1. Pierre GUILLAUME, «L’Avenir d’une négation. L’Avenir d’une illusion», Annales d’histoire révisionniste (désormais A.H.R.), no 7, printemps-été 1988, p. 5. 2. Robert FAURISSON, «Le révisionnisme devant les tribunaux français», ibid., pp. 51-115; «Memmre en défense», dans Pierre GUILLAUME, Droit et histoire, Paris, La Vieille Taupe, 1986. 3. M. BARDÈCHE, Nuremberg ou la Terre Promise, Paris, Les Sept Couleurs, 1948, et Nuremberg II ou les faux monnayeurs, id., 1950. 4. P. RASSINIER, Le mensonge d’Ulysse, Les éditions Bressanes, 1950 (dernière édition, La Vieille Taupe, 1979). 5. P. RASSINIER, Ulysse trahi par les siens. Complément au «Mensonge d’Ulysse», La Librairie française, 1961, en particulier le chapitre 2: «Les chambres à gaz = 6 millions de gazés, ou..?». 6. P. RASSINIER, Le veritable procès Eichmann ou les vainqueurs incorrigibles, 2e édition, La Vieille Taupe, 1983 (1re éd. 1962), p. 129. 7. P. RASSINIER, ibid., p. 107. Voir aussi du même auteur, Le drame des Juifs européens, Paris, Les Sept Couleurs, 1964. 8. P. RASSINIER, Le véritable procès…, op. cit., p. 39. 9. Les calomnies les plus fréquentes voulant prouver que les sionistes opérèrent une «sélection» parmi leurs coreligionnaires, sauvant uniquement leurs cadres et les plus aptes à coloniser la Palestine, portent sur l’accord de Haavara de 1933 entre les sionistes et l’état nazi. Se reporter pour une présentation honnête de cet épisode à E. Ben ELISSAR, La diplomatie du IIIe Reich et les Juifs, Paris, Christian Bourgeois éditeur, 1981 (2e éd). 10. Robert WISTRICH, «The Anti-Zionist Masquerade», Midstream, août-septembre 1983, pp. 8-18; «The New War Against the Jews», Commentary, mai 1985, pp. 35-40; Anti-Zionism and Antisemitism in the Contemporary World, Londres, 1990. 11. A.-J. APP, «That Elusive «Six Million», The American Mercury, été 1966 et The Six Million Swindle, Boniface Press of Takoma Park, Maryland, 1973; D.-L. HOGGAN, The Myth of the Six Million (publié anonymement), New Christian Crusade Church, Hollywood, Califomia, 1969. Le discours de W.-A. Carto à la première conférence révisionniste de 1979 à Los Angelès se trouve résumé dans Facts, juin 1980, vol. 26, no 2, publié par l’Anti-Defamation League of B’nai B’rith (désormais ADL). 12. Historical Review Press, Richmond, Surrey, s. d. (1976). 13. M. ROEDER a préfacé le livre de Thies Christophersen, Die Auschwitz-Lüge, 1973 (Le mensonge d’Auschwitz, Editions F.A.N.E., 1976. Sur J. BENNETT et Udo WALENDY, voir Facts, op. cit. 14. Ibid. 15. Sur ce groupuscule, voir infra. 16. W. STÄGLICH, Le mythe d’Auschwitz, étude critique, Paris, La Vieille Taupe, 1986 (1re éd. en All., Tübingen, 1979). 17. «Mémoire en défense» in P. GUILLAUME, Droit et histoire, op. cit. Il s’agit de la fameuse phrase prononcée en décembre 1980 à l’émission «Expliquez-vous», sur Europe no 1. 18. Op. cit., p. 249. 19. Ibid. 20. Voir ses confidences à ce sujet dans «Histoire européenne et monde arabe», A.H.R., no 1, printemps 1987, pp. 109-135. 21. Vérité historique ou vérité politique? Le dossier de l’Affaire Faurisson. La question des chambres à gaz, Paris, La Vieille Taupe, 1980, p. 165. 22. S. Thion dit ne pas nier, mais douter de l’existence des chambres à gaz. 23. Vérité…, op. cit., p. 23. 24. S. THION, «Histoire européenne et monde arabe», op. cit., p. 126. 25. Ibid., p. 125. 26. Ibid., p. 127. 27. Ibid., p. 120. 28. À Deïr Yassin, un détachement de l’Irgoun massacra les villageois arabes en 1948. Les circonstances exactes de ce drame restent controversées. Cette dérive sémantique est chère à l’extrême-gauche. Particulièrement significatif, le langage de Roger Garaudy (qui n’est pas négationniste mais «relativiste») dans L’affaire Israël. Le sionisme politique, Paris, Papyrus, 1983 et Palestine Terre des messages divins, Paris, Albatros, 1986. 29. De l’exploitation dans les camps à l’exploitation des camps, mise au point de «La guerre sociale», Supplément au no 3 de La guerre sociale, Paris, mai 1981. 30. Ni S. Thion, ni même Alain Guionnet, peu regardant pourtant sur les moyens ne s’y étendent. 31. «Derrière la Déclaration Balfour», A.H.R., no 7, printemps-été 1989, p. 181. 32. «Mémoire en défense», op. cit., p. 33. 33. «Action directe et le révisionnisme», Révision, septembre 1989, p. 2. 34. «Louis Farrakhan», ADL Facts, printemps 1984/vol. 29, no 1; «Louis Farrakhan. An Update», Id., printemps 1985/vol. 30, no 1; «Louis Farrakhan ln His Own Words», ADL Special Report, octobre 1985. 35. Un thème très porteur à l’extrême-gauche en général (S. Thion est un spécialiste de la question) et auprès des noirs. 36. «Update: Stokely Carmichael», ADL Bulletin, juin 1986. 37. «Du bon et du mauvais usage du révisionnisme. Réponse à Ilan Halévi», A.H.R., printemps 1988, pp. 37-38. 38. «Histoire européenne…», op. cit., p. 110. 39. Interview à Storia Illustrata, août 1979, no 261, dans S. THION, Vérité historique…, op. cit. 40. «That Elusive Six Million», op. cit. 41. The Hoax…, op. cit., p. 244. 42. D.-L. HOGGAN, op. cit., p. 2; M. ROEDER, op. cit., p. 9. 43. «Liberty Lobby and the Carto Network of Rate», ADL Facts, hiver 1982/vol. 27, no 1. Le réseau Carto est le groupe antisémite le plus puissant des états-Unis. 44. Réédités par la maison d’édition de Carto, Noontide Press. 45. En supplément à son numéro du 26 octobre 1981, Spotlight publie un de ses pamphlets du début des années 1970, soutenant que les juifs et le sionisme sont responsables de l’entrée en guerre des états-Unis en 1917 et 1941. ADL Facts, hiver 1982, op. cit. 46. Ibid. 47. Ibid., p. 10. 48. Ibid., p. 12. 49. A.H.R., no 7, op. cit. 50. Le thème Morgenthau est un classique de l’antisémitisme. Chargé par le gouvernement américain de se rendre en Turquie qui n’était pas en guerre contre les état-Unis, Morgenthau aurait, prétend-on, été dissuadé par Weizmann d’accomplir sa mission. 51. L’argument supposé du chantage mérite le détour: «Wilson avait fait l’objet d’un chantage de 40000 dollars à propos de lettres d’amour enflammées qu’il avait écrites à la femme de son voisin lorsqu’il était président de l’université de Princeton», documents compromettants tombés entre les mains sionistes… Op. cit., p. 142. 52. Op. cit., pp. 317 et 319. 53. «Holocaust “Revisionism”: A Denial of History. An Update», ADL Facts, hiver 1986/vol. 31, no 1, p. 5. 54. «The U.S. Labor Party», Facts, novembre 1979/vol. 25, no 4. 55. Ibid., et «The LaRouche Political Cult: Packaging Extremism. A case Study», An ADL Special Report, printemps 1986. 56. Ibid., LaRouche, qui utilise particulièrement cet argument auprès de l’opinion conservatrice, a fondé en 1978 la National Anti-Drug Coalition. 57. The «Identity Churches»: A Theology of Hate», ADL Facts, printemps 1983/vol 28, no 1. Les mystérieux Khazars, ennemis du royaume de Kiev, sont bien une réalité historique, sans préjuger naturellement de leur descendance. Ce thème est apparu en U.R.S.S. et dans les pays arabes. On en trouvera une illustration dans l’ouvrage démentiel d’un Français vivant au Liban, Lucien CAVRO-DEMARS, La honte sioniste. Aux sources du sionisme et de ses ravages dans le monde, Beyrouth, 1972. 58. «Propaganda of the Deed»: The Far Right’s Desperate «Revolution», ADL Special Report, mai 1985. 59. Publiant par exemple l’article de R. John, op. cit. Les A.H.R. ont cessé de paraître après le no 7, printemps-été 1989. 60. Nouvelle Solidarité, publiée par le Parti Ouvrier Européen (P.O.E.), nomme «Permindex» (sic), l’organisme secret censé être «l’instrument du crime et du terrorisme international aux mains des services secrets anglais et israéliens». 61. La feuille a commencé à paraître, quoique régulièrement interdite, en mars 1989. Elle en est à son no 17-18, pour juillet-août 1990. 62. Il a publié en feuilleton la version de Butmi et commence apparemment à en faire de même avec celle de Nilus. Pour son commentaire sur les origines des Protocoles, «La vérité sur les Protocoles des Sages de Sion», Révision, no 15, mai 1990. Plusieurs éditeurs ont dès les années 1920 invoqué une origine sioniste. Cf. Norman COHN, Histoire d’un mythe. La «Conspiration» juive et les Protocoles des Sages de Sion, Paris, Gallimard, 1967. 63. Ainsi le groupe breton Celtia. Voir Article 31, n° spécial, février 1987, «Ethnisme et extrême-droite», p. 21. 64. Voir, en particulier dans National-Hebdo, les éditoriaux et articles de François Brigneau, qui n’hésite pas à renvoyer le lecteur à Révision, des 14-20 décembre 1989, 4-10 janvier et 15-21 février 1990.

