1. Cette remarque évidemment raciste, Faurisson l’a faite lors de son récit des événements d’un congrès négationniste à Los Angeles en 1983. Cité par Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, p. 349. 2. Pierre Citron, directeur de l’UER de lettres de la Sorbonne, où il avait Faurisson dans son équipe à la fin des années 60, cité par Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, p. 200. 3. Au sens où non seulement Faurisson n’en a ni la formation ni par conséquent le titre universitaire — ce qui pourrait ne pas être en soi un problème — mais pas non plus la pratique de l’enseignement, et, surtout, pas la pratique du point de vue méthodologique, au contraire: son approche est une forme radicale d’hypercritique alliée à une ignorance volontaire de tous les travaux qui l’ont précédé, à l’élimination arbitraire de corpus entiers de sources de toutes natures (centaines de témoignages directs jamais traités, documentation nazie massive passée systématiquement sous silence, etc.), au refus systématique de prendre en compte le contexte et l’environnement des événements dont il prétend traiter. Ces tares fondamentales de sa méthode lui font produire un discours hors sol, pur jeux de langage décorellé de la réalité, une véritable anti-histoire. Tous les auteurs qui se sont penchés sur son discours ont souligné cet éloignement fondamental des saines méthodes des historiens. 4. L’historien Pierre Vidal-Naquet eût Faurisson pour condisciple en khâgne en 1948 au Lycée Henri IV à Paris. Il a rapporté à plusieurs reprises que dès cette époque, Robert Faurisson était connu pour être un «provocateur et un antisémite» (notamment dans Le Droit de Vivre, no 469, juin 1981, p 20). Pierre Vidal-Naquet témoigne ailleurs de ce que Faurisson, en 1948-1949, «se disait antisémite et nazi» (Florent Brayard, Comment l'idée vint à M. Rassinier: Naissance du révisionnisme, Paris: Fayard, 1996). 5. Charles Malamoud cité par Valérie Igounet, Robert Faurisson, portrait d’un négationniste, Denoël, 2012, p. 44. 6. Faurisson fut pro-OAS, pétainiste, adhérent au FNAF (Front National pour l’Algérie française) créé en juillet 1960 par Jean-Marie Le Pen. Il manifeste son engagement en 1961 pour un ami pétainiste et se voit convoqué par la police. Ce sera l’occasion pour lui de manifestations délirantes, racistes et antisémites. A deux reprises, il agonit d’injures ses interlocuteurs officiels. Une première fois: «Fumier, oui, ma femme est malade… Me faire attendre… Les valets des fellaghas tu peux le répéter ; je t’emmerde. Oui… je les emmerde les lèche-culs de Ferhat Abbas… de Gaulle… Ton Préfet… tous. C’est le régime de Ferhat-Abbas. Il est à Paris, mais je les emmerde, ces fumiers, ces ignobles individus. Si j’étais un fellagha, tu me saluerais», puis une seconde: «Oui, vous n’êtes pas des hommes libres, vous !… Vous servez l’État, hier Léon Blum [sic], aujourd’hui Ferhat Abbas… moi, je suis libre, vous entendez libre… ! J’emmerde de Gaulle, le Préfet, le Sous-Préfet, Gourriou [le commissaire de police de Vichy], ceux qui vous envoient et vous. Je leur dis merde parce que je suis libre et que je les emmerde. Il est porté atteinte à ma liberté d’expression» (cité par Olivier Beaud «Faurisson devant la justice en 1962 ou le cas singulier d’une offense au président de la République non poursuivie», AOC, 29 janvier 2020, en ligne…). La mention de Léon Blum dans cette deuxième sortie aux explicites relents racistes et de haine de Gaulle révèle évidemment une classique obsession antisémite. 7. Valérie Igounet rapporte: «Au début de l’affaire Audin, le comité Audin – constitué fin 1957 – reçut de Robert Faurisson une petite somme qui lui valut de figurer sur les listes du comité. Environ trois ans plus tard, une lettre de rappel lui étant adressée, il demande qu’on cesse de lui faire parvenir cette “ignoble littérature”, ajoutant que, s’il a jadis envoyé de l’argent, c’était par pitié pour Mme Audin. Il donne un conseil: “Cachez vos juifs, je comprends qu’un Vidal-Naquet vibrionne à plaisir dans cette malodorante affaire”» (Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000).

