Cliquez pour suivre le lien. 1. https://www.egaliteetreconciliation.fr/Aux-sources-du-negationnisme-le-FBI-19037.html 2. Voir notre page analysant deux sorties négationnistes d’Alain Soral, où la bêtise le dispuste à la méchanceté: «Alain Soral sur Auschwitz», PHDN, 2013. 3. Il s’agit d’une déclinaison laconique d’une vieille falsification négationniste que nous avons réfutée depuis longtemps. 4. «I can’t claim any great talent for mental arithmetic but I am fairly sure you can’t get 6 million out of 2 million.», https://rense.com/general93/z.htm. 5. http://pensetouseul.unblog.fr/2013/01/12/documents-declassifies-officiels-du-fbi-nombre-de-juifs-en-europe-annees-40-divulgues/ 6. François Marginean qui habite Montréal se présente comme «Technicien en Architecture, chercheur indépendant, animateur de radio à l’émission L’Autre Monde sur CHOQ FM de l’UQAM, éditeur du blog Les Nouvelles Internationales et collaborateur chez Les 7 du Québec». C’est un chroniqueur délirant et logghoréïque qui s’inspire et emprunte ouvertement au complotiste fou antisémite américain Wayne Madsen (un clône d’Alex Jones), le «découvreur» de l’homosexualité d’Obama qui pense que la preuve qu’il a raison est qu’on ne mentionne pas ses «opinions» 7. François Marginean présentait son émission comme «l’émission la plus écoutée de CHOQ FM, la radio officielle de l’Université du Québec à Montréal». Son émission était décrite comme «une dose de lucidité hebdomadaire pous stimuler la réflexion et inviter à l’action». Chaque épisode était le plus souvent un long monologue d’environ deux heures qui fait penser aux logghorées soraliennes. L’émission a ses chaînes youtube — sept millions de vues —, son fil twitter, ses liens avec l’UPR de François Asselineau (interviewé longuement le 14 février 2011). La paranoïa délirante de François Marginean se voit dans sa thèse que Julian Assange serait un agent du Mossad (émission du 2 décembre 2010)… Le collaborateur de François Marginean, le français Stéphane Poutoire (stef2892), un adhérent d’Égalité et Réconciliation d’Alain Soral dont il partage toutes les obsessions dans des versions plus irrationnelles et délirantes, gère la page youtube et le compte twitter de l’émission. C’est un contributeur massif au site complotiste antisémite «Les Moutons enragés». Stéphane Poutoire, sous son alias stef2892, contribue à de très nombreuses plateformes complotistes et antisémites, ainsi d'alter-info où il promeut Faurisson ou Kemi Seba. En décembre 2015, Stéphane Poutoire figurait en 19e position sur la liste UPR «Avec François Asselineau,le parti qui monte» pour les élections régionales du Centre-Val de Loire, section Loiret. 8. C’est mentionné explicitement sur le blog de François Marginean, «Les nouvelles internationales», en date du 11 avril 2011. 9. The American Jewish Year Book, Vol. 40, September 26, 1938 to September 13, 1939 / 5699, p. 545. 10. Cité par Benno Müller-Hill, Tödliche Wissenschaft: die Aussonderung von Juden, Zigeunern und Geisteskranken, 1933-1945, Rowohlt, 1984, p. 50. Le discours de Rosenberg y est cité plus complètement. Traduction française dans Benno Müller-Hill, Science nazie, science de mort. L’extermination des juifs, des tziganes et des malades mentaux de 1933 à 1945, Odile Jacob, 1989, p. 48-49. 11. Hans Frank, Das Diensttagebuch des deutschen Generalgouverneurs in Polen 1939-1945, Werner Präg et Wolfgang Jacobmeyer (eds), Stuttgart: Deutsche Verlags-Anstalt, 1975, p. 457-58. 12. Dieter Pohl, Verfolgung und Massenmord in der NS-Zeit 1933-1945, Darmstadt: Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 2003, p. 93 et Raul Hilberg, La destruction des Juifs d’Europe, Fayard, 1988, p. 330. 13. Amin al Husseini, Mudhakkirat al-hajj Muhammad Amin al-Husayni, présenté par Abd Al Karim al Umar, Al Ahali, Damas, 1999, p. 126, cité par Wolfgang G. Schwanitz, «Amin al-Husaini und das Dritte Reich - Neues vom und zum Jerusalemer Großmufti», Kritiknetz.de, 7 avril 2008. Voir également Henry Laurens, La Question de Palestine, Tome deuxième 1922-1947, Une mission sacrée de civilisation, Fayard, 2002, p. 469. 14. https://www.onsaitcequonveutquonsache.com/documents-declassifies-officiels-du-fbi-nombre-de-juifs-en-europe-annees-40-divulgue/ 15. Nous traitons ce sujet sur une autre page de PHDN. 16. Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d’Europe, Fayard, 1988, p. 1045-1046. 17. Le 23 octobre 1941, le chef de la Gestapo Heinrich Müller diffusa une circulaire aux bureaux et agences du Sipo-SD, faisant état de l’ordre d’Himmler interdisant l’émigration des Juifs. Voir Christopher Browning, The Origins of the Final Solution. The Evolution of Nazi Jewish Policiy, September 1939-March 1942, University of Nebraska Press, Yad Vashem, 2004, p. 369.