Antisionisme et négationnisme

Par Catherine Nicault

Relations internationales, no 65, printemps 1991

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Lors de l’émergence des thèses dites «révisionnistes» sur la scène publique, au tournant des années 1970 et 1980, la communauté des historiens a paré au plus pressé: l’investigation scientifique de la Choah et la diffusion des connaissances en ce domaine. La mise en perspective historique du négationnisme n’a été qu’esquissée, par manque de recul, mais aussi parce que ses finalités réelles ont mis quelque temps à se dévoiler.

Certes, l’affectation mise par les négationnistes à prétendre à «un objectif limité: rétablir la critique historique dans ses droits»1, n’a jamais fait illusion. Dès l’origine, l’entreprise révisionniste parut une manœuvre visant à laver le nazisme d’un crime inexpiable et rendre à nouveau acceptables les solutions totalitaires. Vers la fin des années 1960, l’on comprit qu’il était aussi un instrument de lutte contre l’état d’Israël. Depuis une dizaine d’années au moins, il n’est plus permis de douter de l’antisémitisme virulent qui sous-tend le tout.

Cet antisémitisme, tout en empruntant le langage d’un antisionisme en soi parfaitement légitime, n’en renoue pas moins avec les thèmes antisémites les plus éculés, jusque dans sa forme conspirative, telle qu’elle s’illustre dans le faux célèbre, Les Protocoles des Sages de Sion. Pour autant, l’antisionisme sert-il seulement de travestissement à un antisémitisme qui n’ose pas toujours dire son nom? L’antisionisme des négationnistes marque-t-il une simple résurgence de l’antisémitisme moderne né, à la fin du siècle dernier, de la rencontre entre l’antijudaisme chrétien, l’antijudaisme économique et les nouvelles théories raciales, ou entre-t-il dans la recomposition d’un nouvel antisémitisme? Une meilleure connaissance des formes et des fonctions de l’antisionisme dans le discours révisionniste est donc souhaitable à tous égards. Cette étude, vu ses dimensions et l’étendue des sources à consulter, n’a naturellement qu’un caractère exploratoire. À ce stade, trois images du sionisme se dégagent du discours négationniste, images dans une certaine mesure successives, mais qui rapidement s’interpénètrent, se fécondent les unes les autres: le sionisme mystificateur, inventeur de «la religion de l’Holocauste»; le sionisme «colonialiste» et «raciste»; le sionisme, centre d’une conspiration pour la domination mondiale.

