications du VHO ne se réduisent pas aux tracts nazis et négationnistes. On y trouve aussi des cassettes vidéo pour « nazis sado-masochistes » comme Filles pour le bourreau, Frauenlager 5, etc. (Jean-Yves Camus, sous la direction de, Les extrémismes en Europe, État des lieux 1998, CERA/L'aube, 1998). Remarquons encore que Faurisson a eu l'occasion de dire toute son admiration pour Siegfried Verbeke (Robert Faurisson, Écrits révisionnistes, op. cit., tome IV, p. 1752).  

142. Sur Reynouard, voir Valérie Igounet, op. cit., p. 561-563 et 565-569.  

143. Germar Rudolf fréquentait, entre autres, les Republikaner de l'ancien SS Franz Shönuber. Rudolf a lui-même écrit qu'il était séduit par les thèses négationnistes avant même d'entreprendre son « expertise » (Germar Rudolf, Kardinalfragen zur Zeitgeschichte, Eine Sammlung kontroverser Stellungnahmen von Germar Rudolf alias Ernst Gauss zum herrschenden Zeitgeist in Wissenschaft, Politik, Justiz und Medien, Anvers, VHO, 1996).  

144. Stephen Smith, Oufkir, un destin marocain, Calmann Lévy, p. 316.  

145. « Il mêle des convictions panarabes et une ardente foi musulmane à un antisémitisme viscéral » (Stephen Smith, op. cit., p. 317).  

146. Stephen Smith, op. cit., p. 318. En 1997, Ahmed Rami a répété, lors d'une interview à un magazine musical néo-nazi, Nordland, que, concernant les Juifs, Hitler était « le seul leader européen à avoir compris de quoi il s'agit » (Stephen Bruchfeld, « Suède », dans Extrémismes en Europe, CERA/Éditions de l'Aube, 1997, p. 353-354.  

147. L'Europe en chemise brune, Reflex, 1992, p. 133.  

148. Sur Rami, voir Valérie Igounet, op. cit., p. 581-583.  

149. Faurisson lui exprime « toute sa considération » de retour de son premier séjour, en mars 1992 (Robert Faurisson, Écrits révisionnistes, op. cit., tome III, p. 1376. Faurisson lui rend de nouveau hommage en décembre (ibid., p. 1460).  

150. A raison de 35 heures par semaine. En 1997, Rami y accusait les Juifs, et leurs descendants, de la responsabilité de la mort de Jésus et d'avoir incité Néron à tuer des Chrétiens (http://www.tau.ac.il:81/Anti-Semitism/asw97-8/sweden.html).  

151. Gérard Panczer , « L'Internationale négationniste sur internet », Mauvais Temps n°4 avril 1999, p. 72.  

152. Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (sic).  

153. Sur Pierre Guillaume, voir note 62.  

154. Valérie Igounet, op. cit., p. 581.  

155. Jürgen Graf, principal négationniste suisse, professeur de latin et de français, a été exclu de l'enseignement en 1993 pour avoir publié un opuscule xénophobe. Il a été condamné en Allemagne pour incitation à la violence, condamné en suisse, à 15 mois de prison ferme en 1998. Voir notamment Les extrémismes en Europe, état des lieux 1998, CERA, 1998, p. 369.  

156. Créé par le norvégien Alfred Olsen, le site « Holywar » était hébergée sur le site même d'Ahmed Rami jusqu'en 1998.  

157. « L'antisémitisme de Genet est un révisionnisme; son actualité est dans la remise en cause de la Shoah, son intemporalité dans le rejet du juif en dehors de l'histoire  », écrivait Samuel Bumenfeld, « Le racisme de la lettre. Antisionisme et antisémitisme de Jean Genet : analyse critique d'Un Captif amoureux. », Pardès, n°6 1987, p. 122.  

158. Le CEDADE est une officine espagnole nazie, c'est même « le plus riche des groupes nazis du monde ». Voir René Monzat, op. cit., p. 199.
 

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07/07/2001