Faurisson, un falsificateur


  « Et soudain, je vois un Portoricain ici. Je cherche le service d’ordre. En fait c’était un homme très bien »1 
  Faurisson avait « une phobie antisémite qui lui faisait voir des juifs partout »2 

IntroductionL’antisémitisme de FaurissonSes mensongesSes amis (nazis, islamistes, etc.)Ses imposturesBibliographie et liens

Introduction

Faurisson est le messie auto-proclamé du négationnisme
Lire l’introduction…

Faurisson en 1971
Faurisson en 1971

Faurisson est le messie auto-proclamé du négationnisme. Il est avant tout le spécialiste de l’hypercritique, de la citation hors contexte et de la falsification de citations, techniques que nous allons illustrer dans ces pages par quelques exemples. C’est la principale méthode de Faurisson: il rapporte de façon frauduleuse ce que les autres ont écrit afin de leur faire dire le contraire de ce qu’ils ont écrit. Faurisson fut professeur de lettres mais ne fut jamais historien3, ni chimiste, ni géologue, ni juriste…

Le premier mensonge de Faurisson a consisté à se faire passer pour apolitique, voire de gauche. Une supercherie stupéfiante au regard de ses convictions racistes et antisémites et de son engagement militant à l’extrême-droite. Faurisson était pro-fasciste et pro-nazi à la fin de la guerre et regrettait le procès de Nuremberg alors même qu’il avait lieu: dès 1948 il était connu comme un provocateur antisémite et se disait ouvertement pro-nazi4. L’un de ses condisciples en khâgne à Henri IV vers 1948-1949 se souvient de Faurisson comme quelqu’un de «hargneux et violent, carrément fasciste et prenant la défense de l'Allemagne nazie5. Faurisson a lu très tôt le fasciste, et vrai père du négationnisme, Maurice Bardèche. Faurisson est entré en négationnisme au plus tard dans les années 1960. Il correspondait avec le guru posthume de la secte négationniste, l’imposteur Paul Rassinier qui l’a accompagné dans ses premiers pas en falsifications. Connu alors pour ses engagements d’extrême-droite, raciste et son antisémitisme délirant6, virulent notamment avec ses élèves d’origine étrangère, évité par ses collègues, Faurisson profite du laxisme de l’administration et d’une anomalie administrative pour occuper indûment un poste de professeur à l’université (en lettres).

Lorsque Faurisson souscrit à une noble cause, il demande à l’association qui s’en occupe de « cacher ses juifs »7. Dans les années 1970 il inondait la presse et les journalistes de courriers « sceptiques » sur la réalité du génocide. Il finit par publier ses premiers textes négationnistes dans la presse d’extrême droite, avant de parvenir au scandale en étant publié par le Monde et le Matin. C’était à la fin des années 1970. Depuis, Faurisson n’a cessé de répandre ses mensonges et son antisémitisme hypocrite. Il s’est naturellement acoquiné avec les pires fanatiques antisémites au monde, du nazi Ernst Zündel au fanatique islamiste Ahmed Rami, en passant par l’antisémite pornographe Ditlieb Felderer. Faurisson nie la réalité du massacre de millions d’êtres humains par les Nazis. Il le nie parce que ces êtres humains étaient juifs. Car Faurisson est un antisémite et un falsificateur. Replier l’introduction…

Cette section rassemble ses falsifications et mensonges et présente quelques « amis » de Faurisson.

A lire: Valérie Igounet, Robert Faurisson, portrait d’un négationniste, Denoël, 2012. (excellent compte-rendu par Stéphane François en ligne).

L’antisémitisme de Faurisson 
  
 

Les mensonges de Faurisson 
 
 
 

Les amis de Faurisson 
 
 
 

Le «talent» de Faurisson 
 
 
 

Liens 
 
 
 

On pourra également lire l’ensemble des textes de Pierre Vidal-Naquet et Nadine Fresco sur http://www.anti-rev.org/textes/.


Notes

1. Cette remarque évidemment raciste, Faurisson l’a faite lors de son récit des événements d’un congrès négationniste à Los Angeles en 1983. Cité par Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, p. 349.