«Aux source du négationnisme:
le FBI?»

Une falsification soralienne

(et un plagiat)

Gilles Karmasyn

Reproduction interdite sauf autorisation de l’auteur

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Introduction

Le 10 juillet 2013, le site idéologico-marchand d’Alain Soral, Égalité et Réconciliation, publie un texte intitulé «Aux source du négationnisme: le FBI?»1. Alain Soral et ses différents organes de communication et de commerce sont lancés depuis longtemps dans une campagne négationniste de fonds, le plus souvent hypocrite ou allusive, parfois plus explicite, notamment chez Soral lui-même2.

Sous le clavier d’un adhérent (et contributeur régulier, sous ce nom entre 2012 et 2015 sur des sujets touchant à la cuisine et au «sionisme») d’Égalité et Réconciliation, Romain R., nous est proposé un texte qui suggère finement qu’un document «déclassifié» du FBI permettrait de tirer des conclusions «négationnistes», qui plus est en se fondant sur des déclarations de responsables juifs, dès avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, avant même que les négationnistes français aient procédé à leur innovation antisémite.

Un document émanant du FBI permettrait, selon l’auteur soralien Romain R., non seulement de déterminer que le nombre de Juifs présents en Europe était très largement en deça du nombre requis pour atteindre les bilans admis du génocide, mais aussi que les organisations sionistes européennes travaillaient main dans la main avec les nazis pendant la guerre pour «évacuer» les Juifs d’Europe avec tous leurs biens. Bref, le FBI proposerait un document prouvant in fine, dès les années de guerre, qu’aucun génocide contre les Juifs ne pouvait avoir eu lieu, ce que l’auteur soralien ramasse et met en spectacle sous la forme de la question qui fait le titre de sa page: «Aux source du négationnisme: le FBI?».

L’agence de sécurité interne des USA est depuis longtemps l’objet de tous les fantasmes complotistes qui permettent, selon l’objectif poursuivi, de rejeter tout document en provenant comme une tromperie, ou de lui attribuer une portée de vérité qui semble exploitable. Nous considèrerons dans ce qui suit que le texte de Romain R. est avant tout une production soralienne, le guru de la secte ne laissant publier que ce qui lui sied.

t-thirt négationniste 6-3=6
18 novembre 1943

Le texte est accompagné par une publicité pour deux T-Shirt à contenu ironique sur le nazisme («Lézeurléplussombres») ou directement négationniste («Le Théorème de Fabius-Gayssot: 6-3=6»)3.

Le lecteur habitué aux falsifications négationnistes ou aux inepties complotistes peut passer son chemin: les insinuations soraliennes sont sans fondement et in fine reprises au militant antisémite, négationniste et complotiste Jeff Rense, via des cheminements que nous décrivons plus bas.

1. Première «thèse»: la démographie

Les deux parties de la thèse de l’auteur soralien (démographie et collaboration sionistes-nazis) étant en fait sans rapport l’une avec l’autre (autre que d’être, comme nous allons le démontrer, le produit de falsifications), nous les traitons séparément. La première partie est résumée dans le paragraphe introductif:

«En effet, selon des rapports officiels du FBI datant des années 1940-50 et déclassifiés en 1985, le rabbin Jamus G. Holler aurait déclaré lors d’une réunion, organisée par la Zionist Organisation of America (ZOA) au Jewish Community Center Auditorium de San Francisco le 18 novembre 1943 devant environ 1000 personnes, que le nombre de juifs vivant en Europe occupée ne dépassait pas les 2 millions d’âmes»

L’auteur soralien accompagne son introduction d’une note renvoyant au rapport original du FBI, volonté (légitime…) de prouver qu’il s’agit d’un travail de recherche rigoureux et, pour enfoncer le clou de cette rigueur, cite le rapport lui même:

«Le docteur Heller a estimé le nombre de juifs dans l’Europe occupée à 2 millions. Il a craint néanmoins que ce nombre puisse être réduit d’une façon significative si les nazis demeuraient en contrôle une année supplémentaire.»

Soulignons que cette traduction est conforme à l’original anglais («Dr. Heller estimated the number of Jews in occupied Europe to be 2,000,000. He feared, however, that this number would be reduced to “a more handful” if the Nazis remained in control for another year»).

Relevons le Heller et non Holler… En fait, l’auteur soralien a visiblement «travaillé» trop vite. Le nom du directeur du comité administratif de la Zionist Organization of America n’est nullement «JamUs G. HOller», mais «James G. HEller». Cela figure noir sur blanc sur le rapport du FBI qu’il prétend citer. Il ne s’agit pas de fautes de frappe. Nous y reviendrons.

L’auteur soralien passe ensuite directement au second volet de sa thèse, sans expliciter ce qu’il comptait tirer comme enseignement de cette première partie. La conclusion sera tirée par son lecteur, mais il n’est pas nécessaire de faire des efforts d’imagination pour le deviner: cette conclusion figure dans la toute première mention du rapport du FBI par Jeff Rense le 9 avril 2011. Rense avait intitulé sa présentation: «FBI Files - Top Zionist Says Only 2 Million Jews In WWII Europe» (Dossier du FBI - Un sioniste de premier plan déclare qu’il n’y a que deux millions de Juifs dans l’Europe de la Seconde guerre mondiale). Rense poussait la gentillesse jusqu’à expliciter la conclusion qu’il fallait en tirer:

«Je ne peux me targuer d’un talent en calcul mental, mais je suis à peu près sûr qu’on ne peut obtenir six millions à partir de deux millions»4.