Le sionisme mystificateur

Tenant que le génocide des Juifs dans l’Allemagne hitlérienne est une falsification de l’Histoire, les négationnistes sont logiquement conduits à s’interroger sur l’origine de ce prétendu mythe. Ou plus exactement, sur les bénéficiaires, ce qui permet naturellement à ceux d’entre eux qui cherchent à garder une crédibilité académique, de nier établir entre le mythe et ses bénéficiaires un schéma mécanique de causalité2. Les premiers écrits de Maurice Bardèche et de Paul Rassinier ne mettent nullement en cause l’état d’Israël ou même les Juifs. Le premier accuse «l’hypocrisie des vainqueurs», désireux de jeter un voile sur leurs propres atrocités, et de culpabiliser une Allemagne que l’on veut à jamais abaissée3. Le second, ancien déporté lui-même, subodore quelque désir de vengeance de la part des survivants des camps, tout en incriminant surtout l’U.R.S.S., artisan d’un mensonge destiné à escamoter les camps staliniens et à empêcher l’union européenne, en mettant l’Allemagne au ban des nations4. Jusqu’au printemps 1960, le «père-fondateur» du négationnisme reste dans ce schéma de guerre froide. Mais l’arrestation d’Adolf Eichmann, en mai 1960, lui fournit une nouvelle clé qui va désormais, non pas se substituer, mais accompagner la première: le «mythe» profite à Israël5. Dès lors Rassinier trace un acte d’accusation dont les attendus feront le bonheur de ses disciples:

1) L’état sioniste exploite la «légende» des six millions de morts juifs pour exercer un «chantage» sur les Alliés et l’Allemagne, et en obtenir des libéralités et des réparations exorbitantes.

2) Ces subsides lui sont indispensables: c’est un état artificiel qui «ne survit que grâce aux réparations allemandes, à l’aide américaine, aux gracieusetés françaises et britanniques et aux versements de la Diaspora»6.

3) Loin de lui nuire, l’antisémitisme lui est une bénédiction; il permet d’avoir barre sur la Diaspora et d’en obtenir des subsides et des immigrants.

4) Comme l’Allemagne hitlérienne, Israël est un état raciste, avec — circonstance aggravante — la possibilité de refouler manu militari les Arabes hors de ses frontières.

5) D’ailleurs, les sionistes sont coupables de collusion avec les nazis dès 1933. Une allégation surprenante reposant sur la présentation malhonnête des rapports inégaux entretenus par les sionistes avec l’administration nazie.

6) Enfin, Hitler était fondé en droit à emprisonner les Juifs après l’«authentique déclaration de guerre du monde juif à l’Allemagne» que serait la lettre de Chaim Weizmann, président de l’Agence juive et de l’Organisation sioniste mondiale, au Premier ministre britannique pour l’informer, le 5 septembre 1939, que «nous Juifs», sommes au côté de la Grande-Bretagne et combattrons pour la Démocratie»7.

Il n’est pas jusqu’à la possibilité d’une collusion soviéto-israélienne qui ne soit suggérée. Bref nous retrouvons appliqués à Israël des stéréotypes antisémites classiques: comme le juif autrefois, le sioniste est cupide et dépourvu de sens moral. Certes «tous les Israélites ne sont, fort heureusement, pas des Sionistes»8, précaution de langage constante qui offre l’avantage de récuser l’accusation d’antisémitisme. Mais du juif au sioniste, il ne s’agit pas seulement d’un transfert: le sioniste est plus haïssable que ne l’avait été le Juif, car il manipule tant les non-Juifs que les Juifs eux-mêmes, utilisés comme masse de manœuvre et abandonnés dans la tourmente de la guerre, alors que les sionistes, d’accord avec les nazis, tireraient, eux, leur épingle du jeu9.

Si la mise en cause de l’état sioniste peut contribuer à expliquer la construction du «mythe», on ne voit pas la nécessité logique de le décrire en outre comme un état artificiel — premier pas vers l’accusation de colonialisme — et raciste. Il y a là une «excroissance» par rapport aux nécessités du raisonnement, qui doit vraisemblablement être attribuée à l’influence de l’antisionisme virulent qui se développe alors en U.R.S.S. et dans les pays arabes10. Tel quel, il annonce en Occident les thèses visant à diaboliser le sionisme et l’état d’Israël.

Avant même 1967, et bien plus encore après, tous les auteurs négationnistes sacrifient désormais à la thèse de l’origine sioniste du «mythe des six millions». Chaque procès contre des criminels de guerre — procès d’Auschwitz à Francfort (1963-1965), procès Barbie —, chaque film ou téléfilm à succès sur le génocide — Holocauste, Choah — exaspèrent l’hostilité à Israël, accusé d’attiser le sentiment de culpabilité et l’antisémitisme. Certains négationnistes néo-nazis américains, comme Austin J. App, David L. Hoggan ou Willis A. Carto, continuent d’associer les responsabilités communistes et sionistes11. Mais après 1973, les sionistes et Israël concentrent les attaques, l’U.R.S.S. n’étant plus guère mise en cause que comme l’un des vainqueurs. Le «classique» Hoax of the Twentieth Century d’Arthur R. Butz est caractéristique de ce glissement12. L’Allemand Manfred Roeder, l’Australien John Bennett pour qui «l’Holocauste est de la propagande israélienne», ou l’Allemand Udo Walendy, «spécialiste» de la critique des photographies prises dans les camps, cultivent la même veine13. «Que pourrait-on espérer, tranche ce dernier, d’un peuple qui a créé Hollywood? Ils ont les moyens, la capacité, et la volonté manifeste de […] mentir au monde avec leurs “preuves” truquées qui ont rapporté des centaines de millions de dollars aux coffres sionistes»14. Suivent, à partir de 1978-1979, l’U.S. Labor Party de L. H. LaRouche15, Wilhelm Stäglich16, ou Robert Faurisson, et le groupe des Annales d’histoire révisionniste, pour qui «les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des Juifs forment un seul et même mensonge historique qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière, dont les principaux bénéficiaires sont l’état d’Israël et le sionisme international»; mais, ajoute-t-il aussi, «dont les principales victimes sont le peuple allemand, mais non pas ses dirigeants, et le peuple palestinien tout entier»17. C’est qu’après la guerre du Kippour, la défense de la cause palestinienne accompagne rituellement désormais l’affirmation de l’origine israélienne du «mythe».