2. Pierre Citron, directeur de l’UER de lettres de la Sorbonne, où il avait Faurisson dans son équipe à la fin des années 60, cité par Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, p. 200.

3. Au sens où non seulement Faurisson n’en a ni la formation ni par conséquent le titre universitaire — ce qui pourrait ne pas être en soi un problème — mais pas non plus la pratique de l’enseignement, et, surtout, pas la pratique du point de vue méthodologique, au contraire: son approche est une forme radicale d’hypercritique alliée à une ignorance volontaire de tous les travaux qui l’ont précédé, à l’élimination arbitraire de corpus entiers de sources de toutes natures (centaines de témoignages directs jamais traités, documentation nazie massive passée systématiquement sous silence, etc.), au refus systématique de prendre en compte le contexte et l’environnement des événements dont il prétend traiter. Ces tares fondamentales de sa méthode lui font produire un discours hors sol, pur jeux de langage décorellé de la réalité, une véritable anti-histoire. Tous les auteurs qui se sont penchés sur son discours ont souligné cet éloignement fondamental des saines méthodes des historiens.

4. L’historien Pierre Vidal-Naquet eût Faurisson pour condisciple en khâgne en 1948 au Lycée Henri IV à Paris. Il a rapporté à plusieurs reprises que dès cette époque, Robert Faurisson était connu pour être un «provocateur et un antisémite» (notamment dans Le Droit de Vivre, no 469, juin 1981, p 20). Pierre Vidal-Naquet témoigne ailleurs de ce que Faurisson, en 1948-1949, «se disait antisémite et nazi» (Florent Brayard, Comment l'idée vint à M. Rassinier: Naissance du révisionnisme, Paris: Fayard, 1996).

5. Charles Malamoud cité par Valérie Igounet, Robert Faurisson, portrait d’un négationniste, Denoël, 2012, p. 44.

6. Faurisson fut pro-OAS, pétainiste, adhérent au FNAF (Front National pour l’Algérie française) créé en juillet 1960 par Jean-Marie Le Pen. Il manifeste son engagement en 1961 pour un ami pétainiste et se voit convoqué par la police. Ce sera l’occasion pour lui de manifestations délirantes, racistes et antisémites. A deux reprises, il agonit d’injures ses interlocuteurs officiels. Une première fois: «Fumier, oui, ma femme est malade… Me faire attendre… Les valets des fellaghas tu peux le répéter ; je t’emmerde. Oui… je les emmerde les lèche-culs de Ferhat Abbas… de Gaulle… Ton Préfet… tous. C’est le régime de Ferhat-Abbas. Il est à Paris, mais je les emmerde, ces fumiers, ces ignobles individus. Si j’étais un fellagha, tu me saluerais», puis une seconde: «Oui, vous n’êtes pas des hommes libres, vous !… Vous servez l’État, hier Léon Blum [sic], aujourd’hui Ferhat Abbas… moi, je suis libre, vous entendez libre… ! J’emmerde de Gaulle, le Préfet, le Sous-Préfet, Gourriou [le commissaire de police de Vichy], ceux qui vous envoient et vous. Je leur dis merde parce que je suis libre et que je les emmerde. Il est porté atteinte à ma liberté d’expression» (cité par Olivier Beaud «Faurisson devant la justice en 1962 ou le cas singulier d’une offense au président de la République non poursuivie», AOC, 29 janvier 2020, en ligne…). La mention de Léon Blum dans cette deuxième sortie aux explicites relents racistes et de haine de Gaulle révèle évidemment une classique obsession antisémite.

7. Valérie Igounet rapporte: «Au début de l’affaire Audin, le comité Audin – constitué fin 1957 – reçut de Robert Faurisson une petite somme qui lui valut de figurer sur les listes du comité. Environ trois ans plus tard, une lettre de rappel lui étant adressée, il demande qu’on cesse de lui faire parvenir cette “ignoble littérature”, ajoutant que, s’il a jadis envoyé de l’argent, c’était par pitié pour Mme Audin. Il donne un conseil: “Cachez vos juifs, je comprends qu’un Vidal-Naquet vibrionne à plaisir dans cette malodorante affaire”» (Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000)

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