La conséquence négationniste de cette impossiblité est évidente. Le premier développement écrit en français sur le «document du FBI», sur un blog complotiste («pensetouseul» renommé en «La Quenelle») pro-Dieudonné (l’ancien humoriste passé à l’antisémitisme et au négationnisme, dressant les louanges de l’extrême droite raciste pro-apartheid dans le journal raciste Rivarol)5, le 13 janvier 2013, donne le ton du dévoilement complotiste dans son titre volontairement spectaculaire: «DOCUMENTS DÉCLASSIFIÉS OFFICIELS DU FBI: NOMBRE DE JUIFS EN EUROPE (ANNÉES 40) DIVULGUÉS». On y retrouve, développés les éléments résumés par l’auteur soralien (qui s’est contenté de recopier cette page sans rien vérifier — erreurs sur «Jamus G. Holler» comprises —, sans dire évidemment qu’il recopiait: nous avons affaire à un vulgaire plagiat). Voici la question posée par l’auteur de cette page, «audessuscestlesoleil» (qui est un adhérent à Égalité et Réconciliation):

«Question: Comment 6 millions de Juifs peuvent-ils mourir dans les dites “chambres à gaz” si de l’aveu même des autorités juives américaines il n’y aurait [sic] que 2 millions de Juifs en tout en Europe?»

Voilà bien résumées les interrogations négationnistes que l’auteur soralien espère bien susciter chez son lecteur, mais que la prudence, la lâcheté, l’hypocrisie l’empêchent de formuler.

Écartons tout de suite un premier point qui signe la méconnaissance crasse de l’histoire du génocide par l’auteur dieudolâtre: tous les Juifs assassinés par les nazis ne l’ont pas été dans des chambres à gaz (les guillemets dont l’auteur équipe l’expression est un topos négationniste). Aucun historien n’a jamais avancé une telle ineptie. Si près de la moitié des Juifs furent assassinés par gazages, dans des camions à gaz, à Chelmno, dans les centres de mise à mort industrielle de l’Opération Reinhard, Belzec, Sobibor, Treblinka, ainsi qu’à Auschwitz-Birkenau, un nombre très important des victimes (près de deux millions) furent assassinées dans les Opérations mobiles de tuerie et des centaines de milliers le furent par épuisement, tortures, exécutions sommaires comme esclaves concentrationnaires, ou affamés et épuisés dans les Ghettos. En fait, seuls les propagandistes négationnistes dénoncent la fiction de «six millions» de Juifs assassinés dans les chambres à gaz.

Toutefois, le cœur de l’insinuation négationniste portée par les auteurs soraliens et dieudolâtres demeure: on n’assassine pas six millions de personnes sur une population de deux millions: il n’y aurait pas eu assez de Juifs en Europe pour permettre aux nazis d’en assassiner, comme les historiens ont pu et su l’établir, entre 5 et 6 millions de Juifs. Il s’agit juste d’une des déclinaisons de très nombreuses énormités proférées par les négationnistes sur les aspects démographiques du génocide des Juifs (une classique consiste à relever qu’il n’y avait pas six millions de Juifs en Allemagne et donc etc.…), à visée évidemment négationniste.

François Marginean
18 novembre 1943

Le caractère halluciné de ce genre d’ineptie se donne à voir, ou plutôt à entendre chez celui qui, le premier, avant l’auteur dieudolâtre qui s’en réclame explicitement, en a parlé sur internet, le chroniqueur multicasquettes complotiste-antisémite-négationniste-truther-climatosceptique-antivax québécois François Marginean6. Dans son émission «L’Autre Monde» (diffusé sur la station québécoise CHOQ.FM, fréquence officielle des étudiants de L’Université du Québec à Montréal7), du 11 avril 2011 (180e épisode…), explicitement inspiré par le site de Jeff Rense8, François Marginean se lance dans une diatribe hystérique (il faut l’écouter, car la transcription restitue mal le crescendo quasi comique de François Marginean… audio ci-contre).

«Vous avez des documents ici du FBI, déclassifiés, qui datent des années 50, 40 et 50, vous avez des documents du FBI, des documents du FBI, déclassifiés, j’répète, vous avez des documents du FBI, d’zenquêtes qu’on a fait sur l’territoire américain, on faisait des enquêtes sur des organisations sionistes aux Etats-Unis, on se trouve dans les années 1943, avec des memo du Dr Heller qui était le chairman d’une organisation sioniste de l’Amérique. Où on apprend que vous avez des organisations sionistes, aux Etats-Unis, OK, c’est eux-mêmes, d’la bouche même de ces organisations sionistes, documentées par des documents du FBI. Des sionistes, qui en grande majorité étaient des Juifs, des Juifs américains, eux-mêmes, des Juifs américains, des sionistes, excusez-moi de répéter les mêmes mots, parce qu’il faut qu’ça vous rentre dans la tête là, ont estimé que les chiffres des Juifs, en Europe, à c’te moment là, étaient de deux millions. Alors j’répète encore une fois, pour pas m’faire accuser d’antisémite de toute sorte de niaiserie d’même, vous avez des organisations, ça c’est des zionist organization of america, vous avez son chairman, le directeur, le docteur Heller, un sioniste, eux-mêmes, dans leurs documents, estimaient dans les années quarante que le nombre de Juifs qu’il y avait en Europe était de deux millions et puis qu’y disaient que si les nazis étaient pour restant contrôle qu’y en aurait moins. Alors comment que Hitler et les nazis ont pu tuer six millions de personnes juives si selon leurs propres chiffres y en avait trois fois moins en Europe au complet? J’pose la question.»