Le sionisme «colonialiste» et «raciste»

Rassinier, on l’a vu, décrit l’état d’Israël comme un état raciste, sans véritablement encore l’analyser comme un fait colonial. C’est chose faite dans les années 1970. «Il n’est ni juste ni raisonnable, écrit Butz en 1976, de faire payer les Arabes pour ce que les Allemands sont supposés avoir fait aux Juifs en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale»18. Il applaudit à la fameuse résolution de l’O.N.U. de novembre 1975 déclarant que le sionisme était une forme de racisme, «une vérité aussi évidente que 2 + 2 = 4»19. Mais c’est de l’ultra-gauche ralliée au négationnisme et rompue aux débats idéologiques què vient la contribution décisive. Le sociologue Serge Thion, collaborateur des Annales d’histoire révisionniste et membre du cercle de La Vieille Taupe, en fournit la meilleure illustration. Proche des Palestiniens dès les années soixante20, il témoigne du clivage intervenu en 1967: «(Ses) attitudes agressives et (sa) “raideur de nuque” ont imposé une autre image d’Israël qui n’est plus superposable sur celle de la réparation due aux Juifs en raison des torts que l’Europe hitlérienne leur a causés. L’opprimé devenu oppresseur, sic transit gloria»21. C’est donc l’animosité contre Israël qui induit son ralliement au négationnisme22.

Le refus de la notion d’élection du peuple juif est un préalable obligé. Car si Israël n’est rien d’autre qu’un état qui pratique, comme l’Afrique du Sud, sa «complice», une politique d’aparthçid et d’agression, il faut pouvoir le juger à l’aune de tous les autres états. «On voit bien comment une idéologie fondée sur la notion d’élection prédispose à l’affirmation d’une spécificité irréductible», commente S. Thion; il s’agit bien, précise-t-il, «de "banaliser", si banaliser veut dire appliquer des règles uniformes de jugement à tel événement ou à tel autre»23. Du reste, il assimile le sentiment d’élection d1sraël à l’odieux complexe de supériorité qui anima et anime encore l’impérialisme de l’homme blanc.

Partant, la contestation radicale de la légitimité d’Israël s’orchestre en quatre temps:

1) Sa création «n’a évidemment rien à voir avec ce qui s’est passé entre les nazis et les communautés juives d’Europe»24; elle entre en fait «dans les calculs stratégiques de l’après-guerre» des grandes puissances; «pour ses réels promoteurs, elle s’inscrivait dans une analyse beaucoup plus réaliste des choses, […] elle avait trait aux nécessités du changement des méthodes de domination sur le Moyen-Orient, à la suite du départ un peu forcé des Français, et de l’essoufflement des Anglais, et aussi à la rivalité des deux blocs. La philanthropie n’y était pas pour grand chose»25. L’«hystérie à bon marché» autour des crimes nazis facilita seulement l’opération.

2) Mais avec «son nationalisme de style dix-neuvième siècle», le sionisme ne fait pas vraiment recette et le nouvd état périclite; d’où, vers 1960 et le procès Eichmann, la promotion de «l’idéologie du génocide», «levier pour attirer, sinon les immigrants, du moins des capitaux et de la protection politico-militaire»26.

3) L’«idéologie» en question, assortie de clameurs «absurdes» concernant les projets d’anéantissement nourris par les Arabes, couvre un terrorisme d’état sanglant et une agressivité systématique: «il n’y a guère de différence, techniquement parlant, entre l’occupation israélienne des régions populeuses comme Gaza et la Cisjordanie, et l’occupation allemande en France, au cours de la Deuxième Guerre mondiale»27. L’utilisation du vocabulaire du nazisme pour qualifier les actes d’Israël devient en effet un procédé constant: Deir Yassin équivaudrait à Auschwitz et le «Grand Israël» ne serait qu’un «Lebensraum»28.

4) Le sionisme est enfin «une doctrine néfaste» pour de nombreux juifs, assimilés ou profondément religieux, comme certaines sectes ultra-orthodoxes et antisionistes que les négationnistes prisent fort. Cet antisionisme ne saurait donc passer pour vulgaire antisémitisme, ni même pour une hostilité à tous les Israéliens, instruments bien souvent de dirigeants hypocrites.

Les révisionnistes issus de l’ultra-gauche ne s’embarrassent généralement pas de considérations venimeuses sur l’histoire du mouvement sioniste, refusant par exemple l’idée courante dans ces milieux que la Deuxième Guerre mondiale soit le prolongement d’un conflit entre Hitler et les Juifs29. De même, le paiement des réparations par l’Allemagne ne les affecte guère30. La tare «colonialiste» et «raciste» leur suffit amplement. Leurs alliés d’extrême-droite s’empressent au contraire, sans renoncer à leurs antiennes, d’adopter les armes idéologiques mises à leur disposition. Au terme d’une longue «étude» sur la genèse de la Déclaration Balfour de 1917, l’Anglais Robert John souligne ainsi «l’aspect colonialiste du sionisme», associé «au nationalisme et au racisme juifs fondés sur le Droit», ainsi que «l’existence de camps de concentration pour les Palestiniens»31. Faurisson, qui pourtant, pour ses amis gauchistes, n’a guère la tête politique, met en cause «l’état et l’idéologie nationaliste qui le sous-tend», et s’apitoie sur le tort fait aux Palestiniens comme aux Juifs religieux, et, tout particulièrement, aux Juifs vivant en pays arabes32.

Auprès de l’ultra-gauche violente, le mélange s’est avéré attirant. Les groupes Baader-Meinhof en Allemagne et Action directe en France ont eu, semble-t-il, des contacts avec les milieux négationnistes33. Les militants noirs américains extrémistes ou même démocrates paraissent sensibles à cette propagande. Certains propos attribués à Jessie Jakson, candidat à l’investiture démocrate pour les élections présidentielles, ceux d’un membre de son entourage, Louis Farrakhan, leader populaire des «Black Muslims», mettent en balance le martyre des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et celui des Noirs34. D’ailleurs, ajoute ce dernier, les Juifs ont trempé dans le monstrueux trafic du «bois d’ébène», avant que les sionistes, alliés objectifs de l’Afrique du Sud, se fassent les «complices» de l’apartheid35. L. Farrakhan croit aussi à la connivence des sionistes et des nazis, tandis que Kwame Taure, ex-Stokely Carmichael, s’écrie dans son enthousiasme pour la cause palestinienne: «le meilleur sioniste est un sioniste mort»36.

Comment expliquer le succès de ces thèses qui mettent à mal les bonnes relations traditionnelles entre les communautés noire et juive aux états-Unis? L’une des clés est sans doute un penchant pour une interprétation conspirative de l’Histoirc, qu’autorise la diabolisation du sionisme.

Le sionisme, centre d’un complot pour la domination du monde

Certains révisionnistes récusent pourtant ce genre de dérive. S. Thion, par exemple, voit plutôt dans le sionisme un nouveau totalitarisme; comme il y a «un communisme international», il y a un «sionisme international»; «Que le système sioniste soit une entreprise de perversion de la pensée, j’en suis convaincu depuis longtemps, poursuit-il. Qu’un jour peut-être pas si lointain on juge que le sionisme aura été une effroyable perversion de la pensée au même titre que le stalinisme, par exemple, pour rester dans le vingtième siècle, et l’on verra des théories d’anciens coupables venir battre leurs coulpes devant les caméras»37. Pour lui, la théorie du complot est bien plutôt «dans la logique des défenseurs inconditionnels d’Israël»38. R. Faurisson, pour sa part, préfère à la thèse de la conspiration sioniste, celle, empruntée à la psychologie des foules, d’«un besoin général commun à la société des vainqueurs» de désigner «un bouc-émissaire»39.

Mais en général, les théories conspiratives remportent un succès croissant dans ces milieux. Dès l’origine en fait, la volonté, poussée à la paranoïa, de démystifier l’Histoire avoisine une conception policière de cette même Histoire. L’idée d’un sionisme tentaculaire, omniprésent et omnipotent existe donc en germe depuis longtemps. Lorsqu’en 1966 Butz désigne les «trois cliques» responsables de l’«imposture» — les communistes, les dirigeants sionistes et «certains éléments de Washington» qui chercht;raient à cacher une invasion des Juifs européens rescapés aux états-Unis —, il suggère naturellement un complot soviéto-sioniste, tout en dénonçant l’influence juive à la tête de l’état américain40. En 1976, il dévoile seulement un peu plus son tour de pensée, en insinuant que le soutien américain à Israël, si «contraire aux intérêts de l’Occident», n’est décidément pas naturel; par ailleurs, la complaisance du gouvernement de Bonn à s’acquitter de lourdes réparations n’est pas surprenante pour qui estime, comme lui, que ce gouvernement est «une marionnette» d’inspiration américaine41.

Les sionistes, cela coule de source, tirent donc les ficelles à Washington… Dans The Myth of the Six Million (1969), D. L. Hoggan affirme déjà que le «mythe» et ses «effets répressifs» résultent de «cette mystérieuse force internationale qu’est le Sionisme» allié au Communisme, tandis que Manfred Roeder, en 1973, évoque des «cliques juives de dimension mondiale»42.

Mais le thème de la conspiration mondiale affleure décidément à la fin des années soixante-dix. L’organe du Liberty Lobby, le groupe de pression politique du magnat d’extrême-droite américain, Willis A. Carto, Spotlight, manifeste dès lors un penchant prononcé pour ce schéma causal primitif; dans sa démonologie, les sionistes, la Commission trilatérale, les multinationales ou l’Anti-Defamation League du Bnaï Brith sont autant de forces occultes orchestrées par Israël. Centre du «sionisme international», il tient les médias, les «banquiers internationaux» et naturellement le Congrès. Le journal s’interroge sur «la double loyauté» des Juifs diasporiques43. Hommage rendu aux Protocoles des Sages de Sion44, Carto puise aussi à des sources américaines: le fameux International Jew d’Henry Ford, inspiré en 1921 par les Protocoles, mais surtout l’enseignement de son maître à penser Francis Parker Yockey, auteur en 1948 d’un gros livre raciste et néo-nazi, Imperium. Ce dernier, mort en 1960, soutenait déjà que le génocide juif par les nazis était un mensonge juif destiné à engendrer «une guerre totale… contre la Civilisation occidentale». Il recueille aussi l’héritage de l’organisation isolationniste America First45. Déjà dans le magazine True, en novembre 70, le secrétaire du Liberty Lobby, Curtis B. Dall, voit «les sionistes» et des familles aux noms juifs bien connus derrière les «plans des banquiers internationaux» pour détruire les états-Unis et dominer le monde46.