Cette émission est à l’origine de la diffusion deux ans plus tard, de ce document et des «questions» associées. On pourra remarquer que plus on s’éloigne de la source, plus l’auteur tente d’édulcorer le ton et de camoufler la dimension négationniste, la transformant en question «naturelle» puis en simple insinuation. Pour ce qui est de la diatribe de François Marginean, on aura compris que ce qu’un «sioniste» (le mot est répété sept fois) déclare doit forcément être pris très au sérieux, surtout si l’interprétation qu’on en donne pointe dans une direction négationniste. Voyons donc cela.

Rappels historiques et démographiques

Il y avait en Europe continentale en 1939 environ neuf millions de Juifs. Cet ordre de grandeur est extrêmement bien connu, tant des historiens que des démographes professionnels. De nombreuses sources et références peuvent se trouver dans le travail scientifique de Wolfgang Benz (éd.), Dimension des Völkermords. Die Zahl der jüdischen Opfer des Nationalsozialismus, Munich: R. Oldenbourg Verlag, 1991.

L’American Jewish Year Book, publication annuelle de l’American Jewish Committee qui dresse chaque année des statistiques démographiques des populations juives du monde entier, donnait dans son édition de 1939 le nombre de 9 137 051 Juifs en Europe en 19399.

Il se trouve que pour la seule Pologne, toutes les études, tous travaux d’historiens fournissent le chiffre de 3,3 millions Juifs en Pologne en 1939. Cela est évidemment très facile à vérifier. Aucun des diffuseurs des «documents du FBI» n’a fait la moindre vérification sérieuse.

Par ailleurs, on dispose de très nombreux documents émanant des nazis sur le nombre de Juifs qu’ils savaient résider en Europe et dans les pays qu’ils occupaient. On peut aisément penser qu’étant sur place et au pouvoir, ils avaient la capacité d’évaluer ces populations avec une précision assez bonne (mieux que des Américains pendant la guerre, nous y reviendrons). Ainsi, dans le compte rendu de la Conférence de Wannsee (à laquelle participèrent Heydrich et de hauts responsables nazis) qui s’est tenue en janvier 1942, le nombre de Juifs total (incluant également quelques territoires non occupés comme l’Angleterre) est donné pour 11 millions. Le détail de ces chiffres contient quelques erreurs, mais c’est évidemment l’ordre de grandeur qui importe ici. Pendant la guerre, on a d’autres exemples de documents nazis faisant état de nombres de Juifs dans certains territoires.

Le 15 novembre 1941 le théoricien nazi Alfred Rosenberg déplore qu’il y ait encore «6 Millions de Juifs à l’Est». Il propose dans la foulée «l’éradication biologique des Juifs»10.

Hans Frank, chef du Gouvernement général, déclare lors d’un discours fait à des collaborateurs le 16 décembre 1941 qu’il y a plus de deux millions et demi de Juifs dans une partie (une partie seulement) de la Pologne. Il ajoute d’ailleurs qu’il faut «anéantir les Juifs, où que nous les trouvions, partout où cela sera possible»11.

En juin 1943, le nazi Hans-Joachim Kausch constate dans un rapport qu’au moins «un million de Juifs ont été exterminés comme des punaises» rien qu’en Ukraine12.

Dans ses mémoire, le Mufti de Jérusalem Hadj Amin el Husseini, réfugié en Allemagne pendant la guerre et allié aux nazis, raconte qu’il s’est entretenu à l’été 1943 avec Heinrich Himmler, le bras droit d’Hitler et organisateur de l’extermination des Juifs d’Europe. Amin el Husseini se souvient qu’Himmler lui a confié «avoir déjà exterminé près de trois millions» de Juifs»13.

Il existe bien d’autres documents contemporains émanant des nazis («eux-mêmes» martèlerait François Marginean…) que nous épargnons au lecteur, qui démontrent que non seulement il y avait largement plus de deux millions de Juifs en Europe en 1939 (à l’évidence un minimum de 9 millions), et que les nazis en ont exterminé la majorité. Tout ceci se trouve évidemment avec la plus grande facilité dans les livres d’histoire sérieux qui fournissent évidemment les références exactes de leurs sources, vérifiables et maintes fois vérifiées, et évidemment depuis de très nombreuses années sur le présent site. De toute évidence, Jeff Rense, François Marginean, l’auteur dieudolâtre du blog «La Quenelle» et l’auteur soralien d’Égalité et Réconciliation n’ont jamais ouvert le moindre ouvrage historique.

Alors… comment? Comment est-il possible de lire que d’après des «documents déclassifiés officiels du FBI [le] nombre de Juifs en Europe (années 40)» serait de deux millions?