Après la réunion, en 1979, par Carto de la première «conférence révisionniste» à Los Angeles et la fondation de l’Institute of Historical Review, ces théories trouvent un espace d’expression «académique» où elles affectent des formes plus élaborées. Ouvrant la convention de 1979, Carto désigne les sionistes comme des «prédateurs»47. Leur prétendue maîtrise des médias et des tribunaux est un angle d’attaque favori. Au fil des conférences et des numéros du Journal of Historical Review, l’histoire américaine et du monde est revue et corrigée dans un esprit conspiratif prononcé. En 1981, Percy L. Greaves soutient que Pearl Harbour aurait pu être évité, mais que Roosevelt, agent sioniste, en avait besoin pour pousser l’Amérique dans la guerre48.

Peccadille à côté de l’extraordinaire communication de Robert John, auteur de The Palestine Diary, «Derrière la Déclaration Balfour, la promesse faite à Lord Rothschild par la Grande-Bretagne pendant la Grande Guerre», en 198349. La Première Guerre mondiale aurait été manigancée, insinue-t-il, par les sionistes, désireux d’obtenir, même au prix d’un «holocauste», la Palestine; ils auraient saboté les tentatives de paix en 1916 et 1917, notamment lors de la mission du diplomate juif américain, Henry Morgenthau50. Ils auraient fait en sorte que le gouvernement britannique soit composé à leur gré, écartant ou assassinant leurs ennemis (Lord Kitchener). La révolution russe, qui écarte les prétentions russes sur les Lieux Saints, arrange trop bien leμrs affaires pour qu’ils n’y aient pas trempé. L’entrée en guerre des états-Unis pourrait bien enfin trouver son origine dans un chantage personnel exercé par le juge Brandeis, juif américain prosioniste, sur Wilsons51.

Plusieurs négationnistes proches de l’«Institut» versent dans ce genre de fantasme. L’Allemand Wilhelm Stäglich attribue par exemple l’orchestration du procès de Francfort aux efforts supposés du Congrès juif mondial, centre directeur des «forces occultes» «situées à l’extérieur de l’Allemagne»52. Avant son procès, le professeur canadien James Keegstra enseignait à ses élèves que le monde était gouverné par une conspiration sioniste53.

Plus étranges encore sont, depuis 1978, les thèses du parti-secte de L.-H. LaRouche, l’U.S. Labor Party (U.S.L.P.). Issu de l’ultra-gauche trotskyste, mais rallié à l’extrême-droite, proche comme tous les groupes négationnistes de l’O.L.P. et de certains états arabes, l’U.S.L.P. «distille un curieux mélange des thèses de l’antijudaïsme chrétien traditionnel («Les Juifs sont responsables de la crucifixion de Jésus»), de l’antisémitisme d’extrême-droite («les nazis n’ont jamais tué six millions de juifs») et de l’antisémitisme d’extrême-gauche («les crimes du sionisme»)»54. Pour s’aligner finalement sur l’Union soviétique. Son hebdomadaire, New Solidarity, manifeste une paranoïa très particulière: les Juifs et les sionistes travailleraient main dans la main avec la monarchie et la noblesse britanniques, les services secrets anglais, sans compter des cultes et sociétés secrètes diverses comme «le culte d’Isis» ou les Chevaliers de Malte. Pour LaRouche, «la plupart des cadres dirigeants des partis politiques israéliens ne sont rien d’autre que des agents secrets britanniques», «Israël est dirigé de Londres comme une nation-zombie»55. Une façon incontestablement originale de renouveler les vieux Protocoles à la véracité desquels il croit, bien entendu. Lui aussi interprète le passé à sa façon. Il est convaincu par exemple que les banques juives ont favorisé l’arrivée au pouvoir d’Hitler et que l’Anti-Defamation League, sa bête noire, joue, pour le compte de la famille royale britannique, un rôle ténébreux dans la politique américaine — depuis l’assassinat, perpétré par ses soins, de Lincoln —, comme dans la politique mondiale, le trafic d’armes et de drogue56.

Grille de lecture pour le passé et l’actualité, la thèse du complot sioniste véhicule aussi des prophéties terrifiantes de Troisième Guerre mondiale et d’apocalypse nucléaire. Diverses chapelles antisémites et négationnistes appartenant au mouvement fondamentaliste américain «Identité» y sacrifient tout particulièrement. Les Anglo-Saxons blancs «aryens» constituent, professent-elles, le «vrai Israël» et non les Juifs, instruments de Satan et descendants des anciens Khazars, mongols blancs du sud de la Russie judaïsés au Moyen Age57. Plusieurs de leurs membres furent compromis en 1984-1985 dans les agissements terroristes d’un mystérieux «Ordre» qui entendait renverser le gouvernement des états-Unis, dénommé «ZOG» («Zionist Occupation Governnient»)58.

Ces «églises» aux conceptions délirantes semblent être une spécialité américaine. Mais la théorie du complot sioniste mondial n’épargne pas l’Europe. En France par exemple, les Annales d’histoire révisionniste lui font bon accueil59, tandis que LaRouche, actif aussi en Allemagne, y publie une feuille60. Depuis 1989, le mensuel Révision d’Alain Guionnet allie à un antisémitisme de bas étage un fantasme conspiratif aigu. Israël étant pour lui une «création toute artificielle», le centre du complot «youtre» doit être situé dans la «Diaspora»61. Il éprouve une fascination peu commune pour les Protocoles qu’il réédite pieusement et dont il attribue la paternité, au terme d’un raisonnement étourdissant, à Theodor Herzl62. Certains groupes autonomistes d’extrême-droite manifestent des tendances analogues63. Encore ne s’agit-il que d’illuminés marginaux, mais on observe depuis 1989, dans la presse grand public du Front national, en même temps que des complaisances pour le négationnisme, des diffamations sur le sionisme historique et des allusions à une conspiration mondiale64.