De l’art de ne pas lire ses propres documents

Enfonçons une porte ouverte: même si un document des années 1940 du FBI disait explicitement qu’il y avait deux millions de Juifs en Europe, compte tenu de la masse documentaire existante, des études démographiques et statistiques pléthoriques qui infirment une telle absurdité, la conclusion serait facile à tirer: il s’agirait d’une erreur, d’une erreur de l’orateur ou d’une erreur de transcription. Pas de quoi en faire un fromage.

Examinons toutefois la chose de plus près en nous reportant aux premières occurrences de la «révélation», celle de Jeff Rense de François-les-sionistes-eux-mêmes-Marginean et de l’auteur complotiste dieudolâtre.

Jeff Rense titre «Dossier du FBI - Un sioniste de premier plan déclare qu’il n’y a que deux millions de Juifs dans l’Europe de la Seconde guerre mondiale». François Marginean prétend résumer le document en le présentant ainsi «le docteur Heller, un sioniste, eux-mêmes, dans leurs documents, estimaient dans les années quarante que le nombre de Juifs qu’il y avait en Europe était de deux millions» et l’auteur dieudocomplotiste de «La Quenelle» titre «Documents déclassifiés officiels du FBI : nombre de Juifs en Europe (années 40)».

Un site web poubelle complotiste («On Sait Ce Qu’on Veut Qu’on Sache» — ça ne s’invente pas — spécialisé dans les délires fumeux, voyages dans le temps, extra-terrestres illuminati, chemtrails et poudres de perlimpimpin diverses) qui recopie partiellement la page du site «La Quenelle»14 modifiera le titre en « Documents déclassifiés officiels du FBI: 2 millions de Juifs en tout en Europe en 1941». Cette version sera relayée sur facebook par un ancien consul tunisien, Chaghal Habib.

La période mise en avant varie selon la source: 1941, années 1940, la Seconde guerre mondiale… Il y a un flottement, un flottement d’autant plus surprenant que l’information pertinente sur la date figure dans le document du FBI, mais aussi au sein du texte de toutes les versions dont nous avons parlé, et ce dès la première de Jeff Rense. Le rapport du FBI qui fait état des propos du Dr Heller date de 1943 (Rense écrit: «Excerpt from the FBI Files - A 'Zionist Organization of America' 1943 memo with Dr Heller»). Le rapport stipule d’ailleurs très précisément «18 novembre 1943». Certes, dans son paragraphe introductif, l’auteur dieudolâtre écrit «Propos tenus par Rabbi Jamus G. Holler le 18 Novembre 1945», commettant ainsi trois erreurs souvent répétées par les copieurs, mais dans le corps du texte la date exacte du 18 novembre 1943 apparaît correctement. Il écrit:

«Ces propos ont été tenus par un Chef d’une organisation sioniste sur le territoire américain le 18 Novembre 1943»

L’auteur dieudolâtre faisait suivre ce passage de la remarque ironique et répugnante suivante:

«c’est à dire au moment où les Nazis seraient censés transformer les Juifs en biscuits à cuir ou en objets de farfouille divers tel que savons, abat-jour, et autres brocantes»

Ouvrons une parenthèse pour souligner que, contrairement à ce que suggère l’auteur dieudolâtre reprenant ainsi de vieux moulins à vent négationnistes, aucun historien n’a jamais prétendu que du savon avait été fabriqué de façon industrielle à partir de cadavres15 et que l’utilisation marginale du corps de concentrationnaires dans la fabrication d’objets morbides n’a strictement aucun lien avec l’extermination des Juifs.

Revenons à la date qui nous intéresse. Même François Marginean qui insiste sur «les années quarante» laisse échapper l’information sur 1943 (voir plus haut). Et la version de l’auteur soralien (qui s’est contenté de recopier et élaguer le texte de l’auteur dieudolâtre) explicite bien «le 18 novembre 1943».

18 novembre 1943
18 novembre 1943

Et en effet, le FBI a bien rendu compte (dans des documents ni nouveaux ni mystérieux car déclassifiés depuis fort longtemps) d’une réunion d’une organisation sioniste américaine qui s’est tenue le 18 novembre 1943. Pas «les années quarante», ni «cinquante», ni 1945, ni 1941. La restitution, via des titres ou des résumés erronés, que font les divers auteurs qui se copient les uns les autres, erreurs et approximations comprises, relève de l’enfumage.

Nous sommes donc, in fine, face à un chiffre qu’un Juif américain résident aux Etats-Unis auraient eu bien du mal à évaluer de façon précise (plus aucune information scientifique ne pouvait parvenir d’Europe sur des aspects démographiques concernant une population dont l’extermination par les nazis avait commencé plus de deux ans plus tôt…). Il ne s’agit pas, en tous cas, d’un chiffre émanant du FBI lui-même, contrairement à ce que certains auteurs tentent de suggérer.

Cette date, fin 1943, demeure l’élément fondamental (falsifié ou passé sous silence ou rendu flou, selon l’auteur) pour des raisons historiques évidentes. Rappelons (voir plus haut pour les précisions) qu’à l’été 1943, Himmler confiait à Amin el Husseini avoir déjà exterminé trois millions de Juifs. En fait, on sait assez précisément qu’à la fin 1943, environ quatre millions de Juifs avaient déjà été exterminés en Europe par les nazis16.

L’ordre de grandeur avancé par Heller, deux millions de Juifs restant en Europe, même s’il est sous évalué, n’est pas absurde, compte tenu du fait qu’à la fin 1943 l’extermination des Juifs était déjà accomplie aux deux tiers. Aucune statistique précise n’était évidemment possible à ce moment là, mais le chiffre avancé par James G. Heller souligne justement l’ampleur de la catastrophe et son degré d’accomplissement, soit exactement le contraire de ce que les négationnistes suggèrent. La question explicite ou implicite selon l’auteur «Comment 6 millions de Juifs peuvent-ils mourir si de l’aveu même des autorités juives américaines il n’y aurait que 2 millions de Juifs en tout en Europe?» n’a évidemment aucun sens, à ce moment là. Les conclusions négationnistes que tous les auteurs, de Rense à l’auteur soralien en passant par Marginean espèrent en faire tirer leurs auditeurs ou leurs lecteurs, ne sont fondées sur des présentations radicalement malhonnêtes et partielles, sur le refus de lire le document même qu’ils invoquent, et surtout sur une ignorance crasse de la réalité historique. L’absence de travail, la paresse et l’incompétence des propagandistes négationnsites se donnent en spectacle une fois de plus.

Le moins ironique n’est pas qu’à accorder la crédibilité que tous ces négationnistes suggèrent comme légitime pour cette source (FBI plus un dirigeant sioniste…), mais en lisant correctement le document, celui-ci confirme la réalité de l’extermination des Juifs par les nazis en Europe.

2. Seconde «thèse»: les sionistes ont un projet… sioniste et il y a un accord secret en cours pendant la guerre entre sionistes et nazis…

Cette seconde thèse ne figure ni chez Rense ni chez Marginean. Elle est introduite par l’auteur dieudolâtre et reprise par ceux qui l’ont plagié, dont l’auteur soralien. Celui-ci écrit:

«Ce rapport va même plus loin puisqu’il mentionne aussi les intentions des organisations sionistes quand au “retour” vers le “foyer juif”: »

L’auteur soralien recopie (il ne travaille pas) alors la traduction de la citation originale (fournie par l’auteur dieudolâtre) extraite du rapport du FBI («Dr. Heller restated the Zionist program favoring Jewish immigration into Palestine and a democratic regime in that country once the Jews had won a majority»):

«Le docteur Heller a re-mentionné le programme sioniste favorisant l’immigration juive vers la Palestine et un régime démocratique dans ce pays une fois que les juifs auraient acquis une majorité.»

On se demande en fait en quoi le «rapport va même plus loin» puisque le passage en question ne fait qu’enfoncer une porte ouverte: le programme sioniste est… sioniste: il consiste à organiser l’immigration des Juifs vers la Palestine pour y instaurer un pays à majorité juive. C’est extrêmement banal. Toutefois la présentation qu’en font nos deux auteurs, l’original et le plagiaire, n’ont plus rien à voir avec cette banalité. Voici la version soralienne (édulcorée par rapport à l’originale):

«Tout porte à croire que les organisations juives sionistes américaines étaient au courant que leurs homologues européens évacuaient les juifs. Est-ce la preuve que le FBI et la ZOA connaissaient l’existence du fameux Transfer Agreement (le contrat qui aurait été signé le 7 août 1933 entre le IIIème Reich et les sionistes allemands), permettant aux juifs qui le souhaitaient de quitter le Reich et l’Europe pour s’installer en Palestine avec tous leurs biens matériels ainsi que leurs capitaux financiers?».

La première phrase contient un monstrueux mensonge au premier degré: les sionistes européens, pris comme tous les Juifs d’Europe dans la tourmente nazie, n’organisaient rien du tout en 1943. Les nazis contrôlaient complètement populations et frontières. Ils avaient strictement interdit toute émigration juive depuis octobre 1941, deux ans avant la date du rapport du FBI17. Comme tous les Juifs d’Europe, les sionistes européens se préoccupaient avant tout de survivre, et quand ils le pouvaient d’informer le reste du monde des crimes commis par les nazis. Ils n’étaient nullement en position d’«évacuer les Juifs», que les nazis destinaient au massacre collectif. En conséquence, évidemment, les sionistes américains, n’étaient nullement «au courant» des fictions inventées par les négationnistes contemporains.

L’auteur soralien poursuit par une question qu’il prétend faire découler logiquement du mensonge que nous venons d’exposer (mais même si le mensonge n’en était pas un, il n’y aurait nullement de logique à l’œuvre ici), n’est que le prétexte de rappeler l’Accord de Transfert qui permit à l’Agence Juive de sauver entre 1933 et 1939 plusieurs dizaines de milliers de Juifs allemands en leur permettant d’émigrer en Palestine sans être dépouillés de l’intégralité de leurs biens.

L’auteur soralien commet d’ailleurs ici deux mensonges répugnants dans sa présentation falsifiée de l’accord en prétendant que grâce à cet accord «les Juifs [qui le souhaitaient pouvaient] quitter le Reich et l’Europe pour s’installer en Palestine avec tous leurs biens matériels ainsi que leurs capitaux financiers». D’abord, tous les Juifs ne pouvaient bénéficier de cet accord pour obtenir l’autorisation de rejoindre la Palestine car la Grande Bretagne exigeait la possession et le transfert d’un capital élevé. Surtout le régime nazi spoliait purement et simplement une part significative des biens des Juifs qui émigraient. Prétendre que les Juifs partaient avec «tous leurs biens matériels» est une contre-vérité absolue. Par ailleurs les liquidités furent taxées par les nazis d’abord à 20% puis rapidement à 50% et enfin à 90%. L’avantage de l’accord consistait à permettre d’émigrer sans perdre la totalité de ses biens, ce qui était le cas hors de l’accord.