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Protestant contre une prétendue diabolisation de l’Allemagne, la nébuleuse révisionniste est donc conduite, par préjugé et/ou par la logique de sa démarche «démystifiante», à mettre en cause, puis à diaboliser à son tour le sionisme. Cela, avec le concours de productions idéologiques soviétiques, arabes et gauchistes, et pour renouer finalement, sous couvert d’antisionisme, avec la forme la plus frénétique d’antisémitisme, l’antisémitisme conspiratif. Analysé ainsi, l’antisionisme des négationnistes, au-delà des parentés évidentes des thèmes et des mécanismes psychologiques mis en œuvre, pourrait être bien plus qu’un leurre devant une remontée d’antisémitisme classique. Ne serait-il pas plutôt le cœur d’un nouvel antisémitisme, le «melting pot» où peuvent s’entrelacer des discours antisionistes de facture diverse, de l’antisémitisme traditionnel repeint aux couleurs de l’actualité, à une idéologie anti-impérialiste et tiers-mondiste rationnelle, mais accueillante à l’occasion à des arguments irrationnels? Extrémisme et pensée magique peuvent faire fort bon ménage. La capacité syncrétique de l’antisionisme lui confère un impact que n’a sans doute plus à ce degré l’antisémitisme classique contempteur d’un judaïsme international sans enracinement territorial précis, tout en lui conservant la faculté de verser dans la paranoïa du complot. Les officines négationnistes pourraient bien avoir donné naissance à un nouvel antisémitisme où l’antisionisme jouerait un rôle intégrateur essentiel, un peu comme, à la fin du siècle dernier, Drumont et consorts mirent au monde, en mélangeant aux vieilles recettes éprouvées, le racisme nouvellement à la mode, l’antisémitisme moderne. S’il s’agit bien de cela, la lutte contre l’antisémitisme devra, pour prétendre à quelque efficacité, adapter son discours libéral habituel aux réalités de l’heure et affronter tout particulièrement le délicat problème de la frontière entre l’antisionisme respectable et l’antisionisme pervers. Une perspective redoutable…

Catherine NICAULT, Université de Poitiers.


Notes.

1. Pierre GUILLAUME, «L’Avenir d’une négation. L’Avenir d’une illusion», Annales d’histoire révisionniste (désormais A.H.R.), no 7, printemps-été 1988, p. 5.

2. Robert FAURISSON, «Le révisionnisme devant les tribunaux français», ibid., pp. 51-115; «Memmre en défense», dans Pierre GUILLAUME, Droit et histoire, Paris, La Vieille Taupe, 1986.

3. M. BARDÈCHE, Nuremberg ou la Terre Promise, Paris, Les Sept Couleurs, 1948, et Nuremberg II ou les faux monnayeurs, id., 1950.

4. P. RASSINIER, Le mensonge d’Ulysse, Les éditions Bressanes, 1950 (dernière édition, La Vieille Taupe, 1979).

5. P. RASSINIER, Ulysse trahi par les siens. Complément au «Mensonge d’Ulysse», La Librairie française, 1961, en particulier le chapitre 2: «Les chambres à gaz = 6 millions de gazés, ou..?».

6. P. RASSINIER, Le veritable procès Eichmann ou les vainqueurs incorrigibles, 2e édition, La Vieille Taupe, 1983 (1re éd. 1962), p. 129.

7. P. RASSINIER, ibid., p. 107. Voir aussi du même auteur, Le drame des Juifs européens, Paris, Les Sept Couleurs, 1964.

8. P. RASSINIER, Le véritable procès…, op. cit., p. 39.

9. Les calomnies les plus fréquentes voulant prouver que les sionistes opérèrent une «sélection» parmi leurs coreligionnaires, sauvant uniquement leurs cadres et les plus aptes à coloniser la Palestine, portent sur l’accord de Haavara de 1933 entre les sionistes et l’état nazi. Se reporter pour une présentation honnête de cet épisode à E. Ben ELISSAR, La diplomatie du IIIe Reich et les Juifs, Paris, Christian Bourgeois éditeur, 1981 (2e éd).

10. Robert WISTRICH, «The Anti-Zionist Masquerade», Midstream, août-septembre 1983, pp. 8-18; «The New War Against the Jews», Commentary, mai 1985, pp. 35-40; Anti-Zionism and Antisemitism in the Contemporary World, Londres, 1990.

11. A.-J. APP, «That Elusive «Six Million», The American Mercury, été 1966 et The Six Million Swindle, Boniface Press of Takoma Park, Maryland, 1973; D.-L. HOGGAN, The Myth of the Six Million (publié anonymement), New Christian Crusade Church, Hollywood, Califomia, 1969. Le discours de W.-A. Carto à la première conférence révisionniste de 1979 à Los Angelès se trouve résumé dans Facts, juin 1980, vol. 26, no 2, publié par l’Anti-Defamation League of B’nai B’rith (désormais ADL).

12. Historical Review Press, Richmond, Surrey, s. d. (1976).

13. M. ROEDER a préfacé le livre de Thies Christophersen, Die Auschwitz-Lüge, 1973 (Le mensonge d’Auschwitz, Editions F.A.N.E., 1976. Sur J. BENNETT et Udo WALENDY, voir Facts, op. cit.

14.Ibid.

15. Sur ce groupuscule, voir infra.

16. W. STÄGLICH, Le mythe d’Auschwitz, étude critique, Paris, La Vieille Taupe, 1986 (1re éd. en All., Tübingen, 1979).

17.«Mémoire en défense» in P. GUILLAUME, Droit et histoire, op. cit. Il s’agit de la fameuse phrase prononcée en décembre 1980 à l’émission «Expliquez-vous», sur Europe no 1.

18.Op. cit., p. 249.

19.Ibid.

20. Voir ses confidences à ce sujet dans «Histoire européenne et monde arabe», A.H.R., no 1, printemps 1987, pp. 109-135.

21.Vérité historique ou vérité politique? Le dossier de l’Affaire Faurisson. La question des chambres à gaz, Paris, La Vieille Taupe, 1980, p. 165.

22. S. Thion dit ne pas nier, mais douter de l’existence des chambres à gaz.

23.Vérité…, op. cit., p. 23.

24. S. THION, «Histoire européenne et monde arabe», op. cit., p. 126.

25.Ibid., p. 125.