Par ailleurs, contrairement à ce que suggère notre falsificateur soralien, l’accord n’a jamais rien eu de secret ni de mystérieux. Toutefois, il fait depuis longtemps l’objet d’une présentation antisémite visant à le présenter comme la preuve d’une «collusion» entre sionistes et nazis. Il s’agit d’un mensonge d’origine soviétique que reprennent volontiers antisémites et négationnistes qui semblent ne pas supporter que des Juifs allemands aient pu être sauvés du massacre sans y perdre absolument tous leurs biens. Nous en avons ici la parfaite illustration. Ainsi, ni le FBI, ni les organisations sionistes américaines n’avaient de raison d’ignorer l’existence d’un accord qui avait fait la première page de nombreux journaux en 1933 et dont de nombreuses études sont parues dès l’après-guerre.

Last but not least, l’Accord de Transfert s’est interrompu en pratique dès le début de la Seconde Guerre mondiale en 1939, et comme nous l’avons souligné plus haut les nazis avaient officiellement interdit toute émigration juive hors d’Europe dès octobre 1941. Insinuer, comme le fait le falsificateur soralien, qu’en 1943 se serait poursuivi une forme de coopération entre sionistes et nazis est mensonger et grotesque. In fine, il n’y a aucun mystère, aucun scandale, sinon l’insondable ignominie du falsficateur soralien, étranger à toute connaissance historique, à toute vérification, à tout travail.

Le falsificateur soralien espérait-il qu’en formulant ses insinuations sous forme de question, elles seraient plus efficaces? Sans doute car la version originale qu’il a en fait recopiée en la modifiant légèrement ne s’embarrassait pas de précautions. L’auteur dieudolâtre écrivait en effet (sans plus de logique que l’auteur soralien)

«ce rapport du FBI prouve que les organisations juives sionistes américaines savent que leurs homologues européens évacuent les Juifs sans soucis.»

Il n’est nul besoin d’expliquer de nouveau en quoi une telle affirmation constitue un pur mensonge. Le passage sur l’Accord de Transfert dans cette version originale mentionne toutefois d’être citée, et lue en gardant en tête les éléments que nous venons d’exposer:

«C’est la preuve que le FBI et la ZOA connaissent l’existence du Transfer Agreement ou Haavara Agreement (le contrat officiel signé le 7 Août 1933 entre le IIIe Reich et les Sionistes allemands, permettant aux Juifs qui le souhaitent de quitter le Reich et l’Europe pour s’installer en Palestine avec tous leurs biens matériels et tous leurs capitaux financiers [le gras est dans l’original], le tout sous escorte de la Kriegsmarine (Marine de Guerre allemande)».

On voit ainsi l’auteur original insister explicitement sur un mensonge parfaitement scandaleux et se lancer dans une pure fiction, que le plagiaire soralien n’a pas osé reprendre, la précision «le tout sous escorte de la Kriegsmarine», complètement délirante, invention destinée à souligner la fiction antisémite d’une collusion sionistes-nazis pendant la guerre. L’auteur dieudolâtre conclue ses mensonges en écrivant que l’existence de l’Accord de Transfer «invalide la thèse d’un plan concerté pour l’extermination des Juifs». Nous avions bien affaire à une vulgaire entreprise négationniste.

Depuis 2011 et 2013, se répandent évidemment sur internet, dans les blogs les plus divers, sur twitter, facebook, etc., les références, reprises, copies les plus fidèles ou les plus allusives aux mensonges de Rense, Marginean, “pensetouseul”, ou d’Égalité et Réconciliation (repris intégralement par exemple par le site de l’IRIB, la radio iranienne en français dont le négationniste Serge Thion était un habitué, ou Thierry Meyssan, ou Paul-Éric Blanrue) — toujours afin de suggérer finement que les mensonges négationnistes seraient fondés. Pas un qui vérifie les documents mêmes qu’il convoque pour ses mensonges négationnistes et dont le contenu valide en fait la réalité qu’ils tentent de nier.

t-thirt la prochaine fois, y en aura
T-shirt négationniste et génocidaire de Soral la prochaine fois, y en aura

Sans détailler les contenus antisémites produits en masse par la secte soralienne, Égalité et Réconciliation propose des dizaines de brèves, articles, vidéos à connotations négationnistes plus ou moins explicites, toujours fondées sur des mensonges, toujours comptant sur la crédulité de son public. Cette constante propagande négationniste a pour objectif de préparer les conditions de survenue d’un nouveau massacre. Alain Soral a longtemps vendu un T-Shirt à la fois négationniste et génocidaire. portant le texte: «La prochaine fois, y en aura!». Le sous-entendu (pour qui fréquente la plateforme de propagande de Soral) est transparent: il n’y a pas eu de chambres à gaz (volet négationniste), mais la prochaine fois (souhaitée par Soral), il y en aura (volet génocidaire). Soral a porté ce T-shirt dans une vidéo en 2015.


Notes

1. https://www.egaliteetreconciliation.fr/Aux-sources-du-negationnisme-le-FBI-19037.html

2. Voir notre page analysant deux sorties négationnistes d’Alain Soral, où la bêtise le dispuste à la méchanceté: «Alain Soral sur Auschwitz», PHDN, 2013: https://phdn.org/negation/idiotsutiles/soralauschwitz.html

3. Il s’agit d’une déclinaison laconique d’une vieille falsification négationniste que nous avons réfutée depuis longtemps: https://phdn.org/negation/plaques4m.html]

4.«I can’t claim any great talent for mental arithmetic but I am fairly sure you can’t get 6 million out of 2 million.», https://rense.com/general93/z.htm.

5. http://pensetouseul.unblog.fr/2013/01/12/documents-declassifies-officiels-du-fbi-nombre-de-juifs-en-europe-annees-40-divulgues/

6. François Marginean qui habite Montréal se présente comme «Technicien en Architecture, chercheur indépendant, animateur de radio à l’émission L’Autre Monde sur CHOQ FM de l’UQAM, éditeur du blog Les Nouvelles Internationales et collaborateur chez Les 7 du Québec». C’est un chroniqueur délirant et logghoréïque qui s’inspire et emprunte ouvertement au complotiste fou antisémite américain Wayne Madsen (un clône d’Alex Jones), le «découvreur» de l’homosexualité d’Obama qui pense que la preuve qu’il a raison est qu’on ne mentionne pas ses «opinions»

7. François Marginean présentait son émission comme «l’émission la plus écoutée de CHOQ FM, la radio officielle de l’Université du Québec à Montréal». Son émission était décrite comme «une dose de lucidité hebdomadaire pous stimuler la réflexion et inviter à l’action». Chaque épisode était le plus souvent un long monologue d’environ deux heures qui fait penser aux logghorées soraliennes. L’émission a ses chaînes youtube — sept millions de vues —, son fil twitter, ses liens avec l’UPR de François Asselineau (interviewé longuement le 14 février 2011). La paranoïa délirante de François Marginean se voit dans sa thèse que Julian Assange serait un agent du Mossad (émission du 2 décembre 2010)… Le collaborateur de François Marginean, le français Stéphane Poutoire (stef2892), un adhérent d’Égalité et Réconciliation d’Alain Soral dont il partage toutes les obsessions dans des versions plus irrationnelles et délirantes, gère la page youtube et le compte twitter de l’émission. C’est un contributeur massif au site complotiste antisémite «Les Moutons enragés». Stéphane Poutoire, sous son alias stef2892, contribue à de très nombreuses plateformes complotistes et antisémites, ainsi d'alter-info où il promeut Faurisson ou Kemi Seba. En décembre 2015, Stéphane Poutoire figurait en 19e position sur la liste UPR «Avec François Asselineau,le parti qui monte» pour les élections régionales du Centre-Val de Loire, section Loiret.

8. C’est mentionné explicitement sur le blog de François Marginean, «Les nouvelles internationales», en date du 11 avril 2011.

9.The American Jewish Year Book, Vol. 40, September 26, 1938 to September 13, 1939 / 5699, p. 545.

10. Cité par Benno Müller-Hill, Tödliche Wissenschaft: die Aussonderung von Juden, Zigeunern und Geisteskranken, 1933-1945, Rowohlt, 1984, p. 50. Le discours de Rosenberg y est cité plus complètement. Traduction française dans Benno Müller-Hill, Science nazie, science de mort. L’extermination des juifs, des tziganes et des malades mentaux de 1933 à 1945, Odile Jacob, 1989, p. 48-49.

11. Hans Frank, Das Diensttagebuch des deutschen Generalgouverneurs in Polen 1939-1945, Werner Präg et Wolfgang Jacobmeyer (eds), Stuttgart: Deutsche Verlags-Anstalt, 1975, p. 457-58.

12. Dieter Pohl, Verfolgung und Massenmord in der NS-Zeit 1933-1945, Darmstadt: Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 2003, p. 93 et Raul Hilberg, La destruction des Juifs d’Europe, Fayard, 1988, p. 330.

13. Amin al Husseini, Mudhakkirat al-hajj Muhammad Amin al-Husayni, présenté par Abd Al Karim al Umar, Al Ahali, Damas, 1999, p. 126, cité par Wolfgang G. Schwanitz, «Amin al-Husaini und das Dritte Reich - Neues vom und zum Jerusalemer Großmufti», Kritiknetz.de, 7 avril 2008. Voir également Henry Laurens, La Question de Palestine, Tome deuxième 1922-1947, Une mission sacrée de civilisation, Fayard, 2002, p. 469.

14. https://www.onsaitcequonveutquonsache.com/documents-declassifies-officiels-du-fbi-nombre-de-juifs-en-europe-annees-40-divulgue/

15. Nous traitons ce sujet sur une autre page de PHDN:
https://phdn.org/negation/savon.html

16. Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d’Europe, Fayard, 1988, p. 1045-1046.

17. Le 23 octobre 1941, le chef de la Gestapo Heinrich Müller diffusa une circulaire aux bureaux et agences du Sipo-SD, faisant état de l’ordre d’Himmler interdisant l’émigration des Juifs. Voir Christopher Browning, The Origins of the Final Solution. The Evolution of Nazi Jewish Policiy, September 1939-March 1942, University of Nebraska Press, Yad Vashem, 2004, p. 369.

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