26.Ibid., p. 127.

27.Ibid., p. 120.

28. À Deïr Yassin, un détachement de l’Irgoun massacra les villageois arabes en 1948. Les circonstances exactes de ce drame restent controversées. Cette dérive sémantique est chère à l’extrême-gauche. Particulièrement significatif, le langage de Roger Garaudy (qui n’est pas négationniste mais «relativiste») dans L’affaire Israël. Le sionisme politique, Paris, Papyrus, 1983 et Palestine Terre des messages divins, Paris, Albatros, 1986.

29.De l’exploitation dans les camps à l’exploitation des camps, mise au point de «La guerre sociale», Supplément au no 3 de La guerre sociale, Paris, mai 1981.

30. Ni S. Thion, ni même Alain Guionnet, peu regardant pourtant sur les moyens ne s’y étendent.

31.«Derrière la Déclaration Balfour», A.H.R., no 7, printemps-été 1989, p. 181.

32.«Mémoire en défense», op. cit., p. 33.

33.«Action directe et le révisionnisme», Révision, septembre 1989, p. 2.

34.«Louis Farrakhan», ADL Facts, printemps 1984/vol. 29, no 1; «Louis Farrakhan. An Update», Id., printemps 1985/vol. 30, no 1; «Louis Farrakhan ln His Own Words», ADL Special Report, octobre 1985.

35. Un thème très porteur à l’extrême-gauche en général (S. Thion est un spécialiste de la question) et auprès des noirs.

36.«Update: Stokely Carmichael», ADL Bulletin, juin 1986.

37.«Du bon et du mauvais usage du révisionnisme. Réponse à Ilan Halévi», A.H.R., printemps 1988, pp. 37-38.

38.«Histoire européenne…», op. cit., p. 110.

39. Interview à Storia Illustrata, août 1979, no 261, dans S. THION, Vérité historique…, op. cit.

40.«That Elusive Six Million», op. cit.

41.The Hoax…, op. cit., p. 244.

42. D.-L. HOGGAN, op. cit., p. 2; M. ROEDER, op. cit., p. 9.

43.«Liberty Lobby and the Carto Network of Rate», ADL Facts, hiver 1982/vol. 27, no 1. Le réseau Carto est le groupe antisémite le plus puissant des états-Unis.

44. Réédités par la maison d’édition de Carto, Noontide Press.

45. En supplément à son numéro du 26 octobre 1981, Spotlight publie un de ses pamphlets du début des années 1970, soutenant que les juifs et le sionisme sont responsables de l’entrée en guerre des états-Unis en 1917 et 1941. ADL Facts, hiver 1982, op. cit.

46.Ibid.

47.Ibid., p. 10.

48.Ibid., p. 12.

49. A.H.R., no 7, op. cit

50. Le thème Morgenthau est un classique de l’antisémitisme. Chargé par le gouvernement américain de se rendre en Turquie qui n’était pas en guerre contre les état-Unis, Morgenthau aurait, prétend-on, été dissuadé par Weizmann d’accomplir sa mission.

51. L’argument supposé du chantage mérite le détour: «Wilson avait fait l’objet d’un chantage de 40000 dollars à propos de lettres d’amour enflammées qu’il avait écrites à la femme de son voisin lorsqu’il était président de l’université de Princeton», documents compromettants tombés entre les mains sionistes… Op. cit., p. 142.

52.Op. cit., pp. 317 et 319.

53.«Holocaust “Revisionism”: A Denial of History. An Update», ADL Facts, hiver 1986/vol. 31, no 1, p. 5.

54.«The U.S. Labor Party», Facts, novembre 1979/vol. 25, no 4.

55.Ibid., et «The LaRouche Political Cult: Packaging Extremism. A case Study», An ADL Special Report, printemps 1986.

56.Ibid., LaRouche, qui utilise particulièrement cet argument auprès de l’opinion conservatrice, a fondé en 1978 la National Anti-Drug Coalition.

57. The «Identity Churches»: A Theology of Hate», ADL Facts, printemps 1983/vol 28, no 1. Les mystérieux Khazars, ennemis du royaume de Kiev, sont bien une réalité historique, sans préjuger naturellement de leur descendance. Ce thème est apparu en U.R.S.S. et dans les pays arabes. On en trouvera une illustration dans l’ouvrage démentiel d’un Français vivant au Liban, Lucien CAVRO-DEMARS, La honte sioniste. Aux sources du sionisme et de ses ravages dans le monde, Beyrouth, 1972.

58.«Propaganda of the Deed»: The Far Right’s Desperate «Revolution», ADL Special Report, mai 1985.

59. Publiant par exemple l’article de R. John, op. cit. Les A.H.R. ont cessé de paraître après le no 7, printemps-été 1989.

60.Nouvelle Solidarité, publiée par le Parti Ouvrier Européen (P.O.E.), nomme «Permindex» (sic), l’organisme secret censé être «l’instrument du crime et du terrorisme international aux mains des services secrets anglais et israéliens».

61. La feuille a commencé à paraître, quoique régulièrement interdite, en mars 1989. Elle en est à son no 17-18, pour juillet-août 1990.

62. Il a publié en feuilleton la version de Butmi et commence apparemment à en faire de même avec celle de Nilus. Pour son commentaire sur les origines des Protocoles, «La vérité sur les Protocoles des Sages de Sion», Révision, no 15, mai 1990. Plusieurs éditeurs ont dès les années 1920 invoqué une origine sioniste. Cf. Norman COHN, Histoire d’un mythe. La «Conspiration» juive et les Protocoles des Sages de Sion, Paris, Gallimard, 1967.

63. Ainsi le groupe breton Celtia. Voir Article 31, n° spécial, février 1987, «Ethnisme et extrême-droite», p. 21.

64. Voir, en particulier dans National-Hebdo, les éditoriaux et articles de François Brigneau, qui n’hésite pas à renvoyer le lecteur à Révision, des 14-20 décembre 1989, 4-10 janvier et 15-21 février 1990.

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